lundi 30 mai 2011

House of Many Ways,
de Diana Wynne Jones

Reçu le lundi 30 mai 2011, 10 reviews
Résumé :
Charmain Baker en a par-dessus la tête. S’occuper de la petite maison du Grand Oncle William aurait dû être facile, mais la propriété du Sorcier Royal du Nord défie les lois de l’espace et du temps. Son unique porte mène à toutes sortes de destinations : les chambres, la cuisine, la cave sous les montagnes, et même le passé !
En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, Charmain se retrouve embarquée avec un chien magique, un apprenti-sorcier maladroit et une boîte contenant les documents les plus précieux du roi, ainsi qu’un clan de pénibles petites créatures bleues.
Occupée à mener une intense recherche royale, elle fait la connaissance d’une sorcière nommée Sophie. Howl et Calcifer ne doivent pas se trouver loin derrière !

Mon avis :
C’est déjà le dernier épisode de cette saga de Diana Wynne Jones ! Quelle tristesse de devoir dire adieu à Howl, Sophie et Calcifer ! Surtout qu’on ne les voit jamais assez à mon goût... Cette fois-ci, l’héroïne est une jeune fille de bonne famille, incapable et lectrice compulsive, qui se retrouve à devoir s’occuper de la maison d’un sorcier en son absence. Une maison magique bien sûr, et qui va lui causer bien des ennuis !

Charmain n’est pas exactement la demoiselle la plus appréciable du royaume. Non seulement rien ne l’intéresse à part les livres, mais elle est incapable de s’occuper d’une maison, de préparer à manger, ou même d’être agréable avec les autres. Heureusement, tout cela va changer un peu lorsque le roi accepte sa demande de l’aider à trier sa bibliothèque. Au palais, Sophie, Morgan, Howl (métamorphosé en Twinkle pour l’occasion) et Calcifer sont venus aider la princesse Hilda à retrouver l’or du royaume. Charmain va malgré elle se retrouver embarquée dans cette enquête pleine de kobolds, de lubbocks et de sorts facétieux !

Il n’y a pas à dire, le talent pour raconter des histoires, ça ne s’invente pas. On retrouve une fois de plus ici tous les ingrédients qui font le succès de cette série : de l’action à foison, des rebondissements, des révélations, de la magie, de l’humour, des personnages loufoques et des inventions incroyables. Bien qu’on ressente toujours autant le côté jeunesse, l’histoire bien ficelée et ses personnages attachants la rendent plaisante pour tous les âges. On se sentirait presque retomber en enfance !

Si l’histoire est aussi entraînante que les précédentes, je ne peux encore une fois pas m’empêcher de remarquer que mes personnages préférés restent Howl et sa joyeuse petite famille, qui passent ici un peu au second plan. La fin et ses surprenantes conclusions ont beau faire sourire, j’ai eu du mal à m’attacher à Charmain et Peter ; Waif et la maison aux multiples passages me semblaient bien plus passionnantes et je regrette de ne pas en avoir eu un peu plus.

Alors que dire de cette série ? Eh bien, le premier tome reste mon préféré, grâce au charme imprenable de Howl et de Calcifer. Le second est plus exotique, changeant radicalement d’ambiance pour dévoiler une fin assez sensationnelle, tandis que le troisième retourne dans un environnement plus classique avec un mystère à élucider. À choisir, je vous conseillerai... à quoi bon choisir, lisez les trois !

Ma note : 8/10

Retrouvez les avis de mes co-lecteurs pour la dernière partie de cette lecture commune qui fut un plaisir à organiser : Nathalie, Flo_boss, Heclea, Sita et Aily !

C’est la fin de la série des « Châteaux », mais pas la fin de l’œuvre de Diana Wynne Jones heureusement ! Prochaine étape, la saga des Chrestomanci. J'ai réussi à rassembler ses 7 tomes dans la même collection HarperCollins (dont j’adore les couvertures et illustrations de début de chapitres), donc rendez-vous bientôt pour de nouvelles aventures magiques !


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jeudi 26 mai 2011

La cité des livres qui rêvent,
de Walter Moers

Reçu le jeudi 26 mai 2011, 7 reviews
Résumé :
"Ici commence l'histoire. Elle raconte comment je suis entré en possession du Livre sanglant, comment j'ai atteint l'Orm. Cette histoire n'est pas destinée aux lecteurs au cuir tendre et aux nerfs fragiles - à qui je recommande d'emblée de reposer cet ouvrage. (...) Oui, je parle d'un pays où la lecture peut rendre fou. Où les livres risquent de blesser, d'empoisonner, et même de tuer. Seul celui qui est prêt à accepter le risque de me lire, à mettre sa vie en jeu pour avoir sa part de mon histoire, doit me suivre jusqu'au prochain paragraphe. (...) Mais ne perdons pas plus de temps et entamons notre périple. Car il s'agit bien d'un voyage qui nous mènera à Bouquinbourg, la Cité des livres qui rêvent."

Mon avis :
Tout a commencé par quelques lignes, quelque part, disant que ce livre méconnu était une merveille. Sans savoir pourquoi, je l'ai acheté aussitôt, en anglais, dans son beau format souple et illustré, puis posé quelque part dans la bibliothèque. Et qui sait pourquoi aussi, il a atterri un jour entre mes mains... quelle aventure, n'est-ce pas ! Et sinon, vous vous demandez comment c'était, hein ?

