jeudi 31 mars 2011

Le passage de la nuit,
de Haruki Murakami

Reçu le jeudi 31 mars 2011, 9 reviews
Résumé :
Dans un bar, Mari est plongée dans un livre. Elle boit du thé, fume cigarette sur cigarette. Surgit alors un musicien qui la reconnaît. Au même moment, dans une chambre, Eri, la sœur de Mari, dort à poings fermés, sans savoir que quelqu'un (ou quelque chose) l'observe. Autour des deux sœurs vont défiler des personnages insolites : une prostituée blessée, une gérante de love hotel, un informaticien désabusé, une femme de chambre en fuite ...

Mon avis :
Le temps d'une nuit, j'ai retrouvé Murakami pour un interlude poétique, contemplatif et un peu mystique d'une autre nuit, dans un ailleurs japonais, où une jeune fille va peupler ses heures de ténèbres de rencontres insolites. Perplexe, charmée et confuse à la fois, c'est toujours avec le même plaisir que je me suis plongée dans ses mots, à l’affût de ce brin de magie que l'auteur distille comme nul autre dans ces histoires d'apparence ordinaire.

Mari est assise à une table d'un restaurant quelconque ouvert pour la nuit, plongée dans un livre terriblement épais. Arrive Takahashi, un garçon avec qui elle était allée à la piscine des années plus tôt, en compagnie de sa sœur. Une discussion à sens unique plus tard, il repart, pour faire place quelque temps après à Kaoru, une connaissance de Takahashi, gérante de Love Hotel, qui a besoin de ses talents en chinois pour aider une prostituée blessée. Et pendant que Mari traverse cette nuit, sa sœur Eri dort, encore et toujours, tandis que dans la télé éteinte un homme sans visage la surveille...

Ce livre est sûrement une des choses les plus étonnantes qu'il m'ait été donné de voir. Le temps d'une nuit, de quelques minutes après minuit jusqu'à celles précédent le lever du jour, Murakami nous parle de deux sœurs, une qui ne veut pas dormir et une qui ne veut pas se réveiller. De son point de vue à la fois externe et omniscient, intégré à l'histoire mais ne pouvant y interagir, anonyme et universel, il nous dévoile les mystères des heures les plus noires de la nuit.

Et j'en ai encore froid dans le dos. D'un côté, Mari apporte avec elle un peu de lumière, un peu de vie dans ses dialogues, ses sentiments, ses histoires. On rencontre avec elle divers personnages, uniques, décrits avec une minutieuse précision, comme si ces petits détails avaient plus d'importance une fois la nuit tombée. Et de l'autre, Eri est dans les ténèbres, éclairée par l'inexplicable image de cet homme sans visage sur l'écran de la télévision éteinte, qui va lentement l'aspirer à lui.

Une seule nuit, c'est à la fois beaucoup pour si peu de pages, et pas assez pour tout comprendre. Murakami observe en silence, déduit, extrapole et philosophe, puis nous laisse y réfléchir par nous-mêmes. Lors de ces heures de nuit où notre instinct nous commande de dormir, savez-vous ce qu'il se passe vraiment ?

Ma note : 8/10

Pour les curieux, je ne vous invite pas à aborder Murakami par ce livre, à moins que vous vous sentiez l'âme insomniaque. Des histoires plus accessibles et mouvementées comme La fin des temps, La course au mouton sauvage ou encore Kafka sur le rivage seront sûrement de meilleurs départs !

Cette lecture compte pour In The Mood For Japan et Haruki Murakami Reading Challenge, youpi !

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mercredi 30 mars 2011

Howl's Moving Castle,
de Diana Wynne Jones

Reçu le mercredi 30 mars 2011, 14 reviews
Résumé :
Sophie est l'aînée des filles d'un chapelier fort réputé de la ville de Halle-Neuve, située dans le royaume d'Ingary. À la mort de leur père, les trois sœurs se voient obligées d'apprendre chacune un métier, et Sophie est tout naturellement désignée par sa belle-mère pour reprendre l'entreprise familiale. Dans le fond de l'atelier, le temps ne passe pas vite et on s'ennuie ferme à coudre des roses aux bonnets et des voilettes aux capotes de velours. Un jour pourtant, l'existence morne et solitaire de la jeune fille prend un tour inattendu lorsque la sorcière du désert lui rend visite et la transforme en vieille femme. Sophie se voit contrainte de quitter la ville et d'aller chercher fortune quand, sur sa route, un étrange château appartenant à un magicien nommé Hurle apparaît dans le paysage. L'homme a la terrible réputation de séduire les belles et de les croquer. Qu'à cela ne tienne, Sophie a bien l'intention de se faire adopter et de s'initier à la sorcellerie pour retrouver son apparence d'antan.

Mon avis :
J'ai toujours été une grande amatrice des films du Studio Ghibli, et c'est après avoir vu Le Château Ambulant que j'ai découvert qu'il était adapté de ce livre de Diana Wynne Jones, lu sur le moment et oublié depuis longtemps. C'est en croisant cette belle édition en VO (ainsi que les 2 volumes suivants) que j'ai eu envie de m'y replonger, et une lecture plus tard, me voici de retour au château du charmant Howl, de la têtue Sophie et de l'excellent Calcifer. Attrapez une bûche et embarquez sur le château ambulant !

Sophie, de par sa condition d’aînée, est convaincue que rien ne lui arrivera jamais de bon. Quand elle hérite de la boutique de chapeaux alors que ses sœurs rejoignent une sorcière et une boulangerie, elle se résigne à l'ennuyeuse carrière qui l'attend. Lorsque la sorcière des landes la transforme en petite vieille sans qu'elle ne sache trop pourquoi, elle se résigne à partir de la maison. Lorsqu'elle arrive au château ambulant de Howl, le réputé mangeur de cœurs, crasseux et dirigé par un démon du feu, elle se résigne à devenir sa femme de maison en espérant qu'il la libérera de son mauvais sort ; car Calcifer a fait un pacte avec elle : si elle perce le secret qui le retient auprès de Howl, il la délivrera de sa malédiction. Si seulement Howl arrêtait de la rendre folle à courir après les filles, à mentir à tout va et à l'envoyer salir son nom, elle aurait peut-être le temps d'y réfléchir...

Quel plaisir de retrouver le sorcier le plus odieux et charmant de l'Histoire ! Howl est toujours aussi superficiel, égoïste, égocentrique et caractériel, mais tout aussi attachant. Ses sautes d'humeurs sont un bonheur, autant que les petites piques qu'il envoie constamment à Sophie, et on se délecte de sa présence.

Calcifer est à égalité niveau charme, même s'il est moins remuant : un sacré démon qui n'a pas sa langue dans sa poche et une forte tête flamme qu'il est impossible d'ignorer. Si on ajoute cette tête de mule défaitiste et râleuse de Sophie, et ce pauvre Michael qui essaye de s'en sortir avec eux, impossible de rester indifférent aux personnages hauts en couleurs que dépeint l'auteur !



Surtout que les aventures ne manquent pas pour les voir évoluer : des sorts à préparer, le roi à rencontrer, une sorcière à éviter, des amourettes à raisonner, un homme-chien à sauver... la liste est longue et on n'a pas le temps de s'ennuyer. Le style de l'auteur est fluide et facile à suivre, agrémenté de chapitres courts aux titres amusants qui donnent envie de poursuivre la lecture. On regrette que quelques éléments soient passés sous silence ou certains lieux survolés bien trop vite, faisant perdre un peu de détails et de profondeur à l'histoire, mais le rythme soutenu évite de trop y penser, tout comme les petits indices lancés par Calcifer et Howl qu'on ne peut s'empêcher de recenser un peu partout.

Les illustrations en début de chapitre sont plaisantes, mais pour avoir vu le film d'abord, impossible de s’empêcher de penser aux personnages d'Hayao Miyazaki pour illustrer le roman. La version animée est plus inspirée qu'adaptée du livre, car si on y retrouve les personnages et évènements majeurs, beaucoup de situations sont différentes et on a presque l'impression de vivre d'autres aventures dans le même univers. L'interview de l'auteur à la fin de l'édition explique le choix de Miyazaki de parler de la guerre (alors qu'elle-même l'élude) et l'interprétation qu'il a fait de l'histoire. Si chaque oeuvre est plaisante à sa façon, j'avoue ne pas résister à la magie du film, plus focalisé sur l'action et l'aventure !

