jeudi 30 juin 2011

L'Elfe Rouge,
de Claude Neix

Reçu le jeudi 30 juin 2011, 6 reviews
Résumé :
Au nord d'Ishmaar, dans les grottes inhospitalières du Mohan, survivent les derniers Elfes Rouges. Cette race de guerriers farouches composée uniquement de mâles dominait jadis le continent. Mais, voici plus de 1 000 ans, les humains ont débarqué et ont soumis tous les natifs sous leur nombre et leur férocité. Depuis, les Elfes vivent en parias, méprisés de tous, abandonnés par Set, leur Dieu-roi, ils subissent la férule intraitable de Nereus, le roi borgne, qui les maintient dans un quasi-esclavage. Mais, pour Ronce, le plus fier guerrier du Mohan, l'heure de la révolte a sonné. Avec une poignée de ses congénères et la complicité de quelques humains opposés à Nereus, il organise la sédition et marche bientôt sur la capitale, où de nombreuses surprises l'attendent...

Mon avis :
Après Cœur de Démon, je devinais déjà que L'Elfe Rouge serait lui aussi un vrai plaisir à lire, et j'ai essayé de me convaincre de le garder pour plus tard... pendant environ dix minutes, avant de craquer et de le lire pratiquement d'une traite. Découvrir le passé d'Ishmaar, les racines de la famille Akila et suivre la révolte des Berserks fut encore plus passionnant que les aventures du capitaine Leifsen. Ajoutons à ça de belles illustrations et ça y est, impossible de le lâcher !

L'histoire est présentée sous forme de légende, celle d'un guerrier Berserk dont le nom devra rester dans les mémoires : Ronce, fils d'Ophite et Épine, deux grands guerriers des Elfes Rouges enviés et respectés par leur race, à qui il va devoir succéder pour mener à bien la révolution qui les débarrassera du tyran qui les dirige. C'est sans compter sur l'intervention d'un Elfe blanc méprisant, d'un barde un peu trop mystérieux, de quelques barbares sans manière et d'un Berserk au service du roi qui veut faire de lui sa nounou...

L'univers fantasy déjà entraperçu dans le premier livre de Claude Neix est ici mis à l'honneur alors que l'on retrace l'origine des peuples d'Ishmaar, de la discorde entre les elfes rouges et blancs et les grandes guerres. On en profite aussi pour en apprendre plus sur les Berserks, leur mode de vie et leur relation avec le dieu Set, et pour s'attacher à cette race que tout le monde rejette sans bonne raison. Malgré quelques révélations un peu tirées par les cheveux, l'histoire est à la fois prenante et pleine d'énergie, et on se lasse pas des périples de Ronce et ses nouveaux camarades.

Non seulement Ronce se débrouille très bien tout seul pour se montrer aussi adorable qu'une tête de mule un peu naïve et susceptible peut l'être, mais les illustrations de M.A. Sambre apportent un plus non négligeable à l'histoire, celui de visualiser ces beaux gosses qui lui traînent entre les pattes, ainsi que son petit air contrarié à l'occasion. Les plus mystérieux étant toujours les plus intéressants, Halga le barde remporte le succès sur Flocon, Irineo le pervers et Wullf, tout en restant absolument charmant une fois le mystère dévoilé.

La mise en avant des questions de paternité et d'attachement familial était d'autant plus plaisante que la justification était aussi courte qu'acceptable, mais je pourrais comprendre que ça dérange les novices, ça ainsi que le langage légèrement fleuri des protagonistes. Mais pour les habitués, ce livre sera sûrement un vrai régal, un que je dégusterai à nouveau sans y regarder à deux fois !

Ma note : 9/10

Retrouver les talentueuses auteur & dessinatrice sur le site du Studio Gothika et sur deviantart ici et !


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mercredi 29 juin 2011

Arrietty, Le petit monde des chapardeurs,
de Hiromasa Yonebayashi

Reçu le mercredi 29 juin 2011, 7 reviews
Synopsis :
Dans la banlieue de Tokyo, sous le plancher d’une vieille maison perdue au cœur d’un immense jardin, la minuscule Arrietty vit en secret avec sa famille. Ce sont des Chapardeurs.
Arrietty connaît les règles : on n’emprunte que ce dont on a besoin, en tellement petite quantité que les habitants de la maison ne s’en aperçoivent pas. Plus important encore, on se méfie du chat, des rats, et interdiction absolue d’être vus par les humains sous peine d’être obligés de déménager et de perdre cet univers miniature fascinant fait d’objets détournés.
Arrietty sait tout cela. Pourtant, lorsqu’un jeune garçon, Sho, arrive à la maison pour se reposer avant une grave opération, elle sent que tout sera différent. Entre la jeune fille et celui qu’elle voit comme un géant, commence une aventure et une amitié que personne ne pourra oublier...

Mon avis :
Vous aurez peut-être remarqué que cette fois-ci, la place de cinéma manque à l'appel... Je n'ai malheureusement pas eu la chance de voir ce film sur grand écran, la faute à mon manque de maîtrise de la langue locale (ou du japonais, au choix). J'ai quand même eu l'occasion de le voir sur petit écran ce weekend alors pourquoi ne pas venir vous en parler ?

L'histoire est celle d'Arrietty, une toute petite jeune fille qui vit sous le plancher d'une vielle maison de campagne japonaise avec ses parents. En tant que chapardeurs, ils viennent "emprunter" aux habitant des petites choses qui passeront inaperçues : un mouchoir, un cube de sucre, une épingle perdue. Une seule règle : ne pas être vu par les humains, sinon c'est le déménagement... et Sho, en vacances chez sa grand-mère, va voir Arrietty : mieux encore, il va se lier d'amitié avec. Que va-t-il arriver à sa famille et elle désormais ?