Je vais vous raconter un peu l'histoire pour que vous vous en rendiez compte. On commence au château Lindworm, un bien étrange endroit où vivent des dragons multicentenaires presque tous promis au métier d'écrivain. Le mentor de l'un d'eux, Optimus Yarnspinner, vient de mourir, et son apprenti part à cette occasion vers la grande Bookholm, paradis des livres, pour y retrouver l'auteur d'un manuscrit exceptionnel confié par son défunt professeur. Là-bas, il va se retrouver face à un étrange agent, des libraires peu sympathiques, de la musique hypnotique et une galerie interminable de souterrains où les plus étranges rencontres l'attendent.

Les amoureux des livres ne manqueront pas de sentir leur cœur chavirer devant l'univers crée par Walter Moers. Le livre est roi, l'écrivain seigneur, les mots des merveilles et les bibliothèques des temples sacrés. Je crois qu'au-delà de l'aventure en elle-même, cette histoire n'est finalement qu'une grand histoire de livres. Ce sont eux les héros, eux les clefs et eux les trésors... vous allez prendre de la poussière plein les yeux !

Mais tout de même, qui dit livres dit lecteurs et auteurs : des auteurs à écailles ou fantômes et des lecteurs à un œil qui se font griller des vers en dessert, ça ne se trouve pas à tous les coins de rue. La plongée dans l'univers fantasy est totale, autant du côté des gentils que de celui des monstres aux formes et aptitudes aussi étranges que variées. L'imagination de l'auteur est sans limite et si l'on retrouve toutefois des références à notre monde, l'immersion dans cet univers rocambolesque est impressionnante.

Je n'irais pas jusqu'à dire que ce livre me laissera un souvenir impérissable car le côté jeunesse ressort un peu trop à mon goût. C'est une grande aventure pleine de dangers et de découvertes, aux très belles illustrations en noir et blanc de l'auteur, qui ravira sans aucun doute les plus jeunes. Et malgré mon grand âge (tché), je poursuivrai quand même avec l'auteur dans la "suite" de cette histoire, Le maître des Chrecques.

Ma note : 7/10


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mardi 24 mai 2011

Sucker Punch,
de Zack Snyder

Reçu le mardi 24 mai 2011, 5 reviews
Synopsis :
Enfermée contre son gré, Babydoll a toujours envie de se battre pour reconquérir sa liberté. Combative, elle pousse quatre autres jeunes filles – la timorée Sweet Pea, Rocket la grande gueule, Blondie la futée, et la loyale Amber – à s'unir pour échapper à leurs redoutables ravisseurs, Blue et Madame Gorski – avant que le mystérieux High Roller ne vienne s'emparer de Babydoll.
Avec Babydoll à leur tête, les filles partent en guerre contre des créatures fantastiques, des samouraïs et des serpents, grâce à un arsenal virtuel et à l'aide d'un Sage. Mais ce n'est qu'à ce prix qu'elles pourront – peut-être – recouvrer la liberté…

Mon avis :
Eh bien eh bien... j'ai hésité un moment avant de faire cette chronique, pour la bonne raison que je n'ai vraiment rien de marrant à vous raconter sur ce film, mais par égard pour mon enthousiasme à aller le voir je vais tout de même vous en toucher deux mots. Juste deux. Quel désastre.

Pour être honnête, je pense que ce film aurait pu être bon s'il avait été exploité différemment. On a l'impression que le réalisateur avait envie de faire plein de films mais qu'il manquait de substance pour chaque, alors il a tout collé dans le même pour combler les trous. Oui mais non, il ne faut pas faire ça... engager un scénariste, ça aurait été une meilleure idée. Parler d'une fille dans hôpital psychiatrique/cabaret qui danse/se bat/sauve le monde/fait tuer ses amies/s'enfuit/reste/existe/n'existe pas, ce n'est vraiment pas possible.

Parce que le spectateur qui y va pour voir un film va trouver ça absolument nul. Alors je comprends bien qu'on ne peut pas tous avoir l'intelligence d'y voir une grandiose interprétation cachée de multiples théories existentielles toutes plus folles les unes que les autres, mais il faut parfois penser un peu au "petit peuple" qui se contente d'aller voir un film pour le plaisir. Celui-là, il ne dit pas non aux belles images et à l'ambiance un peu tordue, mais il ne dirait pas non non plus à des actrices qui jouent bien, un scénario qui se tient et un minimum de cohérence générale.

Sans compter qu'utiliser des covers à des lieues de la qualité des chansons originales pour sa B.O., qui aurait pu être tout à faire remarquable mais qui au final n'est qu'un simulacre cheap de bon goût, c'était la cerise pour se mettre à dos ceux qui restent. Quitte à le revoir, je ferais bien ça en DVD, dans un canap', vaguement bourrée avec des potes, en se repassant la scène de la bataille contre les orques pour se marrer. Payer une place de ciné ? Mauvaise idée.

Ma note : 3/10 (ma pauvre Violette, que t'ont-ils fait...)



