mercredi 25 avril 2012

Le chat passe-muraille,
de Robert Heinlein

Reçu le mercredi 25 avril 2012, 2 reviews
Résumé :
A la station orbitale de la Règle d'Or, rien ne va plus. Jugez plutôt : le Dr Ames, alias colonel Colin Campbell, reconverti dans les romans à l'eau de rose après avoir perdu une jambe au combat, dîne en compagnie de sa nouvelle épouse lorsqu'un individu lui propose un étrange marché ... et est abattu sous ses yeux ! Dès lors, notre héros ira de surprise en surprise: sa femme, Gwen, a deux mille ans et s'appelle Hazel, son chat Pixel passe à travers les murs parce qu'il est trop jeune pour savoir que c'est impossible, et le leader de la Révolution Lunienne est un ordinateur géant mais cataleptique dont il est chargé de sauver les mémoires pour le compte du Corps du Temps ...

Mon avis :
Heinlein, mon chouchou de la SF sur qui je me rabats toujours quand je ne sais pas quoi lire, est de retour cette fois-ci avec un complot interplanétaire, une épouse têtue, un chat qui ne sait pas qu'on ne peut pas passer à travers les murs et une famille beaucoup trop nombreuse pour notre bien. Loin de ses petits romans détente de d'habitude, on embarque ici dans 500 pages de folie pleine d'humour, de physique et de révélations tordues. Attention au mal de tête !

Le fameux "chat passe-muraille", que j'attendais avec impatience, est loin d'être le héros de cette histoire. C'est plutôt celle de Richard, ex-militaire désormais romancier, qui va un soir voir mourir un type à sa table à la Règle d'Or, planète où il réside. Le lendemain, il épouse sa femme, Gwen, et ils fuient ensemble pour Luna, où l'accueil est loin d'être chaleureux... 7 jours plus tard, le couple a traversé l'espace et le temps, rencontré leur passé et leur futur, et se voit confier la mission de sauver un ordinateur pensant afin d'assurer l'avenir de la galaxie. Rien que ça.

Commençons par les reproches, histoire de s'en débarrasser. J'avais l'habitude avec Heinlein de lire des histoires légères, drôles et mêlées d'une science-fiction assez abordable pour tous. Ici, la liste des personnages est si longue que j'ai cessé très vite d'essayer de retenir leur identité, l'humour est caustique et un peu pénible à la longue, et gare à vous si vous n'avez aucune notion de physique ! L'auteur nous abreuve de quelques chapitres pratiquement consacrés à des notions, sans doute très abordables pour certains, qui m'ont laissée complètement à côté de la plaque.

Alors oui, ça commence mal, me direz-vous. Mais étrangement, ce couple idiot à l'humour dépassé a réussi à me garder captivée jusqu'au bout (sauf quand je ne comprenais rien à l'agencement du continuum spatio-temporel et que je sautais des passages), à me faire rire parfois, à me donner envie de savoir dans quelle nouvelle galère ils allaient se retrouver. Le petit Lord Pixel (félin de son état) n'a que peu de temps d'antenne mais sa présence incongrue a rajouté un peu de folie à l'ensemble, qui n'en avait peut-être pas besoin.

On ressort avec l'impression de s'être fait secouer la tête dans tous les sens et d'avoir loupé quelque chose. L'histoire, bien qu'originale et amusante, est un vrai fouillis d'action et de surprises où l'on se perd au milieu d'un capharnaüm de personnages. Et moi qui espérait que la fin rattraperait tout ça, on reste en plein suspens au milieu de l'action ! Une petite déception qui ne m'empêchera de continuer avec cet auteur de génie.

