mercredi 29 février 2012

Hugo Cabret,
de Martin Scorsese

Reçu le mercredi 29 février 2012, 7 reviews
Synopsis :
Dans le Paris des années 30, le jeune Hugo est un orphelin de douze ans qui vit dans une gare. Son passé est un mystère et son destin une énigme. De son père, il ne lui reste qu’un étrange automate dont il cherche la clé - en forme de cœur - qui pourrait le faire fonctionner. En rencontrant Isabelle, il a peut-être trouvé la clé, mais ce n’est que le début de l’aventure…

Mon avis :
Pour une fois, c'est Sita qui m'a convaincue d'aller voir un film, avec sa brève mais élogieuse petite review. J'ai toujours apprécié les films jeunesse, et bien que n'ayant pas trop vu la bande annonce de celui-ci, j'ai eu l'occasion de feuilleter le livre dont il est adapté ; l'atmosphère me plaisait beaucoup. Si les acteurs n'ont pas toujours été très convaincants, l'ambiance du film vaut bien le détour !

On suit les péripéties d'Hugo, jeune orphelin qui s'est retrouvé en charge de remonter les horloges de la gare lorsque son oncle a disparu. Il en profite pour tenter de réparer un automate légué par son père, mais il lui manque la clef... puis le vendeur de jouets de la gare va lui confisquer son carnet de croquis, l'obligeant à travailler pour lui afin de le récupérer. Il va alors rencontrer sa fille adoptive et plonger dans un nouveau monde qui va lui faire découvrir l'Histoire du cinéma.

C'est justement cette partie sur l'Histoire du cinéma que j'ai trouvé passionnante : les flashbacks dont nous régalent la seconde moitié du film, plus orientée autour du mystère de l'automate, est une véritable rétrospective à l'ancienne sur l'ambiance des tournages et des effets spéciaux "manuels". La résolution de l'intrigue est en quelque sorte le centre du film, celui qui laisse derrière lui la satisfaction d'avoir passé deux heures dans cet univers agréablement désuet.

Parce que du côté des acteurs, je n'ai pas été subjuguée... les deux enfants héros de l'histoire sont assez mornes et convenus et leur relation plutôt inintéressante; j'aurais préféré qu'on les voie un peu moins ! Le petit manège des personnages secondaires de la gare, par contre, offre une prestation beaucoup plus intéressante, tout comme les décors et passages secrets entre les murs du vieux bâtiment.

Du bien et du moins bien qui forment finalement un ensemble agréable, inhabituel et visuellement magique, d'autant plus quand on pense qu'il s'agit en partie d'Histoire et non pas de fiction... ça donne envie de se mettre aux courts-métrages de l'époque, non ?

Ma note : 7,5/10



Titre original : Hugo
Long métrage américain
Durée : 2h 08 min
Genre : Aventure, Drame, Famille
Année de production : 2011
Date de sortie en France : 14 décembre 2011

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mercredi 22 février 2012

La marche du crabe : L'Empire des crabes,
de Arthur de Pins

Reçu le mercredi 22 février 2012, 4 reviews
Résumé :
Le cancer simplicimus vulgaris est un petit crabe de forme carrée, qui ne se déplace qu'en ligne droite, latéralement. Mais ce jour là, dans l'estuaire de la Gironde, un événement de portée considérable se produit. Alors qu'un bateau sombre, Soleil, l'un de ces crabes, change de direction et tourne pour éviter le navire ! Un de ses congénères l'interpelle alors et lui interdit à tout jamais de refaire ça ; il n'est pas le seul à observer d'un mauvais œil ce nouveau don apparu chez cette espèce. Deux mouvements se mettent alors en place chez les crabes carrés : d'un côté, les supporters de la rectitude et de l'autre, les partisans de la liberté de circuler. Pendant ce temps-là, à la surface, des journalistes spécialisés dans le documentaire remarquent que des choses étranges se produisent chez les petits crabes...