The dramaqueen

Que dire de plus sinon que ce livre est une oeuvre jeunesse incontournable, qui plaira à tous les âges, pleine de caractère, de magie, d'aventures et de sentiments. On a simplement hâte de savoir ce qui se passe après, et quelle chance, il y a justement un après ! Dans un mois, ce ne sera pas à Ingary mais au pays des Mille et une nuits qu'on retrouvera un peu de cette magie. En attendant, que diriez-vous d'un bon petit Miyazaki ?

Ma note : 9/10

Ce livre a été lu pour la première partie d'une lecture commune en VO où m'ont rejoint Heclea, Nathalie, Aily, Flo_boss, Bambi_Slaughter, FrenchDawn...

Je profite également de ce billet pour déplorer le départ de l'auteur il y a quelques jours, une grande dame de la littérature qui manquera à beaucoup et qui a laissée derrière elle une trace qui ne s'effacera pas de si tôt.

N'hésitez pas à lire le début sur Amazon !

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mardi 29 mars 2011

Shadow Spell,
de Caro King

Reçu le mardi 29 mars 2011, 5 reviews
Résumé :
Simeon Dark est le sorcier le plus puissant du Drift. Mystérieux, malin, capable de changer d'apparence, il est le seul à pouvoir stopper le maléfique Strood et empêcher le Drift de disparaître. Mais où est-il ? Nin a trouvé le chemin qui même à son manoir - un étrange château avec un jardin et un lac au milieu du ciel. Elle y trouve un ruban de lumière tamisée : serait-ce le fameux sort et indice pour dévoiler le mystère de Simeon Dark ? Pendant ce temps, Strood prépare sa machine à distiller, ses tigres de compagnie et quelques barils de sang avant de se mettre à sa poursuite...

Mon avis :
Nous voici de retour dans le Drift (la Dérivation) avec Nin, cette gamine à la chance incroyable qui était partie sauver son petit frère d'une mort atroce entre les mains d'Arafin Strood dans Seven Sorcerers. L'histoire reprend exactement où le premier tome l'a laissée, et on y retrouve les même ingrédients, le même rythme, les mêmes bons côtés, mais surtout les mêmes mauvais.

Nin décide que plutôt de se contenter de sauver son petit frère et retrouver sa vie, elle va également tenter de sauver le Drift de sa lente décomposition dans le néant. Armée de sa chance et de ses amis, elle va explorer le manoir de Dark, puis traverser le Drift pour rejoindre le point de ralliement, et de là... sauver le monde. Strood ne s'est pas remis de l'humiliation qu'elle lui a causée et est bien décidé à la retrouver pour lui offrir une mort lente et douloureuse. En attendant, en plus de l'armée qu'il a lancée à sa poursuite, il est déterminé à détruire définitivement les "restes" des 7 sorciers pour mettre fin au Drift...

Comme je l'ai déjà dit, ce deuxième tome est horriblement similaire au premier. Les personnages sont les mêmes : Nin, pénible, à la fois naïve et maline, trop chanceuse pour être attachante, puis Jonas, toujours du potentiel mais ici encore mal exploité, et les deux vrais héros qu'on apprécie, Jik le golem et Skerridge le croque-mitaine. Ici plus que jamais, le bogeyman star sauve l'histoire grâce à son humour et ses péripéties, mais le pauvre a du mal à tout faire tout seul. Et du coup, dès qu'il n'est plus là... on s'ennuie.

On s'ennuie des mêmes actions prévisibles, des déplacements longuets, des décisions de Nin tellement évidentes que ça en devient un peu pathétique. L'espoir que la présence de Simeon Dark redonne un peu de punch au récit est vite tombé à l'eau : il arrive bien trop tard pour avoir un impact notoire. Donc on se contente de suivre Skerridge, de se demander parfois pourquoi les autres méchants lui confient leurs plans alors qu'ils le savent dans le camp adverse, et on déplore que les scènes un tantinet intéressantes soient carrément ellipsées au profit d’évènements dont on doute presque de l'utilité.

Bien sûr, il s'agit de littérature jeunesse, un créneau où rien n'est trop compliqué, mais là tout est carrément trop facile, trop attendu. Et malgré l'action qui se veut omniprésente, on s'ennuie. La fin bien trouvée rattrape un peu le sentiment de déjà vu mais comme avec Skerridge, impossible de rattraper tout un livre avec un seul élément.
Le premier tome était trop léger, celui-ci est carrément une déception ; dommage.

Ma note : 5/10

C'était donc la deuxième partie de la lecture commune avec Flo_boss, Nathalie et Sita, qui (pour certains) ont apprécié cette histoire un peu plus que moi. Allez lire leurs avis !


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lundi 28 mars 2011

Les Pilleurs d'Âmes,
de Laurent Whale

Reçu le lundi 28 mars 2011, 8 reviews
Résumé :
1666...
« Les grosses balles de plomb claquent sur le bois de la chaloupe. Je prends conscience que j'ai de l'eau jusqu'aux chevilles.
Peu importe : c'est un voyage à sens unique.
Plonger, tirer, plonger, tirer...
Un choc sourd. Nous avons touché.
— Lancez les grappins ! À l'abordage ! »

Suivez les pas de Yoran Le Goff dans ce trépidant roman d'aventures où espionnage intergalactique se mêle à la flibuste du XVIIè siècle, et à ses marins gouailleurs !

Mon avis :
Est-il vraiment utile de préciser que le teasing Lelf a encore une fois frappé ? Et pas juste son teasing d'ailleurs, car elle m'a carrément offert ce livre, dédicacé par l'auteur ravi qu'un exemplaire arrive jusqu'en Finlande. C'est moi qui suis tout autant ravie de me plonger dans cette épopée piratesque, partagée entre les Caraïbes du XVIIème siècle et l'espace intergalactique. Une sacrée aventure en perspective, c'est moi qui vous le dis !

S'il y a bien un adjectif que j'utiliserai pour qualifier ce livre, ce serait "inattendu". On prologue dans l'espace sans nom, sur un vaisseau attaqué par des pirates de l'espace, tout en frayeur et en émotion. Puis l'atterrissage aux Caraïbes est brutal : une bande de pirates vient de saccager une ville espagnole et rentre à la Tortue avec son butin. Là-bas, un inconnu se faisant passer pour un certain Le Goff cherche à se faire engager par le célèbre capitaine pour retrouver un certain "recruteur" qu'il suppose être de l'équipage. Cependant, il ne soupçonnait pas qu'il serait forcé de s'impliquer autant pour mener à bien sa mission...

Il est difficile de prendre ses marques dans ce livre. Si l'absolue majorité se déroule au XVIIème siècle, en plein milieu des pirates des caraïbes, les interventions futuristes sont déstabilisantes. On se retrouve avec des inconnus dans l'espace, parlant de lois, de règlements et autres réjouissances législatives qu'on survole avec perplexité. Qui sont ces Imix, à quoi servent-ils... ? Même la fin ne satisfait pas vraiment une curiosité artificiellement créée par ces interludes galactiques dont on se serait bien passé.

Et pourtant, c'est aussi cette autre dimension qui évite à l'histoire de n'être qu'une classique histoire de pirates. Les pillages, les attaques, les discussions bourrues... rien de neuf sous le soleil de Tortuga, sauf qu'un membre de l'équipage vient de l'espace, bien sûr. On ne s'attache pas trop aux personnages, un regret personnellement, mais l'histoire se veut plus axée sur les détails et décors que sur les sentiments. Heureusement qu'une jolie fille est là pour apporter un peu d'humanité à tout ça...

On se laisse captiver par les horreurs des abordages, la cruauté des personnages de l'époque que seul l'or semble intéresser, et on se demande où l'auteur veut en venir avec les vaisseaux, les recruteurs et les mouches-espions-électroniques, jusqu'à ce que la fin arrive et qu'on pousse un "oh" de compréhension. Le mélange n'était pas homogène mais finalement, tous les ingrédients (si ce n'est ces barbants extraits de lois) ont servi à son succès. Une histoire de pirates, mais pas seulement, à découvrir pour le plaisir d'un interlude dans l'inconnu.

