mercredi 28 mars 2012

The Green Book,
de Jill Paton Walsh

Reçu le mercredi 28 mars 2012, 2 reviews
Résumé :
"Nous sommes sur Shine, le premier jour", dit Pattie lorsqu'en tant que plus jeune membre de l'expédition, on lui fait l'honneur de choisir le nom de leur nouvelle colonie. Réfugiés de la planète Terre mourante, ils ont été envoyés dans l'espace dans l'espoir que certains survivront pour perpétuer la race humaine. Mais le succès de Shine reste incertain alors que les plantations meurent et que les provisions ramenées de la Terre s'épuisent. Même l'excitation autour de l'éclosion du peuple des mites géantes de la vallée des rochers ne permet pas au groupe d'oublier le désespoir de leur situation. Vont-ils trouver de quoi assurer leur survie ?

Mon avis :
Il ne m'en a pas fallu beaucoup pour choisir ce livre : de la SF, une magnifique couverture... vendu ! Publié pour la première fois en 1981, il est un des classiques de l'éducation anglophone, apparemment inconnu chez nous. Réédité cette année par Square Fish (avec cette magnifique couverture, donc), c'est l'occasion d'enfin tout savoir sur Pattie et Shine, cette nouvelle planète qui ne dit rien de bon pour la race humaine.

Puisque le livre fait 70 pages, et qu'il est écrit assez gros, je vais vous dispenser de trop parler de l'histoire. On y suit la migration d'un des dernier groupes d'humains (relativement pauvre, donc) de la Terre à bord d'un vieux vaisseau, qui les dépose sur une planète inconnue. La famille de Pattie est en quelque sorte le point d'ancrage du récit - on suit leur départ précipité, les années passées à bord du vaisseau puis l'inquiétude des premiers temps sur une planète étrangère, le tout en version condensée.

Si c'est quelque part assez difficile de s'attacher à des personnages en si peu de pages, j'ai tout de même trouvé que la famille de Pattie laissait une forte impression — du père inventeur au fils qui essaie d'être adulte pour l'aider dans sa tâche, ainsi que deux filles qui se chamaillent pour des bêtises. L'exode est traitée avec sérieux, ainsi que la rareté de leurs ressources et de leurs loisirs, et on a tout le temps de s'imaginer ce qui se passerait si on n'avait qu'un livre chacun pour le reste de sa vie, qu'on se nourrissait de fer en attendant de savoir si les récoltes allaient être comestibles ou non...


Mais tout n'est pas noir pour autant ; Pattie et son jeune âge nous entraînent à la découverte de ressources cachées, de créatures mystérieuses dont les adultes ne soupçonnaient pas l'existence et qui se joignent aux jeux des plus jeunes. On est alors confronté à l'importance de la vision des enfants, celle aussi de ne pas oublier les contes et les histoires que l'on a appris parce que c'est lorsqu'on ne les a plus que l'on réalise leur importance.

Sans raconter la fin, j'avoue qu'elle est d'une simplicité un peu décevante, mais lorsqu'on referme le livre et qu'on y repense plus tard, on réalise que ce n'est finalement pas ça qui est important. Ces 70 pages sont un vrai condensé de réflexion sur le poids des classes, sur l'importance de la culture, de posséder des savoir-faire basiques pour survivre et de faire confiance aux enfants pour s'ouvrir l'esprit à ce qui nous entoure. Un très beau petit récit, en somme.

Ma note : 7,5/10


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mardi 27 mars 2012

The Night Circus,
d'Erin Morgenstern

Reçu le mardi 27 mars 2012, 8 reviews
Résumé :
Le cirque arrive sans prévenir. Aucune affiche ne le précède. Il est simplement là, alors qu'hier il ne l'était pas. À l'intérieur des tentes rayées blanc et noir se trouve une expérience unique remplie de merveilles à couper le souffle. Il s'appelle Le Cirque des Rêves (en français dans le texte), et il n'ouvre que la nuit.

