vendredi 30 septembre 2011

Le Déchronologue,
de Stéphane Beauverger

Reçu le vendredi 30 septembre 2011, 3 reviews
Résumé :
Au XVIIe siècle, sur la mer des Caraïbes, le capitaine Henri Villon et son équipage de pirates luttent pour préserver leur liberté dans un monde déchiré par d'impitoyables perturbations temporelles, Leur arme: le Déchronologue, un navire dont les canons tirent du temps. Qu'espérait Villon en quittant Port-Margot pour donner la chasse à un galion espagnol? Mettre la main, peut-être, sur une maravilla, une des merveilles secrètes, si rares, qui apparaissent quelquefois aux abords du Nouveau Monde. Assurément pas croiser l'impensable: un Léviathan de fer glissant dans l'orage, capable de cracher la foudre et d'abattre la mort! Lorsque des personnages hauts en couleur, au verbe fleuri ou au rugueux parler des îles, croisent objets et intrus venus du futur, un souffle picaresque et original confronte le récit d'aventures maritimes à la science-fiction. De quoi être précipité sur ces rivages lointains où l'Histoire éventrée fait continûment naufrage, où les marins affrontent tous les temps. Car avec eux, on sait: qu'importe de vaincre ou de sombrer, puisque l'important est de se battre!

Mon avis :
Encore un livre acheté sur un coup de tête, mais cette fois-ci en librairie (fait rare), et pas n'importe laquelle : c'est dans les rayons de l'Atalante, située dans une petite rue de ma ville natale, que j'ai mis la main sur ce fameux Déchronologue dont j'avais entendu beaucoup de bien. Moi qui adore la SF et les histoires de pirates, ce livre était pratiquement fait pour moi, non ?

On y embarque aux côtés du capitaine Henri Villon, qui dès les premières lignes nous annonce qu'il va mourir. Aïe, ça commence mal. Mais ce cher capitaine a bien l'intention de nous raconter son histoire avant que le drame ne se produise. Sur les mers des Caraïbes, il nous conte dans son parler fleuri ses déboires à Tortuga, ses visites des cales de galions espagnols, ses ennemis et ses amis, ceux qui lui ont fait découvrir le futur et ceux qui ont fait de son présent un enfer. Et puis il nous raconte comment le pire est arrivé, au détour d'une tempête temporelle...

Les pirates et la SF, c'est un mélange qui a du succès (rappelez-vous des Pilleurs d'âmes, lu il n'y a pas si longtemps). Et pourtant, à chaque fois, je fais les mêmes reproches à cette combinaison : le manque d'homogénéité, de naturel. C'est comme si on avait pris une bonne histoire de pirates, une bonne histoire de SF, et qu'on les avait collées ensemble pour essayer de les faire tenir en seul livre. L'auteur a ici fait en sorte que la SF soit la base de l'intrigue, une bonne chose en soi, mais plus on lit, et plus on a l'impression qu'on l'abandonne en cours de route.

De par sa construction particulière, le Déchronologue nous fait changer d'époque à chaque chapitre. Un jour entre les mains des Espagnols, un autre à braver la jungle aztèque et un autre encore à sauver les réfugiés du temps sur son vieux rafiot... pas facile de s'y retrouver, heureusement que l'auteur donne des dates en début de chapitre ! Mais si on a une bonne mémoire, tout se passe bien normalement. Là où ça coince, c'est qu'alors que les éléments SF ont un potentiel incroyable, toute cette originalité est gâchée par un manque total d'explication à son sujet.

Flou volontaire, délire de l'auteur ? Plutôt que de passer des pages et des pages (et des pages...) dans une prison où une autre à partager la douleur et l'agonie du capitaine et d'un de ses équipages, un peu de physique quantique n'aurait pas été de trop. Ou un peu moins. Parce qu'au final, ce livre n'est-il pas simplement qu'une excellent histoire de pirates, qui aurait peut-être gagné à rester telle quelle ?

Ma note : 6/10

Merci à mes co-lecteurs de m'avoir donné l'occasion de le lire aussi vite, lors de quelques vacances au pays de mes chers Prétoriens... foncez lire les avis de Iluze, Marmotte, Reveline, Aaliz, et profitez-en, il est sorti en poche !


