lundi 28 février 2011

Seven Days: Friday -> Sunday,
de Venio Tachibana et Rihito Takarai

Reçu le lundi 28 février 2011, 2 reviews
Résumé :
Touji Seryou, un des garçons les plus populaires du lycée, a accepté de sortir avec son sempai du club de tir à l'arc, Yuzuru Shino. Mais celui-ci semble avoir des sentiments plus que conflictuels au sujet de leur relation : lui qui n'hésite pas à la voir comme un jeu, il ne cesse de s'énerver à la moindre occasion. Sa rencontre avec l'autre Shino, la fille que Seryou aime secrètement, crée un tel remue-ménage que les deux garçons commencent à s'inquiéter sur la conclusion de cette semaine, où Seryou est censé annoncer à son ami qu'il n'est pas tombé amoureux de lui...

Mon avis :
Vous vous souvenez de ce petit manga qui m'avait frustrée à la fin de ma lecture ? Eh bien voilà, j'ai craqué pour la suite, le jour où elle devait sortir en anglais (pour finalement être repoussée au mois d'août). Eh bien, vous savez quoi ? Je suis presque frustrée de l'avoir fini...

On retrouve Seryou et Shino là où nous les avions laissés, au milieu de cette étrange semaine où ils sont "ensemble" en attendant que Seryou lui annonce qu'il n'est pas tombé amoureux de lui et qu'il ne veut plus le revoir. Mais les choses ne sont pas simples entre eux... si chacun de leur côté, ils réalisent petit à petit leur affection envers l'autre, dès qu'ils sont ensemble ce sont les piques, les questions et les reproches qui fusent, plutôt que d'essayer de discuter calmement. Yuzuru est tellement persuadé que Seryou aime cette autre Shino qu'il ne veut pas voir tous les signes que son ami essaye de lui faire passer...

Bêtes et mignons, voilà comment ils sont. On pourrait difficilement leur reprocher... entre l'âge, le contexte, cette stupide idée de se mettre une limite d'une semaine et l'état émotionnel franchement discutable des deux intéressés, ça aurait été trop beau que tout se passe bien. Bien que la suite des évènements soit assez prévisible, on l'attend avec impatience, poussé par une terrible tension que l'auteur parvient à créer entre ses chapitres. On en douterait presque de comment cette histoire va finir !

Du côté des personnages, le style reste constant, un peu trop peut-être. La mélancolie générale qui se dégage de cette histoire est propice à voir passer souvent les mêmes expressions - gêne, timidité, affection - et on regrette de ne pas les voir contrariés un peu plus. Heureusement que Shino n'a pas perdu son sale caractère et offre quelques rebondissements appréciables. Seryou, un peu fade en comparaison, surprend par quelques répliques bien senties et sa volonté de s'affirmer un peu. À eux deux, ils équilibrent la balance, en quelque sorte.

Ce n'est pas si souvent qu'un manga est en deux parties, et encore moins qu'aucune des deux ne soit décevante - je ne regrette vraiment pas mon acquisition ! Des personnages aux traits fins et expressifs, des décors soignés, une relation originale et pleine de petites menaces : les ingrédients parfaits d'une lecture reposante et satisfaisante. Bon, un peu moins chaste ça aurait été bien aussi, mais on ne peut pas tout avoir...

Ma note : 8,9/10 (comme le premier !)


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samedi 26 février 2011

Les voyages de Gulliver,
de Rob Letterman

Reçu le samedi 26 février 2011, 4 reviews
Synopsis :
Lemuel Gulliver, modeste employé au service courrier d'un journal new-yorkais, rêve de devenir grand reporter. Après avoir menti pour se voir confier la rédaction d'un article sur le triangle des Bermudes, il fait naufrage et se réveille sur Lilliput, une terre mystérieuse peuplée d'êtres minuscules.

Mon avis :
J'avais dit que j'irais, j'y suis allée... on ne peut pas dire que je sois époustouflée du résultat mais il faut admettre que Jack Black est fidèle à lui-même. Humour gras, mec un peu pitoyable, jolie fille, mensonges et happy end héroïque... rien de neuf sous le soleil, mais il y a matière à se détendre avec un demi-kilo de pop-corn en rigolant bêtement de temps à autre.

