samedi 30 avril 2011

Castle In The Air,
de Diana Wynne Jones

Reçu le samedi 30 avril 2011, 10 reviews
Résumé :
Loin au sud du pays d'Ingary vit un jeune marchand de tapis appelé Abdullah. Dans ses rêves, il est le fils perdu d'un grand prince. Un rêve impossible... n'est-ce pas ? Mais lorsque les rêveries d'Abdullah commencent soudain à devenir réalité, il rencontre la splendide Fleur-de-la-nuit, fille du féroce Sultan de Zanzib. Le destin les a rapprochés mais un génie au sale caractère, un djinn monstrueux et divers bandits féroces ont décidé de se mettre en travers de leur route. Alors que Fleur-de-la-nuit se fait enlever, Abdullah est bien décidé à la sauver - s'il arrive à la retrouver !

Mon avis :
La belle aventure Diana Wynne Jones continue ce mois-ci avec les aventures pas de nos héros préférés mais d'un curieux marchand de Zanzib, Abdullah, vendeur de tapis de son état et rêveur professionnel de sa condition. Le château n'est plus ambulant mais dans le ciel, et on y trouve des princesses, des génies et des djinns maléfiques... mais Howl n'est jamais loin, bien sûr !

Abdullah est un jeune homme sans histoire : tenant un petit stand de tapis sur le marché de Zanzib, il se contente d'éviter sa belle-famille et les ennuis pour mener une vie calme. Ce qu'il aime surtout, c'est rêver qu'il est un prince, enlevé enfant par un bandit et élevé par son père le marchand de tapis. Lorsqu'un homme crasseux lui revend un tapis magique, il ne croit que vaguement à son pouvoir. Mais une fois dans le jardin de la belle Fleur-de-la-nuit, il ne regrette pas son acquisition ! Seulement les difficultés ne font que commencer, et il va devoir traverser le pays en compagnie d'un soldat douteux pour retrouver sa bien aimée...

Il n'y a pas dire, l'auteur sait toujours autant y faire avec les histoires ! Bien que ce livre soit la suite de Howl's Moving Castle, il faut de nombreuses pages pour leur trouver un lien. Cette excursion dans le désert avec le brave Abdullah et sa princesse est une bouffée de fraîcheur : sous ses airs de mille et une nuits, le récit est riche en aventures, en rebondissements, et les nombreux changements de décor font qu'on ne s'ennuie pas une seconde.

Il faut admettre que sans Howl, j'avais quelques doutes au début de l'histoire. Est-ce que ce marchand de tapis bien trop poli et plein de flatterie va tenir la route ? C'était sans compter sur le talent de la narratrice, qui a su en faire rapidement un personnage amusant et attachant. Quant aux personnages secondaires, non seulement on ne peut s'empêcher de les apprécier, mais la fin leur donne une profondeur et une splendeur insoupçonnées. Un vrai chef d’œuvre !

Alors comment le comparer au premier opus ? Eh bien, difficilement... Howl, Sophie, Calcifer et toute la clique sont des personnages charmants et pleins de caractère, tout comme le sont Abdullah, le génie et le soldat ; les histoires sont, bien que différentes, tout aussi entraînantes ; la fin de ce volume surpasse cependant un peu celle du précédent, mais il faut dire que la présence de mes chouchous n'y est pas pour rien...

Non, c'est impossible de choisir. Il ne vous reste qu'une seule chose à faire, j'en ai peur... lire les deux !

Ma note : 9/10

Retrouvez les avis sûrement aussi enthousiastes de mes co-lecteurs Nathalie, Flo_boss, Heclea, Aily et Sita, et rendez-vous le mois prochain pour le dernier volet de la saga !


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jeudi 21 avril 2011

Là où vont nos pères,
de Shaun Tan

Reçu le jeudi 21 avril 2011, 9 reviews
Résumé :
Pourquoi tant d'hommes et de femmes sont-ils conduits à tout laisser derrière eux pour partir, seuls, vers un pays mystérieux, un endroit sans famille ni amis, où tout est inconnu et l'avenir incertain ? Cette bande dessinée silencieuse est l'histoire de tous les immigrés, tous les réfugies, tous les exilés, et un hommage à ceux qui ont fait le voyage...


Mon avis :
Si j'ai encore besoin de vous présenter Shaun Tan, c'est que vous ne venez pas assez souvent sur ce blog. Non content d'être un de mes artistes favoris, il est également un génie des images et des lettres, créant des albums aussi originaux que touchants. Cette fois-ci, il s'est carrément passé de mots pour nous raconter une grande histoire, universelle, celle de l'arrivée dans l'inconnu.