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mardi 27 septembre 2011

Deus in machina,
de John Scalzi

Reçu le mardi 27 septembre 2011, 6 reviews
Résumé :
« L’heure était venue de fouetter le dieu. Le capitaine Ean Tephe entra dans la chambre divine, un coffret en filigrane laqué dans les mains. Il découvrit un acolyte qui perdait son sang et le dieu à plat ventre sur son disque de fer, les chaînes tendues à bloc. La bouche écrasée contre le métal, le dieu ricanait en se passant la langue sur ses lèvres rougies. Un prêtre se tenait au-dessus de lui, à l’extérieur du cercle de confinement. Deux autres acolytes étaient adossés à la paroi, terrifiés. »
Voici le dieu dans la machine. Vous pouvez dire vos prières…

Mon avis :
Je n’ai lu qu’un seul livre de Scalzi avant celui-ci et il a suffit à me convaincre que j’aimerai tout ce que fait cet auteur, grâce à ce mélange d’humour et de SF qu’il utilise. J’avais tort. Pas sur le fait que j’aimerai tout ce qu’il fait (bien que ça reste encore à prouver), mais sur le fait que son style resterait le même. Deus in Machina n’est qu’une novella, qu’on termine en quelques heures seulement : c’est suffisant pour se prendre une sacré claque.

Je ne savais pas de quoi parlait l’histoire avant d’ouvrir ce livre et je pense que c’est ce qu’il y a de mieux pour se garder tout l’effet de surprise. Je peux quand même vous dire que ça parle d’un capitaine de vaisseau spatial dont le moteur est un dieu, et que ce dieu n’est pas très décidé à lui faire la vie facile. Il faut dire qu’avec la façon dont on le traite, ce n’est pas surprenant.

Cent trente pages là-dessus, vous vous imaginez déjà la petite histoire d’action avec mission à résoudre, et basta. Vous n’y êtes pas du tout. En cent trente pages, Scalzi vous plonge dans une réflexion sur la religion, sur le futur de l’humanité, sur le pouvoir de la foi, celui des noms, et un paquet d’autres choses que je m’abstiendrai de vous énumérer. Et si vous ne viviez que pour un Dieu, qu’il contrôlait l’univers entier jusqu’à pouvoir asservir d’autres dieux et modifier les mémoires ? Et si on vous mentait de tous les côtés, que l’on réfutait la raison de votre existence ?

On a beau vouloir garder ses distances, impossible de ne pas se mettre à la place du capitaine, confronté à des révélations qu’il parvient à peine à comprendre. Certaines vérités nous semblent impossibles et pourtant, même celles-ci font douter. Une guerre des dieux où les hommes ne seraient que des pions ? Qui croire ? Faut-il croire ?

Et par-dessus ces doutes, ces retournements de situation et autres réponses à ne pas entendre, on n’a pas le temps de reprendre son souffle que s’enchaînent les batailles, les voyages, les scènes de vie et de mort qui défilent sans attendre. Elles laissent toutefois la place à assez de mise en contexte et d’émotions pour rendre les personnages terriblement attachants, la fin terriblement éprouvante, l’après terriblement angoissant.

Oui, j’aime tout ce que fait John Scalzi, et je viens d’apprendre qu’il n’a pas fini de me surprendre.

Ma note : 9/10

Profitez-en pour admirer la superbe couverture de Vincent Chong, un excellent illustrateur dont je vous invite à voir les autres créations sur son site personnel.


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mardi 20 septembre 2011

1984,
de George Orwell

Reçu le mardi 20 septembre 2011, 8 reviews
Résumé :
De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d'en face. BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston. Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C'était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n'avaient pas d'importance. Seule comptait la Police de la Pensée.


Mon avis :
Moi et les classiques, ça fait quatre (je crois avoir déjà dit ça, d’ailleurs…), mais quand un de mes auteurs favoris décide de sortir un livre en référence à un classique, je ne peux résister à l’envie de découvrir l’œuvre originelle d’abord. Et puis un classique de SF c’est forcément mieux, non… ?

Qui ne connaît pas l’histoire de 1984 ? Eh bien, euh, il y a quelques semaines, au moins moi. Bien sûr, tout le monde connaît le concept de Big Brother, ils en ont même fait une émission de TV-réalité —sic—, mais l’histoire de base est celle d’un homme, membre du Parti extérieur, qui va se rebeller contre son gouvernement totalitaire.