Gulliver est le nullos du courrier, celui que personne ne voit et qui a un coup de foudre pour la fille en charge de la rubrique voyage qu'il n'ose pas avouer. Quand un petit nouveau lui pique pratiquement son poste, il ne trouve rien de mieux que d'impressionner la fille en se faisant passer pour un reporter, et se retrouve au milieu du triangle des Bermudes pour en faire un article. De là, il va atterrir chez les Lilliputiens, et à grand coup de mensonges, devenir le héros de toute une nation ; sauf que bien sûr, tout ne va pas se passer comme prévu...

Je connaissais l'histoire de Gulliver sans avoir lu l'œuvre originale, et si le fond se rapproche fortement de ce à quoi on s'attend, la forme quant à elle recèle des surprises. L'exploitation du moderne est faite à outrance : la vie de Gulliver est un mélange de Star Wars, Titanic, Marvel et autres joyeusetés du 7ème art. Je ne pense pas que le personnage du roman avait un iPhone en arrivant sur l'île... mais soit, c'est une comédie moderne qui joue sur les références, pas de quoi en faire un plat.

Le seul problème, c'est qu'il n'y a pas grand chose pour rattraper une forme assez légère. Le fond est attendu, les rebondissements légers, la fin frise le ridicule et on se serait bien passé de la chanson aussi inutile qu'incongrue. Les personnages ne sont pas mauvais, mais Black ne sait jouer QUE Black, le mec nul et marrant, encore et toujours ; même chose pour Jason Segel (Marshal de How I met Your Mother), il joue le même rôle que dans la série, le mec naïf et marrant. Bah alors, et le renouvellement dans tout ça ? Où est le challenge ?

Voilà, une comédie prévisible et classique, ne vous attendez à rien de plus. Elle est marrante, elle est divertissante, elle fait passer le temps, elle est même en 3D. Mais non, elle ne vaut pas une place à 13€, alors sortez vos coupons de réduction, vous risqueriez d'être déçus sinon !

Ma note : 5,5/10



Titre original : Gulliver's Travels
Long-métrage américain
Genre : Aventure , Comédie
Durée : 01h25min
Année de production : 2010
Distributeur : Twentieth Century Fox France
Date de sortie en France : 23 février 2011

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jeudi 24 février 2011

Aristide broie du noir,
de Jérémie Almanza & Séverine Gauthier

Reçu le jeudi 24 février 2011, 8 reviews
Résumé :
Chaque soir, c'est pareil, le cortège infernal, le défilé de monstres et leurs chants sépulcraux. Aristide lutte, tout seul, contre un sommeil fatal. Il surveille les monstres, repousse leurs assauts.


Mon avis :
Aristide est un charmant petit bambin, mais un petit détail lui cause des déboires : le pauvre malheureux, 10 ans déjà, est terrifié par le noir. Incompris par sa famille, drogué par un psy incompétent, il décide que cela doit changer, et prestement ! Mais l'obscurité n'est pas un ennemi facile, comme il va le découvrir, car même armé d'une terrible machine, les ombres refusent de mourir...

Comment résister à l'adorable minois d'Aristide ? Avec sa tête de zombie (merci les insomnies), il fait triste figure au milieu de ses camarades qui ne manquent pas de se moquer de lui. Car Aristide n'y peut rien, il a peur du noir... il y voit des tentacules grouillants, des silhouettes malfaisantes et autres monstres invisibles, contre lesquels il doit se battre chaque nuit, sacrifiant ainsi son sommeil. Ses parents sont impuissants, le psy lui refile des somnifères, et lui décide de construire une folle machine pour broyer les ombres. Mais est-ce que cela va suffire ?

Les dessins de Jérémie Almanza sont une merveille pour les yeux, avec leurs traits doux qui collent parfaitement avec la poésie des mots (il est écrit en alexandrins, s'il vous plaît !). Aristide est attachant au possible, on ne peut s'empêcher de s'identifier à lui en se souvenant de ce lointain passé où nous aussi, on gardait une veilleuse allumée pour dormir. Son courage est d'ailleurs motivant et je ne serais pas la première à recommander cette BD à tous les minis qui ont peur du noir... rien de tel pour vaincre ses angoisses !


Avec ses couleurs magiques aux tons savamment accordés, ses personnages adorables et sa conclusion à la fois triste et joyeuse, cet album est un must have. Éternel reproche, sa longueur, bien trop courte pour pouvoir en profiter pleinement... mais on ne reste pas trop sur sa faim, c'est l'essentiel !