Le Studio Ghibli et moi, c'est une grande histoire d'amour depuis longtemps. Je crois pouvoir me vanter d'avoir vu tous leurs films (ou presque) et de me les repasser régulièrement, ceux de Hayao Miyazaki en tête bien sûr. Je ne pouvais donc pas manquer cette nouvelle sortie ! On y retrouve le style si caractéristique et inimitable de Ghibli, ce sens des détails, des décors riches en surprises et en couleurs, des personnages adorables et expressifs...

Et je ne vous parle pas de la musique ! Sans être un film muet, c'est plus souvent la musique que les personnages que l'on entend, et la jeune musicienne française embauchée à l'occasion de ce long métrage a fait un travail sublime qui se mêle parfaitement à l'ambiance du film. On passe de la joie à l'aventure, de la surprise à la tristesse, de l'étonnement au soulagement au fil des images et des notes, avec un immense plaisir.

Il m'a pourtant manqué quelque chose pour en faire un vrai coup de coeur : l'action assez limitée et le ton triste et dramatique de l'histoire m'ont laissés un arrière goût de trop peu. Déjà la fin, c'est tout ? Et après ? Quel dommage... On est loin de la grande aventure magique du voyage de Chihiro, mais Arrietty est une attachante petite jeune fille qu'on voit évoluer avec joie. Je suis déjà impatiente de voir la prochaine production des studios !

Ma note : 8/10



Titre original : Kari-gurashi no Arietti
Long-métrage japonais
Genre : Animation, fantastique
Durée : 01h34min
Année de production : 2010
Distributeur : The Walt Disney Company France
Date de sortie en France : 12 janvier 2011

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mardi 28 juin 2011

La ballade de l'impossible,
de Haruki Murakami

Reçu le mardi 28 juin 2011, 7 reviews
Résumé :
Au cours d'un voyage en avion, le narrateur entend une chanson des Beatles : Norwegian Wood. Instantanément, il replonge dans le souvenir d'un amour vieux de dix-huit ans. Quand il était lycéen, son meilleur ami, Kizuki, s'est suicidé. Kizuki avait une amie, Naoko. Ils étaient amoureux. Un an après ce suicide, le narrateur retrouve Naoko. Elle est incertaine et angoissée, il l'aime aussi. Une nuit, elle lui livre son secret, puis disparaît...

Mon avis :
Ce livre a atterri un jour dans ma boîte aux lettres, par surprise, déposé là par ma chère Nathalie qui n'a pas oublié mon anniversaire. Elle n'a pas non plus oublié que je suis une fan de Murakami, depuis La fin des temps jusqu'à La course au mouton sauvage, en passant par de nombreux autres. Et pourtant, pour la première fois, j'ai peiné comme jamais à lire ce livre.

L'histoire est celle de Toru qui se remémore sa jeunesse étudiante dans les années 1969-70. Son meilleur ami Kizuki s'est suicidé il y a quelque temps et il passe ses dimanches à marcher dans Tokyo avec Naoko, l'ex-petite amie de celui-ci. Au moment où ils se rapprochent, Naoko part dans un sanatorium de montagne, et Midori, une étudiante de sa faculté, devient la nouvelle amie du dimanche de Toru. Mais celui-ci n'est pas prêt à devoir choisir son avenir avec l'une d'elles...

Vous l'avez compris, ce livre est une histoire d'amour. Adieu le surréalisme, l'humour et la folie de Murakami, et bonjour le terre-à-terre. L'auteur explique dans la post-face qu'il a écrit ce livre pour le challenge, le plaisir d'essayer quelque chose de nouveau, une fausse autobiographie. Et je pense qu'elle est réussie, pour autant qu'on aime ce genre... ce qui n'est pas vraiment mon cas, on dirait.

Le style est bien celui du maître, impossible de le manquer, et pourtant sans l'imaginaire qui l'accompagne d'habitude il perd ici toute sa saveur. Les personnages sont lointains, d'une neutralité éprouvante, et on les regarde vivre sans une once d'émotion, sans le moindre sentiment. L'histoire est sans suspense et sans surprise, et la fin la clôture sans un retournement de situation. Tout est plat et lisse.

L'atmosphère fin des années 60 est vaguement effleurée tandis qu'on reste centré sur les personnages. Toru est sûrement l'adolescent le plus ennuyeux de la planète et je n'arrive pas à m'imaginer un étudiant aussi calme et nonchalant, même pour l'époque. Naoko communique à travers des lettres et de courts discours qui ne laissent pas à douter qu'elle va sérieusement mal, alors que Midori s'exprime comme une jeune fille têtue, envahissante et franchement obsédée qui mène un peu Toru à la baguette. Qui aurait envie de s'attacher à des gens pareils ?

N'étant pas fan des Beatles, j'aurais cru manquer quelques références aux vues du titre (Norwegian Wood), mais la musique n'est qu'effleurée en compagnie du seul personnage plaisant de l'histoire, Reiko. Je regrette de ne pas avoir adhéré à ce changement de style mais il paraît que ce livre est celui que tous les japonais ont lu un jour dans leur vie. Je me sens un peu plus japonaise, soudain.

Ma note : 6/10

L'adaptation cinématographique de ce livre sort en Finlande début juillet (petits chanceux de français, vous pouvez déjà aller la voir !), je ne manquerai de venir vous en parler une fois vue !

Voilà le dernier livre lu pour le challenge In the mood for Japan (commencé à temps mais fini en retard...) et le second pour le Murakami Reading Challenge.



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lundi 27 juin 2011

Diana Wynne Jones s'invite chez...
[résultat]

Reçu le lundi 27 juin 2011, 8 reviews

Vous vous souvenez ?
Il y a une douzaine de jours, je vous ai proposé de gagner un roman de Diana Wynne Jones, Mixed Magics, à l'occasion d'un sursaut de gentillesse de ma part (une belle occasion je trouve). Merci à la dizaine de participants d'avoir tenté leur chance, il y a eu quelques cafouillages sur la seconde question mais au final, tout s'est bien terminé, et Pick at Random a décidé que le livre irait finir ses jours chez...



Roulement de tambour

... Nanet !