Long-métrage américain
Genre : Fantastique , Action , Thriller
Durée : 01h50min
Année de production : 2011
Distributeur : Warner Bros. France
Date de sortie en France : 30 mars 2011

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jeudi 19 mai 2011

Pirates des Caraïbes : La Fontaine de Jouvence,
de Rob Marshall

Reçu le jeudi 19 mai 2011, 6 reviews
Synopsis :
Dans cette histoire pleine d’action, où vérité, trahison, jeunesse éternelle et mort forment un cocktail explosif, le capitaine Jack Sparrow retrouve une femme qu’il a connue autrefois. Leurs liens sont-ils faits d’amour ou cette femme n’est-elle qu’une aventurière sans scrupules qui cherche à l’utiliser pour découvrir la légendaire Fontaine de Jouvence ? Lorsqu’elle l’oblige à embarquer à bord du Queen Anne’s Revenge, le bateau du terrible pirate Barbe-Noire, Jack ne sait plus ce qu’il doit craindre le plus : le redoutable maître du bateau ou cette femme surgie de son passé...

Mon avis :
Ça faisait longtemps que je n'avais pas revu mon pirate préféré, il a su se faire désirer depuis le dernier opus... mais l'attente en valait la chandelle ! Désormais libéré du couple vaguement pénible des précédentes aventures, Jack se retrouve à briquer le pont du navire de Barbe-Noire en compagnie d'une belle Espagnole qui n'a pas sa langue dans sa poche. Du changement, de l'aventure, de l'humour... le retour du Capitaine Sparrow se fait en grandes pompes !

Petit clin d'œil, le film commence sur une scène de pendaison. Ou plutôt, sur le procès d'un Pirate : ce pauvre Mr Biggs ! Jack n'est bien évidemment pas loin, déterminé à le sauver, mais il s'arrange plutôt pour se mettre avec lui dans le pétrin... De fil en aiguille, il se retrouve commandité par le roi d'Angleterre pour trouver la fontaine de jouvence avant les espagnols, sous la direction du capitaine Barbossa. Hors de question ! Enfin, il y aurait réfléchi à deux fois s'il avait su qu'il se retrouverait embarqué sur le navire de Barbe-Noire, sous le joug de la belle Angelica qui compte bien à ce qu'il coopère avec eux...

Je l'ai déjà dit, mais je le répète : quel bonheur de retrouver le Capitaine Jack Sparrow dans toute sa splendeur ! Incontestablement l'un des meilleurs personnages joués par Mr Depp qui se l'approprie comme personne, il revient encore une fois nous gâter de son humour génial, de ses cascades à la James Bond du 17ème siècle, de ses bêtises tordantes et de ses talents multiples et variés. Ses répliques sont jouissives, ses manies aussi, et le voir bêtement se planter dans les fougères en courant m'a fait rire à en pleurer. J'en ris presque encore !



Mais parlons un peu de l'histoire. On part encore une fois dans les Caraïbes, vers la baie des sirènes tout d'abord puis à travers la jungle pour trouver la fameuse caverne/fontaine de jouvence. Les décors sont toujours aussi paradisiaques, on n'y voit que les merveilles (je pense que la jungle est plutôt peuplée d'insectes que de beaux gosses pirates...) et on vogue avec joie sur les mers turquoises avec la bande de joyeux lurons. La mièvrerie s'est en grande partie envolée avec la disparition de l'ex-couple star au profit d'une action plus soutenue, de plus de délires, de plus des trésors et de plus de cascades dans tous les sens qui font marrer.

Non, vraiment, je ne peux pas imaginer qu'on s'ennuie avec ce film ou qu'on ne s'amuse pas au moins un peu. L'Aventure par excellence, avec son habituelle excellente bande son, de nouveaux personnages qui ont du punch et le capitaine le plus irrésistible de la planète. Alors, vous y allez ou vous y allez ?

You know that feeling you get when you're standing in a high place... sudden urge to jump...?
I don't have it.

Ma note : Incontournable





Titre original : Pirates of the Caribbean: On Stranger Tides
Long-métrage américain
Genre : Aventure , Comédie , Fantastique
Durée : 02h20min
Année de production : 2011
Distributeur : The Walt Disney Company France
Date de sortie : 18 mai 2011

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mercredi 18 mai 2011

Alim le Tanneur,
de Wilfrid Lupano & Virginie Augustin

Reçu le mercredi 18 mai 2011, 6 reviews
Résumé :
"Dans l'empire de Jésameth, être un hors-caste, c'est n'être pas tout à fait un homme. Alim est de ceux-là. Tanneur de profession, il a la charge de recycler les corps sans vie des sirènes tueuses qui viennent s'échouer sur les plages de la cité impériale. Mais le destin redistribue parfois les rôles.
Un soir pas comme les autres, l'océan vient confier au plus humble des hommes le plus grand des secrets."

Mon avis :
Ne cherchez plus, vous connaissez déjà la coupable de mes envies BDs compulsives. Et dire qu'elle m'a collé les 2 premiers tomes de cette BD dans les mains, alors que ma valise était déjà pleine à craquer... sans compter que j'ai du acheter les 2 derniers aussitôt après tellement je voulais connaître la fin ! Non, vraiment, si je n'avais pas autant aimé, je n'aurais pas hésité à me venger de cette vile manœuvre, Lelf !

Tout commence sur la plage d'une terre inconnue, avec une petite fille et son cerf-volant qui se fait arrêter pour une sorte de blasphème. Son père, Alim, tanneur de son état, la récupère tant bien que mal des bras des autorités : ceux-ci ont décidé que les "hors-castes" comme Alim et sa famille ne devaient pas avoir la moindre liberté. À Brahmalem, dans cette société noyée sous une religion oppressante, on ne plaisante pas avec les règles. Lorsque Bul découvre quelque chose qui va venir remettre en cause toute l'organisation de leur société, Alim et elle vont alors partir vers un autre monde, espérant pouvoir y vivre libres loin du joug de Jésameth...