Mon avis :
La dernière fois, je vous disais que les Arthur et moi, on avait un bon feeling. En fait, c'est juste qu'avec les crabes, ça a toujours été une grande histoire d'amour — d'abord dans l'assiette, bien sûr. Alors cette trilogie d'albums sur une révolution de crustacés ? Il y a pratiquement mon nom dessus, je vous le dis. Des crabes qui se mettent à tourner, bouleversent l’écosystème et se lancent dans une révolution qui va faire d'eux les maîtres du monde ? Je dis oui ! Vive les crabes ! À moi bas les tourteaux !

Et si... ce n'était finalement pas à cause de leur carapace que ces petits crabes carrés ne tournaient pas...
... mais parce qu'ils étaient trop cons ?!
Pas d'inquiétude, je vous dis. Depuis que Soleil (le crabe) a tourné, le monde a changé. Les crabes carrés se sont organisés en bandes : celle des puristes, qui continueront de marcher en ligne droite envers et contre tout, et celle des révolutionnaires, prêts à faire prendre un virage à leur destinée. Le reste des crustacés, inquiet de ce soudain bond dans l'évolution, se range du côté des puristes et forcent les autres à organiser des réunions secrètes pour apprendre à tourner... puis les humains s'en mêlent, et évidemment, c'est la catastrophe.

C'est toujours avec autant de plaisir que l'on retrouve ici le style particulier d'Artur de Pins, l'ambiance semi-monochrome de cette plage qui varie à présent avec les grands fonds sous-marins que Soleil (le crabe) explore, y croisant des espèces plus bizarres les unes que les autres. Je ne peux m'empêcher de m'attacher à cette bande de fruits de mer pas doués, pourchassés par les affres du destin, mais bien décidés à gagner leur bataille. Pour les fans de Braveheart, la bataille finale de ce tome est épique, accrochez-vous à vos bretelles !

Je dois me retenir de vous raconter l'histoire, déjà parce que ça ne vous avancerait pas trop, mais surtout parce que c'est un tel plaisir de la lire que je me sentirais mal de vous le gâcher. L'humour franchement idiot de certaines situations est jouissif, et la bêtise des crabes le vrai moteur de cette BD qui mélange l'absurde à l'aventure en y glissant de très chouettes métaphores sur le monde moderne. Bref, je ne me suis jamais sentie aussi crabe que depuis que j'ai les deux premiers albums de cette trilogie dans mes toilettes.

Allez, pour fêter la sortie du prochain, je me fais une langouste.

Ma note : 9/10





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samedi 18 février 2012

Les Aigles de Rome - livre III,
de Marini

Reçu le samedi 18 février 2012, 2 reviews
Résumé :
Même si Marcus et Arminius se sont quittés brouillés, l'empereur Auguste compte sur la force de l'amitié qui les unit pour que la lumière soit faite sur la rumeur qui fait trembler Rome. Il envoie Marcus en mission secrète en Germania, berceau d'Arminius, pour déterminer l'implication de celui-ci dans la préparation d'une rébellion de son peuple. Mais trahison et conspiration ne sont pas l'apanage des Barbares...

Mon avis :
Ça faisait longtemps depuis la chronique des deux premiers tomes ! Le troisième volet des aventures de nos amis romains (enfin, presque) se poursuit hors de la capitale : Arminius est envoyé en Germania pour y mener des troupes, avantagé par sa connaissance des mœurs locales, et Marcus s'y retrouve à son tour pour espionner son ancien ami... les jeux d'enfants des débuts sont bien loin, c'est l'heure des jeux de guerre à présent !

Le mignon petit blond s'est changé en colosse arien, non moins agréable à l'œil cela dit, alors que Marcus a pris les traits des soldats romains classiques, le regard toujours aussi perçant qu'avant. Les anciennes amitiés ont été mises de côté au profit des soupçons, ceux de l'empereur envers la loyauté d'Arminius, ceux d'Arminius envers celle de celui qui a partagé sa jeunesse. Les mêmes obstacles qu'avant se dressent entre eux : Priscilla, dont Marcus est toujours obsédé et que son mari garde jalousement, et la Germania, cette patrie qu'Arminius semble de plus en plus incapable de trahir.