Désolée pour les petites victimes du jour qui repartent sans rien mais repassez de temps en temps par ici, il serait fort possible que d'autres goodies soient à gagner d'ici peu...

Et bonne lecture à la gagnante !

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jeudi 23 juin 2011

Very Bad Trip 2,
de Todd Phillips

Reçu le jeudi 23 juin 2011, 7 reviews
Synopsis :
Phil, Stu, Alan et Doug s’offrent un voyage exotique en Thaïlande, à l’occasion du mariage de Stu. Après l’inoubliable soirée d’enterrement de sa vie de garçon à Las Vegas, Stu ne veut rien laisser au hasard et opte pour un brunch léger, sans risque, avant la cérémonie. Mais les choses ne se passent pas toujours comme prévu. Ce qui s'est passé à Las Vegas est imaginable à Las Vegas, mais ce qui se passe à Bangkok dépasse l’imagination...

Mon avis :
Sur une brillante idée de Mr Muffin, et après un relativement bon moment passé avec le premier opus du film au titre français le plus idiot de l'histoire (changer le titre anglais pour un autre titre anglais ? Really ?), j'ai donc passé presque deux heures en compagnie des fêtards les plus pitoyables qu'il soit. Si vous voulez rire un peu du malheur des autres, profitez-en, c'est l'occasion rêvée.

Stu se marie avec une fille super canon. Cherchez l'erreur. Enfin, admettons donc que Stu se marie avec une fille super canon en Thaïlande, pour faire plaisir à ses parents qui le détestent. Et qu'il invite ses trois amis crétins - dont Alan, le gros crétin, plutôt à contre cœur. Et que comme prévu, la veille du mariage, ils finissent tellement raides qu'ils se réveillent le lendemain dans un endroit inconnu, soit chauve, soit tatoué, ou tout simplement disparu.

Eh oui, on prend les mêmes et on recommence : trois mec avec la gueule de bois, dont un insupportable débile, cherchent un mec disparu. Heureusement, à défaut du principe, ils ont fait l'effort de mêler de nouveaux ingrédients au mélange ! D'abord Bangkok, affreusement bondée et sale et polluée, est un cadre presque charmant pour la quête stupide de ces idiots en puissance. L'intervention de nouveaux personnages est aussi appréciable (j'adore Mr Chow, même si je mourrais de honte de jouer ce genre de rôle à son âge) et comme toujours, ce pauvre Doug n'est que vaguement aperçu au fil du film.

Phil sauve un peu le coup, malgré son manque de morale, en restant zen et efficace histoire de contrebalancer l'hystérie pénible de Stu et la débilité profonde d'Alan. 90% de l'effet comique réside dans le caractère de ces personnages donc on ne peut pas vraiment leur en vouloir, ils font très bien ce qu'on leur demande - j'avoue que j'ai ri plusieurs fois, fait assez rare pour le mentionner. Et il y a même des retournements de situations. Non, il faut l'avouer, c'est une bonne comédie. Débile, mais c'est tout ce qu'on lui demande, non ?

Ma note : 7/10



Titre original : The Hangover Part II
Long-métrage américain
Genre : Comédie
Durée : 01h42min
Année de production : 2011
Distributeur : Warner Bros. France
Date de sortie en France : 25 mai 2011

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vendredi 17 juin 2011

Elantris,
de Brandon Sanderson

Reçu le vendredi 17 juin 2011, 11 reviews
Résumé :
Il y a dix ans, la sublime cité d’Elantris, capitale de l’Arélon, a été frappée de malédiction. Ses portes sont désormais closes et nul ne sait ce qui se passe derrière ses murailles. Kae est devenue la première ville de l’Arélon. Quand la princesse Sarène y arrive pour épouser Raoden, l’héritier de la couronne, on lui apprend qu’il vient de mourir. Veuve d’un homme qu’elle n’a jamais vu, Sarène choisit pourtant de rester à la cour, et tente de percer le mystère d’Elantris...

Mon avis :
Sanderson, Sanderson... s'il y a un auteur qui ne m'a encore jamais déçue, c'est bien Mr Sanderson et ses incomparables talents pour raconter des histoires de fantasy à bluffer les plus réfractaires au genre. Histoire de prendre les choses à l'envers, j'ai commencé par Mistborn, puis Warbreaker, et à l'occasion d'une lecture commune avec deux copinautes j'ai terminé l'aventure par son premier roman, Elantris. Réputé un peu moins bien que les autres. Et quand on voit le génie qu'il contient, il y a de quoi se demander si on survivra aux prochains...

Trois personnages se disputent la vedette de cette histoire : Raoden, prince d'Arelon, Serene, princesse de Teod qui lui est fiancée, et Hrathen, prêtre Derethi venu convertir Arelon à sa religion pour éviter son invasion par le royaume de Fjordell. Raoden vient d'être frappé par le shaod qui a fait de lui un mort-vivant, juste bon à être jeté dans ce qui fut autrefois la glorieuse cité d'Elantris, aujourd'hui prison des Elantriens maudits. Serene, désormais mariée à un mort, est bien décidée à défendre son nouveau peuple de la menace Fjordell en mettant des bâtons dans les roues de Hrathen, tandis que Raoden essaie tant bien de mal d'organiser une société autour de lui et de trouver comment réparer le pouvoir d'Elantris aujourd'hui perdu...

Je sais, ça semble un peu compliqué vu d'ici, mais vous ne risquez pas de vous en rendre compte à la lecture. Sanderson manie les situations, les descriptions et les retournements politiques avec une dextérité incroyable, nous entraînant dans le quotidien de ses personnages sans un moment de répit. La foison de mots nouveaux passe presque inaperçue alors qu'il nous immerge dans l'histoire dès les premières lignes et sincèrement, pour avoir avalé 600 pages en quelques jours, je peux vous dire que c'est très difficile de reposer ce livre.