Très honnêtement, la raison pour laquelle j'ai craqué sur cette BD la première fois, c'est à cause de ses superbes dessins et couleurs. S'il fallait définir un style de BD que j'apprécie, ce serait définitivement celui-ci : une ambiance multicolore, travaillée, qui fait rêver du fond des marais jusqu'au ciel mauve du crépuscule. Les personnages sont naturels et sympathiques, expressifs, et les paysages grandioses sont aussi bien détaillés que les actes barbares et autres effusions de sang.

Car comme les illustrations, l'histoire repose sur une balance délicate entre la candeur initiale des héros et la brutalité de l'armée et des dirigeants religieux. Alim est l'archétype de l'homme honnête et bon qui souhaite protéger sa famille - le parfait héros courageux en somme -, tandis qu'autour de lui le monde se déchaîne pour rétablir l'ordre, anéantir les populations païennes et étendre inexorablement l'influence de Jésameth dans le sang et la guerre.

La réflexion sur le pouvoir, la justification des massacres, l'influence de la religion sur les peuples est un peu le moteur de cette série. La façon dont les populations qui souhaitent coopérer pacifiquement sont asservis, ou dont celles déjà anéanties par une religion se retrouvent "sauvées" par le poids d'une autre, laisse un goût amer. En quatre tomes, on découvre à travers Alim et Bul la fin d'un monde, et le commencement d'un autre.


C'est en passant de petites joies à une grande tristesse que l'on vogue au fil des pages, craignant pour les héros, pour l'avenir de tous, et la fin d'un réalisme poignant laisse avec elle l'envie de se replonger à nouveau dans ce monde aux milles couleurs et mille merveilles. Une vraie belle et grande aventure, comme on voudrait en vivre plus souvent.

Ma note : 9,5/10



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mardi 17 mai 2011

Les loups de Prague,
d'Olivier Paquet

Reçu le mardi 17 mai 2011, 9 reviews
Résumé :
Prague, huit ans après un putsch militaire. La Ville vit sous la forme d’un système immunitaire géant soumis à une véritable programmation biologique. Au cœur de la cité, pourtant, opère dans la clandestinité une guilde du crime, mafia organisée en clans régis par des lois animales mais servis par une technologie sidérante.
Dans ce contexte singulier, deux hommes vont se connaître et se mesurer : Václav, journaliste et militant du retour à la démocratie, et Miroslav Vlk, maître des Loups. Aveuglé par sa fascination pour le chef de meute, Václav entraîne les habitants de Prague vers ce qui pourrait bien être un ultime bain de sang.

Mon avis :
On peut dire que j'ai été sacrément casse-pieds avec ce livre, depuis le moment où l'Atalante a proposé ses deux premiers chapitres en ligne, je n'ai cessé de harceler la seule propriétaire que je lui connaissais à son sujet. Ne me demandez pas pourquoi j'étais aussi persuadée que je l'aimerais, mais mon tapage a porté ses fruits : l'infinie dévotion de ma chère Lelf (chronique inside) a déposé ce livre dans ma boîte aux lettres, griffonné par son auteur qui a eu vent de mon raffut, la veille de mon départ à Prague. Il n'est même pas passé par la case bibliothèque, c'est pour dire.
Et sinon, ça vous intéresse de savoir de quoi ça parle ?

Pour tout vous dire, c'est assez difficile de parler de cette histoire en peu de mots tout en restant cohérent. Elle parle de clans, ceux des Loups, des Serpents, des Requins et des autres, ceux qui contrôlaient les maux de la Ville avant que Bláha ne lance le projet Gaïa et que la Ville ne se débarrasse par elle-même de ses fauteurs de trouble. Elle parle d'une population anesthésiée, d'un journaliste curieux et d'un inspecteur tous deux fascinés par le kniže, Miro, chef des Loups, pour des raisons bien différentes. Ça parle d'un groupuscule révolutionnaire voué à l'échec, d'une lutte de pouvoir, d'une machination. Mais surtout, ça parle de la Ville, celle du futur, celle du passé - celle éternelle.

Il y a quelque chose d'inexplicable avec cette histoire, je ne saurais trop vous dire quoi. Sans être parfaite, sans être exempte de temps morts, de confusion et de monologues pas toujours très naturels, elle gère ces défauts avec brio, les faisant passer presque inaperçus dans le flot d'action, de rebondissements et de réflexion qui nous porte de la première à la dernière page. J'ai mis un temps fou à la lire et pourtant, je n'en regrette pas une minute.

Je dois dire aussi qu'il me semble difficile d'apprécier ce livre sans apprécier Prague. Le côté SF a beau être omniprésent - ses machines, ses implants hormonaux, ses armures adaptables, sa biotechnologie impressionnante et ses clans "bestiaux" qui se partagent toutes les formes de corruption -, ce sont les moments où Václav traverse le parc du Vyšehrad, ceux où Miro erre à Petřín ou encore les vues sur le château (Hrad) qui m'ont le plus marquée. Un voyage gratuit version papier, il n'en faut pas beaucoup plus pour me contenter.

