lundi 30 janvier 2012

Zoo City,
de Lauren Beukes

Reçu le lundi 30 janvier 2012, 4 reviews
Résumé :
Zinzi arbore un paresseux symbiotique sur le dos, une sale habitude de faire des arnaques et un talent rare pour trouver les choses perdues. Mais quand les flics lui confisquent sa dernière paie, elle doit se tourner vers le job qu’elle déteste le plus : retrouver les personnes disparues.
Engagée par Odi Huron, un producteur renommé, pour retrouver une pop star pour ado disparue, elle pense avoir son ticket de sortie de Zoo City, la ville où les pires criminels d’Afrique du Sud et leurs compagnons animaliers symbiotiques tentent de survivre.
Au lieu de cela, Zinzi doit s’enfoncer dans les bas-fonds de la ville, ravagés par la magie et la criminalité, où elle devra faire face aux sombres secrets de différentes vies passés... dont la sienne.

Mon avis :
Première excursion en Afrique du Sud pour la lectrice aventurière que je suis, et avec miss December, ce n'est pas un parcours de santé ! Je ne saurais dans quel genre classer ce livre (quelque part en SF cela dit) mais il mélange habilement le fantastique et le réel, le mystère et le mystique, nous laissant complètement chamboulé par cette aventure qui va mener l'héroïne là où elle ne voulait pas mettre les pieds.

Zinzi December est accompagnée d'un paresseux qui ne la quitte jamais, son emblème de criminelle. Elle vit à Zoo City, un quartier de Johannesburg où se rassemblent ceux hantés par un animal, attendant que l'Undertow vienne les prendre à leur tour. En contrepartie de cette cohabitation forcée, ils y gagnent un pouvoir : celui de Zinzi est de retrouver les choses perdues. Elle qui refusait systématique de s'occuper des personnes disparues, elle va changer d'avis cette fois-ci, espérant pouvoir régler ses dettes avec l'argent qu'elle va en tirer. Après tout, retrouver une star adolescente locale qui vient de faire une fugue, ça ne peut pas être si compliqué !

Et pourtant, vous n'avez encore rien vu. En quelques lignes, je peux à peine aborder un dixième de l'histoire qui se cache sous cette couverture magique. Si son défaut est de parfois partir dans tous les sens, cette histoire fait cependant de son mieux pour en révéler le plus possible sur ses tenants et aboutissants : d'abord la ville, Johannesburg, cette capitale africaine largement méconnue et dépeinte avec soin ici, dans tout son troublant exotisme. Puis ses habitants, leurs crimes, leur vie avec leurs animaux, leur peur de l'Undertow (Reflux) qui les emportera tous dans les ténèbres un jour. Enfin, Zinzi, son histoire, ses relations ratées, les scams par email qu'elle organise malgré elle pour payer ses dettes, cette enquête folle qui va lui faire traverser la ville de la banlieue aux égouts.

L'ensemble forme une sorte d'aventure mystique, où l'on a du mal à croire que cette situation puisse être réaliste et où pourtant, on ne peut s'empêcher de douter. Les personnages sont terriblement humains, leurs défauts autant mis en avant que leurs qualités, leurs passions et leur indifférence faisant d'eux ces gens de tous les jours, un peu paumés, qui cherchent à s'en sortir. L'Afrique du Sud n'est pas devenue un Paradis sous la plume de Lauren Beukes, et c'est comme ça qu'il est le plus prenant, mélangeant ses traditions à la modernité en arrondissant les angles de sa corruption omniprésente.

Difficile de dire ce qui marque le plus dans ce récit, le décor ou les personnages, ce qu'on apprend ou ce qu'on devine, son enquête ou le passé de Zinzi qui se dévoile à petit feu. Je ne suis pas restée insensible au style direct et moderne de l'auteur, ni à son imagination qui m'a laissée un goût de trop peu : j'aurais voulu tout savoir sur l'origine des animaux, sur l'Undertow, le muti, les réfugiés d'Afrique centrale et même l'histoire du Monde. On arrive au bout des 350 pages en se disant "déjà ?", et c'est tant mieux.

Ma note : 9/10

Si vous lisez en anglais, profitez-en, l'ebook est en promotion sur le site de Angry Robots !



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jeudi 26 janvier 2012

Miss Peregrine's Home for Peculiar Children,
de Ransom Riggs

Reçu le jeudi 26 janvier 2012, 11 reviews
Résumé :
Une horrible tragédie familiale conduit Jacob, seize ans, à voyager jusqu'à une petite île sur la côte du Pays de Galles où il va découvrir les ruines de l'orphelinat pour enfant spéciaux de mademoiselle Peregrine. Alors que Jacob explore les chambres et halls abandonnés, il semble évident que les enfants étaient plus que spéciaux. Ils étaient peut-être dangereux. Ils ont peut-être été mis en quarantaine sur cette île pour une bonne raison. Et bien qu'impossible, il semblerait même qu'ils soient encore en vie.