Pour avoir goûté à sa recette à quatre reprises déjà, je sais déjà quels sont les ingrédients que l'auteur manie le mieux. D'abord, une situation extraordinaire et originale - Elantris, la cité des dieux aux pouvoirs infinis, transformée aujourd'hui en décharge et peuplée de créatures à peine humaines sans que l'on ait la moindre idée pourquoi. Il développe autour d'elle le royaume d'Arelon, puis celui de Fjordell, aussi menaçant que mystérieux, laissant planer une atmosphère de conflit inévitable, de tragédie imminente. Des murs friables d'Elantris à la maison-forteresse de Kiin, ce monde semblant étroit se déroule à l'infini dans notre imagination à travers des descriptions formidables dont on ne se lasse pas.

L'autre chose dont on ne se lasse pas, ce sont les incroyables personnages qui y évoluent. Si la "bande" de personnages secondaires n'a pas l'honneur d'être aussi bien exploitée que dans ses autres œuvres, chacun possède son lot de mystère, de mauvaise foi et de courage, faisant d'eux des compagnons absolument passionnants. De Galladon - le pessimiste Dula - à Kiin - l'oncle aux nombreux secrets -, tous laissent derrière eux la trace indélébile de leur passage.

Et que dire des personnages principaux... Raoden est aussi complexe qu'attachant, curieux, courageux, déterminé à sauver son peuple, les Elantriens, la planète entière s'il le pouvait. La malédiction qui pèse sur lui ne fait qu'ajouter à son charme de mort-vivant chauve et ridé. Le mari idéal, comme s'imagine Sarene, désespérée de ne pas avoir eu le temps de faire sa connaissance avant sa disparition. À défaut de trouver l'amour à cause de son sacré caractère et sa taille démesurée, elle va se battre pour rétablir l'ordre à Kae et la protéger des plans de conquête du prêtre de Fjordell, Hrathen. Hrathen qu'on ne peut s'empêcher de détester mais qui se montre parfois étrangement humain...

Si je continue sur ma lancée, je vais vous raconter toute l'histoire, j'en ai peur. Sachez juste que l'univers et la magie développés par Sanderson dans ce roman sont aussi riches que palpitants, on se passionne autant que Raoden pour les Aons, Séons et autres mystères d'Elantris qu'il fait miroiter devant nous. Si seulement il avait pu apporter un peu plus d'explications sur tout ça, ç'aurait vraiment été parfait... attendez-vous à refermer ce livre ravis mais un peu frustrés, et comme moi, prenez votre mal en patience jusqu'à ce qu'il décide de faire une suite.

C'est mal ce que vous nous faites Mr Sanderson, très mal !!

Ma note : 9/10

Retrouvez les avis de mes morues chéries du côté de chez Lalou et de chez Lyra qui ont, je le sais déjà, complètement fondu pour la plume de mon auteur favori du moment !


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jeudi 16 juin 2011

X-Men : Le Commencement ,
de Matthew Vaughn

Reçu le jeudi 16 juin 2011, 6 reviews
Synopsis :
Avant que les mutants n’aient révélé leur existence au monde, et avant que Charles Xavier et Erik Lehnsherr ne deviennent le Professeur X et Magneto, ils n’étaient encore que deux jeunes hommes découvrant leurs pouvoirs pour la première fois. Avant de devenir les pires ennemis, ils étaient encore amis, et travaillaient avec d’autres mutants pour empêcher la destruction du monde, l’Armageddon. Au cours de cette opération, le conflit naissant entre les deux hommes s’accentua, et la guerre éternelle entre la Confrérie de Magneto et les X-Men du Professeur X éclata...

Mon avis :
J'ai entendu partout que ce nouveau X-Men était le meilleur de la série, un super film, un qu'on a envie de revoir encore et encore... comment résister après ça ? Surtout que vu le fiasco de X-Men 3 et Wolverine, ce n'était pas difficile de faire mieux. Et mieux, ça l'était, sans aucun doute, mais si je peux me permettre de chipoter, la prochaine fois, vous pouvez le tourner entièrement en anglais ?!

Avant le type chauve dans son fauteuil qui dirige une bande de mutants pour contrecarrer les plans du type au casque, il y avait juste un télépathe un peu ambitieux et son ami qui savait tordre les pièces par la pensée. C'est eux que l'on retrouve cette fois-ci, ces jeunes gens aux envie de grandeur, désireux de sauver le monde d'une troisième guerre mondiale en se débarrassant de Shaw, le bad guy du moment. Cependant, si Charles et Erik recrutent leur "armée" ensemble, ils n'ont pas vraiment le même point de vue sur comment s'y prendre pour vaincre leur ennemi...

Et voilà, après Batman, c'est Marvel qui nous fait le coup des pré-quelles avec X-Men. Évidemment, ils ne pouvaient plus continuer la "série", et mieux valait faire oublier leur petite interprétation cosmique de Wolverine qui a fait grincer beaucoup de dents. Mais soyons honnêtes, cette fois-ci, ils ont fait de sacré efforts : le film n'est pas qu'une succession de scènes d'action mais bien une véritable histoire, la généalogie de célèbres personnages comme le professeur X, Magneto ou Mystique, et une étude plus ou moins poussée de ce qui a fait d'eux les futurs meilleurs ennemis.

Le changement d'ambiance est plus qu'appréciable, et si j'entends déjà les fans du comics gronder au loin, la petite novice que je suis (et qui n'a cessé de demander "c'est qui ?" à chaque nouvelle tête) s'est bien amusée avec ces mutants débutants tout en poils et en couleurs. La minute de gloire de Wolverine était tout simplement excellente et on aurait bien voulu passer un peu plus de temps avec la chauve-souris et le lance-cercles d'énergie (comment ça je devrais avoir honte de ne pas connaître leurs noms ?). Par contre, le poilu bleu à la fin, c'est obligé qu'il louche ?

En espérant que le prochain reste sur la lignée de celui-ci plutôt que ses prédécesseurs...