Qui ne s'est jamais un jour senti étranger quelque part ? Devoir laisser sa famille derrière soi, même pour un court moment, se retrouver dans un endroit inconnu où l'on ne comprend pas ce qu'on voit, ce qu'on mange, ce qu'on dit... Se mettre à errer, chercher en vain son chemin, se sentir noyé dans la masse, c'est ce qui arrive au protagoniste de cette histoire alors qu'il débarque dans une ville lointaine, à la fois féerique et effrayante, où il va faire nombre de rencontres.

S'inspirant entre autres de vieilles photos des immigrants arrivant à New York, Shaun Tan part d'un cadre très réaliste pour arriver dans un endroit magnifique, onirique et grandiose, oppressant dans son étendue, inquiétant par ses multiples symboles et recoins sur lesquels on s'interroge en même temps que le héros. À l'inverse de ses autres travaux où la couleur et l'allégorie prédominaient, Tan explore ici le réalisme à travers ses personnages, le sépia aux multiples nuances, et le format plus proche de la bande dessinée avec des petites cases sagement alignées au détour d'illustrations géantes.


Comme toujours, les émotions ont la part belle avec Tan : sans un mot, il arrive à nous faire ressentir la tristesse du protagoniste, son désarroi, son inquiétude et sa solitude. Puis à chaque nouvelle rencontre, chaque petit geste ou main tendue, il nous raconte d'autres histoires émouvantes, celles d'autres personnes qui furent un jour étrangères elles aussi, et qui n'hésitent pas à leur tour à guider un nouvel arrivant. Bien que la mélancolie prédomine, l'espoir ne cesse de s'insinuer à travers chaque petite fissure de la ville, chaque petit animal curieux, chaque invention farfelue. On se sent parfois comme un gamin à Noël, émerveillé par les décors lumineux et les petits personnages qui les traversent.


Ce serait impossible de comparer cet album avec les autres de l'auteur tellement il est différent, bien que tout aussi touchant. Une fois encore, il joue sur des thèmes "graves" tout en les présentant sous une forme qui parle à tous, à tous les âges. La magie coule à travers les images et nous emporte avec elle, le temps d'un album, dans une aventure inoubliable.

Ma note : 10/10

Une édition spéciale est également disponible, accompagnée de sketches et d'éléments inédits qui l'ont inspiré pour créer cette histoire. Ma reconnaissance éternelle à quiconque souhaite me l'offrir !


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mercredi 20 avril 2011

Rio,
de Carlos Saldanha

Reçu le mercredi 20 avril 2011, 4 reviews
Synopsis :
Blu, un perroquet bleu d’une espèce très rare, quitte sa petite ville sous la neige et le confort de sa cage pour s’aventurer au cœur des merveilles exotiques de Rio de Janeiro. Sachant qu’il n’a jamais appris à voler, l’aventure grandiose qui l’attend au Brésil va lui faire perdre quelques plumes ! Heureusement, ses nouveaux amis hauts en couleurs sont prêts à tout pour réveiller le héros qui est en lui, et lui faire découvrir tout le sens de l’expression « prendre son envol ».

Mon avis :
Mettez des shorts dans vos valises, on part à Rio ! Le carnaval, la jungle, les touristes, les locaux, la flore, la faune... mais surtout, les oiseaux ! Une farandole de plumes multicolores viendra s'agiter devant vos yeux, tandis que vous découvrirez l'histoire du plus adorable petit ara bleu du monde, le dernier mâle de sa race, qui ne va pas trop faire le fier une fois lâché dans sa jungle natale, enchaîné à sa promise !

Car Blu n'est pas un perroquet ordinaire : trouvé bébé par une jeune fille du Minnesota, il grandit dans une petite boutique avec sa nouvelle meilleure amie, Linda, qui lui apprend toutes sortes de tours. Son seul petit défaut, c'est qu'il ne sait pas voler... et lorsque Linda accepte de l'emmener à Rio de Janeiro pour comment dire, repeupler l'espèce, le pauvre petit Blu va en voir de toutes les couleurs avec cette Jewel qui ne pense qu'à s'échapper !

On l'aura compris, je suis une aficionado des films d'animation ! Pourtant avouons-le, celui-ci n'est pas exactement le chef d’œuvre du siècle : un scénario assez plat, pas très original, des personnages convenus et des méchants de dessin animé... mais soit, tout le monde ne peut pas être Rango, n'est-ce pas ?