Mon avis :
Je n'aurais sans doute jamais entendu parler de ce livre si Burton n'avait pas un jour mentionné l'idée de l'adapter en film. Je n'aurais sans doute jamais non plus pris le temps de le lire s'il n'y avait eu cette LC organisée par Elise, et deux jours de lecture intensive plus tard, force est de constater que je serais passée à côté de quelque chose si je ne l'avait pas fait ! Les yeux brillants et écarquillés, laissez-moi vous parler de cette petite merveille.

Jacob a vite compris que les histoires farfelues que lui racontait son grand-père à propos des enfants étranges qui vivaient avec lui à l'orphelinat était montées de toute pièce. Même ces photos en noir et blanc d'enfants qui lévitent ou portent des rochers n'étaient que des montages. Mais lorsqu'il se met à voir des monstres et que son grand-père lui demande d'aller sur l'île du Pays de Galles où se trouve l'orphelinat, Jacob commence à douter que ces histoires ne soient que des histoires.

Je n'en dévoile pas trop car le récit part un peu dans tous les sens. On commence dans une ambiance assez terre-à-terre et désabusée pour s'embarquer dans de lugubres explorations, puis partir vers une véritable veine SF dans la deuxième partie du livre. Le scénario est juste assez progressif pour bien poser les bases de l'histoire avant d'enchaîner sur l'action palpitante. Bien que certains se soient ennuyés, j'ai personnellement adoré l'atmosphère de mystères et de questionnements de la première partie, au moins tout autant que les aventures des "peculiar children" dans la seconde.

Jacob est un héros assez ordinaire, suffisamment "normal" pour être attachant, et révèle tout son potentiel une fois entré dans l'orphelinat. Les autres protagonistes (avec une préférence pour Emma, héroïne en second, bien que chaque enfant soit intéressant à sa façon) s'offrent eux aussi une belle place dans l'histoire, aussi bien à travers leurs photos que leur curiosité d'enfant qui a pourtant beaucoup vécu. Les méchants de l'histoire font frémir, et j'avoue que si j'avais eu dix ans de moins j'aurais sans doute passé une nuit agitée après avoir "vu" les monstres dont parle Jacob.

Ce qui fait toute la différence de ce livre cependant, ce sont ses photos en noir et blanc. Ces vieux clichés authentiques conservés par des collectionneurs, comme on l'apprend dans les remerciements, forment la base de l'histoire qui s'est construite autour d'eux, et voir les images se fondre dans le texte avec leur ambiance glauque et rétro me rappelle la vieille série de la famille Addams. Ce mélange de clichés mystérieux (retouchés ? qui sait...) et d'histoire qui donne la chair de poule forme un ensemble fascinant, et j'ai eu un mal fou à reposer ce livre une fois commencé.

Il n'y a plus qu'à attendre patiemment la suite, en se régalant avec les vidéos de l'auteur qui part explorer de vieux manoirs en Europe et rassemble des clichés pour son prochain tome !



Ma note : 9/10

Lisez les avis de Ptitelfe, Avalon, Elise, Caya,...



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mardi 24 janvier 2012

The Fault In Our Stars,
de John Green

Reçu le mardi 24 janvier 2012, 7 reviews
Résumé :
Malgré le remède miracle qui empêche la croissance de sa tumeur et lui a offert quelques années de plus, Hazel n'a jamais été à un autre stade que terminal, son dernier chapitre écrit selon diagnostique. Mais lorsqu'un merveilleux retournement de situation nommé Augustus Waters fait son apparition au Groupe de Support des Enfants Cancéreux, l'histoire d'Hazel est sur le point d'être complètement réécrite.

Mon avis :
I don't do Sad Stories. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais les drames et moi... on s'évite assez bien, je trouve. Je n'ai jamais ressenti le besoin de lire des choses tristes en me disant que c'est bien de ressentir des choses. Je suis plutôt du parti de ceux qui trouvent la vie bien assez triste pour ne pas en rajouter avec les livres. Alors quand une certaine Lyra m'a dit de lire cette histoire d'amour entre des adolescents qui ont un cancer, j'étais sceptique. Quand elle m'a menacé, je n'ai pas trop eu le choix. Un jour et demi de lecture plus tard, j'hésite à l'étrangler.

Ne vous méprenez pas, ce livre est génial. Il est bien écrit, à la façon de ces romans que l'on commence à lire et qu'on ne lâche plus avant d'avoir fini, parce qu'ils sont incroyablement bien foutu. John Green est probablement un petit génie des mots, qui mélange le moderne à l'ancien et le facile au compliqué avec brio, qui sort des mots incroyables tout en ancrant profondément son histoire dans le présent. Rien que pour ça, vous devriez le lire.