Dès les premières pages, on est plongé dans l’ambiance glauque et malsaine de cet autre futur où la planète est divisée en trois superpuissances constamment en guerre, et où les populations de chaque « nation » sont asservies par le pouvoir sans limite d’un chef de proue — ici, en Océania, cette figure est Big Brother. Simple représentation de l’entité qu’est le Parti, il est partout, surveille tout le monde, et décide de qui vit ou meurt. C’est aussi simple que ça.

Wilson, héros de ce futur, criminel de la pensée du seul fait d’avoir mentalement dénigré Big Brother, vient apporter son lot d’espoir. Après de longues et très détaillées explications sur son quotidien – une révolution à l’époque de la sortie du livre, un vague ennui répétitif aujourd’hui –, il décide de rejoindre la Fraternité, organisation secrète censée conspirer contre la dictature mensongère en place.

Et puis, comme un soufflé qui lentement et péniblement prend soin de monter, le four se coupe trop tôt et tout retombe. Après de tels détails et une telle imagination pour son temps, Orwell se contente d’une fin décevante, d’une bradée d’informations qui ne mène nulle part, d’un héros en carton-pâte. Sans grande surprise, c’est un classique de plus qui a mal vieilli à mes yeux, au goût de déjà-vu, démontrant un cruel manque d’attachement pour ses protagonistes.

Ma note : 5/10

Déception ou pas, c’est avec impatience que j’attends l’arrivée de ma version anglaise de 1Q84, le fameux livre « hommage », dont je n’espère que du bien !

Et je n'y pensais pas, mais ça compte pour le challenge SFFF ça ! Allez zou, un logo !




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jeudi 15 septembre 2011

Daffodil,
de Brrémaud & Rigano & Lamana

Reçu le jeudi 15 septembre 2011, 3 reviews
Résumé :
« Addio-Colonnello » est une ville lointaine, un port au-delà des océans, à des lunes de nos terres de Bohème !… Un évènement inquiétant vient de s'y produire, Nosferatu s'est lancé à l'assaut de la ville avec tous les vampires de son comté !...
Ainsi parlent les Lords du Parlement Vampire. La mission de Daffodil, Globuline et Achille, trois jolies agents vampires de ce même Parlement, est de l'arrêter et de connaître les raisons de son crime !

Mon avis :
Je traîne ces BDs depuis un bon moment avec moi, comme d'anciennes reliques de ma jeunesse dont je refuse de me séparer. En réalité, elles ne sont pas si vieilles, et je ne les trimballe pas depuis si longtemps que ça, mais j'ai toujours considéré Daffodil comme une de mes bande-dessinées favorites que malheureusement bien trop peu de gens connaissent. Il est temps de rectifier cette erreur en venant vous en parler - et en bien !

Les deux premiers tomes se situent dans l'étrange petite ville d'Addio-Colonnello, où une bande de vampires sous les ordres de Nosferatu déciment la population. Trois agents du parlement vampire, Daffodil, Globuline et Achille, vont se lancer à la poursuite du fautif, prenant quelques otages enthousiastes au passage et laissant derrière elles un bain de sang des plus ragoûtant. Le troisième tome quant à lui narre leur recherche d'un Comte soupçonné d'être un tueur en série, chez qui elles vont trouver bien plus qu'un simple hors la loi...

Tiens, des vampires ? Oui mais méfiez-vous, ceux-là ne rigolent pas et ne brillent pas au soleil... Au programme, demoiselles sulfureuses et redoutables, en-cas vivants, tendances au massacre et humour à l'hémoglobine. L'ambiance de cette série est sombre, feutrée, un peu angoissante et franchement gore par moment, mais teintée d'une ironie qui fait parfois sourire. Le scénario des deux premiers tomes, malgré quelques longueurs, est assez prenant, et le suspense est au rendez-vous pour donner envie d'enchaîner la suite rapidement.