Parce que si mon petit coup de cœur cinématographique de l'année n'a pas beaucoup fait rire les petits, celui-ci ne manquera pas de faire son office ! Dès les premières minutes, les petites bêtes chatoyantes sont adorables, irrésistibles même, et les futurs compagnons d'aventure de Blu et sa belle sont (bien qu'un peu lourds) de joyeux et attachants bouts-en-train.

N'allez pas le voir pour relativiser sur votre quotidien, mais si vous aimez les (très) belles images, les couleurs, l'humour gentillet et l'action légère, payez-vous un bon moment de détente avec les piafs les plus classes de Rio !

Ma note : 7,5/10





Studio : Blue Sky
Long-métrage canadien, brésilien, américain
Genre : animation, aventure, famille
Durée : 01h30min
Année de production : 2011
Distributeur : Twentieth Century Fox France
Date de sortie en France : 13 avril 2011

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mardi 19 avril 2011

Swap-mi et swap-moi sont dans un bateau...
[swap]

Reçu le mardi 19 avril 2011, 18 reviews
Ha ha ! Vous ne le saviez sans doute pas, mais une bande de poissons panés et moi avons organisé un swap nautique mené par le redoutable capitaine Lalou, prêt à nous mettre en boite à la moindre embardée. Le mystère n'a point duré, car votre serviteur, le crustacé le plus malin des sept mers, j'ai nommé moi, n'a pas tardé à deviner tout ce qui se tramait derrière ces cachotteries. Il faut dire aussi que, sans vouloir me montrer modeste du côté de mon exceptionnel sens du raisonnement, le "han des boutons-chaussettes, double bonheur !" serait passé plus inaperçu si j'en avais parlé avant.

Dis donc Guu-chan, t'aurais pas lu mon questionnaire par hasard ? :D

Et nous y voilà donc, ze Monday (où par miracle le k-market du coin avait des énormes pains au chocolat français, le truc qui n'arrive jamais de ma vie, comme les colis géants) où un petit mot de la poste m'indique que, non-comment-j'y-crois-pas, j'ai un colis qui m'attend ! Je ne vais pas faire semblant d'être surprise, vu qu'en plus de s'être vendue, capitaine Lalou m'avait également confirmé mes théories.

Bref, to ze post office, to ze car, to ze balcony.


(il est grave énorme)


Phase 1 : arrachage de bande d'ouverture facile. Ils connaissent p'tete que dalle aux ouvertures facile de salami, mais pour les colis vous en faites pas que ça s'ouvre tout seul ! Là émerveillement, c'est plat, c'est grand, c'est blanc, c'est quoi ?


Han, un carré de mousse.


Whateva, parce que dessous, il y a trop plein de paquets. Des petits paquets, des moyens paquets, des tous petits paquets, des un peu déchirés paquets, et un énorme paquet que j'ai pas eu le temps de sortir parce qu'un autre genre d'énorme paquet a squatté dessus. Tché.



Trêve de billevesées (non c'est pas ça ?), l'objet du délit est éparpillé sur la table. Désireuse d'avoir la conscience tranquille, je commence par la carte. "Pour la femme aux multiples personnalités". Ça ne doit pas être pour moi mais tant pis, je lis quand même, et on me dit que c'est pas là qu'on me dira quoi que ce soit. Bon hey, ça va bien aller, j'ouvre le paquet de la peluche qui a un bout qui dépasse moi !


Kogepan, il est doux et chou, c'est mon ami pour la vie (si si).


Du coup,je tombe sur l'enveloppe : ça va, juste de (très) belles cartes postales avec un peu de blabla, j'ai le droit d'ouvrir comme je veux, pfiou. Bon bah les livres et les marque-pages d'abord, n'est-ce pas mon capitaine ?



J'arrache un premier coin, je vois Gaiman, direct je pense Anansi Boys. Lily 1 - 0 PC (papier cadeau). Deuxième, c'est plat, c'est rose, c'est du porno gay ? Oh mais non, ce sont les aventures de Kogepan en japonais ! Lalou nous prendra encore pour des dingues mais moi j'adore, j'y peux rien. Le troisième, un Pennac, ça ne m'étonne pas vu le scandale qu'on m'a fait quand j'ai avoué ne pas l'avoir lu. Je n'ai pas intérêt à pas aimer, on me décapite sinon... Et cerise sur le gâteau, enfin plutôt courgette sur le cadeau... l'autobiographie d'une courgette ! On se demande qui a inspiré ce cadeau... et si tu crois que je vais te le passer petite morue chérie, tu peux te brosser, double face même !



