mardi 28 juin 2011

La ballade de l'impossible,
de Haruki Murakami

Reçu le mardi 28 juin 2011, 7 reviews

Résumé :
Au cours d'un voyage en avion, le narrateur entend une chanson des Beatles : Norwegian Wood. Instantanément, il replonge dans le souvenir d'un amour vieux de dix-huit ans. Quand il était lycéen, son meilleur ami, Kizuki, s'est suicidé. Kizuki avait une amie, Naoko. Ils étaient amoureux. Un an après ce suicide, le narrateur retrouve Naoko. Elle est incertaine et angoissée, il l'aime aussi. Une nuit, elle lui livre son secret, puis disparaît...

Mon avis :
Ce livre a atterri un jour dans ma boîte aux lettres, par surprise, déposé là par ma chère Nathalie qui n'a pas oublié mon anniversaire. Elle n'a pas non plus oublié que je suis une fan de Murakami, depuis La fin des temps jusqu'à La course au mouton sauvage, en passant par de nombreux autres. Et pourtant, pour la première fois, j'ai peiné comme jamais à lire ce livre.

L'histoire est celle de Toru qui se remémore sa jeunesse étudiante dans les années 1969-70. Son meilleur ami Kizuki s'est suicidé il y a quelque temps et il passe ses dimanches à marcher dans Tokyo avec Naoko, l'ex-petite amie de celui-ci. Au moment où ils se rapprochent, Naoko part dans un sanatorium de montagne, et Midori, une étudiante de sa faculté, devient la nouvelle amie du dimanche de Toru. Mais celui-ci n'est pas prêt à devoir choisir son avenir avec l'une d'elles...

Vous l'avez compris, ce livre est une histoire d'amour. Adieu le surréalisme, l'humour et la folie de Murakami, et bonjour le terre-à-terre. L'auteur explique dans la post-face qu'il a écrit ce livre pour le challenge, le plaisir d'essayer quelque chose de nouveau, une fausse autobiographie. Et je pense qu'elle est réussie, pour autant qu'on aime ce genre... ce qui n'est pas vraiment mon cas, on dirait.

Le style est bien celui du maître, impossible de le manquer, et pourtant sans l'imaginaire qui l'accompagne d'habitude il perd ici toute sa saveur. Les personnages sont lointains, d'une neutralité éprouvante, et on les regarde vivre sans une once d'émotion, sans le moindre sentiment. L'histoire est sans suspense et sans surprise, et la fin la clôture sans un retournement de situation. Tout est plat et lisse.

L'atmosphère fin des années 60 est vaguement effleurée tandis qu'on reste centré sur les personnages. Toru est sûrement l'adolescent le plus ennuyeux de la planète et je n'arrive pas à m'imaginer un étudiant aussi calme et nonchalant, même pour l'époque. Naoko communique à travers des lettres et de courts discours qui ne laissent pas à douter qu'elle va sérieusement mal, alors que Midori s'exprime comme une jeune fille têtue, envahissante et franchement obsédée qui mène un peu Toru à la baguette. Qui aurait envie de s'attacher à des gens pareils ?

N'étant pas fan des Beatles, j'aurais cru manquer quelques références aux vues du titre (Norwegian Wood), mais la musique n'est qu'effleurée en compagnie du seul personnage plaisant de l'histoire, Reiko. Je regrette de ne pas avoir adhéré à ce changement de style mais il paraît que ce livre est celui que tous les japonais ont lu un jour dans leur vie. Je me sens un peu plus japonaise, soudain.

Ma note : 6/10

L'adaptation cinématographique de ce livre sort en Finlande début juillet (petits chanceux de français, vous pouvez déjà aller la voir !), je ne manquerai de venir vous en parler une fois vue !

Voilà le dernier livre lu pour le challenge In the mood for Japan (commencé à temps mais fini en retard...) et le second pour le Murakami Reading Challenge.


Reviews (7)

Le 28 juin 2011 à 10:58 , Erato a dit…

Si tu vas voir le film, j'aimerai avoir ton avis dessus. Je ne l'ai pas encore vu, et d'ailleurs je crois qu'il n'est plus à l'affiche... Mais j'aime bien Matsuyama ^^ Il est chou je trouve.
Comme je te l'ai dit, je commencerai Murakami avec un autre livre (La fin des temps, je crois...), et puis après j'aviserai ^^

Le 28 juin 2011 à 16:57 , Nathalie a dit…

J'ignorais que j'étais à l'origine de ce parcours du combattant littéraire... Désolée ! La prochaine fois j'essaierai de lire les livres avant de les offrir ;)

Le 29 juin 2011 à 09:53 , Miss Spooky Muffin a dit…

@Era : je te tiendrais au courant mais tout le monde trouve le film bien. Je pense que c'est plus facile d'adapter visuellement une histoire "plate" que d'en faire un livre...

@Nath : ne t'en fais pas, je suis tout de même heureuse de l'avoir lu ! Et je ne teste pas toujours les livres que j'offre non plus, il faut avoir le goût du risque ;)

Le 4 septembre 2011 à 09:31 , blueandnight a dit…

J'ai lu ce livre après avoir vu le film, comme je n'ai pas encore lu les livres imaginaires de Murakami je ne peux pas comparer. Mais dans ce livre il y a des passages poétiques.
Par rapport au film j'ai apprécié Midori qui est la touche de fraicheur du bouquin.
J'aime les histoires d'amour torturées et là je suis gâtée.

Le 5 septembre 2011 à 14:38 , Miss Spooky Muffin a dit…

Murakami fait toujours un peu dans le poétique donc je pense que tu aimerais ses autres livres également. Les histoires d'amour torturées j'aime aussi, mais pas froides et impersonnelles comme celle-ci...

Le 7 septembre 2011 à 20:39 , blueandnight a dit…

Tu me conseillerais quel Murakami pour découvrir ses romans imaginaires ?

Le 9 septembre 2011 à 21:59 , Miss Spooky Muffin a dit…

Mon préféré reste sans doute La fin des temps, mais Les chroniques de l'oiseau à ressort sont excellentes également. Bonne lecture !

 

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