Mais en coulisse, une féroce compétition se déroule : un duel entre deux jeunes magiciens, Celia et Marco, qui ont été entraînés depuis leur enfance dans ce seul but par leurs lunatiques instructeurs. Sans en connaître les règles, ils jouent à un jeu où un seul d'entre eux s'en sortira, et le cirque n'est que le théâtre de leur remarquable bataille d'imagination et de volonté. Lorsqu'ils découvriront la vérité, un autre élément va venir entraver l'issue du duel...

Mon avis :
Le cirque arrive sans prévenir. Un matin de 1902, le champ résolument vide au détour d'une route est maintenant habité d'immenses tentes noires et blanches à rayures. Les rumeurs courent à travers la ville : Le Cirque des Rêves est là ! À la nuit tombée, tout le monde se dirige vers le site, curieux et excité. Vous rejoignez la longue file qui se déploie sous l'immense horloge, vous trépignez d'impatience en attendant que le soleil disparaisse à l'horizon. L'odeur de caramel vous met l'eau à la bouche. Puis soudain, la nuit tombe, et le cirque s'éclaire de mille feux. Vous achetez votre billet et passez dans un autre monde.

Impossible de savoir comment sont organisées les tentes disposées en cercle. Vous errez sur les chemins peints à la craie et croisez deux enfants faisant faire des tours à des chatons étonnamment obéissants. Non loin de là, le large feu de camp à la flamme blanche brûle paisiblement, et vous restez hypnotisé un instant : y aurait-il de la magie là-dessous ? Vous entrez dans la tente des acrobates, incroyablement haute, où les artistes se balancent sans filet. Ailleurs, une contorsionniste japonaise se plie comme un mouchoir de poche, et son regard mystérieux vous intrigue.

Mais rien ne vaut la tente de l’illusionniste. À peine assis, la porte disparaît, et vous la regardez changer de vêtement à volonté, faire apparaître et disparaître des oiseaux avec une telle habileté que la magie semble réelle. Un peu comme lors des spectacles de Prospero l'enchanteur, qu'elle vous rappelle dans sa façon de travailler. Y-aurait-il dans ses yeux une sorte de tristesse cachée, de fatigue pesante ? Serait-elle l'une des créatrices du cirque ?

À la fin du spectacle, vous la suivez discrètement dans une autre tente, remplie de neige. Le jardin d'hiver est d'une beauté irréelle, ses statues et sa fontaine de glace étrangement touchantes. Vous sentez une autre présence se glisser auprès elle, l'ombre d'un jeune homme à casquette qui la suit, l'effleure pour provoquer des étincelles entre eux. L'illusionniste le regarde et vous devinez l'amour et la confusion qui règne entre eux. Lui aussi doit jouer un rôle important, mais lequel ? Vous ne l'avez jamais vu au cirque.

Derrière lui, une autre silhouette semble la suivre, le reflet invisible d'un homme contrarié. Quelque chose se trame derrière tout cela, et ni lui ni l'homme en gris que vous avez croisé au détour d'une tente n'y sont étrangers. Quelque chose de dangereux flotte dans l'atmosphère, mais impossible de mettre le doigt dessus. En sortant de la tente de la diseuse de bonne aventure, qui vous a embrouillé l'esprit, vous percutez un jeune garçon cherchant Poppet et Widget, une souris en chocolat à la bouche, l'air inquiet. Vous cherchez les chatons mais ils ont disparu.

L'aube se lève et il ne reste que peu de visiteurs, tous portant des habits sombres parés d'une touche de rouge. Des rêveurs, comme vous, qui resteront jusqu'au dernier instant, retournant dans leurs tentes préférées ou en découvrant de nouvelles par hasard. Il ne vous en reste qu'une à visiter, où trône un grand arbre recouvert de cire blanche, celle des bougies qui y brûlent constamment. Vous en prenez une, l'allumez sur une autre, et faites un vœu.

