mercredi 30 mai 2012

Sa bouche aura le goût de fée verte
[fin du challenge]

Reçu le mercredi 30 mai 2012, 6 reviews
J'ai du mal à croire que ça fait presque quinze mois que le challenge a commencé et pourtant, voilà, c'est la fin. J'avais lancé ce petit défi surtout pour moi-même, parce que je voulais que ce blog reflète aussi ce qui m'a réellement marquée dans ma vie de lectrice plutôt que simplement les livres qui me sont passés sous la main dernièrement. Bon, de toute évidence, je suis très loin d'avoir atteint mon objectif, mais j'ai tout de même réussi l'essentiel : parler d'un auteur qui m'est cher et donner envie aux gens de le lire.

Disons donc, challenge échoué, mais mission accomplie !

Heureusement que les autres participants n'ont pas tous eu comme moi les yeux plus gros que le ventre ! Voila un petit récapitulatif de ceux m'ayant informé de leur chronique (si la vôtre est absente de la liste, il n'est pas trop tard pour le signaler !) :

- Neph => Contes de la Fée Verte
- Guu => Contes de la Fée Verte
- Grazyel => Le Corps Exquis
- Lynnae => Contes de la Fée Verte, Eros Vampire, Alcool et La Belle Rouge
- Julien le naufragé => Contes de la Fée Verte
- Céline => Contes de la Fée Verte
- Erato => Contes de la Fée Verte


Eh bien, on peut dire que la sortie en poche des Contes de la Fée Verte a fait son effet sur les lecteurs... la bonne nouvelle, c'est que Âmes Perdues et Le Corps Exquis ont eux aussi été réédités en poche, une bonne occasion de poursuivre sur cette lancée ! Quand à Alcool et La Belle Rouge, leur magnifiques éditions sont toujours disponible au Diable Vauvert.

Et sur le blog alors, qu'est-ce qui s'est passé ? Il y a eu Âmes Perdues, Sang d'Encre, Contes de la Fée Verte, Le Corps Exquis, Coupable et Le Cœur de Lazare. À peine la moitié de ce qui était prévu, et seulement des relectures, mais j'ai eu l'opportunité d'en découvrir certains en VO avec un immense plaisir.

Alors voilà, le challenge est fini, mais la lecture continue ! Doucement mais sûrement, je vais (re)lire le reste de ma collection, et j'espère vous avoir donné envie de vous y mettre !


Et n'oublions pas...
Joyeux Anniversaire cher auteur !!







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mercredi 16 mai 2012

Avengers,
de Joss Whedon

Reçu le mercredi 16 mai 2012, 6 reviews
Synopsis :
Lorsque Nick Fury, le directeur du S.H.I.E.L.D., l'organisation qui préserve la paix au plan mondial, cherche à former une équipe de choc pour empêcher la destruction du monde, Iron Man, Hulk, Thor, Captain America, Hawkeye et Black Widow répondent présents.
Les Avengers ont beau constituer la plus fantastique des équipes, il leur reste encore à apprendre à travailler ensemble, et non les uns contre les autres, d'autant que le redoutable Loki a réussi à accéder au Cube Cosmique et à son pouvoir illimité...

Mon avis :
Comment ça, vous n'avez pas vu Avengers ?! Je sais que parfois je me fais de fausses idées sur la communication autour d'une sortie, mais celle-ci, ça me paraît impossible de l'avoir ratée. Non seulement ça fait 6-7 films qu'on vous met la puce à l'oreille, mais Marvel a sorti le grand jeu du Film de l'Année avec celui-là. Bon, si malgré tout, vous avez loupé le coche, faites mine de rien : allez le voir, et tout sera réparé.

Il y a plusieurs motivations pour aller voir ce film, la première étant sans doute de savoir ce que les micro-teasers des films précédent promettaient, la seconde d'enfin voir un bon film de super-héros qui ne ressemble pas à rien, et la troisième de passer deux heures vingt en compagnie de Robert Downey Jr. Ou est-ce la deuxième ? Vous pouvez rire, mais ne nous voilons pas la face : si les Avengers était 5 vieux babas cools habillés en Power Rangers qui mangent des Tucs entre deux scènes d'action, personne ne serait venu.

Alors ces beaux-gosses, ça donne quoi ? Eh bien, c'est tout ce qu'on vous a promis : une introduction/présentation pas trop longue et cohérente, des caractères opposés qui amènent des vannes et de la tension, un méchant qui veut détruire le monde, de l'action, de la magie, des effets spéciaux, des extra-terrestres, des mecs torse nu... vraiment, tout y est. Alors qu'est-ce que je pourrais vous dire de plus ? Eh bien, c'est bien ça qui m'ennuie. Quand un film est bien foutu, comme on s'y attendait, c'est comme manger un choco en sachant déjà qu'il sera bon. Gratifiant, mais sans commentaire.

Sans commentaire en quatre paragraphes ça vous impressionne quand même, avouez-le. Avec le recul, je réalise que si le film était plus que plaisant à visionner en salle avec mes lunettes magiques collées sur le nez, je n'irai probablement pas le revoir sur mon canapé plus tard. Il lui manque sans doute la profondeur d'un Batman, que je pourrais revoir dix fois ; une bande de mecs qui sauvent le monde en deux heures et rentrent chez eux, c'est sympa deux heures... et puis nous aussi, on rentre chez nous.

Ma note : 8,5/10



Titre original : The Avengers
Long métrage américain
Durée : 2h 22 min
Genre : Aventure, action, SF
Année de production : 2012
Date de sortie en France : 25 avril 2012

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mardi 8 mai 2012

Magic and Mayhem,
de Marcus Sedgwick

Reçu le mardi 8 mai 2012, 0 reviews
Résumé :
Faites connaissance avec la merveilleusement bizarre famille des Otherhand et leur dévoué gardien Edgar le corbeau, et découvrez les sombres secrets du château Otherhand.
Une sortie au cirque a des conséquences désastreuses sur les Otherhand lorsque Fellah disparaît. En peu de temps, le château est victime d'un canard, d'une diseuse de bonne aventure suspecte et de plusieurs tonnes de choux mortels. La famille est préoccupée : Valevine est occupé à inventer une machine à compter les choux, Minty attend de connaître les secrets de l'univers et Soltice a découvert que Cudweed cache 342 lapins dans sa chambre. Lorsque le chaos sévit et que les voleurs infiltrent le château, c'est à Edward de sortir sa famille de cette situation poilue.

Mon avis :
Oui, vous aviez bien lu, "cette situation poilue" (fluffy dans le texte). Encore un résumé délirant pour le nouvel opus de la série Raven Mysteries sur lequel je me suis, bien évidemment, jetée sans attendre dès sa sortie (en poche, parce que j'aime les couvertures de couleur différente). J'ai de plus en plus de mal à le comparer à ses prédécesseurs, sûrement parce qu'en s'habituant le plaisir de la nouveauté s'estompe, peut-être aussi parce que je tiens l'humour d'Edgar et la folie de ses aventures pour acquis. Peu importe, cette série est un incontournable !

Voyons voir ce que je peux vous dire de nouveau sur ce volume... ah ! Edgar s'ennuie. Je sais, comment est-ce possible ? Eh bien, quand on s'habitue à une telle agitation, on broie facilement du noir si rien ne se passe. Il développe alors un genre de TOC le poussant à donner des coups de becs répétés et compulsifs sur tout et n'importe quoi, et hors du fait que c'est assez drôle de le voir faire, j'ai bien aimé cette façon d'amener l'ennui et ses conséquences sur le tapis, même si un remède autre que trois cent quarante-deux lapins aurait été le bienvenu.

But never, in all my years as castle raven, despite the dangerous, odd, spooky, strange, scary and otherwise momentous events that have happen here, never has there been an event quite as fluffy as this one.

Ça sent la carotte cette fois, je ne vous raconte pas ! Enfin, plutôt le choux d'ailleurs... On n'est pas loin de l'impression que ça part dans tous les sens, entre les choux, les lapins, le cirque et les voleurs, et j'avoue que la conclusion expédiée dans l'épilogue est ici un peu légère. On perd également de vue le fil rouge des ennuis financiers de la famille, et l'invention de Valevine passe un peu au second plan. Eh bien Edgar, on a un coup de mou ?

Enfin, somme toute, je me plains pour des broutilles. Le style est toujours aussi agréable, l'humour un peu British, un peu cynique et un peu idiot est toujours aussi drôle, et si ce ne sont pas les meilleures aventures de la famille Otherhand, elles n'en restent pas moins un divertissement agréable. Et le prochain tome est le dernier, ark ! Il faut en profiter tant que ça dure !

Ma note : 8/10


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mercredi 25 avril 2012

Le chat passe-muraille,
de Robert Heinlein

Reçu le mercredi 25 avril 2012, 2 reviews
Résumé :
A la station orbitale de la Règle d'Or, rien ne va plus. Jugez plutôt : le Dr Ames, alias colonel Colin Campbell, reconverti dans les romans à l'eau de rose après avoir perdu une jambe au combat, dîne en compagnie de sa nouvelle épouse lorsqu'un individu lui propose un étrange marché ... et est abattu sous ses yeux ! Dès lors, notre héros ira de surprise en surprise: sa femme, Gwen, a deux mille ans et s'appelle Hazel, son chat Pixel passe à travers les murs parce qu'il est trop jeune pour savoir que c'est impossible, et le leader de la Révolution Lunienne est un ordinateur géant mais cataleptique dont il est chargé de sauver les mémoires pour le compte du Corps du Temps ...

Mon avis :
Heinlein, mon chouchou de la SF sur qui je me rabats toujours quand je ne sais pas quoi lire, est de retour cette fois-ci avec un complot interplanétaire, une épouse têtue, un chat qui ne sait pas qu'on ne peut pas passer à travers les murs et une famille beaucoup trop nombreuse pour notre bien. Loin de ses petits romans détente de d'habitude, on embarque ici dans 500 pages de folie pleine d'humour, de physique et de révélations tordues. Attention au mal de tête !

Le fameux "chat passe-muraille", que j'attendais avec impatience, est loin d'être le héros de cette histoire. C'est plutôt celle de Richard, ex-militaire désormais romancier, qui va un soir voir mourir un type à sa table à la Règle d'Or, planète où il réside. Le lendemain, il épouse sa femme, Gwen, et ils fuient ensemble pour Luna, où l'accueil est loin d'être chaleureux... 7 jours plus tard, le couple a traversé l'espace et le temps, rencontré leur passé et leur futur, et se voit confier la mission de sauver un ordinateur pensant afin d'assurer l'avenir de la galaxie. Rien que ça.