Et puis il y a ses personnages aussi, aux noms farfelus, auxquels il est difficile de rester insensible. Je vais injustement sauter les secondaires, bien qu'ils soient géniaux à leur façon eux aussi, pour me concentrer sur l'essentiel : Hazel et Augustus. Hazel, héroïne, narratrice de son état, serait une fille encore plus marrante qu'elle ne l'est déjà si elle n'avait pas un cancer en stade terminal - un effet secondaire de mourir, selon elle (comme beaucoup de choses, d'ailleurs). Augustus aussi est un type marrant (il n'a pas de cancer en phase terminale, lui), d'ailleurs c'est un type assez parfait — beau et grand, blessé et humble, romantique et passionné, bref, vous voyez le tableau. J'aurais pu le détester pour ça, mais la faute à son auteur, je n'en ai pas eu le courage.

Il y a quelque chose de très spécial avec ce livre qui ne fait pas de lui un drame, sans toutefois lui épargner le drame non plus. C'est un livre sur le cancer qui ne parle pas du cancer (juste un effet secondaire) mais plutôt de la relation pas ordinaire entre une jeune fille qui ne veut pas faire subir sa mort aux autres et un garçon qui ne veut pas mourir sans laisser de trace. C'est aussi l'histoire d'une admiration un peu bafouée, de bonnes et de mauvaises surprises, d'amis qui sont et ne sont pas là où on les attend. C'est quelque part une grande histoire humaine, comme les critiques se plairont à le dire.

Mais sous le couvert de beaux mots compliqués (il ne fallait pas se sentir obligé), de poèmes qu'on a envie de retenir, de blagues qui font rire et d'attentions qui font sourire, on ne réchappe pas vraiment à la tristesse inhérente à tout cela. J'aimerais n'y avoir retenu que cette grande réflexion sur la vie et la mort, avoir simplement changé ma vision sur certaines choses auxquelles je n'aurais pas pensé sans ce livre, mais je n'arrive pas à oublier ce drame qui reste une petite trahison à mon égard. J'aurais voulu lire un conte de fées où tout finit en suspens, mais John Green a choisi de jouer la carte des émotions jusqu'au bout.

Je n'ai pas étranglé Lyra, je ne sais pas si je lui dirais merci, je ne sais pas si j'arriverais à me sortir cette histoire de la tête ces prochains jour. Mais je sais que je ne relirai pas ce livre ; à vous de le faire maintenant.

Ma note : awesomesauce (it's like applesauce, only made with awesomes)

Si vous avez envie de vous la refaire en anglais, ou bien d'aller voir ce qu'en pense mon bourreau, cliquez.




We have lingered in the chambers of the sea
By sea-girls wreathed with seaweed red and brown
Till human voices wake us, and we drown.





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mercredi 18 janvier 2012

Sherlock Holmes : Jeu d'ombres,
de Guy Ritchie

Reçu le mercredi 18 janvier 2012, 15 reviews
Synopsis :
Partout dans le monde, la presse s'enflamme : un magnat du coton ruiné en Inde, un trafiquant d'opium décédé en Chine, des attentats à Strasbourg et à Vienne, un baron de l'acier meurt aux USA… Personne ne voit le lien entre ces événements qui semblent sans rapport, hormis le grand Sherlock Holmes qui y discerne la même volonté maléfique de semer la mort et la destruction. Et ces crimes portent tous la marque du sinistre Moriarty. Tandis que leur enquête les mène en France, en Allemagne et en Suisse, Holmes et Watson prennent de plus en plus de risques. Mais Moriarty a systématiquement un coup d'avance et semble tout près d'atteindre son objectif. S'il y parvient, non seulement sa fortune et son pouvoir seront sans limite, mais le cours de l'Histoire pourrait bien en être changé à jamais…

Mon avis :
Premier film de l'année et c'est une avant-première ! Et quelle avant-première... J'avais déjà passé un bon moment devant le premier opus mais à côté, ce second est une véritable révélation ! Plus drôle et ingénieux que jamais, Sherlock nous en met plein la vue pour couper l'herbe sous le pieds de sa Némésis. Un seul mot : poney.

Be careful what you fish for

Watson se marie, au grand désespoir de son vieil ami pour qui le mariage est un concept totalement étranger et repoussant. Et au grand désespoir de Watson, Sherlock ne s'arrange pas : le voilà à transformer son bureau en jungle, à tester des tenues de camouflage et inévitablement, à l'embarquer dans des aventures catastrophiques dont il se serait bien passé. Mais Moriarty a décidé de déclencher une nouvelle guerre mondiale, et Sherlock a définitivement besoin de son fidèle assistant pour sauver — encore une fois — le monde.