Vous savez que l’illusionniste le réalisera. Le cirque est magique.



Ma note : à lire absolument !


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mercredi 21 mars 2012

Coupable,
de Poppy Z. Brite

Reçu le mercredi 21 mars 2012, 0 reviews
Résumé :
Composé de 21 textes (articles, essais, analyses, chroniques), ce recueil de non-fiction est une plongée directe dans la vie de l'auteur, y compris dans ses aspects les plus intimes. Elle y évoque ses passions littéraires, en particulier son goût pour les oeuvres de la décadence, son écriture, ses influences, de Charles Baudelaire à Stephen King en passant par William Burroughs. Chaque sujet, de commande, intègre un peu de la chair de son quotidien et permet de mieux cerner l'originalité de cet écrivain au romantisme noir et cruel qui bouscule l'univers culturel américain depuis son premier roman.

Mon avis :
Des années après ma première lecture, je me suis replongée dans ce livre terriblement intimiste d'un de mes auteurs fétiches. Pas d'horreur, de romance ou de personnage à se damner ici : rien que des pensées personnelles, des articles pour des magazines, quelques confessions et quelques coups de gueule, le tout enrobé par la plume toujours aussi expressive de cet auteur d'exception.

Ceux qui disent qu'il n'y a pas de poésie dans la violence n'ont pas assez bien regardé ou refusent carrément de regarder. Mais peu importe. Même si la poésie ne les trouve jamais, la violence finira par les trouver.

C'est par une étude sur la décadence que Brite nous introduit dans ce livre, nous livrant un aperçu de l'ambiance de la Nouvelle Orléans en y mélangeant un cours d'Histoire sur ses influences, les grands poètes écrivains décadents du XIXème siècle et la façon dont aujourd'hui, la décadence est devenue une étiquette à laquelle ont doit se rattacher avec précaution.

On quitte ensuite les mœurs douteuses de l'époque pour se tourner vers des réflexions plus personnelles. À travers huit "Coupable", l'auteur aborde les thèmes qui lui sont chers, les guerres qui font rage à la Nouvelle Orléans et ailleurs (notamment sa hantise du comportement des écrivains d'horreur qui se tirent constamment dans les pattes) et quelques hommages dont celui pour Mike Baker, rédacteur en chef du magazine Afraid, ou William Burroughs à qui elle écrit un fantasme nécrophile en guise d'épitaphe.
Elle nous offre également (pour ma plus grande joie) quelques conseils d'écriture, pointe les clichés à éviter et l'importance de laisser vivre ses personnages. Elle démontre comment la fiction nous permet de voyager dans les lieux et les esprits les plus inattendus, et nous liste au passage une série d'ouvrages indispensable à tout bon auteur d'horreur (tel Death to Dust: What Happens to Dead Bodies, recommandé au départ par Neil Gaiman).

Mais hors des fantasmes et souvenirs instantanés qu'on découvre dans ces Coupable, ce recueil est également truffé d'articles et réflexions divers. Les bon plans à Dublin et les meilleurs coffee-shops d'Amsterdam se disputent la vedette parmi des études sur le fandom de l'internet de l'an 2000, la décadence des jeunes filles et quelques statistiques et confidences sur les pratiques sexuelles d'un panel virtuel. Les histoires prennent parfois un tournant plus personnel, comme celle sur la poésie de la violence où elle expose sa fascination pour le gore, ou encore ses erreurs de jugement lorsqu'elle a tenté d'expliquer sa propre identité sexuelle aux médias.

On quitte son univers avec le récit troublant et douloureux de son addiction au Vicodin ES, un opiacé traitant ses douleurs de dos auquel elle est restée dépendante pendant des années avant de finalement s'en défaire. Impossible de rester insensible à toutes ces vérités crues, ces idées qui dérangent et ces études inhabituelles, qui offrent une perspective nouvelle sur un auteur tout simplement fascinant. Pour les fans, mais pas que.


