lundi 7 février 2011

Le chat qui venait du ciel,
de Takashi Hiraide

Reçu le lundi 7 février 2011, 15 reviews

Résumé :
Quand le narrateur et sa femme emménagent un jour dans le pavillon indépendant d'une ancienne demeure japonaise, ils ne savent pas encore que leur vie va s'en trouver transformée. Car cette demeure est entourée d'un immense et splendide jardin, et au coeur de ce jardin, il y a un chat. Sa beauté et son mystère semblent l'incarnation même de l'âme du jardin, gagné peu à peu l'abandon, foisonnant d'oiseaux et d'insectes. Tout le charme infini de ce livre tient dans la relation que le couple va tisser avec ce chat qui se fond dans la végétation exubérante pour surgir inopinément, grimpe avec une rapidité fulgurante au sommet des pins gigantesques, frappe à la vitre pour se réconcilier après une brouille.

Mon avis :
Le temps d'une pause, d'un interlude entre des lectures un peu plus sérieuses et urgentes, j'ai mis la main sur ce petit livre à la belle couverture offert par ma chère Aceituna, en espérant me repaître rapidement de ses brèves cent-trente pages. Amoureuse des chats et du Japon, je n'ai pourtant pas été très séduite... le livre en lui-même n'est qu'une longue pause, peuplée de réflexions contemplatives sur les relations avec les animaux, les autres, l'environnement. Si vous cherchez un peu de zen, ce livre est fait pour vous, sinon il sera sans doute un très bon somnifère...

Le narrateur, probablement l'auteur lui même compte tenu du caractère majoritairement autobiographique de l'oeuvre, nous raconte sa vie dans les années 80 dans un pavillon d'un quartier tranquille de Tokyo. La petite rue passant entre les maisons environnantes est surnommée la rue de l'éclair, et il y passe souvent le chat des voisins, Chibi, dont l'auteur et sa femme sont tombés amoureux mais qu'ils respectent avec une déférence presque surnaturelle. Se tisse alors la lente histoire de leur quotidien autour de ce microcosme hors du temps.

Dans la lignée des histoires japonaises traditionnelles, on retrouve ici une ambiance calme et sereine, un peu poétique aussi, pleine de réflexion et de contemplation. Le monde de l'auteur se limite à sa petite maison et son jardin, le pavillon des propriétaires âgés, la maison des propriétaires de Chibi, la rue de l'éclair. Il y observe le monde, joue avec les libellules, et surtout, surveille les déplacements de ce chat qui le fascine. Chat qu'il ne touche jamais, ne dérange jamais, mais nourrit et attend consciencieusement chaque jour comme si sa présence lui était vitale.

Il y a un petit quelque chose qui réveille l'amoureux des animaux qu'on a en soi dans ce livre, mais c'est un peu trop léger pour suffire à combler le manque de contenu. L'intérêt de ce couple pour ce chat appartenant à leurs voisins est déraisonné, parfois excessif, tellement étranger dans la distance qu'il crée avec l'objet de leur affection que ça en devient presque impensable. Les propriétaires d'animaux ne se reconnaîtront probablement pas dans cette histoire, et on se pose des questions sur les réactions de leur entourage auxquelles seul un japonais pourrait sans doute répondre.

En bref, ce livre offre quelques heures de détente dans un jardin japonais, avec un chat mystérieux et un artiste qui aime penser. À essayer par curiosité, pour se changer les idées, se reposer l'esprit, puis à ranger pour passer à autre chose. Autre chose avec de l'action, sûrement.

Ma note : 6,5/10

Et hop, un article pour le défi In the mood for Japan !



Reviews (15)

Le 7 février 2011 à 12:22 , Erato a dit…

Il faisait partie des livres que j'ai été tentés d'acheter dans le cadre de l'opération 2 achetés = 1 offert, mais j'ai choisi autre chose. Peut-être est-ce mieux ainsi ^^

Le 7 février 2011 à 12:43 , Lelf a dit…

Bon, ça c'est fait. Je vais rester sur Murakami pour l'instant :p

Le 7 février 2011 à 13:03 , Miss Spooky Muffin a dit…

Ah bah Murakami c'est une valeur sûre, hein, ya pas d'inquiétude de ce côté !
Il n'est pas mal mais il ne s'y passe pas grand chose, alors le souvenir n'est pas impérissable...

Le 7 février 2011 à 21:47 , Véro a dit…

Oh pas sûr que ce soit pour moi ça ... ça risquerait plus de m'agacer que de me zénifier !

Le 8 février 2011 à 10:22 , pom' a dit…

c'est tout à fait ça, ce livre est une pause

Le 8 février 2011 à 10:40 , Miss Spooky Muffin a dit…

@Véro : il faut avoir de la patience pour arriver au bout, même s'il est court ! Si ça t'agace qu'il ne se passe rien, pas sûr que tu aimes.

@Pom' : même si l'ambiance est sympa, c'est dommage qu'il ne s'y passe pas plus de choses pour gommer ce côté "pause"

Le 8 février 2011 à 12:40 , Alexiel a dit…

Oh moi il me tente quand même malgré ton avis.
J'aime lire de temps en temps ce genre d'écrits calme, contemplatif et zen.
C'est sûr qu'on lirait pas ça tous les jours mais un peu de temps en temps ça fait du bien de marquer une pause.

Le 8 février 2011 à 13:36 , Miss Spooky Muffin a dit…

Je suis contente qu'il te tente quand même, ce n'est pas un mauvais livre mais je n'ai pas été assez touchée par sa poésie pour le dévorer avec plaisir. J'espère qu'il te plaira !

Le 9 février 2011 à 21:56 , Choco a dit…

Joli billet :)
Dis donc, il me semble pas te l'avoir dit mais j'adore le graphisme et la mise en page de ton blog...
Aaaah Shaun Tan... ;)

Le 9 février 2011 à 22:32 , Miss Spooky Muffin a dit…

Aaah oui, Shaun Tan, hein ? ^^
Merci pour ton passage !

Le 10 février 2011 à 12:51 , Praline a dit…

C'est vrai que l'action est du genre plan plan. Mais c'est amusant de voir ces affrontements autour d'un petit chat !

Le 10 février 2011 à 12:58 , Miss Spooky Muffin a dit…

C'est assez étonnant tout de même de s'attacher autant au chat des voisins sans en vouloir un à soi... ce n'est pas quelque chose qui me viendrait à l'esprit mais bizarrement, je trouve ça très japonais !

Le 15 février 2011 à 22:47 , Pauline a dit…

Oh ba rien que pour les chats! :D

Le 7 avril 2011 à 00:23 , Culture a dit…

Pour ma part j'ai vraiment apprécié... d'autant plus que ca m'a permis de m'échapper un peu de l'atmosphère de RER suffocante et qui pue la sueur..

Même si effectivement c'est très contemplatif et tranquille, ca apporte un certain repos à l'esprit, parfais pour les "pauses" lectures

Le 7 avril 2011 à 09:51 , Miss Spooky Muffin a dit…

En fait il me manque le RER et la pollution et le bruit et le stress pour vraiment l'apprécier. Quand tu es sous la couette, au chaud, le contemplatif ça devient vite barbant... je préfère le contemplatif mystique à la Murakami que l'histoire d'un couple et du chat du voisin.

 

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