Commençons par les reproches, histoire de s'en débarrasser. J'avais l'habitude avec Heinlein de lire des histoires légères, drôles et mêlées d'une science-fiction assez abordable pour tous. Ici, la liste des personnages est si longue que j'ai cessé très vite d'essayer de retenir leur identité, l'humour est caustique et un peu pénible à la longue, et gare à vous si vous n'avez aucune notion de physique ! L'auteur nous abreuve de quelques chapitres pratiquement consacrés à des notions, sans doute très abordables pour certains, qui m'ont laissée complètement à côté de la plaque.

Alors oui, ça commence mal, me direz-vous. Mais étrangement, ce couple idiot à l'humour dépassé a réussi à me garder captivée jusqu'au bout (sauf quand je ne comprenais rien à l'agencement du continuum spatio-temporel et que je sautais des passages), à me faire rire parfois, à me donner envie de savoir dans quelle nouvelle galère ils allaient se retrouver. Le petit Lord Pixel (félin de son état) n'a que peu de temps d'antenne mais sa présence incongrue a rajouté un peu de folie à l'ensemble, qui n'en avait peut-être pas besoin.

On ressort avec l'impression de s'être fait secouer la tête dans tous les sens et d'avoir loupé quelque chose. L'histoire, bien qu'originale et amusante, est un vrai fouillis d'action et de surprises où l'on se perd au milieu d'un capharnaüm de personnages. Et moi qui espérait que la fin rattraperait tout ça, on reste en plein suspens au milieu de l'action ! Une petite déception qui ne m'empêchera de continuer avec cet auteur de génie.

Ma note : 7/10



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mardi 24 avril 2012

Le Retour du sorcier,
de Karen Miller

Reçu le mardi 24 avril 2012, 2 reviews
Résumé :
Morg a investi le corps de Durm, le Maître Magicien.
Mais après le tragique accident de la famille royale, Durm est dans le coma et le sorcier se retrouve piégé. Il doit en sortir à tout prix afin de reprendre le contrôle de Lur et de briser le Mur de Bari. Gar a survécu mais ses pouvoirs magiques s'affaiblissent. Seul Asher pourrait l'aider. Gar réussira-t-il à convaincre son ami olken d'utiliser la magie qui lui est interdite ? Le risque est de taille car si Asher était découvert, il serait exécuté et le royaume de Lur vivrait les Derniers Jours annoncés par la Prophétie...

Mon avis :
Souvenez-vous, il y a quelques mois, Lyra et moi nous attaquions au premier volume de ce diptyque, et j'en ressortais enthousiaste mais mitigée. J'ai préféré m'attaquer à la suite avant d'avoir oublié tout le reste et me revoilà, devinez quoi... enthousiaste et mitigée. Sauf que le mitigée commence à prendre le dessus, malheureusement.

Je vais éviter de vous raconter l'histoire pour ne pas y mettre de spoilers, mais si vous avez lu le résumé, vous êtes déjà un peu foutu. Disons simplement que la trame est dans la continuité directe du premier tome, et qu'elle se déroule exactement de la même façon : une longue introduction où rien ne se passe, un suspense artificiel dispensé par les réflexions que certains personnages nous rabâchent, et une action finale expédiée en cinquante pages, ni vu ni connu.

J'avais noté la dernière fois que la grande force de cette histoire, ce sont ses personnages. Le problème c'est qu'après avoir passé 500 pages avec eux, il n'y a plus grand chose à présenter, et si Asher se montre toujours aussi "drôle" et attachant, la nouveauté commence à perdre son effet et on se demande pourquoi on doit encore l'entendre se plaindre des mêmes choses plutôt que de le voir agir. Quant à Gar, il se montre lui aussi assez prévisible, voire un peu ennuyeux, et son héroïsme mis en avant dans le dernier quart du livre a du mal à rattraper le reste.

Le fait que l'on connaisse déjà les tenants et aboutissants de l'histoire (qui est le méchant, ses plans, etc.) alors que les héros non est sûrement l'une des choses qui vient gâcher le peu de suspense qu'on puisse y trouver. Ça et le fait qu'on passe 400 pages à attendre que la bataille annoncée sur la couverture commence, et qu'elle n'en dure que 20. Si ça ce n'est pas mettre la patience à l'épreuve ! Et pourtant, j'ai été grandement tentée de lire le dernier tiers d'une traite, sûrement grâce au style très agréable de l'auteur et l'agencement des chapitres qui laisse toujours présager une surprise au tournant.

Dur de se faire un avis quand on lit un livre avec enthousiasme mais qu'on a tant de choses à lui reprocher... Je ne regrette pas de l'avoir lu mais j'ai peur de ne pas en garder un souvenir impérissable. Les personnages attachants font de leur mieux pour contrebalancer l'absence d'action et la trame affreusement classique, mais parfois, ça ne suffit pas. Dommage !

Ma note : 7/10


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jeudi 12 avril 2012

Quelques nouvelles,
de Jean Millemann

Reçu le jeudi 12 avril 2012, 2 reviews
Résumé :
"Gris sombre et chatoyant, l’asphalte luit sous le soleil de la fin d’après-midi, quand la voûte des chênes qui le surplombe flamboie d’ors et de rubis. Les feuilles, comme tomberaient des cieux des plumes d’anges, glissent au sol en vols paresseux et nonchalants. La route est splendide, en automne, qui relie Plélan-le-Grand à Paimpont, lorsque s’élèvent de l’humus humide les senteurs des champignons, des cèpes peut-être, lorsque s’envolent les dernières hirondelles, lorsque roussissent aux taillis contigus les fougères qui s’endorment pour l’hiver.
Je la connaissais pourtant si bien…"

Mon avis :
Après la lecture de Sanshôdô, me revoilà en compagnie de Jean Millemann le temps de quatre nouvelles aux frontières du lyrique et des légendes. Plutôt qu'un résumé, c'est le début de l'une d'entre elle qui vient vous plonger dans l'ambiance particulière de ces petites histoires, pleines de magie et de poésie. Laissez l'action et l'aventure à la porte et venez vous relaxer en poésie !

Conte de la forêt qu'ont déserté les licornes
Approchez, venez plus près, n’ayez pas peur. Il fait froid, n’est-ce pas, dans cette clairière ? J’ai beau le savoir, moi-même, chaque fois que je m’arrête ici, j’en suis surpris. Si peu de chaleur… Comme si nous nous trouvions, ici, là où bat, glacé, le cœur d’un éternel hiver.
Avec un titre pareil, il n'y a pas à en douter, nous sommes ici en présence d'un véritable conte. Dans une atmosphère d'histoire racontée au coin du feu, le narrateur nous plonge dans la légende d'une clairière autrefois habitée par les licornes, qu'un dieu égoïste a fait fuir en voulant séduire l'une d'entre elles. Quelques pages à peine pour entrevoir ce conte aux allures féerique, qui finit sur une note assez surprenante.

Renaissance
Il a surgi, bondissant au-dessus des fourrés, d’un bond gracieux, les flancs couverts d’écume, l’œil affolé, son souffle court l’empanachant de buée. Comme s’il s’était, l’espace d’un instant, affranchi de la pesanteur, il a semblé voler, immobile dans les airs, ses bois à six cors éraflant le bleu du ciel. Le pied raidi sur la pédale, les bras tendus, la tête rentrée dans les épaules, je tentais de contrôler le dérapage de l’automobile. Puis le cerf, d’un sec claquement de sabots, reprit contact avec le bitume et bondit dans les buissons voisins, s’évanouissant dans les airs comme un rapide fantôme.
Pas de conte cette fois-ci mais la dure réalité d'un accident de campagne, et l’introspection mystique du point de vue d'un fantôme. On y suit le deuil d'un homme, sa reconstruction, et les questionnements du fantôme sur ce qui l'attend à présent. Va-t-elle rester à hanter la terre pour toujours, ou a-t-elle une mission à accomplir avant de disparaître ? Encore une fois, la fin apporte une agréable conclusion à l'ensemble, bien que les plus sceptiques auront probablement des réserves sur le sujet.

Elisabeth
Il y a, au bord de la route, à proximité de Strasbourg et ses banlieues, une gravière qui, aux beaux jours, attire en masse les estivants venus profiter de sa fraîcheur pour s'y baigner. Ce plan d'eau, depuis cet été, est définitivement fermé au public par de grandes palissades en bois et en béton qui font comme un blasphème dans la verdure. Fernand, jamais en panne d'imagination, m'a raconté une histoire à ce propos. Que cette histoire soit vraie ou fausse n'a que peu d'importance, en somme. Pour Fernand, sa beauté ne réside pas forcément dans sa véracité.
On reste dans le terre à terre avec cette nouvelle qui semble vraiment racontée de façon personnelle par l'auteur - il nous parle de son travail de gardien de nuit, un détail qui revient plusieurs fois, ainsi que de la région dont il semble être familier. Son ami Fernand lui assure avoir connu une belle jeune femme, insensible aux nombreux courtisans qui l'abordaient chaque jour lorsqu'elle allait se baigner au plan d'eau du coin. Que lui est-il arrivé, pourquoi la gravière est-elle fermée au public désormais ? L'histoire est brève, mystérieuse et pleine d'un romantisme un peu désuet caractéristique de l'auteur.

Le lac noir
Je suis gardien de nuit, ce n'est pas une tâche très fatigante ni très prenante, et elle me laisse le loisir de parcourir en solitaire les sombres massifs de sapins qui environnent les lieux. Je surveille une scierie dans les Vosges, située au bord du Lac Noir. Pourquoi cette étendue d'eau glacée porte un tel nom, je ne le sais que depuis peu. C'est tout récemment que je l'ai appris, l'autre nuit, alors qu'avec Denis, repus mais néanmoins inassouvis de notre continuelle fringale de bonne chère, nous rêvions à d'amples choucroutes surmontées de charcuteries en colonnes grasses et luisantes à la fois, et dont les sucs irrigueraient de tendres pommes de terre blondes à souhait.
Je gardai celle-ci pour la fin, sans doute parce que j'imaginais ma petite Snow bondir de joie à l'évocation de légendes sur sa région. On ressent ici moins la passion lyrique de l'auteur que sa volonté de partager une véritable légende, comme celles d'autrefois que nos grands-mère adoraient raconter avec le plus grand sérieux. Un mystérieux lac qui renferme des trésors, quoi de plus parfait pour laisser son imagination divaguer ?


Ne comptez pas plus d'une heure pour faire le tour de ces quatre nouvelles, recelant chacune un charme différent des autres. J'avoue peiner à m'attacher à des récits aussi courts, et préférer très légèrement l'aspect SF que possédait Sanshôdô, mais elles sont idéales pour se vider l'esprit l'espace d'un instant. À lire avant de s'endormir, pour s'assurer des rêves paisibles.