Rendez-vous bientôt pour le prochain Poppy, même si je sens que ça va être serré pour finir le challenge à temps, je ne perds pas espoir !



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jeudi 15 mars 2012

Menteuse,
de Justine Larbalestier

Reçu le jeudi 15 mars 2012, 7 reviews
Résumé :
Micah Wilkins est une menteuse. Mais quand son petit ami, Zach, meurt dans de brutales circonstances, le choc semble suffisant pour la remettre sur le droit chemin. Ou peut-être pas. Surtout quand mentir lui vient aussi naturellement que respire. Est-ce que Micah sortait avec Zach ? Se sont-ils embrassés ? L'a-t-elle vu la nuit où il est mort ? Cache-t-elle vraiment un secret de famille?
Où se trouve la vérité ?

Mon avis :
Mais comment ai-je été entraînée dans cette galère ? En écoutant Lelf dire qu'il se lit tout seul, Sita me proposer l'ebook et Lyra une lecture commune dessus ? Un peu de tout ça, je crois. Je ne sais pas si le résumé vous laisse un sentiment de "livre dont vous êtes le héros" mais c'est quelque part l'idée : la narratrice nous ment en jurant de dire la vérité et c'est au lecteur d'en démêler le sens. Armez-vous de votre courage, vous n'en avez pas vu le bout...

Sur l'histoire, tout est dit. Micah est une menteuse. Zach, son petit ami, vient de mourir. Où est le lien ? Vous le saurez en lisant les interminables questionnements, théories et regrets de Micah à son sujet. Je vous fais envie, n'est-ce pas ? Soyons honnête, ce livre n'est pas si mauvais, j'ai justement mis tellement de temps à le finir que l'amertume tend à prendre le dessus. Ici, pas d'histoire à découvrir au fil des pages, de mystère résolu à la fin, d'enquête à révélations ; tout n'est que mensonges et vérités qui semblent ne pas en être.

Je suis probablement trop vieux jeu pour que ce genre de livre me plaise ; il a l'air de déchaîner l'enthousiasme des lecteurs qui ne cessent de débattre de leurs théories sur ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas. Sauf que moi, les théories, ça ne m'intéresse pas trop, et j'ai un peu l'impression que si on se contente de rester à la surface de cette histoire le jeu n'en vaut pas la chandelle. Du coup, eh bien... je me suis ennuyée comme un rat mort, voilà. Il faut dire aussi que la narratrice n'aide pas !

Eh oui, Micah, la grande star du spectacle, m'a été antipathique du début à la fin. Et pas juste parce qu'elle ment, c'est d'ailleurs sûrement un de ses seuls points forts. Le problème c'est qu'elle ne cesse de se questionner, de questionner les autres, de réfléchir à sa petite vie et de se plaindre de son sort, sans parler de Zach qu'elle ne cesse de regretter. Si je comprends tout à fait qu'elle soit déprimée par sa mort, j'aurais aimé éviter qu'on m'en rabâche les oreilles ! Zach, au contraire, aurait sûrement été un personnage sympathique... s'il n'était pas aussi mort.

Pourtant, ce livre est bien, je ne peux pas le nier : son concept est original, son intrigue bien menée (pour peu qu'on joue à la double lecture) et ses détails riches de petits indices sur tel ou tel mensonge. Si vous avez déjà fini les fameux livres dont vous êtes le héros sans tricher, celui-ci va vous paraître une promenade de santé. Moi, je préfère aller à la dernière page pour connaître la fin.
La vraie fin.

Ma note : 6/10

Heureusement que Sita et Lyra sont là pour tempérer ma mauvaise foi et dire du bien de ce livre !