Les fans de Robert Downey Jr peuvent me faire les gros yeux, parce que l'acteur a été particulièrement bon dans ce film. Non seulement il n'y a rien à dire sur son jeu, mais ses manières particulièrement travaillées et amusantes, alliées au sérieux (et au tempérament !) de Jude Law qui compose un excellent Watson, rendent le personnage vraiment convaincant. Rien à redire côté scénario non plus, l'histoire est bien menée, alternant habilement les temps morts et l'action effrénée - on ne coupe pas aux courses poursuites et combats spectaculaires auxquels nous ont habitués les blockbusters, mais on leur pardonne. Les scènes de ralenti qui m'avaient précédemment gênée passent ici sans problème, habile démonstration des talents hors du commun de cet enquêteur... hors du commun.

Le Moriarty interprété par Jared Harris est vraiment LE méchant qu'il faut à l'histoire, jouant parfaitement son rôle à la fois antagoniste et similaire à celui de Holmes, comme il se doit. L'intervention des Gypsies menés par miss Rapace apporte de la fraîcheur (et du français !) à l'histoire, mais mon moment préféré reste quand même Sherlock à poney. Ou peut-être n'est-ce que mon second moment préféré avec la fin, mais arg, je ne peux pas vous la raconter ! Entre les excellents films et l'époustouflante série de Steven Moffat, Sherlock, je sens qu'on conspire pour me persuader de lire les oeuvres originales...

Ma note : awesome

(La bande annonce en dévoile trop, regardez ça plutôt :)


Titre original : Sherlock Holmes: A Game of Shadows
Long-métrage américain
Genre : Aventure, Action, Policier
Durée : 02h07
Année de production : 2011
Date de sortie en France : 25 janvier 2012


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mardi 17 janvier 2012

L'I.A. et son double,
de Scott Westerfeld

Reçu le mardi 17 janvier 2012, 9 reviews
Résumé :
Chéri est un Mental, une intelligence artificielle devenue être de plein droit, colosse minéral et technologique doué de conscience, spécialisé dans l'identification d'œuvres d'art originales. Il enquête sur l'œuvre récente d'un artiste génial, un artificiel censé être mort depuis longtemps. Mira est une biologique qui travaille comme mercenaire pour de mystérieux prestataires, les Dieux. Froide, calculatrice, meurtrière, elle est chargée d'éliminer l'être qui a réussi à cloner des intelligences artificielles, choses théoriquement impossible. Leur nature et leur mission les opposent... Ils vont pourtant vivre une histoire d'amour extrême et contre-nature, fusion parfaite mais destructrice entre la chair et le métal.

Mon avis :
Alors que je voulais lire Leviathan depuis que je l'ai acheté (une éternité), c'est finalement un autre livre de Scott Westerfeld qui m'est tombé entre les mains, un livre pas du tout jeunesse, très étrange, un peu pornoméchanique. Sans être une rookie de la SF, j'avoue que je n'étais encore jamais allée aussi loin dans l'intergalactique / évolution des machines, et pourtant, on peut dire que Mr Westerfeld s'en sort très bien !

Le jour où l'I.A. de son vaisseau à atteint un quotient lui offrant le statut d'Être à part entière, Pasque l'a nommé Chéri. Des centaines d'années plus tard, Chéri est spécialiste en œuvres d'art originales et parcourt les galaxies pour trouver de nouvelles pièces à ses employeurs. Lorsqu'il rencontre Mira, sorte de tueuse à gage contrôlée par ses "dieux", il décide de s'allier à elle pour mettre la main sur un ami sculpteur qu'il pensait mort et que la jeune femme semble déterminée à tuer pour de bon.

Je ne dirais pas que la surprise est de taille, car n'ayant pas lu les autres travaux de Westerfeld, je ne m'attendais pas à quelque chose de précis. Cela dit, se retrouver immédiatement plongé dans un univers SF assez rétro — vaisseaux spatiaux, cryogénie, nanomachines capables de soigner, I.A. sur-développées, clonage — mais toutefois fortement axé sur le relationnel est assez déroutant. La plupart des actions des héros sont dictées par leur instinct et leurs sentiments, et bien que la technologie soit présente, elle ne semble qu'accessoire à leurs envies personnelles.

Chéri est un bien étrange être, machine ayant accédée à l'intelligence logée dans un corps grand, massif et trop semblable à la pierre pour le faire passer pour humain. Gorgé de réseaux filaires qu'il peut propager comme une toile, il est avide de sensations et ne cesse de se poser des questions sur la justesse de ses choix et actions. Mira, elle, est une femme froide, calculatrice, complètement paumée aussi, qui va chavirer pour Chéri grâce à ses prouesses sexuelles aidées par son impressionnante machinerie.

