jeudi 12 janvier 2012

Les Morues,
de Titiou Lecoq

Reçu le jeudi 12 janvier 2012, 2 reviews

Résumé :
C'est un roman qui commence comme cela : « Au début, il y a la sonnette – et la porte qui s’ouvre et se referme sans cesse. Des pas qui résonnent dans l’entrée. Et des embrassades, des « ah », des « oh ». T’es déjà arrivé ? J’croyais que tu finirais plus tard le taff. Ouais, mais finalement j’ai bien avancé. Hé, Antoine on va pas parler boulot ce soir, hein ? Ça serait de la provoc ! Un brouhaha généralisé. Des verres qui tintent. T’as apporté les bougies ? Non c’était à Ema de le faire. » Et c’est un roman qui commence aussi comme cela : « Depuis une dizaine de minutes, Ema gardait la tête obstinément levée vers la voûte. En suivant des yeux les courbes compliquées des arches gothiques de l’église, elle espérait éviter de pleurer. Mais d’une elle commençait à avoir sérieusement mal à la nuque et de deux il devenait évident qu’elle ne pourrait pas échapper aux larmes de circonstance. » C’est donc l’histoire des Morues, d’Emma et sa bande de copines, de ses amis, et, si l’on s’y arrête une minute, c’est le roman de comment on s’aime en France au début du XXIe siècle. Mais c’est davantage.

Mon avis :
Les morues, ça doit vous dire quelque chose si vous venez régulièrement : c'est le nom de notre petite bande d'amies, choisi par la gracieuse demoiselle Guu, qui avouons-le nous va plutôt bien. Alors un livre avec un titre pareil, c'était impossible de passer à côté. Il a suffit d'une promo sur l'ebook organisée par Au Diable sur ePagine (toujours en cours) pour que je me le procure, et l'arrivée de mon Kobo Vox pour que je le lise. Une bonne chose de faite ?

Ema, c'est sûrement une fille à laquelle certaines personnes peuvent s'identifier : parisienne, célibataire (ou presque), trentenaire, journaliste, de gauche, qui aime se murger avec ses copines le samedi soir... pas vraiment une vie de rêve, mais soit. Sa copine à qui elle ne parlait plus vient de se suicider, et elle s'est mis en tête que ce n'était pas un vrai suicide : il est donc temps d'enquêter. Avec l'aide du petit frère surdoué de son ex, elle part fourrer son nez dans les dossiers politico-économiques de la jeune femme, allant jusqu'à y risquer sa carrière, tout en essayant de gérer au mieux son couple qui n'en est pas un.

Tout de suite, je savais que ce n'était pas mon genre de livre. Honnêtement, l'actualité m’indiffère, la politique me barbe, l'économie m'endort, la vie parisienne me fait rouler les yeux dans les orbites et les problèmes de couple des trentenaires... bref, pas besoin de vous faire un dessin. Je l'ai pourtant lu, et jusqu'au bout, dans l'espoir d'y trouver quelque part mon compte. En vain, j'en ai peur.

Ema est exactement le genre de fille que je trouve insupportable. À constamment se poser des questions, remettre tout en cause, discuter la légitimité du couple, vouloir à la fois avoir une vie "normale" et ne rien faire comme tout le monde ; ce n'est peut-être pas comme ça qu'on a une vie heureuse (mais qu'est-ce qu'une vie heureuse ? le bonheur est-il un de ses standards que la société tente de nous imposer ? urgh...). Et lire le quotidien d'une fille pas heureuse, ça me fait un de ces effets, je vous raconte pas.

Ses amies les morues, deux filles (et le petit frère surdoué rapporté, on reviendra dessus) dont on parle assez peu, ne m'ont pas paru particulièrement intéressantes, ni très influentes sur l'intrigue principale. Fred (le fameux petit frère) est une créature des plus étranges, surdoué mais obsédé par le fait d'avoir la vie de monsieur tout le monde (il est secrétaire et heureux de l'être) et de se taper des petites jeunes ayant dix ans de moins que lui. Pour sa défense, ses réflexions m'ont un peu plus convaincue que celles d'Emma, mais de là à l'apprécier...

Du côté de l'intrigue, on est à fond dans l'actualité : les privatisations, le rôle de l'état, l'influence des cabinets de consultants... on y croise même des ministres, c'est pour vous dire. Je n'ai pas été intéressée un seul instant par ce déroulement, cela dit très bien détaillé et logique. Si ce n'est que la fin, révélée dans les dernières pages, laisse l'impression que oui, en fait, on s'en foutait de tout ça, la vérité est ailleurs. Ah. Super.

Voilà donc ce qui arrive quand on lit quelque chose qu'on devine ne pas aimer : bien souvent, on n'aime pas. Je ne dirai pas qu'il est mauvais, je pense d'ailleurs qu'il doit avoir de très bonnes réactions de la part de son public (les trentenaires parisiens accros aux nouvelles technologies ?). Moi, j'ai juste eu envie de noyer tout le monde dans les toilettes, mais hey, il faut essayer pour se faire un avis.

Ma note : 5/10

Je suis bien heureuse que mes morues à moi, elles ne soient pas comme ça !


Reviews (2)

Le 12 janvier 2012 à 17:57 , Lyra Sullyvan a dit…

J't'ai déjà dis que j'aimais bien lire tes chroniques ? :D

J'adore le : " Moi, j'ai juste eu envie de noyer tout le monde dans les toilettes, mais hey, il faut essayer pour se faire un avis."

Et moi aussi, je nous aime mieux, pour ce que j'entends dire de ce livre ^^

Le 16 janvier 2012 à 15:08 , Miss Spooky Muffin a dit…

Je ne vous noierai jamais dans les toilettes, ne vous en faites pas ^^

 

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