Le changement de décor pour les sombres forêts germaniques apporte un renouveau à l'histoire ; à défaut d'y voir beaucoup de nouveaux personnages, on se régale déjà du nouvel environnement. Arminius vole un peu la vedette à Marcus alors qu'il se mêle des affaires des clans locaux, y rencontrant même sa belle qui risque sans doute de ne lui attirer que des ennuis (ces hommes, tous les mêmes !).

L'atmosphère de la guerre est elle aussi plus présente, désormais ce sont les cadavres qui reviennent plus souvent que les débauches romaines. Un peu de stratégie militaire, un peu de magouille politique, un peu de coups bas et de rendez-vous secrets pour raviver la flamme de l'action ; cette suite plus sombre et adulte parvient à garder le suspense vivant, bien que la progression de l'intrigue reste assez prévisible d'un tome à l'autre. Cependant, si l'on devine ce qui risque d'arriver par la suite... on n'en est pas moins impatient de le lire !

Ma note : 8/10

Retrouvez les chroniques des tomes 1 et 2 de cette série qui pour le moment, reste la seule des "saga antiques" qui a su me passionner (et non, ce n'est pas juste pour ses personnages nus, voyons !).


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mercredi 15 février 2012

Le numérique c'est fantastique
[e-reader]

Reçu le mercredi 15 février 2012, 18 reviews
Depuis trois mois, il y a quelque chose de nouveau dans ma vie : petit, souvent grognon, qui adore les couleurs et à besoin de beaucoup de repos. Il s'appelle Mikobo, et c'est le petit dernier d'une famille de canadiens... Kobo ! Officiellement nommé Vox, il aura fallu aller fouiller outre-atlantique pour mettre la main dessus et être patient pour qu'il prenne la bonne voie. Trois mois plus tard, il ne quitte plus mon canapé (et parfois la table de nuit), et je passe mes weekend à changer son fond d'écran en fonction de mon humeur ; qui l'aurait cru ?

Bien que le marché ait déjà bien pris son élan ces derniers mois, je sais que beaucoup se posent encore des questions sur les ebooks, sans parler de ceux qui y voient toujours la mort du Livre avec un grand L. Je ne compte pas vous faire un essai philosophique sur la beauté du numérique ; personnellement, j'adore (je ne publie pas mes histoires en ligne pour rien). Si vous avez envie de tout savoir sur cet hybride de tablette et de reader par contre, vous êtes au bon endroit. Voyons voir tout ça.


Oh, les belles couleurs.
Il ne faut pas se leurrer, la raison numéro 1 qui m'a fait choisir le Vox plutôt qu'un e-reader classique à e-ink c'est son écran couleur. Ce n'est pas un écran pensé à 100% pour la lecture, c'est vrai, mais le rendu des couleurs et contraste est vraiment très réussi. Les lecteurs de BDs et comics ont donc de quoi se réjouir, même si le format manga n'est pas très bien adapté à la résolution de l'écran en mode portrait - mieux vaut passer en paysage et faire défiler la page. Les illustrations des livres jeunesse rendent aussi bien en couleur qu'en noir et blanc et c'est un plaisir d'avoir un rendu "comme en vrai" plutôt qu'en niveaux de gris.


Des reflets... et alors ?
L'écran, c'est un peu le cheval de bataille des gros lecteurs. Je n'ai aucun argument contre le confort et le côté papier du e-ink, mais pour avoir passé beaucoup d'heures en peu de temps à lire sur le Vox, je n'ai aucun argument non plus contre l'écran couleur. Je suis comme beaucoup une habituée du travail intensif sur ordinateur et lire sur un écran rétroéclairé ne me pose pas de problème. Le réglage de l'intensité lumineuse est bien pensé, même s'il descend à peine assez bas pour moi - j'attends la prochaine mise à jour pour voir si ça change. Dans le noir, bien pratique de pouvoir attraper son reader et lire sans allumer la lumière pour ne pas réveiller tout le monde. En plein soleil ou sous des lumières vives par contre, on a bien un peu de reflet (en Finlande, ça ne risque pas de me gêner, mais si vous lisez uniquement sur la plage en Corse ça pourrait devenir un problème).