Ma note : 9/10


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mardi 22 février 2011

Le Héros des siècles (Mistborn tome 3),
de Brandon Sanderson

Reçu le mardi 22 février 2011, 12 reviews
Résumé :
Tuer le seigneur Maître pour mettre fin à l'Empire Ultime était la bonne chose à faire, n'est-ce pas ? Entre le retour des mystérieuses brumes désormais mortelles, les chutes de cendres de plus en plus fréquentes et les tremblements de terre qui se multiplient, Vin et Elend n'en sont plus très surs. Il y a longtemps, Ruine - une des forces primitives qui ont créé le monde - a gagné le droit de détruire un jour tout ce qui existe. Maintenant que Vin a été manipulée pour le libérer du Puits de l'Ascension, Ruine a apparemment l'intention de réclamer son dû...

Mon avis :
Après un merveilleux premier tome, un éblouissant second, comment qualifier la sublime conclusion de cette trilogie ? Je pourrais utiliser des dizaines de qualificatifs, mais à la place, je vais me contenter d'un banal fait : ce tome fait plus de 700 pages en version poche, en anglais, et je l'ai lu d'une traite, en une journée, du lever au coucher ; il était tellement bien que j'ai à peine pu le reposer pour manger. Voilà à quel point il est excellent, tout simplement.

Le résumé en dit déjà assez long sur l'histoire, je vais donc me dispenser d'en parler à nouveau. Heureusement, Mistborn fait partie de ces chefs d'oeuvre dont on peut parler pendant des heures sans avoir besoin de mentionner l'histoire. L'auteur a une fois de plus joué de sa magie pour terminer cette saga avec l'attendue apothéose, dévoilant enfin chacune des ficelles, chacun des indices anodins qui se révèlent finalement fondamentaux à l'histoire. Les zones d'ombre s'effacent sous les derniers retournements, toujours inattendus, et on ne peut que rester bouche bée devant cette maîtrise, ce sens des détails.
Attendez-vous à tomber des nues, c'est sa spécialité.

Dans ce volume, on quitte Luthadel pour mener le combat dans le reste des dominances. Les villes désertées de leurs nobles sont en proies aux attaques de koloss, aux révolutions, aux pénuries. On découvre un nouveau monde au delà de la flamboyante capitale, riche et étonnant, que l'auteur couvre amplement grâce à des chapitres alternant les points de vues entre les personnages. L'importance de l'environnement prend toute son ampleur dans ce dernier tome, que ce soit la géographie, le climat, les populations ; chaque élément est justifié et l'on ne peut s'empêcher de repenser à tout ce qui s'est passé auparavant, aux questions laissées en suspens, et à rester admiratif du résultat.

Du côté des personnages, pas de faiblesse non plus : personne n'est inutile, chacun trouve sa place. Vin n'est plus une gamine timide mais une véritable guerrière, poussée par ses instincts, par cette destinée sur laquelle elle s'interroge. L'héritière du Survivant ne perd pas de sa splendeur, même si c'est Elend qui désormais lui arrache la vedette. Ses réflexions sur la portée de ses choix, la justesse de ses décisions et la part de ses émotions dans la gestion d'un Empire en ruine sont aussi prenantes que touchantes.
Les personnages secondaires, quant à eux, ne le sont plus. Chacun devient un héros à sa façon, chacun laisse une trace de son passage. Que ce soit pour sauver un village, un peuple ou peut-être même l'univers, ce ne sont pas ceux auxquels on s'attendait qui détiennent les clefs de l'histoire. Des tyrans pas vraiment tyranniques, des gentils à double tranchant... on a l'impression de ne jamais être au bout de ses surprises.

Difficile de définir cette saga comme il le faudrait : résolument fantasy sur la forme, elle laisse un arrière goût de science-fiction à travers la volonté de l'auteur de répondre aux grandes questions de l'univers. La religion décortiquée, l'influence de l'homme critiquée, la politique mise à mal... les institutions en prennent pour leur grade, et c'est tant mieux. Mais pas d'inquiétude, si ce que vous préférez c'est le social, il y en a ; le fantastique, il y en aussi - la liste des métaux allomantiques s'allongent et leurs secrets se dévoilent de façon tout à fait jouissive. Qu'est-ce qu'il lui manque, alors ?

Eh bien, rien. Bien que l'auteur s'active à une suite, cette trilogie contient déjà tout ce qu'elle doit contenir, la recette parfaite, le plaisir de l'action et de la réflexion savamment dosée. Le reste, ce ne sera que du bonus.