Mais tout de même, il ne faut pas oublier que tout ça, ce n'est pas juste une histoire de Ville et de machine. C'est aussi celle de personnages complexes, torturés et fascinants. En tête, on trouve Miroslav Vlk, kniže de son état, père d'un autre, qui dirige les gens comme personne, les manipule avec une grâce qu'on lui envie. Ensuite il y a les éléments déclencheurs, ce brave Václav qui se fait mener par le bout du nez, Nikolaj qui ne parvient jamais à ses fins, puis les membres les plus importants des clans qui émerveillent jusque dans leur cruauté et leur violence indécente. Le charme exotique de leur présence suffit à faire vivre l'histoire.

Vous n'en pouvez sans doute plus et je ne vous ai pas encore parlé de la narration particulière, du style, des chapitres passés et présents, de la fin qui garde en haleine... tant pis, il vous faudra le découvrir par vous même. C'est tout le mal que je vous souhaite, après tout le bien que je vous en ai dit.


Ma note : 8/10




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vendredi 13 mai 2011

Le vieil homme et la guerre,
de John Scalzi

Reçu le vendredi 13 mai 2011, 10 reviews
Résumé :
“J’ai fait deux choses le jour de mon soixante-quinzième anniversaire. Je suis allé sur la tombe de ma femme et je me suis engagé.”
À soixante-quinze ans, l’âge minimum requis, John Perry n’est pas le seul à intégrer les Forces de défense coloniale, le seul ticket pour les étoiles, mais sans retour. Plus rien ne le retient sur Terre. Combien d’années de vie peut-il encore espérer? En revanche, s’engager, c’est défendre la Terre, protéger l’expansion de l’humanité dans les étoiles, retrouver une seconde jeunesse et, à l’issue du service, obtenir le statut de colon sur une planète nouvelle. Sur Terre, nul ne sait ce qu’il advient de ces recrues à part qu’on leur promet une guerre sans merci contre la myriade d’espèces intelligentes qui se partagent un “espace vital” interstellaire beaucoup trop étroit. John Perry devient donc soldat. Avec son nouveau statut commencent les révélations, inimaginables.

Mon avis :
Suite à la chronique plus qu'élogieuse de mademoiselle Lelf, il était impossible que je passe à côté de ce livre s'il passait sous mon nez. Et par un étrange concours de circonstances, c'est justement ce qui est arrivé : ni une ni deux, aussitôt saisi, aussitôt lu, et quel plaisir de perdre quelques heures de sommeil auprès d'un tel ouvrage. Mr Scalzi, vous et moi, nous avons à parler physique !

Lecteur, je te sens te raidir à la mention de ce mot redouté par les non-férus de science, comme je le suis. Eh bien, il ne faut pas : oui, ce livre est de la SF, il se passe (en partie) dans l'espace, il contient des saut spatio-temporels un peu déroutants, mais c'est loin d'être tout. C'est avant tout l'histoire d'un vieux con (ce n'est pas moi qui le dit), John Perry, qui s'engage dans les forces de défense coloniales pour fuir la vieillesse solitaire qui l'attend sur Terre. Ce qu'il va trouver aux FDC, ce sont d'autres vieux cons avec qui il va bien s'amuser, des aliens improbables à tuer, quelques soucis d'ordre moral et quelques autres d'ordre physique... la grande aventure !

Je ne vais pas vous le cacher, ce livre a été un petit coup de coeur. L'écriture de Scalzi est délectable, jouissive, pleine d'humour, de dynamisme, de petites anecdotes, de coups de mou et de pèche, et qu'on ne voit pas les pages tourner. L'histoire est en même temps pleine d'action, pleine de détente, pleine de réflexion et pleine de sentiments, sans un seul moment pour s'ennuyer. Non, tout est juste comme il faut, et ce n'est pas souvent qu'on voit ça.

Et comme une bonne histoire ne vient pas toujours seule, celle-ci contient aussi d'excellents personnages, en commençant par son héros, John Perry. Soixante-quinze ans, veuf, il décide de partir dans l'espace faire la guerre aux aliens (en espérant secrètement redevenir jeune au passage) plutôt que de moisir sur Terre. Et quelle bonne idée ! Malin, farceur, courageux et têtu, il est un héros parfait jusque dans ses défauts très humains. Et ses amis de la bande des vieux cons sont une agréable équipe à suivre, au moins autant que les instructeurs vicieux, les brutes des forces spéciales et autres réjouissants militaires.

Alors oui, il faut l'avouer, il y a eu un ou deux moment où, à deux heures du matin, il fut dur de comprendre pourquoi les trachyons qui remontent le temps à la vitesse de la lumière permettent de prévoir où arrivent les sauts qui conduisent d'un univers à l'autre sans propulsion mais en laissant derrière eux une copie de soi mais dans un monde assez semblable où probablement on ne pourra pas revenir. Arrêter la physique à 16 ans, ce n'était peut-être pas une bonne idée, mais ce n'est pas ça qui m'a empêché de comprendre une miette de l'histoire.

C'est où qu'on signe pour le prochain cours ?

Ma note : 9/10


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mardi 10 mai 2011

Chasse au trésor,
de Raphaëlle Adam

Reçu le mardi 10 mai 2011, 8 reviews
Résumé :
Trente ans après leur séparation, Paul, Joe et Franck reçoivent un mail d’Eddie leur proposant une chasse au trésor, activité favorite de leur enfance. Leurs hésitations seront vite balayées par l’idée de se retrouver tous ensemble dans une vaste demeure de Louisiane connue pour sa valeur historique… et le mystérieux meurtre de son bâtisseur en 1734 .
Mais le passé n’offre-t-il toujours que de bons souvenirs ?