Ma note : 7/10



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mardi 24 avril 2012

Le Retour du sorcier,
de Karen Miller

Reçu le mardi 24 avril 2012, 2 reviews
Résumé :
Morg a investi le corps de Durm, le Maître Magicien.
Mais après le tragique accident de la famille royale, Durm est dans le coma et le sorcier se retrouve piégé. Il doit en sortir à tout prix afin de reprendre le contrôle de Lur et de briser le Mur de Bari. Gar a survécu mais ses pouvoirs magiques s'affaiblissent. Seul Asher pourrait l'aider. Gar réussira-t-il à convaincre son ami olken d'utiliser la magie qui lui est interdite ? Le risque est de taille car si Asher était découvert, il serait exécuté et le royaume de Lur vivrait les Derniers Jours annoncés par la Prophétie...

Mon avis :
Souvenez-vous, il y a quelques mois, Lyra et moi nous attaquions au premier volume de ce diptyque, et j'en ressortais enthousiaste mais mitigée. J'ai préféré m'attaquer à la suite avant d'avoir oublié tout le reste et me revoilà, devinez quoi... enthousiaste et mitigée. Sauf que le mitigée commence à prendre le dessus, malheureusement.

Je vais éviter de vous raconter l'histoire pour ne pas y mettre de spoilers, mais si vous avez lu le résumé, vous êtes déjà un peu foutu. Disons simplement que la trame est dans la continuité directe du premier tome, et qu'elle se déroule exactement de la même façon : une longue introduction où rien ne se passe, un suspense artificiel dispensé par les réflexions que certains personnages nous rabâchent, et une action finale expédiée en cinquante pages, ni vu ni connu.

J'avais noté la dernière fois que la grande force de cette histoire, ce sont ses personnages. Le problème c'est qu'après avoir passé 500 pages avec eux, il n'y a plus grand chose à présenter, et si Asher se montre toujours aussi "drôle" et attachant, la nouveauté commence à perdre son effet et on se demande pourquoi on doit encore l'entendre se plaindre des mêmes choses plutôt que de le voir agir. Quant à Gar, il se montre lui aussi assez prévisible, voire un peu ennuyeux, et son héroïsme mis en avant dans le dernier quart du livre a du mal à rattraper le reste.

Le fait que l'on connaisse déjà les tenants et aboutissants de l'histoire (qui est le méchant, ses plans, etc.) alors que les héros non est sûrement l'une des choses qui vient gâcher le peu de suspense qu'on puisse y trouver. Ça et le fait qu'on passe 400 pages à attendre que la bataille annoncée sur la couverture commence, et qu'elle n'en dure que 20. Si ça ce n'est pas mettre la patience à l'épreuve ! Et pourtant, j'ai été grandement tentée de lire le dernier tiers d'une traite, sûrement grâce au style très agréable de l'auteur et l'agencement des chapitres qui laisse toujours présager une surprise au tournant.

Dur de se faire un avis quand on lit un livre avec enthousiasme mais qu'on a tant de choses à lui reprocher... Je ne regrette pas de l'avoir lu mais j'ai peur de ne pas en garder un souvenir impérissable. Les personnages attachants font de leur mieux pour contrebalancer l'absence d'action et la trame affreusement classique, mais parfois, ça ne suffit pas. Dommage !

Ma note : 7/10


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jeudi 12 avril 2012

Quelques nouvelles,
de Jean Millemann

Reçu le jeudi 12 avril 2012, 2 reviews
Résumé :
"Gris sombre et chatoyant, l’asphalte luit sous le soleil de la fin d’après-midi, quand la voûte des chênes qui le surplombe flamboie d’ors et de rubis. Les feuilles, comme tomberaient des cieux des plumes d’anges, glissent au sol en vols paresseux et nonchalants. La route est splendide, en automne, qui relie Plélan-le-Grand à Paimpont, lorsque s’élèvent de l’humus humide les senteurs des champignons, des cèpes peut-être, lorsque s’envolent les dernières hirondelles, lorsque roussissent aux taillis contigus les fougères qui s’endorment pour l’hiver.
Je la connaissais pourtant si bien…"

Mon avis :
Après la lecture de Sanshôdô, me revoilà en compagnie de Jean Millemann le temps de quatre nouvelles aux frontières du lyrique et des légendes. Plutôt qu'un résumé, c'est le début de l'une d'entre elle qui vient vous plonger dans l'ambiance particulière de ces petites histoires, pleines de magie et de poésie. Laissez l'action et l'aventure à la porte et venez vous relaxer en poésie !