Ma note : 7/10


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jeudi 24 mars 2011

La cité bleue d'Icaria,
(Les agents de M. Socrate 2), d'Arthur Slade

Reçu le jeudi 24 mars 2011, 6 reviews
Ce livre a été lu dans le cadre d’un partenariat entre et
que je remercie tous les deux pour cette très bonne découverte.


Résumé :
Modifier son apparence, voler des documents confidentiels à des espions français : une journée de travail comme les autres pour Modo, agent secret anglais âgé de quatorze ans. Pourtant, sa dernière mission – percer le mystère d’un objet sous marin appelé Ictinéo – semble un peu plus compliquée. On murmure qu’il s’agit d’un monstre marin, d’un poisson plus grand qu’un navire. Les espions français sont sur le coup, et M. Socrate, le maître de Modo, entend bien frapper avant eux.

Mon avis :
Il y a presque exactement un an, je découvrais les aventures des agents de M. Socrate, fondateur de l'Organisation perpétuelle qui veille dans l'ombre sur l'empire britannique. Quel plaisir de revoir aujourd'hui Modo et Octavia partir à l'aventure, sous la menace de la terrible Confrérie de l'Horloge qui tente toujours de voler leurs secrets ! Le Londres victorien a cette fois-ci fait place à de bien étranges aventures sous-marines...

... et ce n'est pas de chance pour Modo, lui qui a le mal de mer ! Après avoir récupéré des informations sur une certaine espionne française, Colette Brunet, on l'envoie à New York à la rencontre d'un autre agent, qui va le mener dans les eaux islandaises. Modo va y découvrir une technologie encore inédite, et la puissance d'une mystérieuse cité convoitée par de nombreux espions, dont malheureusement sa nemesis, la Confrérie de l'Horloge !

Pas beaucoup de changement dans l'écriture de M. Slade : on plonge immédiatement dans le récit, pas besoin de piqûre de rappel. Modo est toujours le même bossu, honteux de son apparence, usant de sa force et de ses talents pour aider les autres et remplir à bien sa mission. La belle Tavia, qu'on croise au début de l'histoire, se faire remplacer au pied levé par la charmante petite espionne française, qui apporte un peu de fraîcheur au récit. Parmi les nouveaux personnages qui peuplent cette histoire (je vous laisse les découvrir), Griff reste surement le plus intéressant et curieux. Une excellente source de retournements !

Des retournements, on en trouve quelques-uns dans cette enquête, même si de nombreux éléments sont franchement prévisibles. On se demande par exemple comment des espions aguerris ne repèrent pas d'eux-mêmes des coordonnés géographiques, où comment ils peuvent aussi facilement croire le premier venu. Mais soit, une fois encore, nous sommes dans un livre jeunesse, et celui-ci revendique clairement le public qu'il vise à travers un style simple, des chapitres courts et des mystères qui se résolvent toujours rapidement et avec logique. Heureusement que l'absence de longueurs évite de s'ennuyer !

C'est donc avec plaisir que j'ai retrouvé les aventures du meilleur métamorphe de l'époque victorienne, qui s'étonne de choses qui nous paraissent normales (ce sont les débuts de l'électricité) et qui semble bien trop mature pour ses quatorze ans. Enfin, on lui pardonne !

Ma note : 8/10

Retrouvez la chronique du premier volume ici, et l'avis d'autre lecteurs sur la fiche du livre !


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mercredi 23 mars 2011

It Ate Billy On Christmas,
de Roman Dirge et Steven Daily

Reçu le mercredi 23 mars 2011, 4 reviews
Résumé :
Ça aurait pu être un Noël comme tous les autres pour la petite Lumi et son horrible, terrible, odieux, insupportable frère Billy. Mais un étrange petit monstre est arrivé et a mangé Billy ! Lumi sait que ce n'est pas très bien d'avoir laissé un monstre manger son frère, mais elle ne peut s'empêcher de remarquer combien les choses sont bien plus agréables sans lui. Maintenant que les choses semblent s'améliorer dans son petit monde, Lumi doit décider quoi faire avec son nouvel ami monstre, et - le plus important - avec quoi elle va le nourrir.

Mon avis :
Cette fois, je plaide non coupable, c'est Mr Muffin qui a fait pression pour acheter ce livre d'un de nos auteurs fétiches, Mr Roman Dirge, en collaboration ici avec Steven Daily à la peinture. Le roi du comics drôle, cynique et morbide vient ici nous raconter le Noël de la petite Lumi, qui voulait un puppy, et qui a eu un monstre mangeur d'homme à la place. Ça tombe bien, il était temps qu'elle fasse du ménage dans sa vie !

Après les histoires de mignonnes petites filles mortes, Dirge s'essaye cette fois-ci aux contes de Noël, à sa sauce bien sûr. L'histoire d'une petite fille tyrannisée par son ignoble frère qui va trouver un très vilain puppy sous le sapin de Noël. Un puppy, son rêve de toujours ! Et quand le puppy, dévore son frère, elle découvre qu'une nouvelle vie s'offre à elle sans la perpétuelle torture qu'elle subissait. Et tant mieux si le puppy a encore faim, il doit bien y avoir d'autres gens à lui faire manger !

Quel plaisir de se faire un petit conte à la sauce monstrueuse, horrible et dérangeante ! Dirge n'a perdu ni son humour second degré, ni son style d'écriture frais et léger. Entre deux mésaventures de Lumi, il nous fait part des petits détails de la vie qui le chiffonnent, comme la mayonnaise périmée. Le mélange de conte, de péripéties loufoques et de réflexions personnelles rend l'histoire originale et amusante, si on a le cœur bien accroché.

Les illustrations de Mr. Daily sont un peu spéciales, des peintures un peu old school illustrant les derniers évènements de la petite vie de Lumi et son puppy-monstre mangeur d'homme. Si les créatures sont somme toute assez adorables, les personnages manquent de leur côté de relief et de réalisme, ainsi que de l'humour qui transparaît si bien du texte de Dirge. D'ailleurs, celui-ci n'a pu s'empêcher de glisser ses propres illustrations en noir et blanc au fil des pages, et on se régale de voir les petits doodle qui correspondent parfaitement à l'ambiance.

Cet album est le parfait cadeau de Noël pour les petits qui en ont marre de Santa et qui préfèrent faire brûler les cheveux de leurs jouets plutôt que de les coiffer. Les plus grands y gagneront une bonne partie de rigolade en leur lisant, et sûrement l'envie de revoir The Nightmare Before Christmas au passage. Mais à choisir, je vous recommande tout de même Lenore - Dirge n'est excellent que lorsqu'il est seul, on dirait !

Ma note : 8/10



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mardi 22 mars 2011

Ghosts and Gadgets,
de Marcus Sedgwick

Reçu le mardi 22 mars 2011, 5 reviews
Résumé :
Faites connaissance avec la merveilleusement bizarre famille des Otherhand et leur dévoué gardien Edgar le corbeau, et découvrez les sombres secrets du château Otherhand.
Les grincements et grondements provenant de l'aile sud ne peuvent plus être ignorés, tandis qu'un par un, les membres du château sont retrouvés pétrifiés, "morts de peur". Alors que Minty, la mère, est obsédée par son nouveau hobby - la couture - et que Valevine, le père, est trop occupé à faire des expériences à l'aide d'une machine censée retrouver le trésor du château Otherhand, c'est aux chasseurs de fantômes en herbe Solstice et Cudweed de résoudre le mystère. Mais comme toujours, les choses ne se passent pas comme prévu... heureusement qu'Edgar est là pour leur sauver la mise !

Mon avis :
Nous voilà de retour au château Otherhand pour la suite des folles aventures d'une bizarre famille et de leur gardien à plumes, Edgar le corbeau. Cette fois-ci, on part à la découverte de la mystérieuse aile sud du château, où certains fantômes s'amuseraient à terrifier le personnel du château. Pas le temps de s'ennuyer, il y a un nouveau mystère à résoudre !