Tiens, ça tourne tout seul.
L'ère de l'écran tactile est là, qu'on le veuille ou non, et j'y suis moi même tellement habituée que je mets direct les doigts sur l'écran de tout appareil électronique qu'on me tend (pardon, amis possesseurs de Kindle). La fonction tactile du Kobo a ses hauts et ses bas, mais depuis les dernières mises à jour il n'y a pas grand chose à lui reprocher. Il faut bien une demi-seconde à une page pour se tourner mais hey, mon doigt en met au moins deux pour la même action, je ne vais pas chipoter. Sur l'écran principal, on navigue assez facilement d'une page à l'autre, le navigateur ne démontre pas de faiblesse particulière à usage normal/faible, les jeux et autres applications répondent bien. En gros, RAS mon capitaine.


Des livres, mais pas que.
Eh non, il ne faut pas oublier qu'un autre des avantages du Vox, c'est qu'il permet de lire des livres, mais pas que. L'application Zinio pré-installée permet de s'abonner à une flopée de magazines dans plusieurs langues, et je suis ravie de recevoir mon Studio Ciné Live tous les mois en quelques secondes et d'admirer les images en haute définition. Un autre application permet de s'abonner aux journaux mais je ne l'ai pas testée. Côté navigateur, il semble que l'accès à certains sites soit restrictif, notamment getjar qui ne propose pas toutes les applications disponibles (un défaut que l'on contourne aisément en passant par des liens de téléchargement direct). Aucun contrôle parental par contre, et les réseaux sociaux ont droit à leur propre raccourci en page d'accueil. Du côté des applications et jeux, tout tourne très bien (pour peu que les développeurs supportent le 7 pouces). On peut même installer l'application Kindle et acheter directement des ebooks sur le cloud d'Amazon, si c'est pas beau !


ePub, ePub... et ePub.
Ah, les formats d'ebooks, c'est toute une aventure aussi. Sur le marché français, c'est bien souvent l'ePub qui domine, et ça tombe bien parce que le Vox ne supporte que ça. Rien n'empêche de lire les fichiers kindle via l'application Kindle, ou de télécharger un lecteur de PDF, mais pour avoir testé ce dernier il n'y a pas photo : lire un PDF est une vraie plaie. Donc si l'ebook convoité n'est pas en ePub, mieux vaut laisser tomber. Autre plaie, il est uniquement possible d'importer de nouveaux livres dans la bibliothèque en les copiant sur la carte SD, impossible de le télécharger et l'installer aussitôt s'il n'a pas été acheté sur le Kobo Store.

Le Kobo Store de la Mort.
S'il y a un point vraiment négatif à retenir sur Kobo c'est que leur boutique en ligne est une CATASTROPHE. Non seulement la langue change à volonté, mais la synchronisation avec la bibliothèque marche une fois sur mille ; acheter les ebooks directement sur la boutique intégrée à la tablette est le seul moyen de les recevoir sans faute. La fonction de recherche est une tragédie, le choix vraiment réduit en Europe, et le support un simple lien vers le site de la Fnac. Well well well...