Conte de la forêt qu'ont déserté les licornes
Approchez, venez plus près, n’ayez pas peur. Il fait froid, n’est-ce pas, dans cette clairière ? J’ai beau le savoir, moi-même, chaque fois que je m’arrête ici, j’en suis surpris. Si peu de chaleur… Comme si nous nous trouvions, ici, là où bat, glacé, le cœur d’un éternel hiver.
Avec un titre pareil, il n'y a pas à en douter, nous sommes ici en présence d'un véritable conte. Dans une atmosphère d'histoire racontée au coin du feu, le narrateur nous plonge dans la légende d'une clairière autrefois habitée par les licornes, qu'un dieu égoïste a fait fuir en voulant séduire l'une d'entre elles. Quelques pages à peine pour entrevoir ce conte aux allures féerique, qui finit sur une note assez surprenante.

Renaissance
Il a surgi, bondissant au-dessus des fourrés, d’un bond gracieux, les flancs couverts d’écume, l’œil affolé, son souffle court l’empanachant de buée. Comme s’il s’était, l’espace d’un instant, affranchi de la pesanteur, il a semblé voler, immobile dans les airs, ses bois à six cors éraflant le bleu du ciel. Le pied raidi sur la pédale, les bras tendus, la tête rentrée dans les épaules, je tentais de contrôler le dérapage de l’automobile. Puis le cerf, d’un sec claquement de sabots, reprit contact avec le bitume et bondit dans les buissons voisins, s’évanouissant dans les airs comme un rapide fantôme.
Pas de conte cette fois-ci mais la dure réalité d'un accident de campagne, et l’introspection mystique du point de vue d'un fantôme. On y suit le deuil d'un homme, sa reconstruction, et les questionnements du fantôme sur ce qui l'attend à présent. Va-t-elle rester à hanter la terre pour toujours, ou a-t-elle une mission à accomplir avant de disparaître ? Encore une fois, la fin apporte une agréable conclusion à l'ensemble, bien que les plus sceptiques auront probablement des réserves sur le sujet.

Elisabeth
Il y a, au bord de la route, à proximité de Strasbourg et ses banlieues, une gravière qui, aux beaux jours, attire en masse les estivants venus profiter de sa fraîcheur pour s'y baigner. Ce plan d'eau, depuis cet été, est définitivement fermé au public par de grandes palissades en bois et en béton qui font comme un blasphème dans la verdure. Fernand, jamais en panne d'imagination, m'a raconté une histoire à ce propos. Que cette histoire soit vraie ou fausse n'a que peu d'importance, en somme. Pour Fernand, sa beauté ne réside pas forcément dans sa véracité.
On reste dans le terre à terre avec cette nouvelle qui semble vraiment racontée de façon personnelle par l'auteur - il nous parle de son travail de gardien de nuit, un détail qui revient plusieurs fois, ainsi que de la région dont il semble être familier. Son ami Fernand lui assure avoir connu une belle jeune femme, insensible aux nombreux courtisans qui l'abordaient chaque jour lorsqu'elle allait se baigner au plan d'eau du coin. Que lui est-il arrivé, pourquoi la gravière est-elle fermée au public désormais ? L'histoire est brève, mystérieuse et pleine d'un romantisme un peu désuet caractéristique de l'auteur.