Mais tout n'est pas une question de sexe, même s'il y joue une belle part. L'attachement que Chéri porte à son ancienne maîtresse, à ses "idéaux" et même à cet artiste - ex-machine lui aussi - qui ne représente qu'une mission aux yeux de Mira est assez touchant. On se délecte de connaître le dénouement de cette histoire originale, parfois un peu confuse de par les nombreux points de vue qui la composent, mais qui se dévore comme un bon roman de plage. En espérant que sous le sable ne se cache pas un superordinateur capable de cloner l'esprit, bien sûr !

Ma note : 7/10

Et si on lançait un dicton "Dans la SF, tout est bon" ? J'attends encore la preuve du contraire !



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jeudi 12 janvier 2012

Les Morues,
de Titiou Lecoq

Reçu le jeudi 12 janvier 2012, 2 reviews
Résumé :
C'est un roman qui commence comme cela : « Au début, il y a la sonnette – et la porte qui s’ouvre et se referme sans cesse. Des pas qui résonnent dans l’entrée. Et des embrassades, des « ah », des « oh ». T’es déjà arrivé ? J’croyais que tu finirais plus tard le taff. Ouais, mais finalement j’ai bien avancé. Hé, Antoine on va pas parler boulot ce soir, hein ? Ça serait de la provoc ! Un brouhaha généralisé. Des verres qui tintent. T’as apporté les bougies ? Non c’était à Ema de le faire. » Et c’est un roman qui commence aussi comme cela : « Depuis une dizaine de minutes, Ema gardait la tête obstinément levée vers la voûte. En suivant des yeux les courbes compliquées des arches gothiques de l’église, elle espérait éviter de pleurer. Mais d’une elle commençait à avoir sérieusement mal à la nuque et de deux il devenait évident qu’elle ne pourrait pas échapper aux larmes de circonstance. » C’est donc l’histoire des Morues, d’Emma et sa bande de copines, de ses amis, et, si l’on s’y arrête une minute, c’est le roman de comment on s’aime en France au début du XXIe siècle. Mais c’est davantage.

Mon avis :
Les morues, ça doit vous dire quelque chose si vous venez régulièrement : c'est le nom de notre petite bande d'amies, choisi par la gracieuse demoiselle Guu, qui avouons-le nous va plutôt bien. Alors un livre avec un titre pareil, c'était impossible de passer à côté. Il a suffit d'une promo sur l'ebook organisée par Au Diable sur ePagine (toujours en cours) pour que je me le procure, et l'arrivée de mon Kobo Vox pour que je le lise. Une bonne chose de faite ?

Ema, c'est sûrement une fille à laquelle certaines personnes peuvent s'identifier : parisienne, célibataire (ou presque), trentenaire, journaliste, de gauche, qui aime se murger avec ses copines le samedi soir... pas vraiment une vie de rêve, mais soit. Sa copine à qui elle ne parlait plus vient de se suicider, et elle s'est mis en tête que ce n'était pas un vrai suicide : il est donc temps d'enquêter. Avec l'aide du petit frère surdoué de son ex, elle part fourrer son nez dans les dossiers politico-économiques de la jeune femme, allant jusqu'à y risquer sa carrière, tout en essayant de gérer au mieux son couple qui n'en est pas un.

Tout de suite, je savais que ce n'était pas mon genre de livre. Honnêtement, l'actualité m’indiffère, la politique me barbe, l'économie m'endort, la vie parisienne me fait rouler les yeux dans les orbites et les problèmes de couple des trentenaires... bref, pas besoin de vous faire un dessin. Je l'ai pourtant lu, et jusqu'au bout, dans l'espoir d'y trouver quelque part mon compte. En vain, j'en ai peur.

Ema est exactement le genre de fille que je trouve insupportable. À constamment se poser des questions, remettre tout en cause, discuter la légitimité du couple, vouloir à la fois avoir une vie "normale" et ne rien faire comme tout le monde ; ce n'est peut-être pas comme ça qu'on a une vie heureuse (mais qu'est-ce qu'une vie heureuse ? le bonheur est-il un de ses standards que la société tente de nous imposer ? urgh...). Et lire le quotidien d'une fille pas heureuse, ça me fait un de ces effets, je vous raconte pas.

Ses amies les morues, deux filles (et le petit frère surdoué rapporté, on reviendra dessus) dont on parle assez peu, ne m'ont pas paru particulièrement intéressantes, ni très influentes sur l'intrigue principale. Fred (le fameux petit frère) est une créature des plus étranges, surdoué mais obsédé par le fait d'avoir la vie de monsieur tout le monde (il est secrétaire et heureux de l'être) et de se taper des petites jeunes ayant dix ans de moins que lui. Pour sa défense, ses réflexions m'ont un peu plus convaincue que celles d'Emma, mais de là à l'apprécier...