Cudweed et Fellah, ce vilain petit singe odorant, sont un jour retrouvés les cheveux/poils dressés sur la tête, affirmant avoir vu un fantôme. L'incident est clos jusqu'à ce qu'on retrouve des servants morts de peur à travers tout le château, et que Solstice embarque Edgar (bon gré mal gré) à la poursuite du spectre dans l'inquiétante aile sud. Manque de chance, leur enquête reste sans succès, mais lorsque Minty engage un certain Capitaine Spookini, prétendu célèbre chasseur de fantômes, les ennuis ne font que commencer !

Comme lors du précédent opus, on ne peut que se régaler de suivre encore une fois les aventures illustrées de cette incroyable famille. Chaque personnage se raffermit dans son rôle, Minty et sa nouvelle obsession pour la couture, Valevine et sa machine qui attire les opposés (mais quel est l'opposé d'un fantôme ?), Cudweed le trouillard (qui s'améliore) et Solstice la courageuse et curieuse aventurière. Sans oublier ce brave Edgar, d'une dévotion sans limite (ou presque), qui raconte toujours avec le même humour, piqué d'informations intéressantes et de remarques tout à fait pertinentes ; prenez par exemple la première ligne de ce volume :

Does my beak look wonky?
Mais non, il est très bien ton bec, Edgar !

Si le livre est tout à fait jeunesse dans sa composition - un style simple, une enquête légère et des aventures à la Scoobidoo où l'on s'étonne rarement -, il reste particulièrement agréable à lire, un vrai petit moment de détente teinté d'humour, d'exploration, d'animaux qui ne sentent pas très bon (dont certains ont des problèmes de bec) et d'inventions complètement loufoques. Le genre qu'on offrirait sans hésiter aux plus jeunes, sans manquer de le lire avant, bien sûr !

Avec ses petites histoires indépendantes, reliées entre elles par l'univers du château assez cloisonné et quelques problèmes à long terme (dur de gagner de l'argent lorsqu'on ne travaille pas !), Marcus Sedgwick poursuit cette série avec brio, et on se réjouit d'avance de savoir quel malheur s'abattra sur ce pauvre Edgar au prochain volume !

Ma note : 8,5/10

Ce volume est le second d'une hexalogie, dont vous trouverez la chronique du premier tome ici et la suite par là ! Et visitez le château sur le site de la saga pour écouter Edgar vous raconter son histoire riche d'étranges détails...



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lundi 21 mars 2011

Rango,
de Gore Verbinski

Reçu le lundi 21 mars 2011, 12 reviews
Synopsis :
Alors qu'il mène sa vie sans histoire d'animal de compagnie, Rango, caméléon peu aventurier, est en pleine crise d'identité : à quoi bon avoir des ambitions quand tout ce qu'on vous demande, c'est de vous fondre dans la masse ?
Un jour, Rango échoue par hasard dans la petite ville de Poussière, dans l'Ouest sauvage, où de sournoises créatures venues du désert font régner la terreur. Contre toute attente, notre caméléon, qui ne brille pas par son courage, comprend qu'il peut enfin se rendre utile. Dernier espoir des habitants de Poussière, Rango s'improvise shérif et n'a d'autre choix que d'assumer ses nouvelles fonctions. Affrontant des personnages plus extravagants les uns que les autres, Rango va-t-il devenir le héros qu'il se contentait jusque-là d'imiter ?

Mon avis :
Je ne pense pas que dire que j'étais impatiente de le voir mesure vraiment l'état dans lequel j'étais. Tout comme je ne pense pas que dire que je suis ravie de l'avoir vu mesure celui dans lequel je suis maintenant. Au-delà de mes espérances, Rango s'est révélé être un chef d'œuvre visuel, musical, bourré de second sens, de références et de détails coup de cœur qui font de lui cet excellent film. Pas un dessin animé, pas un passe-temps, pas une baby-sitter du dimanche : un. vrai. film.

L'histoire, vous la connaissez, c'est celle d'un western. Un shérif, un méchant, un crime, une fille, des mariachis. D'accord, le shérif est un lézard, le méchant un serpent et les mariachis des hiboux, mais quelle importance ? Ce lézard, il a du vrai sang qui coule dans ses veines, celui de Depp qu'on retrouve à travers son humour, ses expressions, ses réflexions. L'emballage est simple mais sous le papier brillant, il y a quelque chose de plus grand qui fait réfléchir, quelque chose qu'on voit si on s'en donne la peine. Vraiment la peine.

Rango n'est pas ce genre de film gratuit que l'on peut juste regarder pour se vider la tête. Ou alors, il faut le faire en toute connaissance de cause, et l'aimer pour ce qu'il est. La force qu'a mis Verbinski dans ce film d'animation est multiple, celle de créer un divertissement à prendre comme tel, un western qui se réclame des classiques, un Clint Eastwood des temps modernes - avec des écailles, bien sûr. Il joue avec les codes, les exploite, les bafoue, mais toujours en beauté.


Une beauté qui saute aux yeux dès les premiers pas dans le désert : les couleurs sont majestueuses, hypnotisantes. Les personnages défient la norme et s'affichent rongeurs, repoussantes petites créatures dont on connaît à peine le nom, et qui semblent pourtant aussi réelles et tangibles que de vrais acteurs. Le soin porté à l'esthétique est jouissif, jusqu'au générique de fin qui m'a bluffée. C'est bien la première fois...

Je pourrais parler des heures de l'excellente musique du grand Hans Zimmer, des références qui me font chavirer - Las Vegas Parano, Arizona Dream... -, des personnages attachants et vivants, de l'animation de qualité, de l'action omniprésente, de l'humour bien placé. Je pourrais parler des heures de tout, mais vous ne feriez pas mieux d'aller le voir par vous-même ?

Ma note : 9/10 (LE western spaghetti de l'année, et même des autres aussi !)

Je suis déjà en train de penser à la prochaine fois où je le regarderai (en DVD) et au plaisir que ce sera de revoir les délires, de se replonger dans l'ambiance sèche et étouffante et de retrouver les meilleurs hiboux narrateurs du monde. Sérieusement. Ces hiboux mariachis, c'est la crème de la crème de ce qui se fait, et de ce qui ne se fait pas aussi. Oh my, je suis fan, ça y est :D





Long-métrage américain
Genre : Animation , Action , Aventure
Durée : 01h40min
Année de production : 2011
Distributeur : Paramount Pictures France
Date de sortie en France : 23 mars 2011

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jeudi 17 mars 2011

L'âge des étoiles,
de Robert Heinlein

Reçu le jeudi 17 mars 2011, 8 reviews
Résumé :
La surpopulation épuise les ressources de la Terre et a rendu encore plus urgente, en ce début du quatrième millénaire, la nécessité de trouver de nouveaux mondes habitables. Mais si le voyage interstellaire est désormais possible, les vaisseaux spatiaux voyagent moins vite que la lumière, et communiquer avec la Terre prendrait des années. L'Institut de Recherches Prospectives a trouvé une solution inattendue à ce problème : la télépathie. Pat, un adolescent extraverti, et son jumeau Tom vont mettre leurs dons exceptionnels au service du grand projet de colonisation interstellaire. Tandis que Pat vieillira sur la Terre, Tom et tout l'équipage du L. C. échapperont à l'emprise du temps.

Mon avis :
Après avoir raté le partenariat sur ce livre, Frenchdawn m'a donné la chance de le lire en le faisant voyager jusqu'aux froides contrées où j'habite, et je ne saurais la remercier assez pour son geste. Ce livre de Heinlein est tel que je l'attendais : à la manière d'Une porte sur l'été, il mélange l'humain et le scientifique, le temps de quelques centaines de pages que l'on dévore sans même s'en rendre compte.

L'histoire est celle de Tom et Pat, des jumeaux qui se découvrent télépathes. Face à la surpopulation de la Terre, l'un d'eux est envoyé dans l'espace à bord d'un vaisseau d'exploration, communiquant leur progression et leurs découvertes de planètes colonisables à son jumeau resté sur Terre, à la manière des autres couples télépathes à bord. Mais lorsqu'on voyage à la vitesse de la lumière, le temps passe différemment que sur Terre, et la communication s'effrite alors que la différence d'âge se creuse...