Les trois héroïnes ont un look assez particulier, mélange de sexy, mignon aux grands yeux ronds et un petit quelque chose de dessin animé pour enrober le tout. C'est sans doute ce décalage entre la noirceur du scénario et le look un peu comique des traits qui rend cette BD originale, et un certain décalage du côté des anecdotes amusantes (notamment sur les petits creux spontanés) rappelle l'humour absurde de La vie de Norman, pour ceux qui connaissent.

Dommage toutefois qu'il n'y ait que trois tomes à se mettre sous les canines - l'histoire du dernier laisse un goût de trop rapide, et une longue histoire en trois tomes aurait sans doute été préférable. Une relecture m'a permis de déterminer que non, cette BD n'est pas la BD du siècle, et que les personnages avaient le potentiel pour un peu mieux. Mais qui sait, il y aura peut-être une suite un jour ?

Ma note : 8/10



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mardi 13 septembre 2011

Sans parler du chien,
de Connie Willis

Reçu le mardi 13 septembre 2011, 4 reviews
Résumé :
Au XXIe siècle, le professeur Dunworthy dirige une équipe d'historiens qui utilisent des transmetteurs temporels pour aller assister aux événements qui ont modifié l'avenir de l'humanité. Ned Henry est l'un d'eux. Dans le cadre d'un projet de reconstruction de la cathédrale de Coventry, il doit effectuer d'incessantes navettes vers le passé pour récolter un maximum d'informations sur cet édifice détruit par un raid aérien nazi en 1940. Toutefois, quand Dunworthy lui propose d'aller se reposer dans l'Angleterre de la fin du XIXe siècle, ce havre de tranquillité où rien n'est plus épuisant que de canoter sur la Tamise et de jouer au croquet, c'est avec empressement qu'il accepte. Mais Henry n'a pas entendu le professeur préciser qu'il devra en profiter pour corriger un paradoxe temporel provoqué par une de ses collègues qui a sauvé un chat de la noyade en 1988... et l'a ramené par inadvertance avec elle dans le futur. Et quand ce matou voyageur rencontre un chien victorien, cette incongruité spatio-temporelle pourrait bien remettre en cause... la survie de l'humanité !

Mon avis :
Je n'aurais sans doute jamais lu ce livre si après avoir lu des chroniques enthousiastes, un ami ne m'avait proposé de me le prêter. L'Angleterre victorienne et moi, ce n'est pas toujours le grand amour... mais il y avait cette fois-ci de l'humour, des voyages dans le temps, bref, de quoi contrebalancer ma réticence. Et pourtant, j'ai du rater le coche car ce n'est pas sans mal que j'ai terminé cette lecture, qui ne restera pas dans mes annales.

L'histoire est assez originale en soi, celle d'un historien du futur voué à voyager dans le temps pour satisfaire les désirs d'une certaine Lady Schrapnell, tyran de son état, qui a décidé de reconstruite la Cathédrale de Coventry jusque dans ses moindres détails. Pour Ned Henry, le détail crucial s'appelle la potiche de l'évêque, un affreux vase qu'il va devoir retrouver à cause de sa description enjouée faite par l'ancêtre de la commanditaire. Un chat ramené par erreur vers le futur dans les bras, il va se retrouver sur la tamise en 1888 avec un professeur obsédé par les poissons, un amoureux transi et un chien bruyant, à tenter de résoudre le mystère du chat, de la potiche, et du reste.

Je ne vais pas m'attarder plus longtemps sur l'histoire, dont ceci n'est que le sommet de l'iceberg : mieux vaut vous laisser le soin de vous perdre dans les détails, personnages et explication farfelues sur le déphasage temporel. Si je ne doute pas un instant de sa cohérence et du suspense qu'elle cultive, je dois cependant avouer qu'elle ne m'a pas enchantée. On se trouve bien à l'époque victorienne avec tous ses chichis et coutumes ridicules, et le fait que le narrateur les trouve lui aussi ridicules n'apaise en rien mon désintérêt en la matière.

Il faut dire que toute l'intrigue repose principalement sur l'absurdité de la mission - rechercher une potiche -, mais comme d'habitude, j'ai trouvé cet absurde barbant. L'humour relativement omniprésent n'est pas de ceux qui me font rire, il s'agit d'un comique de situation, de quiproquos, d'actes manqués, et si quelques dialogues m'ont fait sourire j'ai trouvé l'ensemble lourd et ennuyeux passé les cent premières pages. Pas de chance pour moi, c'est le même jusqu'à la fin. Bother...