Oh et puis du coup je déballe tout, j'en peux plus, tout ce papier réveille le chaton qui sommeille en moi ! Des marque-pages maison (qui à quelques centimètres près rentraient dans ma boite, doh) qui me correspondent très bien (Guu wo daiiiisukiiiii), une poupée-ficelle-bidule-couleur de petit français à baguette adorable, un badge Manabe Shima du chat le plus miteux du gang des chats que j'adore et que je voulais trop comme toute bonne groupie qui se respecte (Floreeeent, hiii !), une kimi doll Lily (ouh c'est moi, je vous jure, trop flattée), des cuties pistache en pâte fimo que j'ai un peu vu de loin déjà et que je vais regarder avec des puppy eyes parce que j'ai trop peur de les paumer en les accrochant sur quelque chose de mobile (comme un téléphone, mais le mien est overloadé déjà) (par contre les boucles d'oreilles je les mettrai parce que cute quoi), et euh... pfioou, ca y est, c'est bon.





Mais non, ne partez pas, vous oubliez le plus gros ! Attendant sagement dans un coin, un brave gros et mou paquet (non, pas celui à poils, l'autre) attend qu'on l'éventre.


Pauvre Kogepan.

Pas pauvre de moi par contre, parce que je vous raconte pas le goûter à la Française que je vais me faire avec tout ça : des baguettes précuites (résultat d'une conversation sur les similitudes nippo-finnoise concernant le pain dégueu et hors de prix), du nutella, de la confiture bonne maman à plein de parfums (elle est bonne ta maman *wink*), du chocolat à tous les goûts (même goût dessert) et des shokobons pour lesquels je me suis un peu virtuellement prostituée, j'avoue. Merci Guu de ne pas avoir laissé mon humiliation non récompensée.



Mais vous savez le meilleur ? C'est que malgré toutes ces merveilles offertes par ma Guupinaute chérie, il paraît qu'il y en a encore pour plus tard... on dit merci qui ?!



Profitons-en pour espionner les autres colis partis à l'aventure qui ont atterris chez Erato, Snow, Lelf, Guu, Lalou et Lyra !

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lundi 18 avril 2011

Le jeu de l'ombre,
de Sire Cédric

Reçu le lundi 18 avril 2011, 5 reviews
Ce livre a été lu dans le cadre d’un partenariat entre et
que je remercie tous les deux pour cette découverte.


Résumé :
Mais que pouvait bien chercher Malko Swann cette nuit-là ? Une overdose d'adrénaline, la sensation ultime, le sentiment de liberté ?
Pourquoi roulait-il aussi vite en pleine nuit sur une route de campagne étroite et sinueuse jusqu'à faire une chute de trente mètres en bas du pont du Diable ?
Atteint d'un traumatisme inexplicable, le musicien est désormais incapable d'entendre la musique. Mais il ne s'agit que du début de sa déchéance. Dans l'ombre, quelqu'un l'observe... quelqu'un qui veut jouer avec lui. Un jeu au goût de sang... Il s'engage alors dans un combat désespéré.

Mon avis :
J'ai eu la chance de lire ce livre dès sa sortie, le dernier en date du fameux Sire Cédric, dont je n'ai pas manqué d'entendre parler depuis quelque temps. Quoi de mieux pour commencer qu'un thriller fantastique, vanté comme une véritable incursion dans la peur et l'inconnu ? Eh bien...

Il est difficile de vraiment définir ce livre. Résolument policier sur la forme, il raconte l'enquête du commandant Vauvert sur une série de meurtres particulièrement violents dans la région de Carcassonne. Le fantastique, c'est l'autre protagoniste du roman, Malko Swann, qui l'apporte avec lui : miraculé d'un accident, il est lui aussi témoin de meurtres inexplicables qu'il va devoir camoufler pour ne pas paraître coupable...

Je ne suis pas une adepte des policiers mais certains thrillers ont tout de même réussi à me captiver, chose qui malheureusement n'est pas arrivée ici. Tout est trop classique au premier abord, l'enquête bateau dirigée avec la bande de policiers français, le chanteur un peu pathétique qui réagit de façon relativement incompréhensible, une fin un peu facile même si bien trouvé... la peur promise n'était pas au rendez-vous, et l'excitation non plus.