Du côté de l'intrigue, on est à fond dans l'actualité : les privatisations, le rôle de l'état, l'influence des cabinets de consultants... on y croise même des ministres, c'est pour vous dire. Je n'ai pas été intéressée un seul instant par ce déroulement, cela dit très bien détaillé et logique. Si ce n'est que la fin, révélée dans les dernières pages, laisse l'impression que oui, en fait, on s'en foutait de tout ça, la vérité est ailleurs. Ah. Super.

Voilà donc ce qui arrive quand on lit quelque chose qu'on devine ne pas aimer : bien souvent, on n'aime pas. Je ne dirai pas qu'il est mauvais, je pense d'ailleurs qu'il doit avoir de très bonnes réactions de la part de son public (les trentenaires parisiens accros aux nouvelles technologies ?). Moi, j'ai juste eu envie de noyer tout le monde dans les toilettes, mais hey, il faut essayer pour se faire un avis.

Ma note : 5/10

Je suis bien heureuse que mes morues à moi, elles ne soient pas comme ça !



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mardi 10 janvier 2012

Stalker,
de Arkadi et Boris Strougatski

Reçu le mardi 10 janvier 2012, 8 reviews
Résumé :
Des Visiteurs sont venus. Sortis d'on ne sait où, ils sont repartis sans crier gare. Dans la Zone qu'ils ont occupée pendant des années sans jamais correspondre avec les hommes, ils ont abandonné des objets de toutes sortes. Objets-pièges. Objets-bombes. Objets-miracles. Objets que les stalkers viennent piller au risque de leur vie, comme une bande de fourmis coloniserait sans rien y comprendre les détritus abandonnés par des pique-niqueurs au bord d'un chemin.

Mon avis :
Aperçu à différents endroits, dont un blog de morue, ce livre a toujours attisé ma curiosité. Je n'étais pas vraiment sûre d'aimer - il faut dire que ce n'est pas exactement un pique-nique, ce livre (notez le jeu de mot avec le titre original : pique-nique au bord du chemin), mais plutôt un parcours de combattant. Et pourtant, en en sortant... on est ravi de l'avoir accompli.

Bien que divers protagonistes prennent les rênes de cette histoire, pour moi le vrai héros reste Redrick Shouhart, un Stalker : afin de gagner de l'argent, il se rend dans la Zone, un des six endroits où ont atterri des extraterrestres des années plus tôt, laissant derrière eux des objets étranges, inexplicables, et aussi recherchés que dangereux. Entrer dans la Zone, c'est se dire qu'on ne va peut-être pas en ressortir. Mais si on en ressort, alors tout est possible.

La SF de ce livre est d'un genre peu répandu : on est dans le noir total en ce qui concerne les Visiteurs, et bien que les Stalker récupèrent leurs "merveilles" dans les Zones, on a rarement la moindre idée de ce que c'est et à quoi ça peut servir. Ici, tout est vu du point de vue de celui qui risque sa vie pour revendre des misérables déchets extraterrestres, qui voit ses amis mourir et ses enfants contaminés par les effets que la Zone ont sur lui.

J'aurais du mal à expliquer ce qui importe vraiment dans ce livre - pas qu'il n'y ait pas d'action ou d'intrigue, mais on se demande parfois si c'est bien ça qui compte. Les moments passés à l'intérieur de la Zone sont intenses, des plongées dans l'inconnu où chaque danger a un nom barbare et un autre scientifique, tous les deux n'exprimant rien d'autre qu'une mort potentielle. Et les moments hors de la Zone semblent hantés par sa présence, son influence... l'incompréhension des hommes face à ces lieux mène à de folles hypothèses qu'on lit avec un scepticisme mêlé de curiosité dévorante.

Après la catastrophe de Tchernobyl, arrivée 14 ans après la parution de ce livre, le surnom de Stalker fut donné aux scientifiques qui allèrent explorer les ruines de la centrale. Le parallèle entre la réalité et la science-fiction est si troublant qu'on se demande si les frères Strougatski n'avaient pas juste prédit ce qui pourrait arriver. Mais pas besoin d'extraterrestres pour polluer le monde, les humains le font tellement bien eux-mêmes...

Ce n'est peut-être pas souvent que je le dis, mais voilà encore un classique à lire absolument !

Ma note : 8/10

Et un nouveau billet pour le challenge SFFF de Snow !




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jeudi 5 janvier 2012

Les Ftlops de 2011

Reçu le jeudi 5 janvier 2012, 12 reviews
Allez, faites pas mine, je sais que ça fait un an que vous vous entraînez à le dire, Ftlops. Ça passe tout seul maintenant. Le rendez vous annuel est de retour pour la deuxième année consécutive (quel exploit !) avec du sang, des larmes et des cris. Enfin non, surtout avec des livres en fait... les bien, les pas bien, les oh-mon-dieu-pourquoi-j'ai-choisi-ça et les tueries auxquelles on ne s'attendait pas. Une année pleine de surprises vient de passer, souhaitons autant de mal à la prochaine !