Retrouvez l'ensemble des titres sur le site des Éditions Astéroïde avec qui cette lecture a été réalisée en partenariat.



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mercredi 11 avril 2012

This is Shyness,
de Leanne Hall

Reçu le mercredi 11 avril 2012, 0 reviews
Résumé :
Un type qui hurle. Une fille en mission pour oublier.
Dans la banlieue de Shyness, où le soleil ne se lève pas et la frontière crépite d'une étrange énergie, Wolfboy rencontre une étrangère au Diabetic Hotel. Elle lui dit que son nom est Wildgirl, et le met au défi d'être son guide à travers la nuit éternelle. Mais ils se font agresser par les Kidds, gamins drogués au sucre. Ce qui se joue ici est touchant, irréfléchi... dangereux. Il y a des choses qui ne peuvent être dites que dans le noir. Et une longue nuit est suffisante pour changer votre vie.

Mon avis :
Cette fois, c'est la faute de la blogosphère anglophone si j'ai craqué sur ce livre. The Book Smugglers l'a trouvé "near damn perfect", impossible de dire non à un tel exploit... sans avoir lu le résumé, je me suis donc plongée dans Shyness, cette ville où le soleil ne se lève jamais, où les gens ont des habitudes des plus douteuses et des comportements des plus étranges, et où Wildgirl part avec Wolfboy à la poursuite d'un gang de gamins plus dangereux que la mafia chinoise.

Je ne peux pas vous raconter l'histoire pour la simple bonne raison que je ne suis pas sûre de l'avoir bien suivie. Sous ses allures de romance fantastique pour ado, c'est en fait un genre d'aventure psychédélique qui vous attend, mêlant le réel et le surnaturel avec le moins d'explications possible. Ana (de TBS) dit que son côté surréalisme fait qu'il est aussi impossible d'en parler que d'expliquer une peinture de Dali à quelqu'un n'en ayant jamais vu. Après coup, je comprends tout à fait pourquoi.

Cela dit, on n'est pas non plus en présence d'un grand n'importe quoi. Cette aventure d'une nuit entre deux jeunes gens un peu trop amateurs de pseudonymes est réaliste et relativement bien construite : visite de la ville, rencontre avec les personnages secondaires, agression, vengeance. Quelque part, le fil directeur est assez classique, mais son traitement est complètement décalé. Le héros hurle comme un loup, les enfants de la ville s'enfuient de chez leurs parents pour monter des gangs organisés... impossible de faire le lien entre l'ambiance de Shyness et quoi que ce soit de connu.

Oui mais le problème, c'est qu'à trop vouloir garder le mystère, on se lasse un peu. Si on en apprend un peu plus sur le passé des deux personnages au fil de l'histoire, aucune explication sur Shyness, sa nuit perpétuelle, sa lente dégradation. Aucune info sur la plupart des personnages secondaires, bien qu'on laisse entrevoir des liens cruciaux. Aucune info sur le grand méchant, qui semble connaître le héros sans qu'on sache pourquoi. Et quand j'ai tourné la dernière page, je n'en croyais pas mes yeux : l'intrigue venait juste de démarrer et soudain, La Fin.

Alors j'ai beau être un peu épatée par le côté particulier et fondamentalement étrange du bouquin, je ne suis pas du tout impressionnée par la façon dont il laisse le lecteur sur sa faim. Les fins ouvertes, déjà, très peu pour moi, alors l'effet prologue, ça a tendance à me mettre en boule ! Dommage de gâcher autant de potentiel pour un manque de détails... Une suite vient apparemment de sortir mais je ne sais pas si je vais oser me frotter aux même défauts qui m'ont gênée, surtant avec des personnages pas assez attachants pour me raccrocher à l'histoire.

Ma note : 6/10


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jeudi 5 avril 2012

Le Coeur de Lazare,
de Poppy Z. Brite

Reçu le jeudi 5 avril 2012, 0 reviews
Résumé :
Le photographe Jared Poe est fasciné par les scènes masochistes, un goût des jeux pervers très attirant pour les jumeaux Benjamin et Lucrèce. Deux papillons jouant avec le feu ? Sans doute. Pourquoi s'en faire, puisque le trio s'entend à merveille... Jusqu'au jour où Benjamin est sauvagement assassiné ! Ce meurtre sadique, la justice le résoud en un clin d'oeil. Un homosexuel faisant un coupable idéal, condamner Jared à la chaise électrique mettra au drame un point final. Mais le véritable tueur et les modernes inquisiteurs ignorent que la mort d'un innocent, aux yeux Corbeau, n'est qu'un commencement.

Mon avis :
La lecture des œuvres de Brite se poursuit aujourd'hui avec ce qui est pour moi l'un de ses plus tristes et glauques romans. Rejeton du phénomène The Crow, il exploite le thème du corbeau ramenant les morts à la vie pour se venger avec Jared Poe, photographe accusé à tort du meurtre de son époux. Un tueur de transsexuels rôde à la Nouvelle Orléans, et Jared est celui désigné pour lui régler son compte et venger la mort de son bien aimé...

Difficile de garder son sang-froid avec cette histoire. Dès le retour de Jared, on sent sa douleur, minutieusement détaillée dans une scène de résurrection peu ragoûtante, puis sa haine envers le corbeau de l'avoir arraché à la paix éternelle. Sauf que la paix, il ne la ressent pas vraiment, pas depuis qu'il est rentré un jour pour trouver le cadavre de son bien aimé vidé, dépecé et étalé dans la chambre qu'ils partageaient. Même le récit de son arrestation et son meurtre, détaillé au fil de l'histoire, fait pâle figure aux côtés du massacre dont nous abreuve le tueur en série. Estomacs sensibles, soyez prévenus.

L'homme aux noms de fleuves, qu'il choisit au gré de ses envies, fait lui aussi partie intégrante du livre. Contrepoids de la colère qu'éprouve Jared envers tout ce qui l'entoure, il poursuit avec sérénité sa tâche de nettoyer le monde de tous ces êtres impurs qui prétendent être de l'autre sexe. On le voit aborder les transsexuels, choisissant de préférences ceux qui ne manqueront à personne, puis les tuer lentement et consciencieusement, choisissant d'en enterrer la plupart dans son jardin tandis que les autres finissent dans le Mississippi. La force de sa conviction est retranscrite au point d'en être insupportable, et chaque victime de plus est un frisson de dégoût supplémentaire pour le lecteur.

Celle qui vient adoucir le ton de tout ça, c'est Lucrèce, sœur jumelle de Benjamin qui guide Jared dans sa mission. Sa peine est presque palpable, faisant d'elle une autre victime de l'affaire, celle qui reste seule après la mort de ceux qu'elle aime. La présence de l'inspecteur en charge de l'affaire des nouvelles victimes du tueur, bien qu'essentielle, laisse un goût de personnage-outil à l'histoire ; dur de s'attacher à lui alors que Jared et les jumeaux forment un trio aussi puissant.

Si l'histoire se veut dans la lignée du fameux The Crow, la touche gore et romantique de Brite est véritablement immanquable, rassemblant les thèmes qui lui sont chers en une brève histoire de vengeance. Brève peut-être, mais surtout malheureuse, suintant la douleur et l'amour perdu, pointant du doigt l'injustice des réactions envers les individus que peu considèrent comme "normaux" encore aujourd'hui. Un conte fantastique à ne pas lire le soir aux enfants, qui donne envie de manger une glace à la plage pour oublier tout ça.

La poésie de la violence dans toute sa splendeur.


Le challenge avance, doucement mais sûrement... quel sera le prochain ?



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mercredi 4 avril 2012

Dust,
d'Arthur Slade

Reçu le mercredi 4 avril 2012, 4 reviews
Résumé :
Matthew, 7 ans, disparaît un jour sur la route de Horshoe, une ville poussiéreuse du Saskatchewan pendant la grande dépression. Robert, son grand frère, est déterminé à trouver Matthew, même lorsque les adultes semblent abandonner espoir. Mais d'autres enfants disparaissent alors qu'un homme étrange nommé Abram Harsich arrive en ville : il hypnotise les villageois, affligés par les effets de la sécheresse, avec des miroirs magiques et la promesse d'une machine à faire pleuvoir. Seul Robert semble capable de lui résister, et de découvrir ce qui est arrivé à Matthew.

Mon avis :
Un petit message de l'auteur sur Twitter pour informer que l'ebook est gratuit pour la journée sur amazon et hop, me voilà en possession d'une nouvelle lecture avalée en moins de vingt-quatre heures. Après sa série des Agents de M. Socrate, on reste dans une ambiance jeunesse avec cette enquête à l'ambiance western et fantastique, dans une province canadienne au nom délicieusement improbable - et patrie de l'auteur.

On suit l'histoire de Horshoe du point de vue de Robert, grand amateur de livres d'aventure et de fantasy, qui ne comprend pas pourquoi les adultes s'inquiètent si peu de la récente disparition des enfants de la ville depuis l'arrivée d'Abram Harsich. Ce dernier est un illusionniste, selon son oncle ; un homme qui montre simplement aux gens ce qu'ils veulent voir. Sauf que Robert ne voit rien, lui... à part que les adultes semblent perdre la mémoire et que des évènements étranges arrivent à ceux qui refusent d'aider à construire la machine à pluie d'Abram !

Si l'histoire reste courte et simple, elle sait captiver en alternant entre le mystère qui entoure l'action et la réalité de la sécheresse et du quotidien de Robert. Le garçon est un héros de conte de fées, curieux et courageux, mais on sent tout de même son regard critique sur l'éducation religieuse que lui prodigue sa mère et les remords qu'il éprouve d'avoir refusé d'accompagner son petit frère lorsqu'il a disparu. Le méchant est lui aussi une institution - albinos, étranger, illusionniste et adepte de discours mystiques, pas besoin de s'attendre à ressentir de la pitié pour lui lorsque Robert lui aura réglé son compte !

Difficile de dire ce qui retient vraiment l'attention dans ce livre mais le décor aride et poussiéreux est un agréable changement face aux récits habituels, tout comme l'atmosphère vieillotte du Canada avant-guerre. La touche de magie apportée par Abram éclaire l'ensemble et lui évite de tomber dans le thriller trop sérieux. On se prend au jeu de voir le jeune garçon partir à l'aventure pour sauver sa ville de l'emprise de l'homme albinos, et la fin assez classique ravira particulièrement les plus jeunes.