Le lac noir
Je suis gardien de nuit, ce n'est pas une tâche très fatigante ni très prenante, et elle me laisse le loisir de parcourir en solitaire les sombres massifs de sapins qui environnent les lieux. Je surveille une scierie dans les Vosges, située au bord du Lac Noir. Pourquoi cette étendue d'eau glacée porte un tel nom, je ne le sais que depuis peu. C'est tout récemment que je l'ai appris, l'autre nuit, alors qu'avec Denis, repus mais néanmoins inassouvis de notre continuelle fringale de bonne chère, nous rêvions à d'amples choucroutes surmontées de charcuteries en colonnes grasses et luisantes à la fois, et dont les sucs irrigueraient de tendres pommes de terre blondes à souhait.
Je gardai celle-ci pour la fin, sans doute parce que j'imaginais ma petite Snow bondir de joie à l'évocation de légendes sur sa région. On ressent ici moins la passion lyrique de l'auteur que sa volonté de partager une véritable légende, comme celles d'autrefois que nos grands-mère adoraient raconter avec le plus grand sérieux. Un mystérieux lac qui renferme des trésors, quoi de plus parfait pour laisser son imagination divaguer ?


Ne comptez pas plus d'une heure pour faire le tour de ces quatre nouvelles, recelant chacune un charme différent des autres. J'avoue peiner à m'attacher à des récits aussi courts, et préférer très légèrement l'aspect SF que possédait Sanshôdô, mais elles sont idéales pour se vider l'esprit l'espace d'un instant. À lire avant de s'endormir, pour s'assurer des rêves paisibles.



Retrouvez l'ensemble des titres sur le site des Éditions Astéroïde avec qui cette lecture a été réalisée en partenariat.



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mercredi 11 avril 2012

This is Shyness,
de Leanne Hall

Reçu le mercredi 11 avril 2012, 0 reviews
Résumé :
Un type qui hurle. Une fille en mission pour oublier.
Dans la banlieue de Shyness, où le soleil ne se lève pas et la frontière crépite d'une étrange énergie, Wolfboy rencontre une étrangère au Diabetic Hotel. Elle lui dit que son nom est Wildgirl, et le met au défi d'être son guide à travers la nuit éternelle. Mais ils se font agresser par les Kidds, gamins drogués au sucre. Ce qui se joue ici est touchant, irréfléchi... dangereux. Il y a des choses qui ne peuvent être dites que dans le noir. Et une longue nuit est suffisante pour changer votre vie.

Mon avis :
Cette fois, c'est la faute de la blogosphère anglophone si j'ai craqué sur ce livre. The Book Smugglers l'a trouvé "near damn perfect", impossible de dire non à un tel exploit... sans avoir lu le résumé, je me suis donc plongée dans Shyness, cette ville où le soleil ne se lève jamais, où les gens ont des habitudes des plus douteuses et des comportements des plus étranges, et où Wildgirl part avec Wolfboy à la poursuite d'un gang de gamins plus dangereux que la mafia chinoise.

Je ne peux pas vous raconter l'histoire pour la simple bonne raison que je ne suis pas sûre de l'avoir bien suivie. Sous ses allures de romance fantastique pour ado, c'est en fait un genre d'aventure psychédélique qui vous attend, mêlant le réel et le surnaturel avec le moins d'explications possible. Ana (de TBS) dit que son côté surréalisme fait qu'il est aussi impossible d'en parler que d'expliquer une peinture de Dali à quelqu'un n'en ayant jamais vu. Après coup, je comprends tout à fait pourquoi.

Cela dit, on n'est pas non plus en présence d'un grand n'importe quoi. Cette aventure d'une nuit entre deux jeunes gens un peu trop amateurs de pseudonymes est réaliste et relativement bien construite : visite de la ville, rencontre avec les personnages secondaires, agression, vengeance. Quelque part, le fil directeur est assez classique, mais son traitement est complètement décalé. Le héros hurle comme un loup, les enfants de la ville s'enfuient de chez leurs parents pour monter des gangs organisés... impossible de faire le lien entre l'ambiance de Shyness et quoi que ce soit de connu.