C'est dur de faire un choix, mais quand faut y aller, faut y aller. C'est comme pas de bras, pas de chocolat, si vous saisissez le parallèle. Enfin ou pas. Bref, on commence par les Tops, parce que c'est top, évidemment !

Les Tops

Les Tops du Top :

Inclassable, indémodable, inévitables, trois auteurs à découvrir ou ne pas lâcher :



Shaun Tan, découvert en 2010, dévoré en 2011, attendu avec impatience en 2012, l'homme aux dessins magiques, aux histoires poétiques, à l'Oscar bien mérité, grâce à qui je planifie aujourd'hui mes futures vacances en Australie. Puis Clive Barker, pas un petit nouveau celui-là mais un grand maître à respecter - celui du fantastique, capable de faire frémir avec ses histoires d'horreur et émerveiller avec ses livres jeunesse, dont le magnifique Abarat qui vient de voir son troisième tome sortir cet automne. Et enfin, Brandon Sanderson, roi du Top de l'an dernier, toujours là aujourd'hui, avec sa Fantasy unique et sa propension inégalable à vous capturer dans une histoire pour ne plus jamais en sortir.

À lire :



The City & The City, c'est un peu l'ovni de l'année, ce bouquin complètement improbable qui nous monte à la tête et nous touille les neurones avec son univers extraordinaire bien que trop peu exploité. Avec sa sortie en français, plus de raison de vous priver de ce moment étrange et excitant qu'il vous réserve. Plaguers, lui, vise le cran au dessus : il vous décolle carrément le cerveau avec son atmosphère sombre et onirique, chamboule vos émotions et vous laisse le souffle coupé. Le temps de vous remettre du choc, Le vieil homme et la guerre vient vous assouplir les zygomatiques avec une histoire bien plus humaine que spatiale, touchante, éprouvante et amusante - de la SF comme jamais vous n'en avez vu.



Les plus vaillants qui lisent en anglais ont la chance d'avoir l'excellente série des Raven Mysteries à se mettre sous la dent, illustrée s'il vous plaît, avec ses aventures folles et son humour délicieusement noir dont on se régale à tout âge. Les moins vaillants qui préfèrent la fantasy ne risquent pas de faire fausse route avec Les mensonges de Locke Lamora, le bandit le plus charmant de l'année et sa bande de compagnons à la blague facile, qui ne vous laisseront pas une minute pour souffler avec le premier volet de ce qui sera sûrement une des saga les plus palpitantes du moment.

Et je ne vous ai pas parlé de l'excellente série de Diana Wynne Jones, des hilarantes Portes de John Connolly, des envoûtants Loups de Prague d'Oliver Paquet ou encore du dernier Rodríguez et du premier Sanderson qui m'ont fait frémir de plaisir. Tant de bonnes choses, c'est presque indécent !

À lire ET à regarder :



Floreeeeent, hiiii ! Pardon, je m'emporte. Florent Chavouet, c'est deux livres pas vraiment livres, pas vraiment albums, pas vraiment BD, mais tout à la fois. De Tokyo Sanpo à Manabe Shima, il nous emmène en voyage avec ses crayons de couleur et nous dessine des paysages et personnages regorgeant de détails et d'anecdotes hilarantes. De l'autre côté de la balance, il y a Siegfried - pas de fou rire-flambi avec lui, mais des aaah et des oooh devant les dessins extraordinaires et lumineux d'Alex Alice, qui nous refait sa propre version de l'opéra de Wagner, tout simplement magnifique.



Chez les pirates, c'est Barracuda qui fait sensation cette année, avec une histoire qui se passe sur la terre et nous conte le destin de trois jeunes adolescents attachants comme ce n'est pas permis. Attachant, Aristide l'est aussi, grâce au trait si particulier de Jérémie Almanza qui nous en met plein les mirettes et l'histoire de Séverine Gauthier qui fait passer sans pareil la peur du noir. Après tout ça, un repos bien mérité avec Alim le Tanneur ne fait pas de mal - de la plage où ils s'enfuient aux décors vertigineux qu'ils traversent, on se laisse porter par l'intrigue bien menée et les couleurs poétiques qui font de cette quadrilogie un de mes coups de cœur de l'année.

Je n'ai plus le temps de vous parler de La marche du crabe ou de Daffodil, mais aye aye, il y en a eu de belles BDs cette année... la preuve, pas un seul Flop BD, ça veut bien dire quelque chose ! Je n'ai pas non plus parlé des manga, mais comme je ne parle que de ceux que j'adore, c'est facile : il suffit de tous les lire.