Ma note : 20/10, à peu près.

Il ne reste plus qu'à s'en remettre, maintenant...


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dimanche 20 février 2011

Flood and Fang,
de Marcus Sedgwick

Reçu le dimanche 20 février 2011, 6 reviews
Résumé :
Faites connaissance avec la merveilleusement bizarre famille des Otherhand et leur dévoué gardien Edgar le corbeau, et découvrez les sombres secrets du château Otherhand.
Edgar est affolé après avoir vu une queue noire à l'air mauvais se glisser sous les murs du château. Mais ses avertissements auprès des occupants passent inaperçus : le Conte Valevine Otherhand est trop occupé à essayer d'inventer l'impensable et à découvrir l'indécouvrable ; sa femme, Minty, est trop absorbée par sa dernière obsession - la pâtisserie ; Cudweed est en train de créer une émeute avec son infernal petit singe. Seule Solstice, la poétesse aux cheveux noirs de la famille, semble faire attention à lui. Alors que les étages inférieurs du château s’inondent mystérieusement, et que les aides de cuisine disparaissent, la famille va faire connaissance avec le propriétaire de la queue noire...

Mon avis :
Voici Edgar, un narrateur peu ordinaire : Edgar est un corbeau, vieux de plusieurs centaines d'années, et gardien du château des Otherhand. Les Otherhand sont une curieuse famille, il faut dire. On y trouve Minty, la mère, passionnée par les gâteaux (et leurs plats), Valevine, le père, un inventeur fou, Cudweed le cadet, un trouillard toujours accompagné de son vilain petit singe Fellah, les jumeaux fans de couteaux, et enfin l’aînée, Solstice, charmante Solstice et sa morne poésie, pour qui Edgar a un petit faible. C'est bien la seule à le comprendre, surtout quand il essaye de leur expliquer que le château est sur le point d'être inondé, et qu'une bête rode dans les sous-sols...


Futhork ! Une étrange bête a été vue derrière les buissons de rhubarbe, et Ishbel, la pauvre aide de cuisine, n'a laissé derrière elle qu'une paire de bottes. Il est évident qu'un mystère nécessite d'être élucidé. Un mystère de plus, devrais-je dire, si l'on compte le niveau d'eau qui ne cesse d'augmenter depuis les sous-sols du château. Edgar essaye tant que bien que mal d'aider cette famille impossible mais personne ne fait d'effort pour s'y intéresser. Eh bien qu'ils restent à se noyer, ou bien se faire dévorer par la bête, si c'est ça !

Enfin, ce serait dommage tout de même. Sous ses airs farfelus, la famille Otherhand est une bande d'attachants allumés. On s'amuse de l'obstination parentale, que ce soit envers la pâtisserie ou les grenouilles à éclairs, on se moque de la couardise de Cudweed et on s'extasie des talents de miss Solstice. Sans parler du valet qui rêve d'être acteur, de la nourrice monstrueuse, de la cuisinière mégère et des autres... Et puis, bien sûr, il y a ce sale petit singe, toujours là pour gâcher l'ambiance avec son ridicule gilet rouge et ses petits yeux mauvais. Ce n'est pas Edgar qui vous dira le contraire :
Et puis le château mérite bien d'être sauvé : mélange improbable d'architecture de plusieurs époques, il regorge d'une flopée de secrets, mystères et autres anecdotes qui le rendent terriblement passionnant. Du mystérieux trésor des Otherhand aux bruits suspects de l'aile sud où personne ne va plus, ses catacombes renferment des passages secrets et ses murs une conscience propre, capable de décider d'elle même ce qu'il y a de mieux à faire pour sa survie. Et ce même si ça met en péril ses occupants !

Accrochez-vous aux plumes d'Edgar (attention, pas trop fort quand même !) et venez résoudre le mystère de l'Inondation et du Croc. Vous ne verrez pas les pages passer alors que ce corbeau vous régalera de son humour noir et de ses sautes d'humeur, le tout en images bien sûr, grâce au formidable Pete Williamson qui, d'un coup de crayon, a donné vie aux habitants de ce formidable château. Vous ne me croyez pas ? Lisez le début, vous verrez bien !

Ma note : 8,5/10

Ce volume est le premier d'une hexalogie, dont le 4ème tome sort bientôt et les prochains par intervalle de 6 mois. Voici les chroniques des tomes deux et trois en attendant la suite ! Sinon, un tour sur le site de la saga ravira vos yeux et vos oreilles...