Ma note : 8/10



Titre original : X-Men: First Class
Long-métrage américain
Genre : Science fiction, action
Durée : 02h10min
Année de production : 2011
Distributeur : Twentieth Century Fox France
Date de sortie en France : 1 juin 2011

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mercredi 15 juin 2011

Diana Wynne Jones s'invite chez vous
[concours]

Reçu le mercredi 15 juin 2011, 9 reviews
Ah bon ?
Vous n'allez pas le croire, mais après tout le bien que Nathalie, Flo, Heclea, Aily, Sita (et même moi !) vous ont dit sur les livres de Diana Wynne Jones, je pense qu'il est grand temps que vous vous y mettiez. Et comme c'est parfois difficile de choisir, et qu'on ne sait jamais par où commencer, et qu'on a du mal à trouver ce qu'on veut... eh bien je vais vous offrir un Diana Wynne Jones sur un plateau, juste ici. Un tout petit effort, vous y êtes presque...



Ça marche comment ?
Ça ne marche pas un livre, voyons ! Mais voilà celui que je vous propose de gagner :

Les amis de longue date de la série Chrestomanci rencontrent de nouveaux personnages dans quatre histoires magiques !
Un sorcier voleur de voiture essaye de se montrer plus malin qu'une petite fille et un chien démon. Le chat Chant et le jeune Tonino aident les âmes de huit Chrestomancis à s'échapper d'un enchanteur maléfique. Le plus jeune des célèbres rêveurs a besoin de l'aide de Chrestomanci quand les personnages de ses rêves se mettent en grève. Et alors que les dieux d'un monde ordonné essayent de détruire un jeune homme pour avoir posé trop de questions, Chrestomanci, comme toujours, vient lui prêter son aide.
Pleine d'humour vibrant et de magie en ébullition, c'est de la fantasy comme seule Diana Wynne Jones sait le faire !

Le livre est en VO et d'occasion (car édition épuisée mes amis !) mais du haut de ses 175 pages, vous n'aurez pas de mal à venir à bout du style fluide et entraînant de DWJ. Ceux familiers de l'univers des Chrestomanci se réjouiront de les retrouver et pour les autres, c'est une belle occasion de les découvrir !

Pour participer, rien de plus simple : répondez aux questions ci-dessous en m'envoyant un (gentil) mail à spooffin[@]gmail.com avant la fête de la Saint-Jean (le 23 minuit donc). Tous les Européens sont les bienvenus !

1/ Quelle est la série du même auteur lue récemment en lecture commune en VO ?
2/ Quel est le livre du même auteur choisi pour la prochaine lecture commune en VO sur Livraddict ?
3/ Comment s'appelle le démon de feu d'un certain charmant sorcier ?


Allez, allez, il faut participer maintenant, zou ! Bonne chance à tous ! Et profitez-en pour suivre le blog au passage, vous pourriez y découvrir d'autres choses intéressantes...

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mardi 14 juin 2011

Coeur de Démon,
de Claude Neix

Reçu le mardi 14 juin 2011, 14 reviews
Résumé :
Cet homme-là devrait être un prince. Ce n'est qu'un guerrier.
Beau, intrépide, ombrageux - et gay -, le capitaine Eiki Leifsen s'est acquis une réputation de combattant redoutable.
Mais aujourd'hui, les ombres fugitives qui hantent le palais d'Ishmaar ont le couteau aussi aiguisé que les pires ennemis qu'on rencontre aux frontières de l'empire. Les arcanes somptueuses et sordides de la cité réservent à Leifsen des aventures à l'amertume éternelle.
Et pourtant, au fond du chaos, de la terreur, de la douleur se niche parfois le plus inattendu, le plus désirable, le plus merveilleux des dangers : l'amour.

Mon avis :
Éternelle absente des salons et autres réjouissances, j'ai eu la chance cette année d'avoir une charmante amie pour aller aux Imaginales à ma place, et m'en ramener quelques souvenirs. Parmi eux, des livres que je n'attendais pas, dont celui-ci : un roman yaoi, écrit (et dédicacé) par un de mes auteurs préférés. Roman dont je me suis délectée en à peine deux jours. Que dire de plus qu'un immense merci Lalou ?

Il n'est pas rare de voir des romans de ce genre n'être qu'une interminable histoire d'amour sur fond d'une vague intrigue prétexte aux drames. Celui-ci fait plus qu'exception à la règle ! Le capitaine Leifsen, "barbare" nordique, est appelé par son mentor pour enquêter sur une histoire de meurtre dans la maison d'une des importantes personnalités d'Ishmaar, aux côtés de figures aussi illustres que le roi Khovan Akila et son fils Bylon - pour qui le capitaine éprouve une attraction difficile à contenir. Mais lorsque les morts se multiplient, il doit laisser de côté ses problèmes pour tenter de dénouer le nœud de mensonges qui se resserre autour de lui...

Il y a beaucoup de choses qui m'ont plu (le mot est presque faible) dans ce roman, mais je vais commencer par celle qui m'a le plus enchantée et fascinée : son style. Et ce pour la simple raison qu'en le lisant, j'ai eu l'impression d'avoir pu l'écrire moi-même. Je n'aurais pas la prétention de me considérer aussi bon auteur que Claude Neix, mais sa façon de parler des sentiments, de décrire les personnages, de mettre en place les décors, de développer une intrigue, de mêler humour, drame et sensualité dans une histoire plus passionnante qu'elle ne le laisse présager correspond exactement à ce que j'essaye de faire, et je suis émerveillée de voir tout cela mis en œuvre ici. Une preuve supplémentaire qu'on peut écrire des romans gays de qualité... j'aimerais pouvoir en convaincre tout le monde autour de moi !

Comme toujours, elle a su rendre ses personnages attachants, que ce soit dans un contexte fantasy ou un autre. Eiki Leifsen est un homme torturé qui noie sa colère et sa douleur dans des petits mensonges et autres activités insignifiantes, et à chaque instant où il révèle un peu de sa véritable personnalité on ne peut s'empêcher de fondre pour lui. Aidé du formidable Thraco au soutien inébranlable, de l'adorable Vindravan qui lui voue une admiration sans faille et d'une petite bête poilue aux longs crocs qu'on a envie de câliner, il nous fait rencontrer de nombreux personnages (du simple palefrenier à sa Majesté des calamars) qui auront tous leur rôle à jouer dans l'histoire, leur face cachée et leur lot de surprises à dévoiler. Surtout ce fameux Bylon Akila qui prend son temps avant de révéler tout son potentiel...