C'est toujours la même chose qui me fait perdre pied avec un livre et celui-ci n'y coupe pas : les personnages sont sans saveur. Un commandant omniprésent qu'on connait pourtant à peine, des collègues pratiquement sans histoire (et ne parlons pas des sentiments), une succession d'événements qui se focalise sur les descriptions de paysages ou sur l'action ; rien d'assez humain pour moi là-dedans. Quant à la star de l'histoire, il est de toute évidence gravement atteint, mais même la pitié qu'il suscite n'a pu effacer son côté superficiel.

Et pourtant, tout n'est pas mauvais dans ce livre ! Pour l'avoir terminé en quelques heures, on ne peut pas dire que je me suis ennuyée, la succession de rebondissements permettant de rester accroché assez facilement. Les chapitres extrêmement courts, qui m'ont gênée, en raviront sans doute certains qui affectionnent les bons vieux polars à la Française, avec une touche finale de mystique qui le fait sortir du lot. Quant à moi, eh bien... l'amour des romans policiers ne m'a pas encore atteinte, j'en ai peur !

Ma note : 6/10

Vous pouvez retrouver une interview en live de l'auteur sur Livraddict, où il nous parle de ses passions, de ses choix et de ses inspirations. Je suis obligée de lui laisser une autre chance, le monsieur est fan de Barker... indubitablement quelqu'un de bien !


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mercredi 13 avril 2011

Plaguers,
de Jeanne-A Debats

Reçu le mercredi 13 avril 2011, 22 reviews
Résumé :
J'aurais pu faire bien des choix, j'aurais pu faire de nous nos propres divinités, j'aurais peut-être même pu guider l'Humanité dans les étoiles. Mais j'ai préféré aider l'Autre à naître. Et nous nageons ensemble dans l'infinité des possibles, et je chante avec lui la chanson d'un milliard de mondes entre les mondes, tous grouillants de vies.

Mon avis :
Il y a tellement à dire sur ce livre que je ne sais pas par où commencer. Sous ses airs de récit SF un peu délirant à l'ambiance pessimiste se cache en réalité un petit trésor d'idées, d'émotions, de vibrations de cordes invisibles qui jouent sur la notre sensible. Un voyage dans l'espace, dans le courant cosmique, dans une ville mourante et dans une Réserve "magique", au milieu des freaks que nous sommes tous un peu, quelque part. C'est sans doute pourquoi on en ressort aussi touché, dans le fond.

Difficile de parler de l'histoire sans parler de toutes ces choses qu'on prend un immense plaisir à découvrir par soi-même. Disons juste que la Terre va mal, que la pollution ravage le monde, que les ressources s'épuisent. Et parmi ceux qui restent, il y a les plaguers, ceux dont les talents uniques et inattendus effraient par leur ampleur, et qu'on relègue dans des Réserves à l'écart du monde. Quentin et ses sources, Ilya et ses fleurs, vont tous les deux se retrouver livrés à eux-mêmes dans une de ces Réserves, apprendre à se découvrir, découvrir le monde et ses secrets.

Ces secrets je les garde, en espérant vous donner la folle envie de les découvrir vous-même. Plus que des mots, cette histoire laisse derrière elle des images, des flashs émanants du subconscient qui nous emmènent dans cette Réserve, si réelle malgré son existence impossible, si familière parfois. Elle laisse un goût de mystère, un goût de trop, trop d'inconnu, trop d'irréel, mais de trop peu aussi. On pourrait y passer une éternité et pourtant le voyage se termine vite, un peu trop lui aussi.

Son point fort, il est un peu partout, dans ses descriptions riches et soignées au vocabulaire poétique, dans ses dialogues frais et jeunes qui coulent tous seuls, mais surtout dans ses personnages. On commence l'histoire en étant Quentin (et la finit sans plus savoir qui l'on est), ce gamin un peu perdu, un peu stressé, un peu en colère, surtout contre cette Ilya qu'il aime, bien qu'elle soit perpétuellement insupportable. Je ne croyais pas qu'il était possible de jongler avec un personnage fondamentalement détestable d'un bout à l'autre d'une histoire, surtout excellente ; il semblerait que j'avais tort.

J'avais tort aussi de croire que ce ne serait qu'un livre comme un autre, car il m'a charmée d'une façon aussi étrange qu'éprouvante. Ces fameuses vibrations que je mentionnais sont là, tout le temps, empêchant de dormir, de s'arrêter entre les chapitres. On est baladé par la haine, l'affection, la curiosité, le dégoût, la rancœur et la surprise, le tout rassemblé dans un bouquet qui prend aux tripes.