Ma note : 7,5/10


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mercredi 28 mars 2012

The Green Book,
de Jill Paton Walsh

Reçu le mercredi 28 mars 2012, 2 reviews
Résumé :
"Nous sommes sur Shine, le premier jour", dit Pattie lorsqu'en tant que plus jeune membre de l'expédition, on lui fait l'honneur de choisir le nom de leur nouvelle colonie. Réfugiés de la planète Terre mourante, ils ont été envoyés dans l'espace dans l'espoir que certains survivront pour perpétuer la race humaine. Mais le succès de Shine reste incertain alors que les plantations meurent et que les provisions ramenées de la Terre s'épuisent. Même l'excitation autour de l'éclosion du peuple des mites géantes de la vallée des rochers ne permet pas au groupe d'oublier le désespoir de leur situation. Vont-ils trouver de quoi assurer leur survie ?

Mon avis :
Il ne m'en a pas fallu beaucoup pour choisir ce livre : de la SF, une magnifique couverture... vendu ! Publié pour la première fois en 1981, il est un des classiques de l'éducation anglophone, apparemment inconnu chez nous. Réédité cette année par Square Fish (avec cette magnifique couverture, donc), c'est l'occasion d'enfin tout savoir sur Pattie et Shine, cette nouvelle planète qui ne dit rien de bon pour la race humaine.

Puisque le livre fait 70 pages, et qu'il est écrit assez gros, je vais vous dispenser de trop parler de l'histoire. On y suit la migration d'un des dernier groupes d'humains (relativement pauvre, donc) de la Terre à bord d'un vieux vaisseau, qui les dépose sur une planète inconnue. La famille de Pattie est en quelque sorte le point d'ancrage du récit - on suit leur départ précipité, les années passées à bord du vaisseau puis l'inquiétude des premiers temps sur une planète étrangère, le tout en version condensée.

Si c'est quelque part assez difficile de s'attacher à des personnages en si peu de pages, j'ai tout de même trouvé que la famille de Pattie laissait une forte impression — du père inventeur au fils qui essaie d'être adulte pour l'aider dans sa tâche, ainsi que deux filles qui se chamaillent pour des bêtises. L'exode est traitée avec sérieux, ainsi que la rareté de leurs ressources et de leurs loisirs, et on a tout le temps de s'imaginer ce qui se passerait si on n'avait qu'un livre chacun pour le reste de sa vie, qu'on se nourrissait de fer en attendant de savoir si les récoltes allaient être comestibles ou non...


Mais tout n'est pas noir pour autant ; Pattie et son jeune âge nous entraînent à la découverte de ressources cachées, de créatures mystérieuses dont les adultes ne soupçonnaient pas l'existence et qui se joignent aux jeux des plus jeunes. On est alors confronté à l'importance de la vision des enfants, celle aussi de ne pas oublier les contes et les histoires que l'on a appris parce que c'est lorsqu'on ne les a plus que l'on réalise leur importance.

Sans raconter la fin, j'avoue qu'elle est d'une simplicité un peu décevante, mais lorsqu'on referme le livre et qu'on y repense plus tard, on réalise que ce n'est finalement pas ça qui est important. Ces 70 pages sont un vrai condensé de réflexion sur le poids des classes, sur l'importance de la culture, de posséder des savoir-faire basiques pour survivre et de faire confiance aux enfants pour s'ouvrir l'esprit à ce qui nous entoure. Un très beau petit récit, en somme.

Ma note : 7,5/10


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mardi 27 mars 2012

The Night Circus,
d'Erin Morgenstern

Reçu le mardi 27 mars 2012, 8 reviews
Résumé :
Le cirque arrive sans prévenir. Aucune affiche ne le précède. Il est simplement là, alors qu'hier il ne l'était pas. À l'intérieur des tentes rayées blanc et noir se trouve une expérience unique remplie de merveilles à couper le souffle. Il s'appelle Le Cirque des Rêves (en français dans le texte), et il n'ouvre que la nuit.

Mais en coulisse, une féroce compétition se déroule : un duel entre deux jeunes magiciens, Celia et Marco, qui ont été entraînés depuis leur enfance dans ce seul but par leurs lunatiques instructeurs. Sans en connaître les règles, ils jouent à un jeu où un seul d'entre eux s'en sortira, et le cirque n'est que le théâtre de leur remarquable bataille d'imagination et de volonté. Lorsqu'ils découvriront la vérité, un autre élément va venir entraver l'issue du duel...

Mon avis :
Le cirque arrive sans prévenir. Un matin de 1902, le champ résolument vide au détour d'une route est maintenant habité d'immenses tentes noires et blanches à rayures. Les rumeurs courent à travers la ville : Le Cirque des Rêves est là ! À la nuit tombée, tout le monde se dirige vers le site, curieux et excité. Vous rejoignez la longue file qui se déploie sous l'immense horloge, vous trépignez d'impatience en attendant que le soleil disparaisse à l'horizon. L'odeur de caramel vous met l'eau à la bouche. Puis soudain, la nuit tombe, et le cirque s'éclaire de mille feux. Vous achetez votre billet et passez dans un autre monde.

Impossible de savoir comment sont organisées les tentes disposées en cercle. Vous errez sur les chemins peints à la craie et croisez deux enfants faisant faire des tours à des chatons étonnamment obéissants. Non loin de là, le large feu de camp à la flamme blanche brûle paisiblement, et vous restez hypnotisé un instant : y aurait-il de la magie là-dessous ? Vous entrez dans la tente des acrobates, incroyablement haute, où les artistes se balancent sans filet. Ailleurs, une contorsionniste japonaise se plie comme un mouchoir de poche, et son regard mystérieux vous intrigue.

Mais rien ne vaut la tente de l’illusionniste. À peine assis, la porte disparaît, et vous la regardez changer de vêtement à volonté, faire apparaître et disparaître des oiseaux avec une telle habileté que la magie semble réelle. Un peu comme lors des spectacles de Prospero l'enchanteur, qu'elle vous rappelle dans sa façon de travailler. Y-aurait-il dans ses yeux une sorte de tristesse cachée, de fatigue pesante ? Serait-elle l'une des créatrices du cirque ?

À la fin du spectacle, vous la suivez discrètement dans une autre tente, remplie de neige. Le jardin d'hiver est d'une beauté irréelle, ses statues et sa fontaine de glace étrangement touchantes. Vous sentez une autre présence se glisser auprès elle, l'ombre d'un jeune homme à casquette qui la suit, l'effleure pour provoquer des étincelles entre eux. L'illusionniste le regarde et vous devinez l'amour et la confusion qui règne entre eux. Lui aussi doit jouer un rôle important, mais lequel ? Vous ne l'avez jamais vu au cirque.

Derrière lui, une autre silhouette semble la suivre, le reflet invisible d'un homme contrarié. Quelque chose se trame derrière tout cela, et ni lui ni l'homme en gris que vous avez croisé au détour d'une tente n'y sont étrangers. Quelque chose de dangereux flotte dans l'atmosphère, mais impossible de mettre le doigt dessus. En sortant de la tente de la diseuse de bonne aventure, qui vous a embrouillé l'esprit, vous percutez un jeune garçon cherchant Poppet et Widget, une souris en chocolat à la bouche, l'air inquiet. Vous cherchez les chatons mais ils ont disparu.

L'aube se lève et il ne reste que peu de visiteurs, tous portant des habits sombres parés d'une touche de rouge. Des rêveurs, comme vous, qui resteront jusqu'au dernier instant, retournant dans leurs tentes préférées ou en découvrant de nouvelles par hasard. Il ne vous en reste qu'une à visiter, où trône un grand arbre recouvert de cire blanche, celle des bougies qui y brûlent constamment. Vous en prenez une, l'allumez sur une autre, et faites un vœu.

Vous savez que l’illusionniste le réalisera. Le cirque est magique.



Ma note : à lire absolument !


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mercredi 21 mars 2012

Coupable,
de Poppy Z. Brite

Reçu le mercredi 21 mars 2012, 0 reviews
Résumé :
Composé de 21 textes (articles, essais, analyses, chroniques), ce recueil de non-fiction est une plongée directe dans la vie de l'auteur, y compris dans ses aspects les plus intimes. Elle y évoque ses passions littéraires, en particulier son goût pour les oeuvres de la décadence, son écriture, ses influences, de Charles Baudelaire à Stephen King en passant par William Burroughs. Chaque sujet, de commande, intègre un peu de la chair de son quotidien et permet de mieux cerner l'originalité de cet écrivain au romantisme noir et cruel qui bouscule l'univers culturel américain depuis son premier roman.

Mon avis :
Des années après ma première lecture, je me suis replongée dans ce livre terriblement intimiste d'un de mes auteurs fétiches. Pas d'horreur, de romance ou de personnage à se damner ici : rien que des pensées personnelles, des articles pour des magazines, quelques confessions et quelques coups de gueule, le tout enrobé par la plume toujours aussi expressive de cet auteur d'exception.

Ceux qui disent qu'il n'y a pas de poésie dans la violence n'ont pas assez bien regardé ou refusent carrément de regarder. Mais peu importe. Même si la poésie ne les trouve jamais, la violence finira par les trouver.

C'est par une étude sur la décadence que Brite nous introduit dans ce livre, nous livrant un aperçu de l'ambiance de la Nouvelle Orléans en y mélangeant un cours d'Histoire sur ses influences, les grands poètes écrivains décadents du XIXème siècle et la façon dont aujourd'hui, la décadence est devenue une étiquette à laquelle ont doit se rattacher avec précaution.

On quitte ensuite les mœurs douteuses de l'époque pour se tourner vers des réflexions plus personnelles. À travers huit "Coupable", l'auteur aborde les thèmes qui lui sont chers, les guerres qui font rage à la Nouvelle Orléans et ailleurs (notamment sa hantise du comportement des écrivains d'horreur qui se tirent constamment dans les pattes) et quelques hommages dont celui pour Mike Baker, rédacteur en chef du magazine Afraid, ou William Burroughs à qui elle écrit un fantasme nécrophile en guise d'épitaphe.
Elle nous offre également (pour ma plus grande joie) quelques conseils d'écriture, pointe les clichés à éviter et l'importance de laisser vivre ses personnages. Elle démontre comment la fiction nous permet de voyager dans les lieux et les esprits les plus inattendus, et nous liste au passage une série d'ouvrages indispensable à tout bon auteur d'horreur (tel Death to Dust: What Happens to Dead Bodies, recommandé au départ par Neil Gaiman).

Mais hors des fantasmes et souvenirs instantanés qu'on découvre dans ces Coupable, ce recueil est également truffé d'articles et réflexions divers. Les bon plans à Dublin et les meilleurs coffee-shops d'Amsterdam se disputent la vedette parmi des études sur le fandom de l'internet de l'an 2000, la décadence des jeunes filles et quelques statistiques et confidences sur les pratiques sexuelles d'un panel virtuel. Les histoires prennent parfois un tournant plus personnel, comme celle sur la poésie de la violence où elle expose sa fascination pour le gore, ou encore ses erreurs de jugement lorsqu'elle a tenté d'expliquer sa propre identité sexuelle aux médias.