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jeudi 17 février 2011

Les Portes,
de John Connolly

Reçu le jeudi 17 février 2011, 14 reviews
Résumé :
Au coeur des montagnes suisses, un groupe de scientifiques travaille sur un accélérateur de particules duquel, suite à une erreur, semble s'être échappé un mystérieux élément. Peu de temps après, Samuel, 11 ans, et son chien Boswell croisent leurs étranges nouveaux voisins du 666 Crowley Road, les Abernathy, qui semblent s'adonner à des rites sataniques. Avec Nurd, un démon apparu sous son lit, Samuel entreprend de déjouer les plans diaboliques de Mrs Abernathy qui a ouvert les portes de l'enfer. Si, au départ, personne ne veut croire Samuel quand il parle de crânes volants ou d'un infâme évêque ressuscité, force est de constater que Satan s'apprête à faire son grand retour.

Mon avis :
J'ai découvert John Connolly avec Le livre des choses perdues, qui reprend l'univers des contes pour les transformer en une sorte de cauchemar où un jeune garçon tente d'échapper à une mort certaine. Autant vous dire que la transition avec ce livre est des plus radicales : si les créatures malfaisantes sont toujours là, ce sont maintenant de ridicules démons, débarquant au milieu de scientifiques têtus, d'enfants curieux et de petits chiens malins. Vous n'aimez pas vous faire peur ? Ça tombe bien, ils sont là pour vous faire rire !

Rien de tel pour commencer un livre que de parler du commencement, il y a 13,7 millions d'années. L'auteur nous fait un bref topo sur le big-bang (qui n'a pas du tout fait bang), balançant un peu de charabia scientifique pour distraire, avant de nous parler du numéro 666 de Crowley Road, non loin d'où habite Samuel et son chien Boswell. Au numéro 666 vit un couple aigri, les Abernathy, tellement aigri qu'il va se lancer dans la magie noire avec des amis. Une expérience qui, aidée par la fuite d'une particule du Grand Collisionneur de Hadrons du CERN (en Suisse), va ouvrir une porte vers l'Enfer d'où tout un tas de démons vont pouvoir s'enfuir - y compris des mecs sympas, comme Nouillh, qui voudrait bien dominer le monde si on arrêtait de le tuer sans arrêt. Manque de chance, c'est Halloween, le seul jour où les démons ne sont pas pris au sérieux...

Ça tombe bien, parce que du sérieux, vous n'en aurez pas besoin. Connolly adore plaisanter, que ce soit sur la science, la religion, les voisins belliqueux ou les bières fait maison des petites brasseries locales, sans parler des clichés démoniaques - je vous laisse faire connaissance avec Figoluk, Töng et leurs amis. Il adore vulgariser la physique quantique, mettre des notes de bas de page partout pour contredire des hypothèses, expliquer quelques bêtises ou informer sur des détails amusants. Comment résister à cet humour délirant, à ces références bêtes et à ces clichés idiots qu'il dissémine à toutes les pages ?

Cela dit, ne vous méprenez pas, on ne se moque pas de vous. L'auteur est capable de mener son petit spectacle tout en maintenant une trame cohérente, du suspense, des émotions et des personnages attachants. La confrontation entre Samuel et les adultes incrédules est bien menée, et même les démons qui sont, avouons-le, assez peu organisés, se mouvent avec une tangibilité impressionnante dans ce décor farfelu. Les chapitres sur l'équipe de scientifiques du CERN sont eux aussi jouissifs et on attend vraiment avec impatience de voir comment tout cela va se terminer, même si le "happy end" est quelque part attendu.

Avec ses pages qui filent toutes seules, son petit côté scientifico-pédagogique, ses réflexions cachées sur des notions à première vue banales, son humour pas potache et son action effrénée (ou presque), il n'y a pas grand-chose qu'on puisse reprocher à ce livre. De se lire trop vite, peut-être ?

Ma note : 8,5/10 (n'hésitez plus !)