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mercredi 14 mars 2012

Sanshôdô, la voie des trois vérités,
de Jean Millemann

Reçu le mercredi 14 mars 2012, 4 reviews
Résumé :
Un jour, toutes les radios et toutes les télés interrompent leurs programmes simultanément pour diffuser un boucle l'évidence qui est partout dans le ciel. Les extraterrestres sont là. Les Zitis, comme on dit, parce qu'il est plus facile de leur donner un nom générique plutôt que de retenir celui de chaque espèce qui constitue cette communauté interstellaire. Bien sûr, les gouvernements terriens font semblant que rien n'a changé alors que leur oligarchie prend l'eau de toute part. Bien sûr ils s'efforcent de voler ce qu'on est prêt à leur offrir. Mais c'est la galaxie toute entière s'ouvre à l'humanité et c'est une opportunité que seuls les opportunistes sont incapables de saisir.

Mon avis :
Je ne citerai pas de nom, mais tout le monde sait d' me vient l'envie de lire ce livre depuis des mois... grâce à sa sortie en numérique sur le site des éditions Ad Astra, j'ai enfin pu me procurer ce petit ovni ! Trois nouvelles dans l'espace, auprès de créatures étranges et improbables, qui ne ressemblent à nulle autre.

Lanatkka-nagui
Cette première nouvelle, la plus longue des trois, nous offre un prélude à l'invasion extraterrestre : trois races parmi celles ayant pris contact avec les humains - les Arachnoïdes, les Delphies et les Tatous - sont révélées au monde. Le narrateur, un scientifique, est envoyé sur une station spatiale pour s'y occuper de l'agencement intérieur en vue de la visite des humains, où il va rencontrer une Nagaï, humanoïde chauve à écaille, qui va changer sa vie.
Si vous espériez une balade dans l'espace, de l'action ou un cours d'astrophysique, laissez tomber : il s'agit clairement d'un récit focalisé sur les relations, la façon de voir l'autre et de l'apprécier, la gestion des différences et des priorités. Bref, de l'humain, du sociologique, du philosophique aussi... le tout dans une ambiance de mondes inconnus et de récits féeriques.
J'espère que vous vous sentez l'âme fleur bleue pour apprécier pleinement cette histoire !

Leboeuf se paye une toile
Amis arachnophobes, bonjour. Leboeuf, dit Pitbull, enquête sur l'affaire d'un meurtre. Un humain, scientifique en charge des communications interespèces, a été tué par un Arachnoïde. Avec l'aide de son ex-coéquipier, Cocotte, Arachnoïde également, et de son nouveau, une Delphie, il va étudier tous les détails de cette affaire, tomber amoureux d'une tortue de mer, et chercher de nouvelles réponses aux questions qu'il se pose.
On monte d'un cran dans l'action face à la nouvelle précédente, mais ne cherchez pas entre ces lignes le dernier Agatha Christie : plus qu'une enquête, il s'agit ici encore d'une réflexion sur les différences et la communication entre espèces, ainsi que les raisons qui nous poussent à réagir de telle ou telle façon. Le dénouement est malheureusement un peu plat après le suspense global.

Trois petits pas sur le chemin de la sérénité
C'est probablement la perspective de cette nouvelle qui m'a le plus motivée à lire ce recueil : un juge pénal décide de voyager dans l'espace pour rencontrer le premier être né du Big Bang, un dragon et ses tanukis, qui vont partager avec lui une tasse de thé. Hélas, le rendez-vous ne dure que quelques pages, où la discussion est remplacée par un monologue métaphysique sur la zénitude et la communion avec le cosmos. Mon esprit terre à terre est passé à côté de la métaphore du thé, j'en ai peur.

Comme souvent lorsqu'on attend un livre avec trop d'impatience, le sentiment final n'est pas à la hauteur. La lecture fut plaisante mais le manque d'empathie envers les personnages, les réflexions très philosophiques et l'humour un peu vieillot n'ont pas réussi à captiver mon attention. Un roman à lire lorsque l'on est stressé ou en manque de calme, à l'effet détente garanti.