Quant au reste, eh bien, Ned est un brave type si on peut le dire ainsi, mais ses compatriotes m'ont paru un peu mornes, y compris Verity qui avait ses hauts et ses bas. Les espèces de récapitulatifs de début de chapitre sont amusants, mais c'est bien là tout ce que j'aurais à en dire. La déception est d'autant plus grande que je n'en entendais que du bien alors qu'il a fallu que je me force pour le refermer, mais quelque part, je ne doute pas qu'il puisse plaire aux autres. Je suis juste passée à côté !

Ma note : 6/10

Passez lire les chroniques enthousiastes de Lelf, El Jc, Frankie ou encore Bambi qui ont tous été charmés par ce livre, et qui vous en parleront mieux que moi.


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jeudi 8 septembre 2011

Siegfried - tome 2 : La Walkyrie,
de Alex Alice

Reçu le jeudi 8 septembre 2011, 2 reviews
Résumé :
La quête commence ! Siegfried l'enfant loup et Mime le Nibelung quittent le territoire de l'enfance pour s'aventurer dans un monde inconnu, depuis les ténèbres de la Forêt Interdite jusqu'aux vertigineux Pics des Géants, et au-delà vers le territoire du dragon. Quand la quête initiatique, l'histoire d'amour déchirante, l'aventure merveilleuse et la pure comédie se mêlent, le récit épique prend toute sa dimension. Tandis que les dieux se déchirent, le sort de l'univers se joue dans le coeur de la Walkyrie.


Mon avis :
Cela fait déjà des mois que je vous ai parlé du premier tome de cette fabuleuse bande dessinée qu'est Siegfried, et pourtant, j'avais déjà la suite en main à la lecture du premier. Ce doit être l'envie de garder le meilleur pour plus tard et le relire encore et encore et encore... il est maintenant grand temps que je vienne vous pitcher un peu peu sur cette série que tout le monde devrait avoir, tellement elle est belle et passionnante. Je vous somme de vous la procurer de toute urgence !

Si vous avez raté la première édition, cette bande dessinée est une sorte d'adaptation de l'opéra de Wagner (du même nom), lui même basé sur les légendes nordiques - Odin, les Walkyries, vous voyez... Sous forme d'un triptyque, le premier tome aborde la jeunesse de Siegfried, son adoption par Mime, un Nibelungen, et sa quête pour trouver un certain dragon qui menace de troubler l'ordre du monde. C'est cette quête qu'il poursuit ici dans le second volume, désormais adulte (et superbe, soit dit en passant), accompagné de son tuteur plus grincheux que jamais. La Walkyrie qui surveille sa progression semble prête à tout pour le voir réussir sa mission, même à braver les ordres d'Odin...

Je pourrais vous parler des illustrations mais je ne sais pas quoi dire de plus que : je suis subjuguée. Les premières planches ont un petit air de comics et le reste est juste un mélange de décors intenses, soignés, et de personnages qui font rêver avec leur beauté irréelle (même Mime que je trouve touchant dans sa ronchon-attitude). Les couleurs à elles seules méritent des éloges, que ce soit les neiges aux milles teintes de bleus et de blancs, le repère de la Völva au vert envoûtant ou les éclats de roux du ciel et des cheveux de la Walkyrie. Je sais que je suis toujours un peu influencée par les dessins quand je commente une bande dessinée mais là, je crois que celle-ci détient le palmarès de ceux qui me laissent sans voix.

Je pourrais vous parler du scénario, mais que dire d'autre qu'il regorge de mystère, de suspense et de surprise, et qu'une fois la première page tournée on ne peut qu'enchaîner jusqu'à la dernière en retenant son souffle. De la Walkyrie, tiraillée par ses choix face à la Völva sans pitié, à Siegfried, curieux comme un gamin là où il se veut le courageux sauveur du royaume des hommes, les personnages tissent autour d'eux une intrigue prenante pleine d'émotion, d'humour et de rebondissements. La fin du tome laisse à la fois un goût triste, amer et impatient quant à la conclusion de cette épopée.