Mon avis :
J'ai eu la chance de lire cette histoire grâce à la générosité de ma chère Aceituna, qui m'a envoyé le livre de son amie pour le faire découvrir autour d'elle. Je savais dès le début que les thriller n'étaient pas mes livres préférés mais j'ai tout de même tenté l'aventure avec plaisir, surtout que l'histoire s'est révélée bien différente de ce que j'imaginais!

On commence le récit avec Paul, professeur d'histoire, qui après nous avoir offert un bref aperçu de son quotidien, reçoit un mail d'une ancienne amie l'invitant dans une vieille bâtisse de Louisiane pour une chasse au trésor. Puis rebelote avec Joe, l'ex-militaire, et Franck, l'architecte, qui se retrouvent donc réunis sur ce lieu chargé d'histoire, impatients de l'explorer. Ne manque à l'appel que Tim, leur ami mort lors de leur dernière chasse au trésor...

Histoire de suivre le rythme du roman, je vais commencer par vous parler des personnages. Les quatre amis nous font partager un peu de leur vie actuelle et un peu de leur enfance à travers des flash-blacks, en mettant en avant leur amitié sans faille (ou presque) à travers moult jeux et embrassades. Ils sont un peu vieux pour ça, certes, mais admettons... Puis l'Histoire (avec un grand H) prend un peu le pas sur le récit et on les perd de vue, bien qu'ils soient toujours là : on se demande un peu si ce qui compte le plus, c'est leur histoire à eux ou celle de la maison.

Car l'histoire de la maison, c'est un peu ce qui fait tourner le récit : la maison d'Eddie est une ancienne demeure de négrier de l'époque coloniale, et le cours sur l'exploitation du coton, l'esclavage et le vaudou est de mise pour l'occasion. Les chapitres alternent entre présent, enfance des personnages et passé auprès d'Arthur MacBride et sa maîtresse noire. De quoi ravir les férus d'Histoire, je pense !

Mais les férus de thriller, eux, vont devoir être patients. Il faut attendre les tous derniers chapitres pour enfin trouver un peu de mystère, et on regrette que les indices qui l'accompagnent dévoilent le pot aux roses un peu trop vite. Quelques épilogues viennent néanmoins clarifier les questions en suspens sur la fin un peu abrupte de l'histoire, évitant au lecteur de rester sur sa faim.

En bref, un bon moment passé avec ce livre qui se lit rapidement et facilement. J'aurais aimé un peu plus de profondeur au niveau des personnages, un peu plus d'exploration et un peu moins d'Histoire, mais pour un premier livre, c'est un très bon début !

Ma note : 7,5/10

Et comme je souhaite moi aussi encourager ce livre, je vous propose à votre tour de découvrir cet auteur (qui vient de terminer un second livre si je ne me trompe) en faisant voyager cet exemplaire à travers l'Europe ! Envie de le lire ? Envoyez-moi un message à spooffin[at]gmail[dot]com et je vous inscrirai sur la liste des participants !

Le tour du monde :
- Lily Muffin (Finlande)
- Culture Guu (France)


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lundi 9 mai 2011

Lunatics and Luck,
de Marcus Sedgwick

Reçu le lundi 9 mai 2011, 3 reviews
Résumé :
Faites connaissance avec la merveilleusement bizarre famille des Otherhand et leur dévoué gardien Edgar le corbeau, et découvrez les sombres secrets du château Otherhand.
Solstice et Cudweed ont le malheur de découvrir que leur père vient de leur trouver un nouveau professeur. Surtout que les choses ne s'arrangent pas lorsque l'acariâtre et vicieux enseignant arrive : les enfants Otherhand sont persuadés qu'il y a quelque chose de spécial chez lui - le seul problème, c'est de savoir qui va les croire ? Personne, semblerait-il. À part, sans doute, Edgar.

Mon avis :
C'est le moment pour une nouvelle escapade au château Otherhand avec la suite des étranges aventures de cette incroyable famille et du fameux Edgar, le corbeau narrateur, qu'on ne présente plus. Tout commence par un tremblement de terre, un coup de folie de Valevine et l'apparition "propice" d'un professeur particulier devant la porte du château. Et si la séance éducative est loin de plaire aux concernés, l'odeur de chien mouillé de leur sadique professeur ne leur inspire rien de bon...

C'est tout de même étrange qu'au moment exact où Lord Valevine Otherhand, sous le coup d'une impulsion, décide que sa progéniture a besoin de reprendre l'école, un professeur particulier passe les portes du château ! Un professeur possédant une malle horriblement lourde (causant le péril de deux pauvres domestiques), une pilosité assez développée, bref, un individu suspect. Et que dire des accidents inexplicables qui secouent sans cesse le château, du pauvre Fellah qui perd la tête et de la machine à prédire le futur de Valevine ?

Le bonheur est toujours au rendez-vous lorsqu'on retrouve Edgar et les farfelus Otherhand qui ne cessent de lui créer des soucis. On aurait pu croire que réutiliser les mêmes ingrédients depuis le premier tome serait lassant mais pas du tout, Sedgwick parvient toujours à nous captiver avec ses rebondissements, son humour un peu noir mais toujours omniprésent et ses personnages délicieusement excentriques. Chaque nouveau tome rappelle un épisode de série, à la fois indépendant et lié à l'ensemble - si seulement on pouvait en avoir un par semaine !