À voir :



Rangoooo, Rangoooo-ooooo ♫ Si je ne vous ai pas bassiné assez avec ce film, c'est que vous n'avez pas passé assez de temps sur ce blog. Mon petit chef d'oeuvre de l'année, c'est ce caméléon déjanté à la voix de Johnny Depp qui fait la loi dans le désert - un film bourré d'humour, de références pas très cachées et d'action, que je re-re-regarderai encore et encore. Avec Firefly/Serenity, je triche un peu, car il s'agit plus d'une série qu'un film, mais j'ai été tellement charmée par son univers que je ne peux m'empêcher de la mentionner - une histoire mi-cowboy mi-SF avec des personnages drôles et attachants, c'est un peu le summum de ce qui se fait de bien. Quand à Drive, s'il n'a pas vraiment été un coup de cœur sur le moment, j'ai été tellement surprise par sa qualité et par l'effet qu'il laisse derrière lui que je me dois de lui faire une petite place.

Je ne vous parle pas de Rio, du dernier Pirates des Caraïbes ou encore de X-Men: First Class, que j'ai tous bien aimés, mais hey, vous le savez déjà si vous passez régulièrement. Il y a eu plein de films bien cette année sur le blog ! Et puis il y a eu Harry Potter aussi, mais franchement, quel intérêt de le mentionner, vous l'avez (presque) tous vu...


Les Flops (oh oui oh oui)

À (ne pas) lire :



Lecture commune du printemps dernier, les deux premiers volumes de la saga de Caro King n'ont pas convaincu grand monde parmi mes co-lecteurs. Il faut dire qu'avec seulement un ou deux personnages intéressants, une histoire pas très bien organisée et une intrigue passablement barbante, on était mal parti... 1984, je l'ai entamé un peu à reculons, et terminé plus qu'à reculons : les idées qu'il contient ont été tellement vues et revues depuis sa parution que se farcir les innombrables répétitions et rabâchages de propagande menant à une fin déplorable, c'est tout sauf une partie de plaisir. Flavia de Luce n'a pas été un désastre, elle, mais moi qui m'attendait à du bizarre, de l'étrange et de l'humour noir, je n'ai trouvé qu'une gamine un peu impertinente qui se sent obligée de nous faire des cours de chimie.

Amatrice de Murakami, j'ai été profondément déçue par Norwegian Wood (et Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil dans une moindre mesure), mais je préfère vous en parler avec le Flop de l'adaptation ciné ci-dessous. La romance japonaise... ce n'est vraiment pas pour moi, on dirait.

À (ne pas) voir :



C'est amusant parce que, mine de rien, si la bande annonce de Sucker Punch n'était pas sensationnelle, elle ne présageait pas le désastre intersidéral qui se cache derrière. Je sais que certains ont aimé, mais franchement, entre le ridicule, l'improbable, le pathétique, le scénario sans queue ni tête, les acteurs à mourir d'ennui et la BO de reprises à se trancher les veines, j'aurais du mal à y trouver mon compte. Norwegian Wood, adapté du livre du même titre qui m'avait laissée pantoise d'ennui et de scepticisme, m'a laissée encore plus pantoise : ennuyeux comme pas possible, l'aspect contemplatif déborde sur l'histoire qui apparaît d'une banalité affligeante. Quel dommage que ça n'ait pas été un autre de ses livres qui soit adapté ! Quant à Contagion, le parfait petit mémo du ministère de la défense en cas d'épidémie, son manque de saveur et d'excitation en est presque impressionnant. Avoir autant de bons acteurs dans un film totalement dénué de passion, quel gâchis...


Les Stats

Je vous vois d'ici, jeunes bigorneaux, à vouloir des stats. Je n'aime pas trop les chiffres, on est ici dans un monde de mots après tout, mais soit, pour vous faire plaisir, je peux bien vous en jeter deux trois de derrière les fagots. 2011, c'est donc :

- 131 articles (38 de plus qu'en 2010 !)
- 25 BDs/manga/albums chroniqués, dont un petit paquet de Shaun Tan
- 24 films chroniqués, soit presque tous ceux vus cette année hormis les festivals
- 62 livres chroniqués (tout ça ?!), une grande majorité de SFFF on dirait

Qu'est-ce que ça laisse présager pour 2012 tout ça ? Eh bien, encore plus de livres, encore plus de films, encore plus de concours (je vais essayer en tout cas) et encore plus de bonnes découvertes j'espère !

Merci à tous les followers, commentateurs et lecteurs réguliers de ce blog, n'hésitez-pas à me faire part de vos remarques ou demandes !

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Lilyn Kirjahylly Copyright © 2011, by The Scary Cupcake & Mr Pink Eyes
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