Ma note : 6,5/10


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jeudi 8 mars 2012

Le Peuple de la pluie,
(Les agents de M. Socrate 3), d'Arthur Slade

Reçu le jeudi 8 mars 2012, 4 reviews
Résumé :
Après ses aventures au fond de la mer face à la redoutable Mlle Hakandottir, Modo est condamné au repos, à l’extérieur de Londres.
Ce n’est qu’au bout de quelques semaines qu’il découvre sa nouvelle mission. Au programme, un temple égyptien perdu au milieu de la jungle australienne, un masque aux pouvoirs dévastateurs et un peuple de la forêt peu accueillant. Le but : récupérer un masque construit par le Peuple de la Pluie, également convoité par la Confrérie de l’Horloge. Quiconque a tenté de s’emparer du masque a succombé à la folie.
Aidé par Octavia et M. Socrate lui-même, Modo réussira-t-il à s’emparer du masque et à éviter les pièges millénaires tendus par le Peuple de la Pluie ?

Mon avis :
C'est reparti pour le troisième volet des aventures de Modo, un shapeshifter (Fringe power) de l'époque victorienne au service de l'Organisation perpétuelle, oeuvrant pour la sauvegarde de l'Empire (Britannique, bien sûr). Après avoir arrêté une machine diabolique et traversé les mers en sous-marin, le voila parti pour l'Australie à la recherche d'un dangereux artéfact...

Des Egyptiens en Australie ? C'est ce que croit M. Socrate, après avoir mis la main sur une carte menant à un temple caché dans la jungle australienne, sur le territoire du Peuple de la Pluie. Il faudra à Modo, Octavia, M. Socrate et les autres deux mois pour traverser les mers en direction de ce continent reculé, durant lesquels la Confrérie de l'Horloge garde un œil sur eux... ainsi que quelques faucons mécaniques qui vont leur en faire voir de toutes les couleurs !

Déjà le troisième tome et Arthur Slade n'a rien perdu de ton talent pour narrer des aventures ! Toujours dans un style très marqué jeunesse - une intrigue simple, des personnages au caractère bien défini et un peu de pédagogie au passage -, il parvient à rester original grâce à de nouvelles péripéties farfelues dans lesquelles il entraîne Modo et ses compatriotes. Cette fois-ci plus présent que d'habitude, M. Socrate apparaît vraiment comme un personnage très désagréable, avec du tempérament et des idéaux colonialistes qu'il faut savoir relativiser à la lecture.

Heureusement, Modo apporte un bon contrepoids en se montrant curieux et sans jugement à l'égard de ceux qu'il rencontre, et sa vision un peu naïve des choses est aussi agréable qu'elle peut être parfois navrante. Les émotions sont également mises en avant alors que le jeune bossu se rapproche d'Octavia et tente de rentrer dans les bonnes grâces de la jeune fille, qui n'a pas non plus un caractère facile ! Si le pitch semble un peu trop incroyable, l'ambiance et les rebondissements de l'histoire sont savamment cultivés et on dévore littéralement ce petit morceaux d'Indiana Jones victorien à la sauce fantastique. À quand la suite ?

Ma note : 8/10

Ce livre a été lu en partenariat avec les éditions .







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jeudi 1 mars 2012

Des horizons rouge sang,
de Scott Lynch

Reçu le jeudi 1 mars 2012, 10 reviews
Résumé :
Locke Lamora, l'ancienne Ronce de Camorr, et son comparse Jean Tannen ont fui leur cité natale. Ils ont embarqué à bord d'un navire et gagné la cité-État de Tal Verrar, où ils prévoient bientôt de réaliser leur forfait le plus spectaculaire : s'attaquer à L'Aiguille du péché, une maison de jeu réservée à l'élite et voler son incommensurable trésor. Il n'existe qu'une façon de s'approprier l'argent de cet établissement: le gagner aux divers jeux qu'il propose à ses clients. Un domaine que Locke et Jean croient connaître sur le bout des doigts. Mais, une fois encore, les deux compères se retrouvent embringués dans des aventures imprévues... et devront se frotter à la flotte pirate de la redoutable capitaine Zamira Drakasha. Une véritable sinécure pour des voleurs qui ne distinguent pas bâbord de tribord !