Par-dessus cette histoire somme tout potentiellement banale, Heinlein ajoute tout un tas de thèmes qui la rendent absolument captivante : la relation entre frères (la jalousie aussi), la vie en communauté restreinte, l'impact des découvertes, la gestion de l'imprévu, des catastrophes, et aussi des thèmes plus scientifiques comme le temps, l'espace, la simultanéité, les théories astrophysiques... et tout ça le plus simplement du monde, avec son style toujours aussi abordable et fluide, qui fait passer le temps plus vite que la lumière.

Les personnages sont attachants d'une étrange manière, l'emploi de la première personne rapproche inévitablement du narrateur mais on garde toujours un peu ses distances, on surveille tout ça de haut. Heinlein fait dans le fictif, la SF pure et dure qu'on s'imagine juste, et c'est ça aussi qui rend ses livres aussi faciles à lire : l'impression de vivre un rêve éveillé, impossible mais tout à fait plaisant.

À la fois parfois pour les novices, qui pourront ignorer les quelques passages un peu trop axés sur la physique sans perdre le fil, et pour les amateurs de SF qui ne manqueront pas de se distraire, ce livre est le passe temps parfait d'une soirée au coin du feu - ou à défaut, au coin du canapé. Un aller-retour pour les étoiles !

Ma note : 8/10

Allez faire un tour sur l'article de Frenchdawn, je suis également d'accord avec ses reproches - une fin trop simple, un charabia physique pas toujours nécessaire, et j'ajouterai un léger manque de profondeur. Si vous hésitez par lequel commencer, je vous recommande sans faute Une porte sur l'été, qui m'a tout de même nettement plus charmée !


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mercredi 16 mars 2011

Sa bouche aura le goût de fée verte
[challenge PZB]

Reçu le mercredi 16 mars 2011, 52 reviews
Qui me connaît un minimum sait que Poppy Z. Brite a toujours été l'auteur par lequel je jure, celui que je tiens le plus en estime, bref, l'icône qui réveille inévitablement la groupie qui est en moi.

Et pourtant, pas un seul de ses livres n'est chroniqué sur ce blog.

Cette terrible constatation m'a amenée à réfléchir, et l'idée du challenge me trottait en tête depuis un moment. Finalement, ça y est, c'est décidé : il est temps de réparer cette erreur ! Et mieux encore, il est temps de faire découvrir au monde ce génie que si peu ont la chance de connaître !

Poppy Z. Brite ?
Si vous en avez entendu parler, vous avez surement capté les mots glauque, sombre, sanglant, dérangeant, cru... et c'est vrai, c'est un peu ça. Si c'est ce que vous aimez, le plus trash vous attend, avec ce style incomparable qu'elle utilise pour faire passer en douceur les pires horreurs.
Mais si vous n'aimez pas, pas la peine de prendre vos jambes à votre cou ! Il y a également Alcool, La Belle Rouge et des recueils de nouvelles qui se concentrent sur la belle Nouvelle Orléans, son univers gastronomique et ses mystères, bien loin du gore de ses débuts.
Il y en a pour tous les goûts !

Le principe :
Il est simple, il s'agit donc de lire des livres de Poppy Z. Brite. Et comme je me sens l'âme charitable, j'ai pris soin de lister ses ouvrages pour vous.

Liste des livres par ordre chronologique : (livres non-traduits en italique)
- Âmes Perdues (Lost Souls, 1992)
- Sang D'Encre (Drawing Blood, 1993)
- Contes de la Fée Verte (Wormwood, 1994)
- Eros Vampire (Love in Vein I, 1994)
- Le Corps Exquis (Exquisite Corpse, 1996)
- Eros Vampire II (Love in Vein II, 1997)
- Courtney Love (Courtney Love: The Real Story, 1997)
- Self Made Man (Are You Loathsome Tonight?, 1998)
- Le Coeur de Lazare (Lazarus Heart, 1998)
- Plastic Jesus (Plastic Jesus, 2000)
- Wrong Things (non traduite, 2001)
- Coupable (Guilty But Insane, 2001)
- The value of X (non traduite, 2002) (inclue dans Second Line, 2009)
- Petite Cuisine du Diable (The Devil You Know, 2003)
- Alcool (Liquor, 2004)
- Triads - avec Christa Faust - (non traduite, 2004)
- La Belle Rouge (Prime, 2005)
- Soul Kitchen (non traduite, 2006)
- D*U*C*K (non traduite, 2007) (inclue dans Second Line, 2009)
- Antediluvian Tales (non traduite, 2007)

Et pour vous aider un peu, je les ai classés par genre :

Les recueils et nouvelles :
- Contes de la Fée Verte (Wormwood, 1994)
- Self Made Man (Are You Loathsome Tonight?, 1998)
- Wrong Things (non traduite, 2001)
- The value of X (non traduite, 2002) (inclue dans Second Line, 2009)
- Petite Cuisine du Diable (The Devil You Know, 2003)
- D*U*C*K (non traduite, 2007) (inclue dans Second Line, 2009)
- Antediluvian Tales (non traduite, 2007)

Les anthologies :
- Eros Vampire (Love in Vein I, 1994)
- Eros Vampire II (Love in Vein II, 1997)

Les fictions :
- Âmes Perdues (Lost Souls, 1992)
- Sang D'Encre (Drawing Blood, 1993)
- Le Corps Exquis (Exquisite Corpse, 1996)
- Le Coeur de Lazare (Lazarus Heart, 1998)
- Plastic Jésus (Plastic Jesus, 2000)
- Alcool (Liquor, 2004)
- Triads - avec Christa Faust - (non traduite, 2004)
- La Belle Rouge (Prime, 2005)
- Soul Kitchen (non traduite, 2006)

Les non-fictions :
- Courtney Love (Courtney Love: The Real Story, 1997)
- Coupable (Guilty But Insane, 2001)

Oui mais, et maintenant, comment ça se passe ? Voilà quelques niveaux pour vous y retrouver un peu là-dedans.


Les niveaux généraux

Missing Mile - lire 1 livre au choix (elle le vaut bien)
Ghost - lire 3 livres au choix (quelque chose se cache derrière tout ça)
Nothing - lire 5 livres au choix (vous découvrez la vie et elle est pavée de ténèbres)
Trevor - lire 10 livres au choix (Zach vous l'a demandé)
Zillah - lire tous les livres du Maître

Les niveaux spéciaux

Rickey - lire au moins 5 fictions dont Alcool (pour l'amour de la cuisine)
G-man - lire au moins 3 recueils dont Petite Cuisine Du Diable (pour faire comme Rickey)
Tran - lire au moins 1 livre de chaque catégorie (on ne sait jamais combien de temps il nous reste...)

Quelques précisions :
- vous avez jusqu'au 25/05/12 pour tout lire (les 45 ans de l'auteur !)
- si vous avez déjà chroniqué ses livres, ça compte pour le challenge (rétroactif donc !), mais vous devez en lire au moins un nouveau pour valider la participation
- tout le monde est le bienvenu, que vous connaissiez déjà ou non (et même si finalement vous n'aimez pas)
- vous pouvez vous inscrire n'importe quand
- vous pouvez changer de niveau à tout moment
- vous pouvez le combiner avec n'importe quel autre challenge
- les relectures sont encouragées
- et à la fin, il y aura peut-être des cadeaux à la clé pour ceux qui auront terminé leur défi !


Alors, envie de changer un peu de registre ? Laissez un commentaire pour valider votre participation, piquez un logo ci-dessus (clic pour les avoir en plus grand) à mettre sur votre blog et prévenez-moi lorsque vos chroniques seront en ligne !