C'est beau, c'est neuf ?
Eh oui ! Commençons par le physique : écran 7 pouces, 400 grammes, haut parleur, tranche de couleur au choix (bleu, vert, rose ou noir), dos mat effet matelas (j'étais initialement rebutée par ce dos étrange mais en main, c'est extra agréable à tenir), le petit Vox n'a pas grand chose à se reprocher. Proche d'un livre de poche en poids et taille, il tient bien dans la main, posé sur l'oreiller ou sur le canapé (mes petits bras faibles se lassent au bout de quelques heures). Sous la coque, de l'Android 2.3 et une application Kobo pour gérer la bibliothèque. Pour être honnête, les premières semaines ont été épiques : problème de chargement, crashs divers, reboot spontanés... mais depuis les dernières mise à jours (comptez une bonne demi heure par MAJ !) tout va mieux. Le choix des polices, orientation et autres est bien pensé, et un dictionnaire anglais est intégré à la lecture en plus des fonctions habituelle de notation et surlignage. Notons que wifi allumé, au bout de quelques heures la bête est KO - sans, elle doit tenir 6 ou 7 heures mais guère plus. Et que le fil de chargement est long ! Impossible d'utiliser un cable usb avec adaptateur secteur, un coup dur je dois dire.


Encore six badges...
D'accord, ce n'est peut-être pas essentiel, mais le côté "social" sur lequel le Vox joue son "avantage" (VS Kindle Fire, bien sûr) reste assez sympa. En plus de poster les citations, lectures en cours et autres directement sur Facebook à la demande, il offre la possibilité de gagner des badges divers et variées (en lisant tel nombre de pages, à tel heure de la journée, etc.). Si vous achetez un livre sur la boutique Kobo, il y a même la possibilité de voir les commentaires des autres lecteurs à chaque page (mais ceux que j'ai lu n'en avais jamais). La communauté n'est pas encore très étendue alors niveau interactions, ça laisse tout de même un peu à désirer.

"Mais pourquoi faire ? J'ai déjà trois bibliothèques..."
Et moi quatre, l'un n'empêche pas l'autre ! J'ai choisi de prendre un reader parce que j'avais déjà récupéré des ebooks que je voulais lire, et aussi pour les raisons habituelles - plus facile à transporter, plus de choix pour les vacances, etc. J'ai choisi le Vox en particulier parce que non seulement il m'évite d'apporter des livres, mais il m'évite aussi de prendre mon ordinateur (dans la mesure où je compte juste relever mes mails et lire mes webcomics, bien sûr). Pour moi, la couleur et la possibilité de l'utiliser aussi bien comme liseuse que tablette était essentiel, et je suis vraiment ravie du résultat : tout n'est pas parfait, ce n'est pas encore le must ni du reader ni de la tablette, mais il remplit parfaitement son rôle.


Comme avant, mais pas vraiment.
Je n'irai pas jusqu'à dire que ça a changé ma vie, mais quand même. Plus besoin de dépenser 15€ pour un broché d'un kilo et demi, certaines maisons d'éditions (pas toutes, mais ça va arriver !) proposent les ebooks aux alentours de 5€, parfois même moins. Plus besoin d'acheter sur internet (je vis en Finlande, pas de lèche-vitrine en librairie pour moi) sans savoir si le livre est bien, on peut lire des previews plus ou moins longue sur la plupart des ebook stores. Plus besoin de passer du temps à zyeuter la bibliothèque à la recherche du prochain à lire : on ouvre un fichier, et si les premières pages ne donnent pas envie, on referme et on passe à un autre. Plus de marque pages perdus non plus ! Bref, ça donne envie de lire des classiques, d'acheter des livres auxquels on n'aurait jamais pensé en papier et de feuilleter ceux qu'on hésite à se procurer. Et parfois, après avoir lu l'ebook, on a aussi envie d'acheter la version papier ! Qui a dit que le Livre était perdu ?


Je crois que j'ai fait le tour des petits couic et couac de mon nouvel ami ! Je ne cherche pas à vous convaincre de vous jeter dessus, ni de faire un comparatif ou une pub mensongère de l'appareil face à ses concurrents : j'avais juste envie de partager ma nouvelle passion pour la lecture numérique. J'espère que d'ici quelques années, on aura droit à de vraies tablettes prodiges capable de se transformer en (presque) livre et en ordinateur à volonté, que le marché des ebooks se sera étoffé et que les nouveaux auteurs parviendront à tirer leur épingle du jeu sur ce nouveau marché ouvert... bref, que le numérique sera encore plus fantastique !