Mon avis :
Je ne sais pas comment j'ai fait pour me retenir aussi longtemps de lire la suite ce coup de coeur de juillet dernier, ni comment je me suis débrouillée pour passer 3 semaines à le lire, alors que soyons honnête : ce livre est une merveille. Je n'aime pas partir à demi-convaincue et arriver complètement subjuguée, j'ai l'impression de 1/me montrer affreusement subjective et 2/être incapable d'en parler correctement. Du coup, je vais faire de mon mieux pour dire tout ce que ne va pas, en commençant par : c'est horriblement passionnant.

L'histoire commence comme elle se doit : le lien avec l'épisode précédent est bien tracé, l'évolution des personnages juste, le début de leur casse entraînant - l'auteur n'en dit jamais trop, à la manière d'un polar dont les tenants et aboutissants seront dévoilés au fil de l'action. Mais sous les dessous grandioses de ce "casse", les deux compères se font embarquer contre leur gré dans une guérilla interne qui va les envoyer en mer, à jouer les matelots rodés. Mais n'étant ni rodés ni matelots, ils vont se retrouver dans encore plus de pétrin, à mener une vie de pirates et tenter de sauver ce qui leur reste !

Quels affreux personnages, je ne vous raconte pas. Deux voleurs expérimentés, surdoués de l'arnaque, pleins aux as (enfin, parfois), avec un culot monstre, un talent pour le combat rapproché, l'escalade, et capable de séduire même les pirates les plus farouches ? Ah non mais vraiment, c'est indécent. Et je ne parle même pas du fait qu'ils sont hilarants, tellement humains dans leurs réactions, chamailleries et blagues, impossiblement touchants dans ces épreuves qui les marqueront à vie... ils sont insupportablement merveilleux, c'est triste à dire.

Et non seulement ça, mais l'intrigue est palpitante, pleine de surprise, de rebondissements, d'imprévus, naviguant entre les mystérieuses îles en passant par des coins encore inexplorés qu'on découvre avec admiration. L'ambiance très Pirates des Caraïbes des Ghostwind Isles et les sombres créatures rodant sous les eaux de la mer de Brass ne sont que la cerise sur le gâteau. En mer ou sur terre, ils nous en font voir de toutes les couleurs, jouent les durs et tombent amoureux, tentent de sauver leur peau et d'agir pour les causes qui les touchent. Même les instants de relâche sont plaisants, ce n'est pas rien.

Par contre, et là je vous le dis honnêtement, il y a bien une sale petite manie dont le seigneur Lynch n'a pas su se débarrasser encore : une compulsive manie de se laisser emporter dans d'interminables descriptions. C'est quelque part dur de lui repprocher, vu combien elles rendent le récit visuel et complètement immersif, mais de temps en temps, la vie des mouettes du littoral, la couleur du soleil couchant et les particularités de la flore locale, on s'en bat un peu les noisettes. J'ai eu du mal à ne pas sauter sur les dialogues avant la fin des descriptions, tellement le suspense est accrocheur.

Ça faisait longtemps que je n'avais pas autant ri, autant trépigné, autant tourné fébrilement les pages d'un livre que celui-ci. Même si c'était parfois longuet, même si on devinait certaines choses avec trop de facilité, même si Sabetha manquait encore à l'appel, impossible de regretter quoi que ce soit. Locke et Jean sont la poisse incarnée, et ils le prennent la tête haute, d'autres cartes dans leur manche et la tête remplie de nouvelles idées.

Où vont-ils nous mener dans The Republic of Thieves... à l'autre bout du monde j'espère !!

Ma note : 9,9/10 (fallait être plus sympa avec Jean pour avoir 10 !)

J'en ai profité pour entraîner Blackwolf et Taliesin dans cette lecture, et ils sont tout aussi charmés que moi. Alors, vous commencez quand ?


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