Et puis soudain, tout s'éclaire, tout se calme, l'imaginaire devient cosmique, la poésie tachée de rouges amarantes et de bleus cyanosés, et on se laisse flotter sur un étrange courant vert (aux nuances de Mako pour la gameuse que je suis) qui nous fait surfer au delà de la raison. Et on n'est pas vraiment sûr d'avoir compris la fin, pas sûr d'avoir saisi tous les détails, mais cela n'a pas d'importance : le voyage en valait la peine.

Ma note : 10/10

Vous n'avez pas le droit de douter, mais si jamais ça arrive, on en parle tout aussi bien , ici, là aussi, ou encore par là...


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mardi 12 avril 2011

L'enfant tombé des étoiles,
de Robert Heinlein

Reçu le mardi 12 avril 2011, 8 reviews
Résumé :
Lummox est un étrange animal de compagnie pour le jeune John Thomas Stuart même s'il est généralement très docile. D'abord, il a huit pattes, ensuite, il pèse des tonnes et il a l'habitude irrépressible de dévorer les voitures et de grossir encore. Cela fait désordre. Surtout quand il s'attaque aux rosiers de la voisine et sème le trouble en ville, si bien qu'on cherche à l'exterminer. À moins que le bureau des Affaires Spatiales ne s'y oppose, bien sûr.

Mon avis :
Heinlein et ça repart ! Je commence à me demander si je n'ai pas besoin de ma dose mensuelle de repos avec la délicieuse écriture de monsieur Heinlein car une fois encore, au milieu d'un livre qui n'accroche pas, c'est pour lui que j'ai craqué. Cette fois-ci, on ne part pas dans l'espace : ce sont les deux pieds sur terre qu'on part à la rencontre de l'adorable Lummie et son petit maître John Thomas, qui tente de le protéger d'un terrible péril.

Lummox (Lummie pour les intimes) est une étrange petite créature venue de l'espace lointain, et rapportée sur terre par John Thomas Stuart. Depuis, plusieurs générations de John Thomas se sont succédées, jusqu'au dernier en date, qui doit s'occuper du plus du tout petit Lummox. Celui-ci pèse des tonnes, dévore tout ce qu'il trouve et prend un poids démesuré à chaque nouvelle ingestion de métal. Et lorsqu'il engloutit quelques végétaux du voisinage, c'est le drame : on cherche à l'isoler, l'enfermer, voire l'abattre, et pendant ce temps, le ministère des Affaires Spatiales doit résoudre une étrange affaire de créature prétendument retenue prisonnière sur Terre...

Quel plaisir de retrouver la magie de Heinlein dans cette histoire, encore une fois de la SF assez classique mais teintée d'un humour tout à fait délectable. On dévore les lignes sans s'en apercevoir, avec cette facilité qui lui correspond si bien, mais sans jamais s'ennuyer ni se lasser. Les voitures volantes, les seaux gonflables, les colonies martiennes et les extraterrestres citoyens de la fédération peuplent ce monde futuriste tout naturellement, et pourtant on s'y croirait.

Il faut dire que John Thomas ressemble tout à fait à un garçon normal, sa mère à la pénible mère de base et sa copine à la fouineuse petite amie de base elle aussi. Les meilleurs, ce sont tout de même M. Kiku, toujours stressé, accro aux petites pilules et aux hypnoses contre sa phobie des serpents, qui ne manque pas de dérider tout le monde avec son humour pète-sec et tranchant, et ce bon vieux Greenberg, qui sent bien que tout cette histoire sent le roussi et qu'il va en prendre pour son grade s'il rate son coup.

Mais n'oublions pas le héros de cette histoire, ce brave Lummox ! Dur de ne pas voir ce petit monstre qui ne rate pas une occasion de se faire remarquer, et à cause de qui toute cette histoire arrive... La fin en satisfera plus d'un, et de mon côté, j'attends juste l'occasion de savourer une nouvelle de ses histoires !