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mardi 15 février 2011

Seven Sorcerers,
de Caro King

Reçu le mardi 15 février 2011, 11 reviews
Résumé :
Nin n'a jamais aimé les mercredis, mais celui-ci fut pire que tout. Ce mercredi-là, elle a constaté à son réveil qu'il pleuvait des cordes et que son frère avait cessé d'exister. Ninevah réalise alors que si elle est la seule à se souvenir de Toby, c'est parce que celui qui l'a fait disparaître va bientôt l'attraper à son tour. Arrive Skerridge le croque-mitaines, qui vole des enfants pour M. Strood. Avec son fuseau, il emporte tous les souvenirs de Nin hors de l'esprit de sa mère. Nin s'échappe dans la dérivation (le Drift), remplie de créatures fabuleuses et redoutables : des morts-vivants, des golems et les esprits des sept sorciers qui ont autrefois détruis le pays. Quel est le secret des sept sorciers, et Nin et Toby parviendront-ils à s'échapper de la Maison de Strood ?

Mon avis :
"Nin never liked Wednesdays, but this one took the biscuit." Biscuit, muffin, marrant non ? Je savais que commencer par une note d'humour vous mettrait dans l'ambiance. Ce livre n'est pas spécialement amusant mais on y décèle tout de même une note d'humour, surtout de la part du croque-mitaine star de l'histoire. Vous aviez peur de regarder sous l'escalier étant enfant ? Vous aviez raison, car ils sont bien là, attendant de vous faire la peur de votre vie avant de vous emporter de l'autre côté...

C'est ce qui est arrivé à Toby, le petit frère de Nin, qui a un jour disparu de la mémoire de tous, hormis celle de sa grande sœur. Convaincue qu'elle va à son tour se faire enlever par le monstre, elle tente de se préparer... mais rien ne peut préparer contre ça. Alors qu'elle se résigne à quitter ce monde sans laisser de trace de son existence, Jonas arrive à son secours. Jonas qui n'existe plus lui non plus, qui sait pénétrer dans la Dérivation, un autre monde où vivent des créatures surnaturelles, des sorciers, des golems... un monde magique où Nin est persuadée qu'elle va retrouver son frère, quels que soient les (nombreux) obstacles à surmonter.

Soyons honnêtes, en plus de cette "catch line" amusante, c'est surtout la couverture du livre qui le rend irrésistible : un vrai plaisir d'avoir une petite explosion de couleur pareille dans sa bibliothèque. Le contenu vaut lui aussi le détour, d'ailleurs. Il n'est pas commun de trouver une histoire où les croque-mitaines se déplacent à la vitesse de la lumière, emmènent les enfants dans un monde qui se fait lentement ravager par le néant et croisent des meutes d'orages, des créatures d'ombre et des sorciers sylvestres. Les secrets de la maison de M. Strood se révèlent même passionnants, et on est happé par la dernière partie du livre comme par la gueule du Maur.

Seulement, avant de se faire happer, il faut endurer un scénario assez long et classique - une quête pour retrouver un être disparu, une héroïne forte et courageuse, un compagnon de route intelligent et rusé, un méchant qui les poursuit. Bref, la traversé de la Dérivation, bien qu'importante pour la suite, n'est pas toujours des plus palpitantes, et il faut s'accrocher pour arriver enfin au morceau le plus intéressant - confus et tortueux, certes, mais tout de même intéressant.

Les personnages font d'ailleurs de leur mieux pour relever le niveau, mais Nin n'est pas spécialement attachante : une gamine un peu casse-cou qui a le sens des valeurs familiales, c'est sympathique, mais ça manque de quelque chose. Jonas relève un peu la barre, surtout grâce à ses connaissances et les mystères qui planent autour de sa vie jusqu'à maintenant, laissant une envie d'en savoir plus. Mon préféré, en dehors de l'étrange et peu bavard Jik, reste tout de même ce bon vieux Skerridge, cruel, malfaisant mais pas trop, qui ne manque d'apporter un peu d'humour avec lui.

Si vous n'êtes pas habitué à la lecture en VO (il n'est pas sorti en français), sans être vraiment compliqué, ce livre risque de vous donner un peu de fil à retordre avec son vocabulaire et ses petites frasques linguistiques (du côté de Skerridge notamment). Cela dit, si vous aimez les romans d'aventure pour la jeunesse et que la curiosité vous ronge de savoir qui sont ces sept sorciers dont parle le titre, un bon moment de détente vous attend !

Ma note : 7,5/10

J'ai profite d'une lecture commune avec Flo_boss, Sita, Nathalie, Juna62, Sabaha et Lalou (qui a promis de le finir) pour lire ce livre, dont la suite Shadow Spell (encore une magnifique couverture !) sera l'objet de la deuxième partie de la LC fin mars. Il n'est pas trop tard pour vous inscrire !