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vendredi 10 février 2012

Les hommes qui n’aimaient pas les femmes,
de David Fincher

Reçu le vendredi 10 février 2012, 3 reviews
Synopsis :
Mikael Blomkvist, brillant journaliste d’investigation, est engagé par un des plus puissants industriels de Suède, Henrik Vanger, pour enquêter sur la disparition de sa nièce, Harriet, survenue des années auparavant. Vanger est convaincu qu’elle a été assassinée par un membre de sa propre famille.
Lisbeth Salander, jeune femme rebelle mais enquêtrice exceptionnelle, est chargée de se renseigner sur Blomkvist, ce qui va finalement la conduire à travailler avec lui.
Entre la jeune femme perturbée qui se méfie de tout le monde et le journaliste tenace, un lien de confiance fragile va se nouer tandis qu’ils suivent la piste de plusieurs meurtres. Ils se retrouvent bientôt plongés au cœur des secrets et des haines familiales, des scandales financiers et des crimes les plus barbares…

Mon avis :
Voilà encore une histoire que je n'ai pas besoin de raconter : j'ai ouïe dire que tout le monde avait lu le livre ou vu le film (en version suédoise ou américaine). Eh bien moi je n'avais jamais mis le nez dans cette histoire, et bien que j'aie entendu qu'elle était assez gore et misogyne, je ne m'attendais quand même pas à ça. Ça vous dit des vacances en Suède, sinon ?

Comme le synopsis fait très bien son boulot, et qu'il parait que le film est très fidèle au livre, je pense que vous savez tout en le lisant. Blomkvist, qui est pour certains un personnage énervant du livre, apparaît ici comme un journaliste affreusement banal, assez vieux, qui s'habille très mal et ne paraît pas particulièrement brillant. Je ne sais vraiment pas quoi lui trouver, pour être honnête : Daniel Craig joue bien, mais il n'y a pas grand chose à dire de son personnage. On ne comprend pas très bien l'histoire du scandale de départ et ça ne doit pas aider à rentrer dans sa peau je pense...

La véritable héroïne, c'est de toute évidence Lisbeth, la nana aux piercings et coiffures improbables, marginale, bisexuelle, geek, justicière solitaire... j'aurais été ravie de l'adorer mais non, malgré toutes ses qualités, le courant ne passe pas trop entre elle et moi. Je ne saurais pas trop expliquer pourquoi, sans doute parce que je m'attendais à du moins trash, du moins glauque, et voir une nana au physique d'adolescente à poil trois fois dans le même film, ça me dépasse sans doute un peu. J'ai au moins un peu d'admiration pour sa nonchalance et son sens (comique) de la propriété, si ça peut rattraper un peu le coup.

J'ai l'habitude de sortir des trucs comme "ce n'est pas l'histoire qui compte mais ses personnages" dans mes chroniques. Ici, c'est plutôt l'histoire qui compte, vu mon sentiment vis à vis des personnages. Le film visuellement agréable, l'intrigue bien menée, la fin pleine d'action trépidante et l'ambiance très sombre. En sortant de la séance, je n'ai pas pu m'empêcher de me dire que l'image que le film donne de la Suède n'est vraiment pas glorieuse. Je sais bien que c'est un polar et pas Muumi à la campagne, mais cet environnement à la fois familier et totalement distordu par l'atmosphère assez répugnante du film ne m'a pas fait grande impression.

Je sais, je suis une chochotte parfois. Quand je serais grande je regarderai la suite, promis.

Ma note : 6/10

Je vous mets quand même la vidéo du générique de début, sans aucun rapport avec le film, mais elle au moins je n'ai rien à y redire : j'adore.