Je ne peux pas vous en dire plus, parce que si ce que je vous ai déjà dit ne vous a pas intéressé, rien ne le pourra. Ce livre fera partie du petit nombre de ceux que je prendrai avec plaisir pour en relire un passage, me détendre et profiter de la charmante compagnie de ses personnages. La seule chose qui me réjouisse encore, après qu'il se soit terminé bien trop tôt à mon goût, c'est de savoir qu'un second roman (illustré celui-ci) m'attend pour replonger dans le monde passionnant de Claude Neix, à l'humour aussi pointu que les oreilles de ses elfes. Si vous avez envie de tenter l'aventure, vous êtes les bienvenus !

Ma note : 9/10 (parce qu'on n'a pas toujours besoin de se prendre au sérieux pour faire de grandes choses)

Retrouvez ses livres, mangas et autres douceurs sur le site du Studio Gothika ou dans vos points de vente habituels - je vous conseille un petit tour à la Japan Expo 2011 également, ne dites rien, mais il paraît qu'elle y sera ^_-


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vendredi 10 juin 2011

Âmes Perdues,
de Poppy Z. Brite

Reçu le vendredi 10 juin 2011, 9 reviews
Résumé par l'auteur :
Premier roman, et difficile de ne pas le remarquer - pas parce qu'il est mauvais ; il est riche et passionné et foutrement énergétique, mais parce que j'y ai mis tout et n'importe quoi dans l'espoir d'atteindre la longueur d'un vrai roman. En gros, c'est à propos d'une bande de gamins ; Nothing, le petit gothique de 15 ans qui s'enfuit de sa maison de banlieue pour retrouver (seigneur) son groupe favori; les membres de ce groupe, Steve et Ghost, un redneck et un médium de Missing Mile, Caroline du Nord ; et Molochai, Twig et Zillah, un groupe de tordus errants qui se révèlent être la vraie famille de Nothing. Il y a une intrigue quelque part dans tout ça, qui implique des voyages à la Nouvelle Orléans où la néfaste Chartreuse verte est consommée, de l'amour et de la trahison, des bébés qui sortent du ventre en le dévorant, et beaucoup beaucoup de sang, de sexe, de drogues, de vin bon marché et de minets.

Mon avis :
Premier roman écrit par Poppy Z. Brite, et premier que j'ai tenu entre mes mains il y a près de 10 ans de cela, Âmes Perdues possède une place assez particulière dans mon coeur. Après avoir maintes fois relu l'édition française, c'est en version originale que je suis venue me replonger dans l'univers sombre et sulfureux de la Nouvelle Orléans, de Mardi Gras, des musiciens qui y jouent et des vampires qui y errent...

Cette histoire tourne autour de plusieurs destinées à la fois, celle de Nothing qui quitte sa famille adoptive pour retrouver ses racines, celle de Christian qui trompe l'ennui de la vie éternelle en attendant que ses amis le retrouvent, celle de Zillah, Twig et Molochai qui traversent le pays pour s'adonner à tous les plaisirs possibles, et celle de Steve et Ghost, deux musiciens perdus qui cherchent à protéger ceux qu'ils aiment. Comme le dit Poppy, c'est une histoire d'aventure, de vampires, de meurtres de sang froid, d'amour qui dépasse les mots, de souffrance et de trahison ; une histoire aussi fascinante et empoisonnée que l'absinthe.

The sky is purple, the flare of a match behind a cupped hand is gold; the liquor is green, bright green, made from a thousand herbs, made from altars. Those who know enough to drink Chartreuse at Mardis Gras are lucky, because the distilled essence of the town burns in their bellies. Chartreuse glows in the dark, and if you drink enough of it, your eyes will turn bright green.

Je ne sais pas si vous le sentez autant que moi, mais ces mots sont comme des étincelles de magie, des images vivaces qui s'impriment dans l'imagination et font vivre les mots dans ce décor presque palpable, que l'auteur décrit avec minutie mais sans lourdeur, tout en poésie. La vie exubérante qui secouait le Quartier Français autrefois, la décrépitude des petites villes de campagne comme Missing Mile, les vieux bars à l'ambiance familière, les boutiques de mystiques qui conservent des vieux crânes... on se sent vivre dans ces décors intensément réalistes, assez pour se laisser bercer par les âmes perdues qui les hantent.

Car tout ça, c'est avant tout une histoire d'âmes perdues. Et pas juste Lost Souls?, ce groupe improbable formé par le doux et délicat Ghost, qui parle avec les fantômes et ressent la douleur des autres, et cette fausse-brute de Steve se réfugiant sous ses mensonges, sa fierté et l'alcool pour ne pas faire face à ses problèmes ; Ann et les catastrophes qu'elle engendre n'est pas beaucoup mieux, ni Christian et son désespoir maladif pour cette éternité sans saveur qu'il endure, ni Nothing avec ses rêves de gosse, ses musiciens-héros, ses illusions brisées et son amour destructif. Nothing, ce anti-héros qu'on ne peut s'empêcher d'aimer, de vouloir prendre sous son aile et de secouer sans fin pour lui faire retrouver raison.

Et puis il y a Zillah, le beau et dangereux Zillah, dans toute sa splendeur, toute sa violence, toute sa folie.
Zillah was smiling at him too, a smile like the Mona Lisa's, if the Mona Lisa had crazy green eyes and was blasted out of her mind on Crucifix acid.
Sous son joug et celle de ses deux accolytes, Twig et Molochai, Nothing va vivre à l'arrière d'un van gorgé de sang, de débauche, d'opium et d'acide, de repas morts et d'autres vivants, de vin de fraise parfumé à l'hémoglobine. Il va y perdre des étoiles au plafond et des espoirs d'enfant, mais y gagner une famille de fous, prête à l'emmener là où il est né, dans la ville qui ne dort jamais, aux marais d'un vert teinté par l'alcool de Mardi Gras : la glorieuse Nouvelle Orléans.