Ma note : 9/10


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samedi 9 avril 2011

Okko (Cycle de la Terre, intégrale),
de Hub

Reçu le samedi 9 avril 2011, 0 reviews
Résumé :
Okko, le rônin sans maître, est à la tête d'un petit groupe de chasseurs de démons et arpente ainsi les terres de l'empire du Pajan. Il est accompagné de Noburo, singulier géant qui cache son identité derrière un masque rouge, du moine Noshin, bonze fantasque - qui a la faculté d'invoquer et de communiquer avec les forces de la nature et grand amateur de saké -, et enfin de Tikku, jeune pêcheur devenu membre à part entière de la troupe, à qui Noshin enseigne les mystères de son art. Afin de fuir les batailles qui mettent l'Empire du Pajan à feu et à sang, Okko et ses compagnons trouvent refuge dans les montagnes des Sept-Monastères. À la recherche d'un guide pour traverser les montagnes, ils sont témoins d'un meurtre et le petit groupe se lance alors sur la piste d'une mystérieuse confrérie portant l’emblème du corbeau.

Mon avis :
Après le relatif fiasco des Nuées Écarlates, il était temps de prendre les BDs de Samouraï par l'autre bout, et c'est Okko que j'y ai trouvé. Recommandée par plusieurs amis, cette bande dessinée à la couverture plus qu'alléchante contient une bonne dose d'action, des personnages à la fois mystérieux et recherchés et des dessins aux couleurs magnifiques. En bref, elle roxxe des carottes, comme dirait un certain toons.

On sait peu de chose de Maître Okko et ses compagnons de route, l'étrange Noburo à la force impressionnante, toujours caché derrière son masque, ou encore le moine et son jeune apprenti qui les suivent sans trop cesser de se plaindre. Lorsqu'ils engagent une guide pour traverser les montagnes, ils ne s'attendaient pas à se retrouver embarqués dans un pèlerinage auprès de tous les monastères des environs, à la recherche d'informations sur une confrérie de joueurs de flûte portant l'emblème du corbeau aux pouvoirs effrayants...

Le moins qu'on puisse dire de cet album, c'est qu'il est dépaysant ! En quelques cases, on se retrouve au Japon d'autrefois, ses montagnes peuplées de monastères tout en bois et ses accoutrements si caractéristiques. Les couleurs sont un régal pour les yeux, changeantes au fil de l'histoire, tantôt ocres autour d'un feu ou vertes dans la pénombre nocturne, avec une bonne dose d'ambiance rosée comme annoncée par la couverture. Le trait est net, les visages marquants, les détails fouillés - rien à redire là-dessus !

Et du côté de l'histoire, tout va bien aussi : si les débuts sont un peu répétitifs (se faire renvoyer de monastère en monastère comme une balle de ping pong frôle l'agaçant), la fin est prenante et on prend plaisir à suivre le déroulement de l'intrigue. Les personnages ont leur caractère propre et on ne leur reproche qu'un peu trop de mystère et pas assez de proximité - une bonne vieille BD d'aventure à l'ancienne, si on veut.


Alors avec tout ça, ça aurait pu être le coup de foudre (comme avec Siegfried), mais finalement, non. Un trait trop masculin, trop froid, m'a forcée à garder mes distances avec l'histoire, et c'est bien dommage. Une BD parfaite pour les amateurs d'enquêtes, de vieilles légendes et de la période Edo, qui devraient y trouver leur dose d'action !

Ma note : 8/10


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jeudi 7 avril 2011

Lost & Found,
de Shaun Tan

Reçu le jeudi 7 avril 2011, 11 reviews
Présentation :
Un recueil de trois histoires à couper le souffle de l'auteur et illustrateur Shaun Tan, récemment récompensé du prix Astrid Lindgren Memorial Award 2011 et d'un oscar pour son film d'animation adapté de The Lost Thing.

Une petite fille trouve une lueur d'espoir dans un monde de ténèbres. Un garçon guide une étrange créature perdue vers son foyer. Un groupe de créatures pacifiques cède son territoire à de cruels envahisseurs. Shaun Tan, avec son style sobre et ses talents de dessinateurs, présente ici sa vision unique de nos âmes à travers une fenêtre imaginaire et sa capacité inégalée de partager cette vision avec des images et des mots qui sont aussi inattendus que profondément vrais.

Publiés à l'origine en Australie, ces trois contes maintes fois acclamés n'ont jamais été aisément accessibles dans le reste du monde. Pour la première fois, The Red Tree, The Lost Thing et le classic écrit par John Marsden The Rabbits sont présentés dans leur intégralité, accompagnés de quelques dessins inédits et notes de l'auteur. Ils forment ensemble une histoire qui ne laissera aucun lecteur insensible sur la façon dont perdre et retrouver ce qui est le plus cher à nos coeurs.
(source: www.arthuralevinebooks.com )

Alors ?
Alors, il faut l'acheter, voyons !