Les participants :
- Miss Spooky Muffin / Zillah
- Aily / Missing Mile
- Erato / Rickey
- Lalou / Missing Mile
- Neph / Missing Mile
=> Contes de la Fée Verte
- Setsuka / Missing Mile
- Guu / Missing Mile
=> Contes de la Fée Verte
- Love-of-book / Ghost
- Grazyel / Nothing
=> Le Corps Exquis
- Lynnae / Ghost
=> Contes de la Fée Verte
- Révérence Sateenkaari / Missing Mile
- Julien le naufragé / Missing Mile
=> Contes de la Fée Verte
- Aidoku / Missing Mile
- Céline / Missing Mile
=> Contes de la Fée Verte
- Sara / Missing Mile
- Aymeline / Missing Mile
- Kailia52 / Missing Mile
- Sombre Plume / Nothing
- Mimili / Ghost
- Kincaid / Missing Mile


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lundi 14 mars 2011

L'Agence,
de George Nolfi

Reçu le lundi 14 mars 2011, 6 reviews
Synopsis :
Sommes-nous maîtres de notre destin ? Ou sommes-nous manipulés par des forces invisibles ? David Norris entrevoit l'avenir que le Sort lui réserve et se rend compte qu'il aspire à une autre vie que celle qui lui a été tracée. Pour y parvenir, il va devoir poursuivre la femme, dont il est tombé follement amoureux, à travers les rues de New York et ses réseaux souterrains...
Mon avis :
Je vous en avais parlé comme un film qui m'intriguait, avec ses "planificateurs" à la Dark City, et en attendant la sortie du fameux Rango je n'ai pas résisté à aller le voir. Grand bien m'a pris ! Dans un mélange de film d'action, de SF et de romance, Mr Damon et Ms Blunt nous font courir dans les rues de New York alors que les porteurs de chapeaux essayent de rétablir le Plan prévu. Une adaptation d'une nouvelle du grand Philip K. Dick dont on ne se plaint pas !

David Norris, candidat malheureux à l'élection de sénateur de New York, répète son discours dans les toilettes lorsqu'une mystérieuse jeune femme l'interrompt, l'embrasse, et comme dans tout bon film qui se respecte, c'est le coup de foudre. Sauf qu'à leur seconde rencontre dans un bus, où David obtient le numéro d'Elise, des inconnus à chapeau l'informent qu'ils n'auraient pas dû se revoir, que ça ne fait pas partie du plan, et l'interdisent de parler d'eux aussi bien que de revoir Elise. Sauf que David est bien décidé à la retrouver, quitte à braver l'interdit et changer son destin soit-disant tout tracé...

Je crois le mieux avec ce film, c'est d'aller le voir sans trop d'a priori. Malgré un début assez classique, on se laisse rapidement embarquer par l'ambiance hors-norme. Chacun des aspects de l'histoire complète l'autre à la perfection : celui orienté science-fiction des planificateurs, leurs livres où se dessine le plan de chacun en temps réel et les portes qui s'ouvrent vers de mystérieuses destinations, et celui, très ancré dans la réalité moderne, où David et Elise tentent de se revoir tout en sachant que le bouleversement du plan va peut-être ruiner leurs ambitions.

Pour accompagner un bon scénario, il faut de bons acteurs, et heureusement, Matt Damon et Emily Blunt ont bien fait leur boulot. Sans tomber dans la mièvrerie, leur relation est bien construite, tangible, et leurs réactions face au surnaturel qui bouleverse leur vie très justes. Du côté des planificateurs, on n'est pas en reste non plus : Harry (Anthony Mackie), Richardson (John Slattery) et Thompson (Terence Stamp) font d'excellents faux-méchants à l'air austère, qu'on suit avec autant d'attention que les deux héros.

Alors qu'il semble passer inaperçu, ce film est donc un vrai petit plaisir à consommer sans modération, sans temps-mort ni longueurs ; un vrai film d'action / SF comme on les aime - même sans aimer la SF ! Maintenant que je sais qu'il est inspiré d'un livre (écrit par un excellent auteur de surcroît), j'aurais presque envie de courir l'acheter !

Ma note : 8,5/10



Titre original : The Adjustment Bureau
Long-métrage américain
Genre : Romance , Science fiction
Durée : 01h47min
Année de production : 2011
Distributeur : Universal Pictures International France
Date de sortie en France : 23 mars 2011

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vendredi 11 mars 2011

Siegfried - tome 1,
d'Alex Alice

Reçu le vendredi 11 mars 2011, 5 reviews
Résumé :
Siegfried est un jeune garçon élevé par Mime, l’un des derniers Nibelungen. Vivants tous deux au fin fond d’une sombre forêt, avec pour seuls voisins quelques loups, ils ne sont pas faits pour s’entendre. Alors que le Nibelung Mime n’aspire qu’à la tranquillité, Siegfried, lui, veut découvrir qui sont ses véritables parents et vivre parmi les humains. C’est pourtant Odin, père des dieux nordiques, qui décidera de l’envoyer combattre le dragon Fafnir qui garde l’Or du Rhin.

Mon avis :
Lelf la tentatrice a encore frappé (qui d’autre ?) ! Cette fois-ci, elle m’a emmené en voyage chez moi, dans les landes de glace et de neige, avec une BD magique qui retrace le parcours d’un viking pas comme les autres. Si vous aimez le froid, les légendes, les dieux et les créatures magiques - où même juste les jolis garçons - Siegfried devrait faire votre bonheur !

Plutôt que de vivre l’histoire à travers les yeux du héros, c’est un genre de conte qui est ici soufflé. Une jeune femme mystique vêtue de blanc s’intéresse au passé d’un certain Siegfried, le Tueur de Dragon, et une petite créature des bois va le lui narrer. Ami des loups, curieux et aventurier, le garçon est élevé par un Nibelung, le forgeron Mime, cruel et plein de rancœur à l’inverse de notre héros. Le temps d’une histoire, celui-ci va grandir et percer à jour quelques secrets pas si bien gardés…

Dès les premières pages, c’est une vraie explosion de couleur qui nous assaille : les blancs et bleus majestueux des terres gelées, la noirceur des esprits maléfiques, le vert lumineux de la forêt et le rouge brûlant de la forge. Les traits qui peuplent ces couleurs sont nets et sans accro, les visages pleins de poésie et de finesse pour contraster avec l’univers sauvage qui les entoure.


Et en plus du plaisir des yeux, celui de l’esprit n’est pas laissé pour compte ! S’inspirant des légendes nordiques (et plus précisément de l'opéra de Wagner, librement interprété), l’histoire de Siegfried est originale, mélange d’un scénario « classique » - parents assassinés, tuteur vaguement malfaisant qui lui cache la vérité, destinée exceptionnelle & co – et d’une aventure mystique entre les loups et les créatures légendaires. La Valkyrie, héroïne sans vraiment l'être de cette histoire, est aussi intéressante que somptueuse, donnant irrémédiablement envie d'en savoir plus.

Et si en plus de tout cela, on ajoute l’émotion qui n’est pas non plus en reste, c'est impossible que vous ne craquiez pas pour les yeux bleus de Siegfried, ou encore la belle et mystérieuse rouquine qui le surveille... à moins que les vieilles dryades visionnaires vous emballent plus ?

Ma note : 9,5/10 (à lire tellement absolument que je vous parle de la suite bientôt)



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mercredi 9 mars 2011

Black Swan,
de Darren Aronofsky

Reçu le mercredi 9 mars 2011, 8 reviews
Synopsis :
Rivalités dans la troupe du New York City Ballet. Nina est prête à tout pour obtenir le rôle principal du Lac des cygnes que dirige l'ambigu Thomas. Mais elle se trouve bientôt confrontée à la belle et sensuelle nouvelle recrue, Lily...

Mon avis :
Impossible de passer à côté de ce film qui, à la manière d'Inception l'an dernier, a entraîné avec lui foule de critiques et de commentaires. Je l'ai pourtant découvert par hasard en listant les bandes-annonces prometteuses de l'année, et son côté sombre (ainsi que son actrice que j'apprécie) m'ont donné envie de le voir. Et maintenant que c'est fait, je ne regrette pas, mais je n'en ressors pas non plus époustouflée.

Une des raisons pour laquelle ce film ne m'a pas bluffée, c'est qu'il se résume très simplement. Nina est une danseuse timide, elle rêve du rôle principal dans Le lac des cygnes et s'entraîne sans relâche pour ça. Et elle l'obtient. Mais elle doit jouer les deux cygnes : le blanc, qu'elle maîtrise déjà grâce à son obsession pour la perfection, et le noir, pour lequel il lui manque la folie et la décontraction nécessaire. Alors elle va "basculer du côté sombre" pour le trouver. Voilà, c'est tout.