On quitte son univers avec le récit troublant et douloureux de son addiction au Vicodin ES, un opiacé traitant ses douleurs de dos auquel elle est restée dépendante pendant des années avant de finalement s'en défaire. Impossible de rester insensible à toutes ces vérités crues, ces idées qui dérangent et ces études inhabituelles, qui offrent une perspective nouvelle sur un auteur tout simplement fascinant. Pour les fans, mais pas que.


Rendez-vous bientôt pour le prochain Poppy, même si je sens que ça va être serré pour finir le challenge à temps, je ne perds pas espoir !



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jeudi 15 mars 2012

Menteuse,
de Justine Larbalestier

Reçu le jeudi 15 mars 2012, 7 reviews
Résumé :
Micah Wilkins est une menteuse. Mais quand son petit ami, Zach, meurt dans de brutales circonstances, le choc semble suffisant pour la remettre sur le droit chemin. Ou peut-être pas. Surtout quand mentir lui vient aussi naturellement que respire. Est-ce que Micah sortait avec Zach ? Se sont-ils embrassés ? L'a-t-elle vu la nuit où il est mort ? Cache-t-elle vraiment un secret de famille?
Où se trouve la vérité ?

Mon avis :
Mais comment ai-je été entraînée dans cette galère ? En écoutant Lelf dire qu'il se lit tout seul, Sita me proposer l'ebook et Lyra une lecture commune dessus ? Un peu de tout ça, je crois. Je ne sais pas si le résumé vous laisse un sentiment de "livre dont vous êtes le héros" mais c'est quelque part l'idée : la narratrice nous ment en jurant de dire la vérité et c'est au lecteur d'en démêler le sens. Armez-vous de votre courage, vous n'en avez pas vu le bout...

Sur l'histoire, tout est dit. Micah est une menteuse. Zach, son petit ami, vient de mourir. Où est le lien ? Vous le saurez en lisant les interminables questionnements, théories et regrets de Micah à son sujet. Je vous fais envie, n'est-ce pas ? Soyons honnête, ce livre n'est pas si mauvais, j'ai justement mis tellement de temps à le finir que l'amertume tend à prendre le dessus. Ici, pas d'histoire à découvrir au fil des pages, de mystère résolu à la fin, d'enquête à révélations ; tout n'est que mensonges et vérités qui semblent ne pas en être.

Je suis probablement trop vieux jeu pour que ce genre de livre me plaise ; il a l'air de déchaîner l'enthousiasme des lecteurs qui ne cessent de débattre de leurs théories sur ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas. Sauf que moi, les théories, ça ne m'intéresse pas trop, et j'ai un peu l'impression que si on se contente de rester à la surface de cette histoire le jeu n'en vaut pas la chandelle. Du coup, eh bien... je me suis ennuyée comme un rat mort, voilà. Il faut dire aussi que la narratrice n'aide pas !

Eh oui, Micah, la grande star du spectacle, m'a été antipathique du début à la fin. Et pas juste parce qu'elle ment, c'est d'ailleurs sûrement un de ses seuls points forts. Le problème c'est qu'elle ne cesse de se questionner, de questionner les autres, de réfléchir à sa petite vie et de se plaindre de son sort, sans parler de Zach qu'elle ne cesse de regretter. Si je comprends tout à fait qu'elle soit déprimée par sa mort, j'aurais aimé éviter qu'on m'en rabâche les oreilles ! Zach, au contraire, aurait sûrement été un personnage sympathique... s'il n'était pas aussi mort.

Pourtant, ce livre est bien, je ne peux pas le nier : son concept est original, son intrigue bien menée (pour peu qu'on joue à la double lecture) et ses détails riches de petits indices sur tel ou tel mensonge. Si vous avez déjà fini les fameux livres dont vous êtes le héros sans tricher, celui-ci va vous paraître une promenade de santé. Moi, je préfère aller à la dernière page pour connaître la fin.
La vraie fin.

Ma note : 6/10

Heureusement que Sita et Lyra sont là pour tempérer ma mauvaise foi et dire du bien de ce livre !



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mercredi 14 mars 2012

Sanshôdô, la voie des trois vérités,
de Jean Millemann

Reçu le mercredi 14 mars 2012, 4 reviews
Résumé :
Un jour, toutes les radios et toutes les télés interrompent leurs programmes simultanément pour diffuser un boucle l'évidence qui est partout dans le ciel. Les extraterrestres sont là. Les Zitis, comme on dit, parce qu'il est plus facile de leur donner un nom générique plutôt que de retenir celui de chaque espèce qui constitue cette communauté interstellaire. Bien sûr, les gouvernements terriens font semblant que rien n'a changé alors que leur oligarchie prend l'eau de toute part. Bien sûr ils s'efforcent de voler ce qu'on est prêt à leur offrir. Mais c'est la galaxie toute entière s'ouvre à l'humanité et c'est une opportunité que seuls les opportunistes sont incapables de saisir.

Mon avis :
Je ne citerai pas de nom, mais tout le monde sait d' me vient l'envie de lire ce livre depuis des mois... grâce à sa sortie en numérique sur le site des éditions Ad Astra, j'ai enfin pu me procurer ce petit ovni ! Trois nouvelles dans l'espace, auprès de créatures étranges et improbables, qui ne ressemblent à nulle autre.

Lanatkka-nagui
Cette première nouvelle, la plus longue des trois, nous offre un prélude à l'invasion extraterrestre : trois races parmi celles ayant pris contact avec les humains - les Arachnoïdes, les Delphies et les Tatous - sont révélées au monde. Le narrateur, un scientifique, est envoyé sur une station spatiale pour s'y occuper de l'agencement intérieur en vue de la visite des humains, où il va rencontrer une Nagaï, humanoïde chauve à écaille, qui va changer sa vie.
Si vous espériez une balade dans l'espace, de l'action ou un cours d'astrophysique, laissez tomber : il s'agit clairement d'un récit focalisé sur les relations, la façon de voir l'autre et de l'apprécier, la gestion des différences et des priorités. Bref, de l'humain, du sociologique, du philosophique aussi... le tout dans une ambiance de mondes inconnus et de récits féeriques.
J'espère que vous vous sentez l'âme fleur bleue pour apprécier pleinement cette histoire !

Leboeuf se paye une toile
Amis arachnophobes, bonjour. Leboeuf, dit Pitbull, enquête sur l'affaire d'un meurtre. Un humain, scientifique en charge des communications interespèces, a été tué par un Arachnoïde. Avec l'aide de son ex-coéquipier, Cocotte, Arachnoïde également, et de son nouveau, une Delphie, il va étudier tous les détails de cette affaire, tomber amoureux d'une tortue de mer, et chercher de nouvelles réponses aux questions qu'il se pose.
On monte d'un cran dans l'action face à la nouvelle précédente, mais ne cherchez pas entre ces lignes le dernier Agatha Christie : plus qu'une enquête, il s'agit ici encore d'une réflexion sur les différences et la communication entre espèces, ainsi que les raisons qui nous poussent à réagir de telle ou telle façon. Le dénouement est malheureusement un peu plat après le suspense global.

Trois petits pas sur le chemin de la sérénité
C'est probablement la perspective de cette nouvelle qui m'a le plus motivée à lire ce recueil : un juge pénal décide de voyager dans l'espace pour rencontrer le premier être né du Big Bang, un dragon et ses tanukis, qui vont partager avec lui une tasse de thé. Hélas, le rendez-vous ne dure que quelques pages, où la discussion est remplacée par un monologue métaphysique sur la zénitude et la communion avec le cosmos. Mon esprit terre à terre est passé à côté de la métaphore du thé, j'en ai peur.

Comme souvent lorsqu'on attend un livre avec trop d'impatience, le sentiment final n'est pas à la hauteur. La lecture fut plaisante mais le manque d'empathie envers les personnages, les réflexions très philosophiques et l'humour un peu vieillot n'ont pas réussi à captiver mon attention. Un roman à lire lorsque l'on est stressé ou en manque de calme, à l'effet détente garanti.

Ma note : 6,5/10


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jeudi 8 mars 2012

Le Peuple de la pluie,
(Les agents de M. Socrate 3), d'Arthur Slade

Reçu le jeudi 8 mars 2012, 4 reviews
Résumé :
Après ses aventures au fond de la mer face à la redoutable Mlle Hakandottir, Modo est condamné au repos, à l’extérieur de Londres.
Ce n’est qu’au bout de quelques semaines qu’il découvre sa nouvelle mission. Au programme, un temple égyptien perdu au milieu de la jungle australienne, un masque aux pouvoirs dévastateurs et un peuple de la forêt peu accueillant. Le but : récupérer un masque construit par le Peuple de la Pluie, également convoité par la Confrérie de l’Horloge. Quiconque a tenté de s’emparer du masque a succombé à la folie.
Aidé par Octavia et M. Socrate lui-même, Modo réussira-t-il à s’emparer du masque et à éviter les pièges millénaires tendus par le Peuple de la Pluie ?

Mon avis :
C'est reparti pour le troisième volet des aventures de Modo, un shapeshifter (Fringe power) de l'époque victorienne au service de l'Organisation perpétuelle, oeuvrant pour la sauvegarde de l'Empire (Britannique, bien sûr). Après avoir arrêté une machine diabolique et traversé les mers en sous-marin, le voila parti pour l'Australie à la recherche d'un dangereux artéfact...

Des Egyptiens en Australie ? C'est ce que croit M. Socrate, après avoir mis la main sur une carte menant à un temple caché dans la jungle australienne, sur le territoire du Peuple de la Pluie. Il faudra à Modo, Octavia, M. Socrate et les autres deux mois pour traverser les mers en direction de ce continent reculé, durant lesquels la Confrérie de l'Horloge garde un œil sur eux... ainsi que quelques faucons mécaniques qui vont leur en faire voir de toutes les couleurs !

Déjà le troisième tome et Arthur Slade n'a rien perdu de ton talent pour narrer des aventures ! Toujours dans un style très marqué jeunesse - une intrigue simple, des personnages au caractère bien défini et un peu de pédagogie au passage -, il parvient à rester original grâce à de nouvelles péripéties farfelues dans lesquelles il entraîne Modo et ses compatriotes. Cette fois-ci plus présent que d'habitude, M. Socrate apparaît vraiment comme un personnage très désagréable, avec du tempérament et des idéaux colonialistes qu'il faut savoir relativiser à la lecture.