Je pourrais dire n'importe quoi, je pense que l'important réside dans une formule toute simple : lisez-la, vous verrez. Si vous hésitez à prendre l'édition spéciale, sachez que les 70 pages d'interviews, de croquis et de magnifiques peintures regorgent d'informations sur l'histoire, sur les sources d'inspiration de l'auteur et sa vision de l'opéra de Wagner et de la mythologie Nordique en générale. Je regrette infiniment d'avoir manqué la première partie dans l'édition spéciale du volume 1, et je ne manquerai sûrement pas de sauter sur celle du dernier tome, qui sort le 10 novembre prochain !

Ma note : 10/10 (c'est la période des coups de cœur...)




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mardi 6 septembre 2011

Abarat - Jours de Lumière, Nuits de Guerre,
de Clive Barker

Reçu le mardi 6 septembre 2011, 2 reviews
Résumé :
Candy Quackenbush a basculé dans un monde parallèle, l'archipel d'Abarat composé d'îles correspondant chacune à une heure de la journée. Plus la jeune fille s'enfonce dans Abarat, plus elle risque sa vie, car Christopher Gangrène, le seigneur de Minuit, a lancé ses hommes à sa poursuite. Candy n'arrive pas à comprendre pourquoi ce tyran sanguinaire lui voue une haine si farouche. Le temps presse pourtant : Candy doit résoudre l'énigme de son passé avant que les forces de la nuit lancent leur attaque et que le noir absolu de Minuit recouvre à jamais les îles d'Abarat...

Mon avis :
À peine le premier tome terminé (d'être relu, bien sûr), voici déjà la suite des aventures de la brave Candy, fuyant le Seigneur de Minuit qui envoie ses minions la traquer à travers les îles de l'Abarat. Après un premier tome où l'on s’émerveille de tous côtés, celui-ci prend les rennes de l'action et ne nous laisse pas un instant de répit pour explorer les nouvelles curiosités de l'archipel à bord d'embarcations plus originales les unes que les autres, certaines carrément vivantes ! Le seigneur de Minuit n'est pas prêt de laisser Candy tranquille, ni d'abandonner son projet de plonger l'Abarat dans le noir absolu !

Mieux vaut ne pas s'éterniser sur l'histoire, tout le plaisir réside dans le fait de la découvrir. Clive Barker ne laisse rien au hasard et il reprend ici beaucoup de petits détails semés au fil du tome précédent pour leur donner toute leur portée. Candy n'est plus une jeune fille innocente mais bien une aventurière redoublant d'ingéniosité pour échapper aux pièges de ses poursuivants. Son ami Geshrat n'est pas non plus laissé en reste, et on change régulièrement de décor pour se retrouver en compagnie d'une bande d'aventuriers à la recherche de leur héros sur l'île de Nonce, d'une grand-mère revêche opérant dans le dos de son petit fils, mais également de la famille de Candy, toujours à Chickentown, qui va elle aussi avoir le droit à son lot d'aventures.

Car en plus de nous faire découvrir de nouvelles îles aux mystères des plus inquiétants, on en découvre ici un peu plus sur la véritable identité de Candy. Bien que l'on devine rapidement de quoi il s'agit, la façon dont cela est amené à la principale intéressée est captivante et on meurt d'impatience de la voir enfin réaliser sa double nature. Les sœurs du Fantomaya se gardent bien de trop en révéler sur elles-mêmes ou sur l'île du Temps hors du Temps, mais on sent que leur rôle est essentiel alors que la guerre approche et l'atmosphère se ternit, que les pertes s'alourdissent et que les moyens mis en place par Mater Motley et son effrayante armée de cousets prennent de redoutables proportions.

Aucun doute que dans le prochain volume, baptisé Absolute Midnight, la guerre entre les îles de lumière et de nuit va battre son plein, et on se demande ce qu'il va bien pouvoir se passer d'ici la fin de ce quartet (que je pensais au départ en 5 livres, mais qui sait à présent...) ! On regrette que les informations soient distillées au compte-goutte sur certains personnages et certaines îles des plus intéressantes, mais le petit almanach à la fin du tome permet au curieux de lire "en direct" les témoignages du fameux Klepp. L'impatience n'a qu'à bien se tenir... plus que quelques semaines avant que la suite ne soit entre mes mains !

Ma note : 10/10 (eh oui, encore)


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