Mais pour être un peu plus précis, voilà toutes les bonnes choses que vous allez trouver dans ce magnifique album : d'abord, trois excellentes histoires, dont vous pouvez consulter le résumé et la chronique en cliquant sur leurs couvertures respectives.


Ensuite, une couverture cartonnée sublime, format album, avec une jaquette toute en relief et en textures. À l'intérieur, les illustrations de l'auteur couvrent même les pages blanches, font glisser le lecteur d'histoire en histoire, pour finalement terminer sur un commentaire détaillé de l'auteur sur son travail et sur chacun des trois livres.

Si l'objet en lui-même est une petite oeuvre d'art, son contenu magnifique et touchant ne peut que ravir petits et grands, faisant de lui le cadeau parfait. Et un cadeau pour soi-même également, bien entendu !





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mardi 5 avril 2011

Mad Love Chase,
de Kazusa Takashima

Reçu le mardi 5 avril 2011, 4 reviews
Résumé :
Kujou Yamato semble être un adolescent moyen, recherchant l'amour et le bonheur dans les couloirs de l'école comme tout un chacun. Le problème, c'est qu'à l'intérieur, Kujou est en réalité Kaito, le prince du royaume des Démons, qui s'est échappé sur Terre pour éviter un mariage forcé. Le père de Kaito, furieux, envoie un trio maladroit de démons pour le ramener, et une course poursuite s'en suit... il va lui falloir beaucoup de chance et d'esprit pour éviter de se faire traîner jusqu'à la maison !

Mon avis :
Il était temps que je revienne un peu vous parler de manga ! Et rien de tel pour ça qu'une série d'une de mes mangaka préférées, j'ai nommé Takashima-sensei, auteur du magnifique et malheureusement toujours non-fini Last Client (mais aussi de Man's Best Friend notamment), qui quitte cette fois-ci le yaoi pour explorer le manga humoristique - et avec succès, je dois dire !

Le beau et ténébreux Kaito, prince des démons, en a marre de l'Enfer et décide de venir faire un tour sur Terre avec son chat, la mignonne Rebun, qui se transforme en belle plante à son arrivée. Kaito, lui, se transforme en gamin hirsute, se renomme Yamato Kujou et intègre une école où il s'éclate avec ses nouveaux amis. Il ne sait juste pas que certains d'entre eux sont des démons déguisés en humains, envoyés par son père pour le ramener dans son royaume...

D'ici, on dirait presque qu'il va y avoir du suspense et des rebondissements, mais quand on y pense... ce n'est pas vraiment l'essentiel de l'histoire. En cinq tomes, on intègre le quotidien complètement loufoque de Yamato, on survole ses malentendus idiots et ses actes manqués en compagnie des trois idiots qui sont censés le ramener - et qui passent finalement plus de temps à déconner avec lui qu'autre chose !

Il faut dire que la bande de joyeux drilles est assez attachante : hormis ce pauvre Yamato, toujours à côté de la plaque (et étrangement innocent), on trouve ce sale ronchon de Touma, Souya le pot de colle de service qui drague sans cesse Rebun et le doux géant Taiki, dont l'amitié sans borne envers Yamato serait presque suspecte. Je ne pourrais pas citer la ribambelle de personnages secondaires mais tous ont leur petit charme !

Je ne m'attarde pas sur les dessins, pas besoin de vous dire que j'adore, particulièrement les yeux très expressifs, les chibis mignons et les mecs sexy très... sexys ! Alors voyons plutôt, qu'est-ce qui manque ? Eh bien il manque un peu de mecs sexys, justement. Un peu de romance aussi, un peu moins de non-dits et plus d'"action". Il manque cette petite touche de sérieux qu'on retrouve vers la fin (le scénario tient bien la route sur 5 tomes, c'est déjà ça), un trop peu de monde démoniaque et un trop d'action un peu foireuse vers la fin.


Mais tout ça, ça reste assez anecdotique tout de même. Cette série est amusante, marrante, à se fendre la poire, bref, de quoi s'éclater ! Si vous aimez le style de dessin, les intrigues légères et l'humour bête et méchant, allez-y, c'est même sorti en français !

Ma note : 8/10

Série en 5 tomes, terminée. Dites, Takasima-sensei, si je supplie, je peux avoir la fin de Last Client maintenant ?


Et un nouveau billet pour le challenge Manga, un !




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Lilyn Kirjahylly Copyright © 2011, by The Scary Cupcake & Mr Pink Eyes
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