Titre original : The Girl With The Dragon Tattoo
Durée : 2h38
Genre : Policier, Thriller
Année de production : 2011
Long métrage américain, britannique, suédois, allemand
Date de sortie en France : 18 janvier 2012

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jeudi 9 février 2012

Les marches du pouvoir,
de George Clooney

Reçu le jeudi 9 février 2012, 0 reviews
Synopsis :
Stephen Meyers est le jeune mais déjà très expérimenté conseiller de campagne du gouverneur Morris, qui se prépare pour les élections à la présidence américaine. Idéaliste et décidé à faire honnêtement tout ce qu’il peut pour faire gagner celui qu’il considère sincèrement comme le meilleur candidat, Stephen s’engage totalement. Pourtant, face aux manipulations et aux coups tordus qui se multiplient vite, Stephen va devoir faire évoluer sa façon de travailler et de voir les choses. Entre tentations et désillusions, les arcanes du pouvoir le transforment…

Mon avis :
Quelle étrange idée d'aller voir un film sur la politique américaine, non ? Quelle étrange idée pour moi en tout cas, parce qu'avouons le, j'ai été légèrement larguée par la première demi-heure de ce film. Si vous vous perdez entre les démocrates et les républicains, que le fonctionnement des primaires et les motivations de chacun vous échappe, il y a peut-être de quoi s'en faire un peu. Heureusement, le film sait rester abordable grâce à son intrigue qui fait passer les technicités politiques au second plan. Et puis admettez, le casting de l'affiche a de la gueule, non ?

Je sais, c'est très superficiel comme jugement, mais il faut bien se trouver une motivation. La mienne était de passer à nouveau quelques heures en compagnie de Ryan Gosling, qui m'avait bien bluffée dans Drive. On le retrouve ici très calme, froid et sérieux — le rôle qui lui va comme un gant, apparemment — mais au moins cette fois, il a un nom et de la conversation. Clooney, lui aussi, est très égal à lui même, mais au bout d'un moment ça en devient un peu lassant de le voir dans des rôles à faible niveau de challenge. Le pire c'est qu'il joue très bien, mais... heureusement qu'il n'est pas le vrai héros de l'histoire, ça vaut mieux pour le suspense.

En parlant de suspense, on peut dire que Clooney en réalisateur a par contre bien fait son boulot : contrairement à ce que je redoutais un peu, le film n'est pas du 100% parlote. On s'éloigne vite de la campagne électorale pure pour se plonger dans le quotidien de quelques personnages choisis, apporter un peu de rebondissements et de tension à l'histoire, le tout fait avec soin et détails. On ressort de la séance ravi, même sans avoir tout compris, tout simplement parce que le réalisateur a su en faire un film assez accessible tout en choisissant un sujet très spécifique. On aurait presque envie de se mettre à la politique après ça !

Enfin, juste presque. Voyons plutôt où Mr Gosling va pointer le bout de son menton pointu son museau la prochaine fois !

Ma note : 7,5/10

Je sais, vous vous dites "il est encore à l'affiche celui-là ?". Eh bah chez moi il vient de sortir, on fait ce qu'on peut.



Titre original : The Ides of March
Long-métrage américain
Genre : Drame
Durée : 01h35
Année de production : 2011
Date de sortie en France : 26 octobre 2011

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vendredi 3 février 2012

Le Corps Exquis,
de Poppy Z. Brite

Reçu le vendredi 3 février 2012, 0 reviews
Résumé :
Andrew Compton, un serial killer anglais, s'évade de prison en se faisant passer pour mort. Réfugié aux U.S.A., à la Nouvelle-Orléans, il rencontre par hasard un autre prédateur, Jay Byrne. L'histoire d'amour qui va unir ces deux psychopathes cannibales et nécrophiles ne les empêchera pas de semer le désordre dans le statu quo ambiant et de laisser dans leur sillage une piste sanglante.

Mon avis :
Ce résumé qui fait frissonner, cette couverture noire et rouge, je ne sais pas ce qu'il faudrait de plus pour mettre dans l'ambiance. S'inspirant des profils de Dennis Nielsen et Jeffrey Dahmer (des tueurs en série accusés de meurtre, nécrophilie et canibalisme), Brite livre ici dans son style inimitable le récit troublant de deux hommes ayant une conception de l'amour non conventionnelle, mêlé à l'atmosphère sombre et lascive de la Nouvelle Orléans.