Heureusement, Modo apporte un bon contrepoids en se montrant curieux et sans jugement à l'égard de ceux qu'il rencontre, et sa vision un peu naïve des choses est aussi agréable qu'elle peut être parfois navrante. Les émotions sont également mises en avant alors que le jeune bossu se rapproche d'Octavia et tente de rentrer dans les bonnes grâces de la jeune fille, qui n'a pas non plus un caractère facile ! Si le pitch semble un peu trop incroyable, l'ambiance et les rebondissements de l'histoire sont savamment cultivés et on dévore littéralement ce petit morceaux d'Indiana Jones victorien à la sauce fantastique. À quand la suite ?

Ma note : 8/10

Ce livre a été lu en partenariat avec les éditions .







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jeudi 1 mars 2012

Des horizons rouge sang,
de Scott Lynch

Reçu le jeudi 1 mars 2012, 10 reviews
Résumé :
Locke Lamora, l'ancienne Ronce de Camorr, et son comparse Jean Tannen ont fui leur cité natale. Ils ont embarqué à bord d'un navire et gagné la cité-État de Tal Verrar, où ils prévoient bientôt de réaliser leur forfait le plus spectaculaire : s'attaquer à L'Aiguille du péché, une maison de jeu réservée à l'élite et voler son incommensurable trésor. Il n'existe qu'une façon de s'approprier l'argent de cet établissement: le gagner aux divers jeux qu'il propose à ses clients. Un domaine que Locke et Jean croient connaître sur le bout des doigts. Mais, une fois encore, les deux compères se retrouvent embringués dans des aventures imprévues... et devront se frotter à la flotte pirate de la redoutable capitaine Zamira Drakasha. Une véritable sinécure pour des voleurs qui ne distinguent pas bâbord de tribord !

Mon avis :
Je ne sais pas comment j'ai fait pour me retenir aussi longtemps de lire la suite ce coup de coeur de juillet dernier, ni comment je me suis débrouillée pour passer 3 semaines à le lire, alors que soyons honnête : ce livre est une merveille. Je n'aime pas partir à demi-convaincue et arriver complètement subjuguée, j'ai l'impression de 1/me montrer affreusement subjective et 2/être incapable d'en parler correctement. Du coup, je vais faire de mon mieux pour dire tout ce que ne va pas, en commençant par : c'est horriblement passionnant.

L'histoire commence comme elle se doit : le lien avec l'épisode précédent est bien tracé, l'évolution des personnages juste, le début de leur casse entraînant - l'auteur n'en dit jamais trop, à la manière d'un polar dont les tenants et aboutissants seront dévoilés au fil de l'action. Mais sous les dessous grandioses de ce "casse", les deux compères se font embarquer contre leur gré dans une guérilla interne qui va les envoyer en mer, à jouer les matelots rodés. Mais n'étant ni rodés ni matelots, ils vont se retrouver dans encore plus de pétrin, à mener une vie de pirates et tenter de sauver ce qui leur reste !

Quels affreux personnages, je ne vous raconte pas. Deux voleurs expérimentés, surdoués de l'arnaque, pleins aux as (enfin, parfois), avec un culot monstre, un talent pour le combat rapproché, l'escalade, et capable de séduire même les pirates les plus farouches ? Ah non mais vraiment, c'est indécent. Et je ne parle même pas du fait qu'ils sont hilarants, tellement humains dans leurs réactions, chamailleries et blagues, impossiblement touchants dans ces épreuves qui les marqueront à vie... ils sont insupportablement merveilleux, c'est triste à dire.

Et non seulement ça, mais l'intrigue est palpitante, pleine de surprise, de rebondissements, d'imprévus, naviguant entre les mystérieuses îles en passant par des coins encore inexplorés qu'on découvre avec admiration. L'ambiance très Pirates des Caraïbes des Ghostwind Isles et les sombres créatures rodant sous les eaux de la mer de Brass ne sont que la cerise sur le gâteau. En mer ou sur terre, ils nous en font voir de toutes les couleurs, jouent les durs et tombent amoureux, tentent de sauver leur peau et d'agir pour les causes qui les touchent. Même les instants de relâche sont plaisants, ce n'est pas rien.

Par contre, et là je vous le dis honnêtement, il y a bien une sale petite manie dont le seigneur Lynch n'a pas su se débarrasser encore : une compulsive manie de se laisser emporter dans d'interminables descriptions. C'est quelque part dur de lui repprocher, vu combien elles rendent le récit visuel et complètement immersif, mais de temps en temps, la vie des mouettes du littoral, la couleur du soleil couchant et les particularités de la flore locale, on s'en bat un peu les noisettes. J'ai eu du mal à ne pas sauter sur les dialogues avant la fin des descriptions, tellement le suspense est accrocheur.

Ça faisait longtemps que je n'avais pas autant ri, autant trépigné, autant tourné fébrilement les pages d'un livre que celui-ci. Même si c'était parfois longuet, même si on devinait certaines choses avec trop de facilité, même si Sabetha manquait encore à l'appel, impossible de regretter quoi que ce soit. Locke et Jean sont la poisse incarnée, et ils le prennent la tête haute, d'autres cartes dans leur manche et la tête remplie de nouvelles idées.

Où vont-ils nous mener dans The Republic of Thieves... à l'autre bout du monde j'espère !!

Ma note : 9,9/10 (fallait être plus sympa avec Jean pour avoir 10 !)

J'en ai profité pour entraîner Blackwolf et Taliesin dans cette lecture, et ils sont tout aussi charmés que moi. Alors, vous commencez quand ?


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mercredi 29 février 2012

Hugo Cabret,
de Martin Scorsese

Reçu le mercredi 29 février 2012, 7 reviews
Synopsis :
Dans le Paris des années 30, le jeune Hugo est un orphelin de douze ans qui vit dans une gare. Son passé est un mystère et son destin une énigme. De son père, il ne lui reste qu’un étrange automate dont il cherche la clé - en forme de cœur - qui pourrait le faire fonctionner. En rencontrant Isabelle, il a peut-être trouvé la clé, mais ce n’est que le début de l’aventure…

Mon avis :
Pour une fois, c'est Sita qui m'a convaincue d'aller voir un film, avec sa brève mais élogieuse petite review. J'ai toujours apprécié les films jeunesse, et bien que n'ayant pas trop vu la bande annonce de celui-ci, j'ai eu l'occasion de feuilleter le livre dont il est adapté ; l'atmosphère me plaisait beaucoup. Si les acteurs n'ont pas toujours été très convaincants, l'ambiance du film vaut bien le détour !

On suit les péripéties d'Hugo, jeune orphelin qui s'est retrouvé en charge de remonter les horloges de la gare lorsque son oncle a disparu. Il en profite pour tenter de réparer un automate légué par son père, mais il lui manque la clef... puis le vendeur de jouets de la gare va lui confisquer son carnet de croquis, l'obligeant à travailler pour lui afin de le récupérer. Il va alors rencontrer sa fille adoptive et plonger dans un nouveau monde qui va lui faire découvrir l'Histoire du cinéma.

C'est justement cette partie sur l'Histoire du cinéma que j'ai trouvé passionnante : les flashbacks dont nous régalent la seconde moitié du film, plus orientée autour du mystère de l'automate, est une véritable rétrospective à l'ancienne sur l'ambiance des tournages et des effets spéciaux "manuels". La résolution de l'intrigue est en quelque sorte le centre du film, celui qui laisse derrière lui la satisfaction d'avoir passé deux heures dans cet univers agréablement désuet.

Parce que du côté des acteurs, je n'ai pas été subjuguée... les deux enfants héros de l'histoire sont assez mornes et convenus et leur relation plutôt inintéressante; j'aurais préféré qu'on les voie un peu moins ! Le petit manège des personnages secondaires de la gare, par contre, offre une prestation beaucoup plus intéressante, tout comme les décors et passages secrets entre les murs du vieux bâtiment.

Du bien et du moins bien qui forment finalement un ensemble agréable, inhabituel et visuellement magique, d'autant plus quand on pense qu'il s'agit en partie d'Histoire et non pas de fiction... ça donne envie de se mettre aux courts-métrages de l'époque, non ?

Ma note : 7,5/10



Titre original : Hugo
Long métrage américain
Durée : 2h 08 min
Genre : Aventure, Drame, Famille
Année de production : 2011
Date de sortie en France : 14 décembre 2011

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mercredi 22 février 2012

La marche du crabe : L'Empire des crabes,
de Arthur de Pins

Reçu le mercredi 22 février 2012, 4 reviews
Résumé :
Le cancer simplicimus vulgaris est un petit crabe de forme carrée, qui ne se déplace qu'en ligne droite, latéralement. Mais ce jour là, dans l'estuaire de la Gironde, un événement de portée considérable se produit. Alors qu'un bateau sombre, Soleil, l'un de ces crabes, change de direction et tourne pour éviter le navire ! Un de ses congénères l'interpelle alors et lui interdit à tout jamais de refaire ça ; il n'est pas le seul à observer d'un mauvais œil ce nouveau don apparu chez cette espèce. Deux mouvements se mettent alors en place chez les crabes carrés : d'un côté, les supporters de la rectitude et de l'autre, les partisans de la liberté de circuler. Pendant ce temps-là, à la surface, des journalistes spécialisés dans le documentaire remarquent que des choses étranges se produisent chez les petits crabes...

Mon avis :
La dernière fois, je vous disais que les Arthur et moi, on avait un bon feeling. En fait, c'est juste qu'avec les crabes, ça a toujours été une grande histoire d'amour — d'abord dans l'assiette, bien sûr. Alors cette trilogie d'albums sur une révolution de crustacés ? Il y a pratiquement mon nom dessus, je vous le dis. Des crabes qui se mettent à tourner, bouleversent l’écosystème et se lancent dans une révolution qui va faire d'eux les maîtres du monde ? Je dis oui ! Vive les crabes ! À moi bas les tourteaux !

Et si... ce n'était finalement pas à cause de leur carapace que ces petits crabes carrés ne tournaient pas...
... mais parce qu'ils étaient trop cons ?!
Pas d'inquiétude, je vous dis. Depuis que Soleil (le crabe) a tourné, le monde a changé. Les crabes carrés se sont organisés en bandes : celle des puristes, qui continueront de marcher en ligne droite envers et contre tout, et celle des révolutionnaires, prêts à faire prendre un virage à leur destinée. Le reste des crustacés, inquiet de ce soudain bond dans l'évolution, se range du côté des puristes et forcent les autres à organiser des réunions secrètes pour apprendre à tourner... puis les humains s'en mêlent, et évidemment, c'est la catastrophe.