Edgar est de loin le meilleur narrateur que j'ai pu croiser au fil de mes lectures, un peu têtu, ironique, radoteur mais affreusement attachant. Le corbeau domestique dont j'ai toujours rêvé, admettons-le. Et son aversion pour les singes est à mourir de rire !

I don't know if you've been following me at all, but if you have, I think there's a chance that you might have picked up on the fact that I have, how should I put it... a very bad opinion of monkeys.
I mean, to put it plainly, what are monkeys for? Really?
It's a question I suspect you will struggle to answer because I have wrestled with it myself ever since the arrival of Fellah at castle Otherhand, and I have found no satifactory answer.
Are they useful? No.
Do they look nice? Definitely not.
Do they sound nice? They do not.
Do they smell nice? Quite the opposite!
And furtermore, if the pickle-brained specimen we have to live with is anything to go by, they seem to be masters at being loud, irritating, smelly, ugly and rude.

Et dire que j'aimais bien les petits singes (surtout Fellah, ce petit bout-en-train)... tu es sûr, Edgar?

Yes! Pointless, irritating, rude, smelly, dumb, stupid and limited, noisy, smelly, aggressive, ugly, hairy and smelly. Did I mention that? The stink?

Ok, ok, je pense qu'on a compris.

Alors si vous aussi, vous aimez les corbeaux, détestez les petits singes qui sentent mauvais, adorez les mystères, les inventions improbables et loufoques, les déguisements, les poils, la géographie, les jeunes filles courageuses, les pièges, les cuisses d'agneaux, les châteaux hantés, les accidents malencontreux, les dingos et la mauvaise fortune... ou d'ailleurs, si vous ne les aimez pas... je crois que vous avez autant de chances que moi de vous éclater avec cette série. Arrrk!

Ma note : 9/10

Ce volume est le troisième d'une hexalogie, dont vous trouverez ici les chroniques du premier et second tome, et celles de la suite bientôt ! Si vous ne lisez pas encore en anglais, profitez-en, cette série jeunesse est parfaite pour commencer, allez faire un tour sur le site de la saga pour y lire quelques extraits !



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vendredi 6 mai 2011

Thor,
de Kenneth Branagh

Reçu le vendredi 6 mai 2011, 8 reviews
Synopsis :
Au royaume d’Asgard, Thor est un guerrier aussi puissant qu’arrogant dont les actes téméraires déclenchent une guerre ancestrale. Banni et envoyé sur Terre, par son père Odin, il est condamné à vivre parmi les humains. Mais lorsque les forces du mal de son royaume s’apprêtent à se déchaîner sur la Terre, Thor va apprendre à se comporter en véritable héros…

Mon avis :
Encore un Marvel, me direz-vous. C'est vrai, mais j'ai foi en le potentiel de tout un chacun, et même eux. D'accord, ils ont raté quelques adaptations, mais celle-ci n'avait pas l'air trop mal pour changer. Rien que l'hypothèse d'une semi-réussite est suffisante pour aller le voir, non ? Et alors, alors ? Vous voulez savoir comment c'était ?

D'abord il y a un grand beau blond musclé, barbu, le sourire charmeur, the Norwegian God dans toute sa splendeur. Ensuite, il y a de la 3D, Asgard version écran vert avec des couleurs partout, de beaux effets, un Bifrost qui en jette et des belles armures bien luisantes. Puis on arrive au nouveau Mexique, avec la fille (astrophysicienne quand même, ho), la copine de la fille, le mentor de la fille, une camionnette, du sable, un Deli... bref, la folie. Surtout quand le beau blond arrive, puni par Odin, qu'il cherche son marteau qui se la joue Excalibur et que tout de même, il va faire preuve de bravoure et vaincre le mal.

Je prends ça à la légère, j'avoue, mais pas de panique. C'est bien meilleur que ce qu'on pourrait croire. D'abord, il faut dire que c'est pas mal tourné tout ça, les acteurs sont biens (enfin, miss Portman était moins cruche en danseuse qu'en scientifique, dommage), les décors sont pas mal, les effets spéciaux sympa ; si ce n'était les costumes un peu trop plastique de kermesse, ça aurait vraiment été impeccable. Et du côté de l'histoire, qu'il est de mise de juger totalement à part de celle des comics (que je n'ai pas lus), ça tient la route malgré le scénario un peu classique.

Surtout qu'en plus de ça, on rigole bien, il n'y a pas trop de temps morts (juste assez pour une petite sieste au milieu), le blond se met torse nu pour vous garder en haleine... oui mais bon, ça reste un Marvel de moyenne gamme, un peu trop convenu, vraiment kitschou par moment, et on soupire de soulagement à la fin qui esquive les papillons et la course main dans la main dans les champs. Mr Branagh, merci de ne pas avoir cédé à la tentation.

Alors, on va le voir ou pas ? Beh oui, allez-y !

Ma note : 7/10



Long-métrage américain
Genre : Action, Fantastique, Aventure
Durée : 01h54min
Année de production : 2011
Distributeur : Paramount Pictures France
Date de sortie en France : 27 avril 2011

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mardi 3 mai 2011

Le Tao de Pooh,
de Benjamin Hoff

Reçu le mardi 3 mai 2011, 11 reviews
Résumé :
Le comment de Pooh, Le Tao de qui ? Le Tao de Pooh ! ... où l'on découvre que l'un des plus grands maîtres taoïstes n'est pas un Chinois... ni un philosophe vénérable... mais un petit ours insouciant, tranquille, qui agit sans effort et sans arrière-pensée, le personnage de A.A. Milne, Winnie-the-Pooh, c'est-à-dire Winnie l'Ourson. En chacun de nous sommeille un Bourriquet, un Coco Lapin, un Porcinet, un Maître Hibou et un Pooh.
Mais tandis que Bourriquet se tourmente
... que Porcinet hésite
... que Coco Lapin calcule
... et que Maître Hibou pontifie
Pooh simplement EST
et telle est la clé de la sagesse du Tao.