Overhead, fireworks blossomed and turned the sky purple with their smoke, and the air was thick with smoke and liquor-breath and river-mist. Molochai let his head fall back on Twig's shoulder and looked up at the sky, and the fireworks dazzled his eyes.

Je ne peux pas vous parler correctement de ce livre, je ne peux pas vous dire que le style est fluide et un peu fouillis, qu'il y a des longueurs, que les âmes sensibles devraient sans doute s'abstenir. Tout ça, ça n'a pas vraiment d'importance. Lost Souls est un voyage dans l'imaginaire, un retour dans cette enfance sombre et poétique qu'on a tous (ou presque) connue, un bonbon vert au goût malsain et familier dont on se demande si, en explosant sur la langue, il aura un goût de menthe.



Voici mon premier pas dans mon challenge-doudou, avec la première d'une longue série d'oeuvre que je suis impatiente de (re)dévorer. Prochain arrêt à Missing Mile pour se faire un sang d'encre...

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mercredi 8 juin 2011

The Bird King and other sketches,
de Shaun Tan

Reçu le mercredi 8 juin 2011, 8 reviews
Aperçu :
Que croyez-vous que l'oiseau roi, la chose de la salle de bain et le koala huile de paraffine ont en commun ? Ils habitent tous le monde unique de Shaun Tan, artiste, auteur et illustrateur renommé. Ces idées, études et croquis rassemblés de ses carnets à dessins et commentés par l'artiste offrent un aperçu spécial de l'imagination de ce raconteur d'histoires mondialement connu. The Bird King est un recueil de sketchs, d'illustrations variées, de designs préliminaires de livres, films et pièces de théâtre, de pages de carnets et de portraits. Chacun d'entre eux représente un aspect de sa méthode de travail, montrant l'évolution de ses histoires à partir de recherches visuelles ou d'illustrations libres. On y trouve aussi des pièces non terminées, non destinées à la publication, qui de ce fait découvrent un aspect plus personnel et révélateur que les illustrations polies.

Ce que vous avez toujours voulu savoir sur Shaun Tan :
Shaun Tan, c'est beaucoup de choses dont on a du mal à parler comme il faut. C'est plusieurs albums magiques, The Red Tree, The Lost Thing, The Rabbits, The Arrival, qui évoquent des thèmes sérieux avec le langage universel de la poésie et des images grandioses. C'est des albums écrits, Tales from Outer Suburbia, Eric, qui content des histoires en images qui touchent au coeur même sans le vouloir. Et Shaun Tan, c'est aussi toutes ces illustrations, ces croquis, ces petits êtres qui deviendront peut-être des histoires, ou qui en sont déjà devenus.

Comme l'explique Shaun Tan au début de ce recueil, la plupart des dessins qu'il contient n'étaient pas destinés à être publiés, et cela fait d'eux quelque chose de spécial, un aperçu d'un procédé intime de création qu'il partage aujourd'hui avec nous. Certains sont même des rescapés de la poubelle, et on a l'impression de feuilleter un vrai carnet à dessin froissé tellement le rendu des pages est réaliste.

Il cite Paul Klee pour parler de sa méthode de travail : les idées ne tombent pas du ciel comme on pourrait le penser, il a besoin de s'asseoir et de commencer à dessiner pour que le trait forme lui-même l'idée. Il emmène la ligne en voyage ! Selon un autre principe de Klee, il explique aussi que les artistes sont comme des arbres, puisant dans le terreau riche pour développer des fleurs et des fruits. Plus que de la création, c'est de la transformation d'art qu'il opère, et on sent à travers ses travaux que son terreau est non seulement riche mais aussi varié !

Quelques morceaux choisis :

L'illustration de gauche ne vous rappelle-t-elle pas étrangement le style de Cliver Barker ? Et à droite, une petite machine vivante dont lui seul a le secret...

Laissez-vous tenter par ce carnet à la belle couverture cartonnée et découvrez les dessous de l'imagination d'un des meilleurs artistes de notre époque !




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mardi 7 juin 2011

Source Code,
de Duncan Jones

Reçu le mardi 7 juin 2011, 6 reviews
Synopsis :
Colter Stevens se réveille en sursaut dans un train à destination de Chicago. Sa mission : revivre sans cesse les 8 minutes précédant l’explosion de ce train afin d’identifier et d’arrêter les responsables. Un deuxième attentat est en préparation en plein cœur de Chicago, il s’agit désormais de protéger la ville toute entière... La course contre la montre commence.

Mon avis :
J'espère que vous y comprenez quelque chose, à ce synopsis, car je l'ai minimisé pour ne pas trop vous gâcher la surprise. Comme souvent avec les films, mieux vaut y aller sans savoir de quoi ça parle... vous pourriez être surpris, comme je l'ai été, par de bonnes révélations. Envie de passer 8 minutes dans le Source Code ?

L'histoire commence dans un train, avec Sean et Cristina qui discutent. Sauf que Sean affirme ne pas être Sean, mais le commandant Colter, et qu'il ne comprend rien à ce qui lui arrive. Imaginez sa surprise quand il meurt huit minutes plus tard dans l'explosion du train... Sauf que Colter n'est pas mort. Il est dans une capsule, surveillé par une militaire qui lui ordonne de retourner dans le train pour découvrir le poseur de bombe et ainsi sauver Chicago d'un futur attentat. Combien de fois devra-t-il revivre ces huit minutes pour mener à bien sa mission ?