C'est toujours avec autant de plaisir que l'on retrouve ici le style particulier d'Artur de Pins, l'ambiance semi-monochrome de cette plage qui varie à présent avec les grands fonds sous-marins que Soleil (le crabe) explore, y croisant des espèces plus bizarres les unes que les autres. Je ne peux m'empêcher de m'attacher à cette bande de fruits de mer pas doués, pourchassés par les affres du destin, mais bien décidés à gagner leur bataille. Pour les fans de Braveheart, la bataille finale de ce tome est épique, accrochez-vous à vos bretelles !

Je dois me retenir de vous raconter l'histoire, déjà parce que ça ne vous avancerait pas trop, mais surtout parce que c'est un tel plaisir de la lire que je me sentirais mal de vous le gâcher. L'humour franchement idiot de certaines situations est jouissif, et la bêtise des crabes le vrai moteur de cette BD qui mélange l'absurde à l'aventure en y glissant de très chouettes métaphores sur le monde moderne. Bref, je ne me suis jamais sentie aussi crabe que depuis que j'ai les deux premiers albums de cette trilogie dans mes toilettes.

Allez, pour fêter la sortie du prochain, je me fais une langouste.

Ma note : 9/10





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samedi 18 février 2012

Les Aigles de Rome - livre III,
de Marini

Reçu le samedi 18 février 2012, 2 reviews
Résumé :
Même si Marcus et Arminius se sont quittés brouillés, l'empereur Auguste compte sur la force de l'amitié qui les unit pour que la lumière soit faite sur la rumeur qui fait trembler Rome. Il envoie Marcus en mission secrète en Germania, berceau d'Arminius, pour déterminer l'implication de celui-ci dans la préparation d'une rébellion de son peuple. Mais trahison et conspiration ne sont pas l'apanage des Barbares...

Mon avis :
Ça faisait longtemps depuis la chronique des deux premiers tomes ! Le troisième volet des aventures de nos amis romains (enfin, presque) se poursuit hors de la capitale : Arminius est envoyé en Germania pour y mener des troupes, avantagé par sa connaissance des mœurs locales, et Marcus s'y retrouve à son tour pour espionner son ancien ami... les jeux d'enfants des débuts sont bien loin, c'est l'heure des jeux de guerre à présent !

Le mignon petit blond s'est changé en colosse arien, non moins agréable à l'œil cela dit, alors que Marcus a pris les traits des soldats romains classiques, le regard toujours aussi perçant qu'avant. Les anciennes amitiés ont été mises de côté au profit des soupçons, ceux de l'empereur envers la loyauté d'Arminius, ceux d'Arminius envers celle de celui qui a partagé sa jeunesse. Les mêmes obstacles qu'avant se dressent entre eux : Priscilla, dont Marcus est toujours obsédé et que son mari garde jalousement, et la Germania, cette patrie qu'Arminius semble de plus en plus incapable de trahir.

Le changement de décor pour les sombres forêts germaniques apporte un renouveau à l'histoire ; à défaut d'y voir beaucoup de nouveaux personnages, on se régale déjà du nouvel environnement. Arminius vole un peu la vedette à Marcus alors qu'il se mêle des affaires des clans locaux, y rencontrant même sa belle qui risque sans doute de ne lui attirer que des ennuis (ces hommes, tous les mêmes !).

L'atmosphère de la guerre est elle aussi plus présente, désormais ce sont les cadavres qui reviennent plus souvent que les débauches romaines. Un peu de stratégie militaire, un peu de magouille politique, un peu de coups bas et de rendez-vous secrets pour raviver la flamme de l'action ; cette suite plus sombre et adulte parvient à garder le suspense vivant, bien que la progression de l'intrigue reste assez prévisible d'un tome à l'autre. Cependant, si l'on devine ce qui risque d'arriver par la suite... on n'en est pas moins impatient de le lire !

Ma note : 8/10

Retrouvez les chroniques des tomes 1 et 2 de cette série qui pour le moment, reste la seule des "saga antiques" qui a su me passionner (et non, ce n'est pas juste pour ses personnages nus, voyons !).


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mercredi 15 février 2012

Le numérique c'est fantastique
[e-reader]

Reçu le mercredi 15 février 2012, 18 reviews
Depuis trois mois, il y a quelque chose de nouveau dans ma vie : petit, souvent grognon, qui adore les couleurs et à besoin de beaucoup de repos. Il s'appelle Mikobo, et c'est le petit dernier d'une famille de canadiens... Kobo ! Officiellement nommé Vox, il aura fallu aller fouiller outre-atlantique pour mettre la main dessus et être patient pour qu'il prenne la bonne voie. Trois mois plus tard, il ne quitte plus mon canapé (et parfois la table de nuit), et je passe mes weekend à changer son fond d'écran en fonction de mon humeur ; qui l'aurait cru ?

Bien que le marché ait déjà bien pris son élan ces derniers mois, je sais que beaucoup se posent encore des questions sur les ebooks, sans parler de ceux qui y voient toujours la mort du Livre avec un grand L. Je ne compte pas vous faire un essai philosophique sur la beauté du numérique ; personnellement, j'adore (je ne publie pas mes histoires en ligne pour rien). Si vous avez envie de tout savoir sur cet hybride de tablette et de reader par contre, vous êtes au bon endroit. Voyons voir tout ça.


Oh, les belles couleurs.
Il ne faut pas se leurrer, la raison numéro 1 qui m'a fait choisir le Vox plutôt qu'un e-reader classique à e-ink c'est son écran couleur. Ce n'est pas un écran pensé à 100% pour la lecture, c'est vrai, mais le rendu des couleurs et contraste est vraiment très réussi. Les lecteurs de BDs et comics ont donc de quoi se réjouir, même si le format manga n'est pas très bien adapté à la résolution de l'écran en mode portrait - mieux vaut passer en paysage et faire défiler la page. Les illustrations des livres jeunesse rendent aussi bien en couleur qu'en noir et blanc et c'est un plaisir d'avoir un rendu "comme en vrai" plutôt qu'en niveaux de gris.


Des reflets... et alors ?
L'écran, c'est un peu le cheval de bataille des gros lecteurs. Je n'ai aucun argument contre le confort et le côté papier du e-ink, mais pour avoir passé beaucoup d'heures en peu de temps à lire sur le Vox, je n'ai aucun argument non plus contre l'écran couleur. Je suis comme beaucoup une habituée du travail intensif sur ordinateur et lire sur un écran rétroéclairé ne me pose pas de problème. Le réglage de l'intensité lumineuse est bien pensé, même s'il descend à peine assez bas pour moi - j'attends la prochaine mise à jour pour voir si ça change. Dans le noir, bien pratique de pouvoir attraper son reader et lire sans allumer la lumière pour ne pas réveiller tout le monde. En plein soleil ou sous des lumières vives par contre, on a bien un peu de reflet (en Finlande, ça ne risque pas de me gêner, mais si vous lisez uniquement sur la plage en Corse ça pourrait devenir un problème).


Tiens, ça tourne tout seul.
L'ère de l'écran tactile est là, qu'on le veuille ou non, et j'y suis moi même tellement habituée que je mets direct les doigts sur l'écran de tout appareil électronique qu'on me tend (pardon, amis possesseurs de Kindle). La fonction tactile du Kobo a ses hauts et ses bas, mais depuis les dernières mises à jour il n'y a pas grand chose à lui reprocher. Il faut bien une demi-seconde à une page pour se tourner mais hey, mon doigt en met au moins deux pour la même action, je ne vais pas chipoter. Sur l'écran principal, on navigue assez facilement d'une page à l'autre, le navigateur ne démontre pas de faiblesse particulière à usage normal/faible, les jeux et autres applications répondent bien. En gros, RAS mon capitaine.


Des livres, mais pas que.
Eh non, il ne faut pas oublier qu'un autre des avantages du Vox, c'est qu'il permet de lire des livres, mais pas que. L'application Zinio pré-installée permet de s'abonner à une flopée de magazines dans plusieurs langues, et je suis ravie de recevoir mon Studio Ciné Live tous les mois en quelques secondes et d'admirer les images en haute définition. Un autre application permet de s'abonner aux journaux mais je ne l'ai pas testée. Côté navigateur, il semble que l'accès à certains sites soit restrictif, notamment getjar qui ne propose pas toutes les applications disponibles (un défaut que l'on contourne aisément en passant par des liens de téléchargement direct). Aucun contrôle parental par contre, et les réseaux sociaux ont droit à leur propre raccourci en page d'accueil. Du côté des applications et jeux, tout tourne très bien (pour peu que les développeurs supportent le 7 pouces). On peut même installer l'application Kindle et acheter directement des ebooks sur le cloud d'Amazon, si c'est pas beau !


ePub, ePub... et ePub.
Ah, les formats d'ebooks, c'est toute une aventure aussi. Sur le marché français, c'est bien souvent l'ePub qui domine, et ça tombe bien parce que le Vox ne supporte que ça. Rien n'empêche de lire les fichiers kindle via l'application Kindle, ou de télécharger un lecteur de PDF, mais pour avoir testé ce dernier il n'y a pas photo : lire un PDF est une vraie plaie. Donc si l'ebook convoité n'est pas en ePub, mieux vaut laisser tomber. Autre plaie, il est uniquement possible d'importer de nouveaux livres dans la bibliothèque en les copiant sur la carte SD, impossible de le télécharger et l'installer aussitôt s'il n'a pas été acheté sur le Kobo Store.

Le Kobo Store de la Mort.
S'il y a un point vraiment négatif à retenir sur Kobo c'est que leur boutique en ligne est une CATASTROPHE. Non seulement la langue change à volonté, mais la synchronisation avec la bibliothèque marche une fois sur mille ; acheter les ebooks directement sur la boutique intégrée à la tablette est le seul moyen de les recevoir sans faute. La fonction de recherche est une tragédie, le choix vraiment réduit en Europe, et le support un simple lien vers le site de la Fnac. Well well well...


C'est beau, c'est neuf ?
Eh oui ! Commençons par le physique : écran 7 pouces, 400 grammes, haut parleur, tranche de couleur au choix (bleu, vert, rose ou noir), dos mat effet matelas (j'étais initialement rebutée par ce dos étrange mais en main, c'est extra agréable à tenir), le petit Vox n'a pas grand chose à se reprocher. Proche d'un livre de poche en poids et taille, il tient bien dans la main, posé sur l'oreiller ou sur le canapé (mes petits bras faibles se lassent au bout de quelques heures). Sous la coque, de l'Android 2.3 et une application Kobo pour gérer la bibliothèque. Pour être honnête, les premières semaines ont été épiques : problème de chargement, crashs divers, reboot spontanés... mais depuis les dernières mise à jours (comptez une bonne demi heure par MAJ !) tout va mieux. Le choix des polices, orientation et autres est bien pensé, et un dictionnaire anglais est intégré à la lecture en plus des fonctions habituelle de notation et surlignage. Notons que wifi allumé, au bout de quelques heures la bête est KO - sans, elle doit tenir 6 ou 7 heures mais guère plus. Et que le fil de chargement est long ! Impossible d'utiliser un cable usb avec adaptateur secteur, un coup dur je dois dire.