Enfin non, ce n'est pas tout quand même, n'exagérons rien. Si c'est inévitablement un film de danse, ce n'est pas juste un film de danse. On m'a souvent vanté qu'il n'y a pas besoin d'aimer la danse classique pour le voir, mais j'ai envie de dire qu'il faut quand même la supporter, parce qu'elle est omniprésente. Les espoirs de Nina, ses déceptions, la dureté de l'entraînement, de ce monde fermé... on a beau faire toutes les comparaisons et métaphores que l'on veut, ça parle tout de même du quotidien d'une danseuse.

Et puis Aronofsky est passé par là pour y ajouter cette fameuse touche de psychose qui fait toute sa grandeur. Nina qui cherche son autre facette, son cygne noir ; qui rencontre son autre moi dans la rue, qui entend des voix, voit des gens dans sa salle de bain ; qui s'arrache des plumes noires des omoplates et fantasme sur sa suppléante. Bref, la sage Nina se métamorphose malgré elle, et ça en jette un peu. Un peu, seulement : le réalisateur a voulu le jouer contemplatif et on regrette de ne pas avoir un peu plus de trash, plus de Tomas, plus de Lily. Plus, quoi, toujours plus.

Alors on ne peut pas s'empêcher de penser à Requiem for a Dream, délicieusement dérangeant, à The Foutain, magnifiquement mystique, et on se dit que non, la consécration aurait mérité plus qu'un grandiose final. Elle aurait mérité un film grandiose. C'était presque parfait, cette fois-ci. Dommage que ce soit juste "presque".

Ma note : 8,5/10



Long-métrage américain
Genre : Drame , Thriller , Fantastique
Durée : 01h43min
Année de production : 2010
Distributeur : Twentieth Century Fox France
Date de sortie en France : 9 février 2011

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mardi 8 mars 2011

This is not a love song,
de Jean-Philippe Blondel

Reçu le mardi 8 mars 2011, 16 reviews
Résumé :
Ce n'est pas grand-chose, une semaine.
Sept jours chez sa mère, avec les filles, pour faire le point. Sans lui. Rien de tragique, non. Juste souffler un peu. Vincent n'en revient pas. Son épouse vient de le pousser à faire la même chose : retourner quelques jours au bercail. Sauf que lui n'a pas vu sa famille depuis dix ans. Dix ans qu'il l'a quittée. Dix ans qu'il a quitté Jérôme, ce frère trop sage, et les copains, Olivier, Fanny, Etienne...
Les souvenirs sont douloureux, car Vincent a fait plus que les quitter : il les a lâchés. Ces petites vies communes où les rêves ne se débattent même plus. Ils lui en veulent mais lui cachent leur chagrin. Perdu dans sa propre identité de frère, de fils, d'amant, d'ami, Vincent voit la semaine s'étirer. Et toujours ce même air, lancinant, qui résonne, et qui n'est pas une chanson d'amour...

Mon avis :
La coupable de cette folie, pour changer, est cette fois-ci miss Lalou, qui a eu l'immense gentillesse de m'offrir un petit livre en remerciement du mien. C'était le seul de ma wish-list qu'elle connaissait et qu'elle avait adoré. Eh bien, j'ai vite compris pourquoi ! Mine de rien, le temps d'une petite semaine de vacances en famille, l'auteur a le temps de nous faire rire, de nous énerver, de nous angoisser, de nous rendre triste... un véritable exploit dont on ne ressort pas indemne !

Tout commence par Susan et son idée saugrenue de passer des vacances avec ses parents et les enfants, sans lui. Une occasion pour lui d'aller voir ses parents aussi, non ? Ses parents français ringards, ennuyeux, avec qui il n'a rien en commun, ainsi que son frère dont il déteste la femme et avec qui il entretient une relation distante écorchée de jalousie. Il espère au moins trouver l'occasion de revoir ses amis pour sauver le coup, sauf ce qu'il va apprendre d'eux ne va pas spécialement illuminer sa semaine...

La première chose qui accroche dans ce livre, c'est la proximité que l'auteur crée avec ses lecteurs. Une histoire à la première personne, pleine de sentiments, de pensées et de remarques personnelles à laquelle il est impossible de ne pas s'identifier. On compatit au désespoir de Vincent de se retrouver coincé dans la campagne française avec une famille qu'il voit rarement et qui ne lui manque pas, on ressent tout le dilemne humain de celui qui veut être un bon fils mais qui veut vivre sa propre vie... qui n'a pas ressenti ça un jour ou l'autre ? Et quand ça tourne mal, on est soudain coincé avec lui, forcé de partager sa douleur, sa culpabilité, ses mauvais choix. L'auteur n'épargne rien ni personne, surtout pas le lecteur. Et pourtant, une fois commencé, impossible de décrocher.

Les personnages sont tous tellement banals qu'ils en deviennent familiers. Les amis qu'on ne connait plus, à qui on ne sait pas quoi dire, ceux qui veulent prétendre que rien n'a changé, ceux qui veulent prétendre que tout va bien et qui préfèrent se mentir que d'ouvrir les yeux sur leurs erreurs. La famille inconsciente, celle qui blesse sans s'en rendre compte, qui s'éloigne malgré elle et qu'on se force à aimer, qu'on est impatient de quitter pour retrouver sa vie, celle où l'on choisit ses fréquentations et ses loisirs. Un narrateur très humain, très soi, très tout le monde, qui se pose des questions et qui regrette...

Et puis on referme ce livre quelques heures plus tard (c'est tout ce qu'il faut pour le terminer), surpris d'avoir aimé, étonné de ne pas l'avoir reposé plus tôt, un peu honteux d'avoir tremblé et de s'être mordu la lèvre pour masquer le trouble qu'à causé son contenu. On maudit l'auteur de nous avoir laissé sur cette fin, et puis on le remercie de nous avoir fait ressentir tout ça en si peu de lignes, ce maelström d'émotions inévitable. On se demande ce qui s'est passé. Et quand on va le relire.

Ma note : 8,5/10


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lundi 7 mars 2011

Manabe Shima,
de Florent Chavouet

Reçu le lundi 7 mars 2011, 8 reviews
Résumé :
Le Japon est tellement une île qu'il est un archipel. Dans le catalogue japonais, on trouve des îles industrielles, des îles artificielles, des îles sacrées, des îles musées, des îles formol, des îles atoll, des îles balnéaires, des îles bleu-vert, des îles sauvages, des îles sans âge, des îles connues, Shikoku, et mêmes des îles où l'on pêche et l'on boit. Parmi ces miettes de terre, il y a Manabé Shima, une île dont on parle peu, mais où poussent très bien les poissons.
Ça tombe bien, je n'ai rien prévu cet été.

Mon avis :
Je crois que vous le savez déjà, je suis une petite groupie de Florent Chavouet : Tokyo Sanpo m'avait complètement séduite, un vrai coup de coeur, et je n'en attendais pas moins de Manabe Shima. Ne vous en faites pas, je n'ai pas été déçue. Semblable sur la forme mais différent sur le fond, Florent quitte cette fois Tokyo pour visiter une toute petite île entre Honshu et Shikoku, avec quelques centaines d'habitants, deux villages et plein de poissons. Attrapez un poulpe et venez voir de très près la vie de ses joyeux habitants.

Si Tokyo Sanpo était très riche en décors et en bâtiments, Manabe Shima est quant à lui riche en personnages et en poissons. Imaginez, un petit frenchy qui parle très mal japonais et qui débarque hors saison sur une île pas vraiment touristique, qui a failli de ne pas trouver de logement (heureusement qu'Hironobu lui loue une chambre bizarre du Santora, l'auberge de jeunesse pas encore ouverte), et qui se retrouve à vivre dans cette étrange petite communauté où tout le monde se connaît.