Ce film est du genre du ceux où l'on peut rapidement craindre ce qui nous attend : revivre en boucle les huit mêmes minutes, de la technologie un peu trop invraisemblable, du "geek" un peu dur à digérer... eh bien pas du tout. D'abord, ces huit même minutes sont toujours très différentes, et on s'y ennuie rarement, surtout qu'on passe autant de temps dans la "capsule" du commandant que dans le train. Ensuite, la technologie est quelque peu ramenée au second plan au profit d'un scénario qui se concentre plutôt sur les relations humaines. Quant au geek, il est carrément absent...

Et d'un côté, c'est peut-être un peu dommage. Car je m'attendais à un peu de charabia physique sur les univers parrallèles, et le sujet n'est que brièvement abordé dans le film. L'enquête est bien menée mais le coupable est vite démasqué, et on sent bien que c'est surtout une histoire du "type qui veut sauver la fille". Qui tombe amoureux d'une fille après l'avoir vu quoi, quatre fois dix minutes ?

Enfin, sous ce scénario un peu trop léger à mon goût se cache tout de même un très bon divertissement, un film agréable à regarder avec des acteurs qui jouent très bien et des personnages assez attachants. La geek qui est en moi se sent un peu lésée mais la spectatrice est comblée. Allez le voir, s'il n'y a rien de mieux !

Ma note : 7/10



Long-métrage français, américain
Genre : Science fiction, Action, Thriller
Durée : 01h33min
Année de production : 2011
Distributeur : SND
Date de sortie en France : 20 avril 2011

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vendredi 3 juin 2011

L'Aphrodite Profanée,
de Cristina Rodríguez

Reçu le vendredi 3 juin 2011, 12 reviews
Ce livre a été lu dans le cadre d’un partenariat entre et
que je remercie tous les deux pour cette passionnante découverte.


Résumé :
Vent de panique sur Rome : plusieurs enfants de la haute société ont été enlevés et les prétoriens qui mènent l'enquête, incapables de les retrouver, sont ridiculisés. Leur chef Kaeso se voit confier, en guise de mortification, la surveillance d'un grand banquet chez Claude, l'oncle de Caligula.
Cette mission dérisoire change de dimension lorsque l'on retrouve trois cadavres chez le futur empereur, et que l'on constate une profanation : une statuette d'Aphrodite, joyau de sa collection, a disparu.

Mon avis :
Ceux qui suivent ce blog de près ou de loin savent déjà que j'ai eu le coup de foudre pour l'écriture de Cristina Rodríguez dès les premières lignes de Meurtres sur le Palatin. Je ne vais sans doute pas vous surprendre en vous disant que retrouver Kaeso, Caligula, Ludius et Concordia a été un grand court moment de bonheur, et qu'on en voudrait toujours plus. Voilà, tout est dit.

Je plaisante, ne partez pas, je ne vous ai rien raconté ! On retrouve donc Kaeso, Prétorien de son état, à la tête de son petit groupe d'homme, cherchant à résoudre une sombre histoire d'enlèvements d'enfants. Le plus ennuyeux, c'est qu'alors que les enfants sont toujours rendus en bonne santé une fois la rançon payée, les criminels ne manquent jamais d'humilier publiquement les prétoriens à chaque enquête... Kaeso, exaspéré, doit en plus supporter l'attitude de son supérieur, Macro, qui le charge de tâches stupides et ne cesse de le rabrouer. Heureusement, lorsque la statuette de Claude, oncle de Caligula, est elle aussi dérobée sous demande de rançon et que les morts commencent à fleurir, Kaeso peut enfin reprendre son activité préférée : nettoyer Rome de sa vermine.

Que dire de ce troisième volet des enquêtes de Kaeso le Prétorien ? Premièrement, que vous n'avez pas besoin d'avoir lu les deux autres pour l'apprécier. Malgré quelques références aux tomes précédents, on est aussitôt immergé dans l'histoire, ses personnages détaillés et son contexte historique qui mêle fiction et Histoire avec brio. Les quelques notes de bas de page informent les profanes des quelques termes romains qui viennent renforcer l'ambiance authentique du récit, tout comme les passages descriptifs sur la vie de l'époque.

Mais comme toujours, l'Histoire n'est pas l'unique pilier de ce roman : ce qui fait tourner son excellente mécanique, c'est à la fois une intrigue bien menée, allant de surprises en découvertes, et une galerie de personnages tout à fait passionnants. Les aficionados de la série retrouveront avec joie le charmant Kaeso, qui ne cède toujours pas aux avance de sa têtue cousine, l'impétueux Caligula, Donar le grognon (pardon, c'est juste l'image que j'en ai), le mystérieux oracle et l'adorable couple Mnester/Ludius - qu'on découvre étonnamment jaloux ! Pas difficile de voir qu'on s'attache à eux aussi vite qu'on les regrette une fois l'histoire terminée.

Pas de surprise donc avec ces nouvelles aventures du Prétorien le plus sexy du Palatin, ou plutôt si, une bonne : l'auteur poursuit sa série avec brio, nous entraînant à travers Rome sans laisser le temps de reprendre son souffle, le tout dans un style simple avec juste assez de grossièretés pour faire sourire. Des mystères, du drame, de l'action, de la romance, de l'humour... il ne manque rien. Je n'en démords pas, cette auteur est à découvrir sans faute !

Ma note : 9/10 (il en faudrait encore plus pour que ce soit parfait !)

Découvrez les premiers tomes de la saga, Les Mystères de Pompéi et Meurtres sur le Palatin, et comme moi, prenez votre mal en patience en attendant le prochain tome qui j'espère ne se fera pas trop attendre !


Si vous n'avez comme moi pas eu la chance de voir l'auteur aux Imaginales (cela dit, je peux remercier ma très chère Lalou de lui avoir soutiré quelques dédicaces pour moi), elle sera également présente les 11 et 12 juin au salon de Montmorillon, début juillet à la Japan Expo de Paris et les 16 et 17 juillet au salon du livre de Sablet (tous les détails sur le site de l'auteur). Ne manquez pas l'occasion !






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Lilyn Kirjahylly Copyright © 2011, by The Scary Cupcake & Mr Pink Eyes
All images © the incredible Shaun Tan