Oui mais le problème, c'est qu'à trop vouloir garder le mystère, on se lasse un peu. Si on en apprend un peu plus sur le passé des deux personnages au fil de l'histoire, aucune explication sur Shyness, sa nuit perpétuelle, sa lente dégradation. Aucune info sur la plupart des personnages secondaires, bien qu'on laisse entrevoir des liens cruciaux. Aucune info sur le grand méchant, qui semble connaître le héros sans qu'on sache pourquoi. Et quand j'ai tourné la dernière page, je n'en croyais pas mes yeux : l'intrigue venait juste de démarrer et soudain, La Fin.

Alors j'ai beau être un peu épatée par le côté particulier et fondamentalement étrange du bouquin, je ne suis pas du tout impressionnée par la façon dont il laisse le lecteur sur sa faim. Les fins ouvertes, déjà, très peu pour moi, alors l'effet prologue, ça a tendance à me mettre en boule ! Dommage de gâcher autant de potentiel pour un manque de détails... Une suite vient apparemment de sortir mais je ne sais pas si je vais oser me frotter aux même défauts qui m'ont gênée, surtant avec des personnages pas assez attachants pour me raccrocher à l'histoire.

Ma note : 6/10


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jeudi 5 avril 2012

Le Coeur de Lazare,
de Poppy Z. Brite

Reçu le jeudi 5 avril 2012, 0 reviews
Résumé :
Le photographe Jared Poe est fasciné par les scènes masochistes, un goût des jeux pervers très attirant pour les jumeaux Benjamin et Lucrèce. Deux papillons jouant avec le feu ? Sans doute. Pourquoi s'en faire, puisque le trio s'entend à merveille... Jusqu'au jour où Benjamin est sauvagement assassiné ! Ce meurtre sadique, la justice le résoud en un clin d'oeil. Un homosexuel faisant un coupable idéal, condamner Jared à la chaise électrique mettra au drame un point final. Mais le véritable tueur et les modernes inquisiteurs ignorent que la mort d'un innocent, aux yeux Corbeau, n'est qu'un commencement.

Mon avis :
La lecture des œuvres de Brite se poursuit aujourd'hui avec ce qui est pour moi l'un de ses plus tristes et glauques romans. Rejeton du phénomène The Crow, il exploite le thème du corbeau ramenant les morts à la vie pour se venger avec Jared Poe, photographe accusé à tort du meurtre de son époux. Un tueur de transsexuels rôde à la Nouvelle Orléans, et Jared est celui désigné pour lui régler son compte et venger la mort de son bien aimé...

Difficile de garder son sang-froid avec cette histoire. Dès le retour de Jared, on sent sa douleur, minutieusement détaillée dans une scène de résurrection peu ragoûtante, puis sa haine envers le corbeau de l'avoir arraché à la paix éternelle. Sauf que la paix, il ne la ressent pas vraiment, pas depuis qu'il est rentré un jour pour trouver le cadavre de son bien aimé vidé, dépecé et étalé dans la chambre qu'ils partageaient. Même le récit de son arrestation et son meurtre, détaillé au fil de l'histoire, fait pâle figure aux côtés du massacre dont nous abreuve le tueur en série. Estomacs sensibles, soyez prévenus.

L'homme aux noms de fleuves, qu'il choisit au gré de ses envies, fait lui aussi partie intégrante du livre. Contrepoids de la colère qu'éprouve Jared envers tout ce qui l'entoure, il poursuit avec sérénité sa tâche de nettoyer le monde de tous ces êtres impurs qui prétendent être de l'autre sexe. On le voit aborder les transsexuels, choisissant de préférences ceux qui ne manqueront à personne, puis les tuer lentement et consciencieusement, choisissant d'en enterrer la plupart dans son jardin tandis que les autres finissent dans le Mississippi. La force de sa conviction est retranscrite au point d'en être insupportable, et chaque victime de plus est un frisson de dégoût supplémentaire pour le lecteur.