Mon avis:
Je ne sais pas ce qui m'a fait le plus craquer pour ce livre la première fois, probablement cette combinaison du sérieux Tao et de l'insouciant Pooh, et l'envie de savoir ce qu'un petit ourson avait à voir avec une philosophie chinoise. J'en connais beaucoup qui pensent que Pooh n'est qu'un stupide personnage de livre pour enfant qui ne pense qu'à manger... il serait peut-être temps de réviser vos préjugés, non ?

"Ce livre commence par expliquer les principes de bases du Tao..."
"Non, non, ce n'est pas ça", dit Pooh en se penchant vers l'écran.
"Ah bon ?"
"Eh bien, je croyais que ce livre commençait avec Pooh..."
"Oui, c'est vrai, mais je pensais que ce serait plus simple pour que les gens comprennent..."
"Mais c'est le Tao de Pooh. Et Pooh, c'est moi."
"Tu as raison Pooh, le livre commence avec toi."
"Et j'explique comment trouver la Voie, n'est-ce pas ?"
"En effet."
"Je pense qu'ils ont bien fait de prendre Pooh, il n'y a pas moins compliqué", dit-il enfin en prenant place sur le bureau.

Il est vrai que si vous voulez aborder la philosophie en toute simplicité, rien de tel que Pooh pour cela. En reprenant des passages de l'oeuvre originale de A.A. Milne que nous avons tous (enfin je l'espère) eu la chance de découvrir étant petit, l'auteur nous explique les principes simples de la vie que promeut le Tao à travers des exemples concrets : les aventures de Winnie the Pooh.


Si vous renoncez à l'arrogance, à la complexité et à toutes ces autres choses qui se mettent en travers du chemin, tôt ou tard vous découvrirez ce secret simple, enfantin et mystérieux, connu de ceux qui pratiquent le Bloc de Bois Brut : que la vie est un amusement.

Avouez que souvent, le stress du travail, les soucis du quotidien, la routine prennent le pas sur ces moments où l'on peut se poser et penser à sa vie. Eh bien c'est ce que Pooh apporte, cette insouciance, cette tranquillité et cette volonté de prendre les choses comme elles sont, et de ne pas avoir besoin de raison pour apprécier quelque chose. Il suffit parfois de peu de choses pour en faire de très grandes, même sans donner l'impression d'agir !

L'Intelligence tente d'inventer des moyens habiles pour adapter les éléments de bois à des ouvertures qui ne leur correspondent pas. Quant à la Connaissance, elle essaye de comprendre pourquoi les billes correspondent aux ouvertures rondes et non à des ouvertures carrées. Mais Wu Wei (ndc, la voie) n'essaie pas. Wu Wei n'y pense pas. Il se contente d'agir. Et quand il agit, il ne donne pas l'impression de faire quoi que ce soit. Mais les Choses-Sont-Réalisées.

Le livre est séparé en plusieurs parties abordant divers concepts du Tao : la voie, le bloc de bois brut, Cottleston Pie, etc. Il y prend le temps d'expliquer le principe, de donner des extraits des ouvrages de Lao-Tseu et ses confrères grands maîtres du Tao, d'apporter d'anciennes anecdotes sur le sujet, et enfin, d'y faire intervenir Pooh, avec son humour rafraîchissant, pour conclure tout ça.

"Ni Ludwig Van Beethoven ni l'homme qui a écrit le livret de l'Hymne à la Joie n'ont jamais fait mention d'un Ourson."
"Oh ! Je dois confondre avec Ludwig van Oursthoven, alors."
"Pooh, il n'y a pas de Ludwig van Oursthoven. Tu as écris cette chanson toi-même."
"Tu crois ?"
"Oui, je crois."
"Ah, alors c'est là que j'ai dû l'entendre", dit-il.

Ce livre est donc un condensé de bonnes choses : non seulement le Tao est une excellente philosophie à suivre si l'on veut aborder la vie avec plus de calme, de sérénité et de joie, mais il apporte également une seconde vision de l'histoire de Winnie the Pooh, une dimension plus éducative de ces histoires qu'on considérait autrefois comme simple amusement.
Et puis vous en connaissez combien, vous, des ouvrages de philosophie chinoise commentés par un ourson plein d'humour ?

Voulez-vous vraiment être heureux ? Commencez d'abord par apprécier ce que vous êtes et ce que vous avez. Voulez-vous vraiment être malheureux ? Commencez par être mécontent. Comme Lao-Tseu l'a écrit : "Un arbre si gros qu'on ne puisse l'étreindre commence par être une graine ; un voyage de mille lieues commence par un premier pas."

Ma note : 9/10

Après ce rafraîchissant aperçu du Tao par notre ourson préféré, il est temps de s'attaquer à la suite en compagnie du plus timide petit cochon qu'il soit, avec le Te de Piglet. Bientôt sur le blog !

Et Yes, We Kant, bien sûr !



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Lilyn Kirjahylly Copyright © 2011, by The Scary Cupcake & Mr Pink Eyes
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