In a few hours he would have to conjure up something for dinner, something simple but exquisite, some toothsome delicacy. Something suitable for a beautiful boy's last meal.
Andrew Compton, surnommé l'Hôte Éternel, vient d'être emprisonné à Londres pour le meurtre de 23 jeunes hommes. Il va nous plonger dans son esprit, nous faire revisiter ses étranges fantasmes et ses remords qui n'en sont pas, puis d'un tour de magie s'envoler vers la Nouvelle Orléans. Là-bas habite Lysander "Jay" Byrne, son sorte d'alter-ego américain qui congèle les restes de ses amants d'une nuit pour les garder toujours auprès de lui. Entre eux va flotter l'alléchante menace que représente Tran, ce jeune vietnamien s'étant entiché de Jay pour oublier Luke, son ex petit ami infecté par le sida qui lui va tout faire pour ne pas le laisser partir.

Relire cette histoire, c'est comme assouvir un petit vice caché, une passion pour le voyeurisme glauque et sanglant. On pourrait croire que ce n'est qu'un roman d'horreur gore, une autopsie détaillée de deux détraqués mentaux qui mangent leurs victimes. Sauf qu'ici, il n'y a pas de victimes, et que l'horreur a le goût doux-amer de l'amour. Compton et Byrne ont tous les deux vite compris que tuer des garçons paumés, sans domicile ou désespérés n'était pas toujours un acte de cruauté : beaucoup d'entre eux ont même volontairement offert leur gorge à la lame. Et qui sont-ils pour leur refuser ce plaisir ?

Il faudra cependant de longs chapitres avant qu'Andrew et Jay aient l'occasion de partager leur passion. Sous couvert de second rôle, Tran s'arrache pourtant une belle place dans l'histoire, hanté par le spectre de son premier amour qui a menacé de le tuer avec son sang contaminé, torturé par le traditionalisme de sa famille vietnamienne et incapable de reprendre pied dans le tourbillon de sa vie. En contraste, les parties consacrées à Luke "Lush Rimbaud", animateur de radio clandestine acerbe, sont noyées d'amertume et de désespoir. Le sida est un nouveau virus, un qui décime la population homosexuelle américaine et terrifie tout le monde : Luke en a fait son arme pour rester en vie, espérant ainsi sauver les restes de son amour perdu.

La mort prend ici toutes ses formes, celle provisoire des expériences mystiques d'Andrew, celle plus immédiate des couteaux éventreurs de Jay, celle lente de la maladie qui ronge Luke et ses amis. Dans les tréfonds de l'esprit tordu des deux bourreaux que Brite décortique ici avec soin et plaisir, la mort n'est qu'une passion comme les autres, une ode à la beauté qu'ils offrent enrobée de drogue et d'extase, une marque d'affection qu'ils gardent éternellement en eux en ingérant des morceaux de leur chair.

Inévitablement, il y a de quoi grimacer si vous n'avez jamais envisagé de récurer quelqu'un à la javel, mais la plume de Brite est aussi exquise que ses cadavres. La poésie des mots se joint à la poésie des sens pour faire de ce livre une véritable épopée dramatique, teintée de l'humidité âcre du bayou, de l'écarlate qui jaillit d'un cœur pris au creux de la paume, de la tendresse d'une nuit passée dans les bras d'un amant perpétuel. Au-delà du scandale et du dégoût, ce livre est une fiction troublante, passionnante, qui ne laisse personne insensible.

On emploie le mot chef-d'oeuvre à tout va de nos jours, mais ici, rien d'autre ne saurait mieux coller.



Le challenge reprend du poil de la bête, et même si l'objectif est revu à la baisse, on enchaîne vaillamment avec Self Made Man, bientôt sur le blog !







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Lilyn Kirjahylly Copyright © 2011, by The Scary Cupcake & Mr Pink Eyes
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