Celle qui vient adoucir le ton de tout ça, c'est Lucrèce, sœur jumelle de Benjamin qui guide Jared dans sa mission. Sa peine est presque palpable, faisant d'elle une autre victime de l'affaire, celle qui reste seule après la mort de ceux qu'elle aime. La présence de l'inspecteur en charge de l'affaire des nouvelles victimes du tueur, bien qu'essentielle, laisse un goût de personnage-outil à l'histoire ; dur de s'attacher à lui alors que Jared et les jumeaux forment un trio aussi puissant.

Si l'histoire se veut dans la lignée du fameux The Crow, la touche gore et romantique de Brite est véritablement immanquable, rassemblant les thèmes qui lui sont chers en une brève histoire de vengeance. Brève peut-être, mais surtout malheureuse, suintant la douleur et l'amour perdu, pointant du doigt l'injustice des réactions envers les individus que peu considèrent comme "normaux" encore aujourd'hui. Un conte fantastique à ne pas lire le soir aux enfants, qui donne envie de manger une glace à la plage pour oublier tout ça.

La poésie de la violence dans toute sa splendeur.


Le challenge avance, doucement mais sûrement... quel sera le prochain ?



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mercredi 4 avril 2012

Dust,
d'Arthur Slade

Reçu le mercredi 4 avril 2012, 4 reviews
Résumé :
Matthew, 7 ans, disparaît un jour sur la route de Horshoe, une ville poussiéreuse du Saskatchewan pendant la grande dépression. Robert, son grand frère, est déterminé à trouver Matthew, même lorsque les adultes semblent abandonner espoir. Mais d'autres enfants disparaissent alors qu'un homme étrange nommé Abram Harsich arrive en ville : il hypnotise les villageois, affligés par les effets de la sécheresse, avec des miroirs magiques et la promesse d'une machine à faire pleuvoir. Seul Robert semble capable de lui résister, et de découvrir ce qui est arrivé à Matthew.

Mon avis :
Un petit message de l'auteur sur Twitter pour informer que l'ebook est gratuit pour la journée sur amazon et hop, me voilà en possession d'une nouvelle lecture avalée en moins de vingt-quatre heures. Après sa série des Agents de M. Socrate, on reste dans une ambiance jeunesse avec cette enquête à l'ambiance western et fantastique, dans une province canadienne au nom délicieusement improbable - et patrie de l'auteur.

On suit l'histoire de Horshoe du point de vue de Robert, grand amateur de livres d'aventure et de fantasy, qui ne comprend pas pourquoi les adultes s'inquiètent si peu de la récente disparition des enfants de la ville depuis l'arrivée d'Abram Harsich. Ce dernier est un illusionniste, selon son oncle ; un homme qui montre simplement aux gens ce qu'ils veulent voir. Sauf que Robert ne voit rien, lui... à part que les adultes semblent perdre la mémoire et que des évènements étranges arrivent à ceux qui refusent d'aider à construire la machine à pluie d'Abram !

Si l'histoire reste courte et simple, elle sait captiver en alternant entre le mystère qui entoure l'action et la réalité de la sécheresse et du quotidien de Robert. Le garçon est un héros de conte de fées, curieux et courageux, mais on sent tout de même son regard critique sur l'éducation religieuse que lui prodigue sa mère et les remords qu'il éprouve d'avoir refusé d'accompagner son petit frère lorsqu'il a disparu. Le méchant est lui aussi une institution - albinos, étranger, illusionniste et adepte de discours mystiques, pas besoin de s'attendre à ressentir de la pitié pour lui lorsque Robert lui aura réglé son compte !

Difficile de dire ce qui retient vraiment l'attention dans ce livre mais le décor aride et poussiéreux est un agréable changement face aux récits habituels, tout comme l'atmosphère vieillotte du Canada avant-guerre. La touche de magie apportée par Abram éclaire l'ensemble et lui évite de tomber dans le thriller trop sérieux. On se prend au jeu de voir le jeune garçon partir à l'aventure pour sauver sa ville de l'emprise de l'homme albinos, et la fin assez classique ravira particulièrement les plus jeunes.

Ma note : 7,5/10


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