Les pages de présentation des personnages sont excellentes : chacun a le droit à son portrait, sa mini biographie (selon ce que Florent en a compris) et des anecdotes amusantes. De la famille Ingalls (mais à la mer) qui s'occupe du Santora (avec Colin, le chien qui croque la vie comme un chat) à Ikkyu-san, le propriétaire d'une petite échoppe qui passe son temps à lui faire boire du shoshu (de l'alcool de blé), en passant par le clochard (qui n'en est pas vraiment un) qui ne fait que lui crier dans les oreilles sans qu'il n'y comprenne rien, tous ont de sacrés caractères et histoires à raconter.

Florent devient un peu la mascotte locale et a alors la chance de participer à tout un tas d'activités : la pèche, la gym scolaire, les feux d'artifices, les films interminables sur l'histoire de Manabe au gori-gori, les pèlerinages dans les temples... on découvre avec lui tout un microcosme japonais où les tako (poulpes) et les crabes sont plus nombreux que les maisons, où tout le monde est plus ou moins pêcheur et où se lever à 5h est malheureusement la norme pour toutes les activités intéressantes. À la manière de "j'irais dormir chez vous", cette incursion dans le quotidien des modestes habitants d'une petite île est un vrai bonheur, on en redemande !

Quant au style de Florent, il n'a pas changé : du crayon de couleur, un peu de feutre parfois, et plein de dessins partout agrémentés d'une myriades d'annotations amusantes. Les petites blagues me font toujours mourir de rire ("Say you, say me...") - qu'ils sont bêtes ces japonais - et la diversité des situations est tout bonnement excellente. Le planning de la journée, les gangs de chats, les bastons de crabes, les jardins plein de légumes bizarres et la flopée de poissons locaux ("Dolado, Ah ah !"), on se réjouit d'être surpris à chaque nouvelle page. Et la carte géante dépliable, my my, quelle merveille ! Je me tâte à l'encadrer, c'est pour dire.


Si vous aimez le japon (ou pas), les chats et les poulpes (ou pas), les génocides de crevettes (si si), les blagues bêtes (ah si, ça il faut), Manabe est juste fait pour vous. Remède garanti contre la déprime et envie de voyage en option, c'est l'album parfait pour le petits curieux en herbe - et en sable, en cailloux...

Ma note : 10/10 (une merveille !)

N'oubliez pas, allez faire un tour sur le site ou le blog de Florent Chavouet pour succomber à votre tour, et jetez un oeil à Tokyo Sanpo si vous préférez la ville, vous ne serez pas déçus !


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jeudi 3 mars 2011

Terre des monstres, tome 1 : L'enfant trouvé,
de D.M. Cornish

Reçu le jeudi 3 mars 2011, 9 reviews
Résumé :
Les vastes terres du Demi-continent portent les cicatrices de centaines d'années de conflits entre les monstres et les hommes. Seules les âmes les plus courageuses traversent désormais les routes intérieures : marchands, messagers de l'empire et - les plus braves de tous - les chasseurs de monstres. Être un chasseur requiert des talents extraordinaires et un caractère rusé, car les créatures sont aussi mortelles que variées et peuvent tuer un humain plus vite que l'éclair.
Rossamünd Bookchild ne devrait pas avoir à s'en faire : le jeune orphelin au nom de fille vit en sécurité derrière les mains de l'Estimable Société de Marine pour Orphelins de Madame Opéra. En sécurité, du moins jusqu'au jour où il sera recruté par les services de l'empire à l'arrivée d'un homme étrange aux yeux rouges sang. Voici son histoire.

Mon avis :
Découvert sur le blog d'Iluze, ce premier tome d'une trilogie n'aurait peut-être jamais atterrit entre mes mains si la bibliothèque ne l'avait pas eu en stock. Le seul problème, c'est qu'elle n'a pas les autres volumes, et que malheureusement ce livre a répondu à mes attentes : sans être palpitant, l'histoire originale et le rythme soutenu m'ont donné envie de connaître la suite. Que faire ?

Rossamünd a tout pour être un attachant petit bonhomme : orphelin, persécuté pour son nom de fille, il est choyé par deux des employés de l'orphelinat, la douce Verline et un ancien marin, maître Fransitart. Le refuge de leur attention va toutefois prendre fin lorsqu'un homme étrange annonce que Rossamünd a été choisi pour être allumeur de réverbères. Lui qui rêvait de sillonner les mers... le voilà embarqué en direction de High Vesting, quartier général des allumeurs de réverbères. Sauf qu'en prenant le mauvais bateau, il se retrouve avec un capitaine infect et une cargaison douteuse en direction d'une destination incertaine. Et ce n'est que le début de ses aventures !

Si la trame principale semble assez classique, l'univers inventé par l'auteur pour l'étayer vaut quant à lui le détour : comme on le devine en vue des 100 pages de lexique qui suivent le livre, il a pris soin d'inventer un monde complexe à la faune riche, pleine de monstres et d'humains modifiés qui voguent sur des mers acides. L'aperçu de l'univers qu'offre ce premier tome donne envie d'en savoir plus sur les curieuses populations qui vivent sur ces terres hostiles, sur les étranges leers et leurs yeux surnaturels ou les fulgars et leurs organes électriques.

Au milieu de ce fouillis de bizarreries, les personnages ne sont toutefois pas en reste. Rossamünd est un héros bien comme il faut, timide et innocent, se trouvant finalement un courage insoupçonné pour survivre à son dangereux voyage. Un peu trop prévisible pour être vraiment réaliste, on le suit tout de même avec plaisir dans cette quête initiatique vers sa destinée. Europe, la charmante et sans pitié chasseuse de monstre, apporte un équilibre intéressant à la naïveté de son jeune compagnon, et tous les personnages gravitant autour d'eux - bons ou mauvais - apportent leur petite pierre à l'édifice.

Du côté du style, rien à redire non plus, fluide et agréable, les discours se pliant bien au caractère et au statut des personnages. Et pourtant, il manque une petite étincelle quelque part, un soupçon de magie dans ce livre qui en regorge. Peut-être que la succession de termes inconnus y joue pour quelque chose, ou la prévisibilité de l'action, mais le coup de cœur n'est pas là. C'est juste un bon livre, un beau livre (illustré de portraits de la main de l'auteur), un agréable livre, dont j'ai tout de même envie de lire la suite !


Ma note : 7,5/10



N'hésitez pas à lire un extrait en anglais sur la page Amazon !


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mardi 1 mars 2011

Un Oscar pour Shaun Tan

Reçu le mardi 1 mars 2011, 4 reviews
Ne me demandez pas qui est Shaun Tan, je vous soupçonnerais de ne jamais être venu sur ce blog sinon... Shaun Tan, c'est mon illustrateur chouchou depuis quelque temps, le magicien des mots et des couleurs, le génie des dessins qui parlent à tous et qui touchent avec une profondeur insoupçonnée. Je vous avais parlé de The Lost Thing, un magnifique album au sujet d'une "chose" rouge trouvée par narrateur sur une plage. Cette fable sur l'acception de l'autre a été adaptée en film d'animation par Andrew Ruhemann en coopération avec le maître, nécessitant près de trois ans et demi de travail à quatre pour court-métrage de quinze minutes. Le résultat ? À la hauteur du livre, bien entendu.

Et je ne suis sûrement pas la seule à le penser, car le talentueux Shaun Tan a reçu hier un oscar pour The Lost Thing dans la catégorie meilleur court métrage d'animation.

"Our film is about a creature that nobody pays any attention to and it is wonderfully ironic."

Rien de tel qu'une petite confession en finnois (pas mal pour un australien) à l'intention de sa femme, Inari Kiuru, pour conclure tout ça. Nous aussi, me rakastamme sinua, Shaun Tan !

Notons tout de même qu'il était en compétition avec un court-métrage de Pixar ainsi que The Gruffalo, une excellente animation que je recommande à tout le monde (et dont les auteurs doivent aujourd'hui manger leur chapeau).

Partagez sa joie lors de la vidéo de remise des prix (le petit bonhomme, c'est lui !) ou profitez-en pour regarder :

Le trailer de The Lost Thing :


Une vidéo où Shaun Tan parle de son travail :


Et rendez-vous sur le site officiel pour plus de détails !

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Lilyn Kirjahylly Copyright © 2011, by The Scary Cupcake & Mr Pink Eyes
All images © the incredible Shaun Tan