Encore six badges...
D'accord, ce n'est peut-être pas essentiel, mais le côté "social" sur lequel le Vox joue son "avantage" (VS Kindle Fire, bien sûr) reste assez sympa. En plus de poster les citations, lectures en cours et autres directement sur Facebook à la demande, il offre la possibilité de gagner des badges divers et variées (en lisant tel nombre de pages, à tel heure de la journée, etc.). Si vous achetez un livre sur la boutique Kobo, il y a même la possibilité de voir les commentaires des autres lecteurs à chaque page (mais ceux que j'ai lu n'en avais jamais). La communauté n'est pas encore très étendue alors niveau interactions, ça laisse tout de même un peu à désirer.

"Mais pourquoi faire ? J'ai déjà trois bibliothèques..."
Et moi quatre, l'un n'empêche pas l'autre ! J'ai choisi de prendre un reader parce que j'avais déjà récupéré des ebooks que je voulais lire, et aussi pour les raisons habituelles - plus facile à transporter, plus de choix pour les vacances, etc. J'ai choisi le Vox en particulier parce que non seulement il m'évite d'apporter des livres, mais il m'évite aussi de prendre mon ordinateur (dans la mesure où je compte juste relever mes mails et lire mes webcomics, bien sûr). Pour moi, la couleur et la possibilité de l'utiliser aussi bien comme liseuse que tablette était essentiel, et je suis vraiment ravie du résultat : tout n'est pas parfait, ce n'est pas encore le must ni du reader ni de la tablette, mais il remplit parfaitement son rôle.


Comme avant, mais pas vraiment.
Je n'irai pas jusqu'à dire que ça a changé ma vie, mais quand même. Plus besoin de dépenser 15€ pour un broché d'un kilo et demi, certaines maisons d'éditions (pas toutes, mais ça va arriver !) proposent les ebooks aux alentours de 5€, parfois même moins. Plus besoin d'acheter sur internet (je vis en Finlande, pas de lèche-vitrine en librairie pour moi) sans savoir si le livre est bien, on peut lire des previews plus ou moins longue sur la plupart des ebook stores. Plus besoin de passer du temps à zyeuter la bibliothèque à la recherche du prochain à lire : on ouvre un fichier, et si les premières pages ne donnent pas envie, on referme et on passe à un autre. Plus de marque pages perdus non plus ! Bref, ça donne envie de lire des classiques, d'acheter des livres auxquels on n'aurait jamais pensé en papier et de feuilleter ceux qu'on hésite à se procurer. Et parfois, après avoir lu l'ebook, on a aussi envie d'acheter la version papier ! Qui a dit que le Livre était perdu ?


Je crois que j'ai fait le tour des petits couic et couac de mon nouvel ami ! Je ne cherche pas à vous convaincre de vous jeter dessus, ni de faire un comparatif ou une pub mensongère de l'appareil face à ses concurrents : j'avais juste envie de partager ma nouvelle passion pour la lecture numérique. J'espère que d'ici quelques années, on aura droit à de vraies tablettes prodiges capable de se transformer en (presque) livre et en ordinateur à volonté, que le marché des ebooks se sera étoffé et que les nouveaux auteurs parviendront à tirer leur épingle du jeu sur ce nouveau marché ouvert... bref, que le numérique sera encore plus fantastique !

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vendredi 10 février 2012

Les hommes qui n’aimaient pas les femmes,
de David Fincher

Reçu le vendredi 10 février 2012, 3 reviews
Synopsis :
Mikael Blomkvist, brillant journaliste d’investigation, est engagé par un des plus puissants industriels de Suède, Henrik Vanger, pour enquêter sur la disparition de sa nièce, Harriet, survenue des années auparavant. Vanger est convaincu qu’elle a été assassinée par un membre de sa propre famille.
Lisbeth Salander, jeune femme rebelle mais enquêtrice exceptionnelle, est chargée de se renseigner sur Blomkvist, ce qui va finalement la conduire à travailler avec lui.
Entre la jeune femme perturbée qui se méfie de tout le monde et le journaliste tenace, un lien de confiance fragile va se nouer tandis qu’ils suivent la piste de plusieurs meurtres. Ils se retrouvent bientôt plongés au cœur des secrets et des haines familiales, des scandales financiers et des crimes les plus barbares…

Mon avis :
Voilà encore une histoire que je n'ai pas besoin de raconter : j'ai ouïe dire que tout le monde avait lu le livre ou vu le film (en version suédoise ou américaine). Eh bien moi je n'avais jamais mis le nez dans cette histoire, et bien que j'aie entendu qu'elle était assez gore et misogyne, je ne m'attendais quand même pas à ça. Ça vous dit des vacances en Suède, sinon ?

Comme le synopsis fait très bien son boulot, et qu'il parait que le film est très fidèle au livre, je pense que vous savez tout en le lisant. Blomkvist, qui est pour certains un personnage énervant du livre, apparaît ici comme un journaliste affreusement banal, assez vieux, qui s'habille très mal et ne paraît pas particulièrement brillant. Je ne sais vraiment pas quoi lui trouver, pour être honnête : Daniel Craig joue bien, mais il n'y a pas grand chose à dire de son personnage. On ne comprend pas très bien l'histoire du scandale de départ et ça ne doit pas aider à rentrer dans sa peau je pense...

La véritable héroïne, c'est de toute évidence Lisbeth, la nana aux piercings et coiffures improbables, marginale, bisexuelle, geek, justicière solitaire... j'aurais été ravie de l'adorer mais non, malgré toutes ses qualités, le courant ne passe pas trop entre elle et moi. Je ne saurais pas trop expliquer pourquoi, sans doute parce que je m'attendais à du moins trash, du moins glauque, et voir une nana au physique d'adolescente à poil trois fois dans le même film, ça me dépasse sans doute un peu. J'ai au moins un peu d'admiration pour sa nonchalance et son sens (comique) de la propriété, si ça peut rattraper un peu le coup.

J'ai l'habitude de sortir des trucs comme "ce n'est pas l'histoire qui compte mais ses personnages" dans mes chroniques. Ici, c'est plutôt l'histoire qui compte, vu mon sentiment vis à vis des personnages. Le film visuellement agréable, l'intrigue bien menée, la fin pleine d'action trépidante et l'ambiance très sombre. En sortant de la séance, je n'ai pas pu m'empêcher de me dire que l'image que le film donne de la Suède n'est vraiment pas glorieuse. Je sais bien que c'est un polar et pas Muumi à la campagne, mais cet environnement à la fois familier et totalement distordu par l'atmosphère assez répugnante du film ne m'a pas fait grande impression.

Je sais, je suis une chochotte parfois. Quand je serais grande je regarderai la suite, promis.

Ma note : 6/10

Je vous mets quand même la vidéo du générique de début, sans aucun rapport avec le film, mais elle au moins je n'ai rien à y redire : j'adore.



Titre original : The Girl With The Dragon Tattoo
Durée : 2h38
Genre : Policier, Thriller
Année de production : 2011
Long métrage américain, britannique, suédois, allemand
Date de sortie en France : 18 janvier 2012

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jeudi 9 février 2012

Les marches du pouvoir,
de George Clooney

Reçu le jeudi 9 février 2012, 0 reviews
Synopsis :
Stephen Meyers est le jeune mais déjà très expérimenté conseiller de campagne du gouverneur Morris, qui se prépare pour les élections à la présidence américaine. Idéaliste et décidé à faire honnêtement tout ce qu’il peut pour faire gagner celui qu’il considère sincèrement comme le meilleur candidat, Stephen s’engage totalement. Pourtant, face aux manipulations et aux coups tordus qui se multiplient vite, Stephen va devoir faire évoluer sa façon de travailler et de voir les choses. Entre tentations et désillusions, les arcanes du pouvoir le transforment…

Mon avis :
Quelle étrange idée d'aller voir un film sur la politique américaine, non ? Quelle étrange idée pour moi en tout cas, parce qu'avouons le, j'ai été légèrement larguée par la première demi-heure de ce film. Si vous vous perdez entre les démocrates et les républicains, que le fonctionnement des primaires et les motivations de chacun vous échappe, il y a peut-être de quoi s'en faire un peu. Heureusement, le film sait rester abordable grâce à son intrigue qui fait passer les technicités politiques au second plan. Et puis admettez, le casting de l'affiche a de la gueule, non ?

Je sais, c'est très superficiel comme jugement, mais il faut bien se trouver une motivation. La mienne était de passer à nouveau quelques heures en compagnie de Ryan Gosling, qui m'avait bien bluffée dans Drive. On le retrouve ici très calme, froid et sérieux — le rôle qui lui va comme un gant, apparemment — mais au moins cette fois, il a un nom et de la conversation. Clooney, lui aussi, est très égal à lui même, mais au bout d'un moment ça en devient un peu lassant de le voir dans des rôles à faible niveau de challenge. Le pire c'est qu'il joue très bien, mais... heureusement qu'il n'est pas le vrai héros de l'histoire, ça vaut mieux pour le suspense.

En parlant de suspense, on peut dire que Clooney en réalisateur a par contre bien fait son boulot : contrairement à ce que je redoutais un peu, le film n'est pas du 100% parlote. On s'éloigne vite de la campagne électorale pure pour se plonger dans le quotidien de quelques personnages choisis, apporter un peu de rebondissements et de tension à l'histoire, le tout fait avec soin et détails. On ressort de la séance ravi, même sans avoir tout compris, tout simplement parce que le réalisateur a su en faire un film assez accessible tout en choisissant un sujet très spécifique. On aurait presque envie de se mettre à la politique après ça !

Enfin, juste presque. Voyons plutôt où Mr Gosling va pointer le bout de son menton pointu son museau la prochaine fois !

Ma note : 7,5/10

Je sais, vous vous dites "il est encore à l'affiche celui-là ?". Eh bah chez moi il vient de sortir, on fait ce qu'on peut.



Titre original : The Ides of March
Long-métrage américain
Genre : Drame
Durée : 01h35
Année de production : 2011
Date de sortie en France : 26 octobre 2011

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Lilyn Kirjahylly Copyright © 2011, by The Scary Cupcake & Mr Pink Eyes
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