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vendredi 11 février 2011

Garance,
de S. Gauthier, T. Labourot & C. Lerolle

Reçu le vendredi 11 février 2011, 4 reviews
Résumé :
Garance marche sur l'eau. C'est un secret. Léopold, son ami de toujours qui, comme tous les ans, vient passer les vacances en bord de mer, ne l'a jamais cru. Cet été, décidée à le convaincre, elle lui confie d'où elle tient ce pouvoir : elle l'a hérité de son père, un géant qui vit sur une île. Garance propose qu'ils lui rendent visite et aussitôt ils prennent la mer à bord d'une frêle embarcation...

Mon avis :
Pas besoin de vous faire un dessin sur le dernier endroit où vous avez vu cette bande dessinée... Loin de mes choix habituels – fantasy, fantastique... -, Garance est petit moment d’évasion, un interlude ensoleillé sur une plage quelconque, dans un monde quelconque, où deux enfants partent en expédition pour braver la mer et rencontrer un géant. Venez voir plus près...

Voici Leopold, un petit garçon en vacances, impatient de retrouver sa copine dans ce petit paradis de bord de mer. Et là, avec ses cheveux roux, c’est la jeune Garance, ravie elle aussi de retrouver son camarade de jeu. Lorsqu’elle lui dit que loin d’être mort, son père est en fait un géant vivant sur une île lointaine, Leopold se laisse convaincre de traverser la tempête pour le rencontrer. Et ensuite ?


Ensuite, il faudra que vous tourniez les pages pour le savoir. Ce ne sera pas dur, il faut dire : Garance va vous faire la vie facile avec ses couleurs douces, pastels, pleines de poésie, tout comme son trait entre réaliste et enfantin, puis ses dialogues simples et directs, leurs subtils sous-entendus, leurs délicates métaphores, qui laissent derrière eux une nostalgie à la limite de la mélancolie.
C’est peut-être ce goût de trop peu, cette vision trop adulte d’un conte qui laisse un goût amer lorsqu’on ne se contente pas de la lire avec l’innocence qu’il faudrait pour qu’elle soit distrayante, qui vous rebutera un peu à l’idée de la découvrir. Et pourtant, malgré tout ça, elle mérite tout de même le détour. Une BD en un tome, ça ne se refuse pas en plus, non ?

Mon ratio d’impatience : 0 (même si pour une autre fin, je serais prête à lire un second tome...)


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mercredi 9 février 2011

Eric,
de Shaun Tan

Reçu le mercredi 9 février 2011, 9 reviews
Résumé :
Eric est un étudiant étranger qui vient vivre dans une famille typique de la banlieue australienne. Bien que tout le monde soit enchanté de sa présence, des problèmes de différences culturelles apparaissent, en commençant par l'insistance d'Eric à dormir dans le garde-manger...

Mon avis :
Comment résister à Eric ? Un tout petit prix, un tout petit format, un tout petit moment de bonheur... avec son habituel talent, un peu de mots et beaucoup d'images, Shaun Tan joue de sa magie pour nous faire tomber amoureux d'Eric, ce petit bonhomme au nom imprononçable qui vit dans le garde manger. De l'ordinaire à l'extraordinaire, il nous fait réfléchir sur les différences culturelles et l'acceptation de l'autre, le tout en poésie bien sûr.

Eric est un tout petit bonhomme noir, avec deux yeux tous ronds, qui vient d'arriver dans une famille de banlieue pour un échange culturel. Plutôt que de s'installer dans la chambre aménagée pour lui, il choisit une tasse à café dans le placard du garde-manger ; plutôt que de poser des questions sur le pays, il s'interroge sur des détails qui semblent ordinaires ; plutôt que d'exprimer sa joie, il accepte mystérieusement les invitations ; et un jour, il part sans un mot, laissant ses hôtes perplexes...

Eric n'est PAS qu'un tout petit bonhomme noir, disons-le ; il est bien plus que ça. Eric, c'est l'étranger qu'on attend avec impatience, qu'on imagine curieux et enthousiaste, et qui se montre tout à fait différent de ce qu'on escomptait. C'est la métaphore de la déception de ne pas comprendre les habitudes de l'autre, de ne pas saisir ce qui l'intéresse, de ne pas le voir s'adapter à son nouvel environnement. Mais c'est aussi cette petite lueur nouvelle, sur laquelle on se penche pour réfléchir à son comportement, à notre comportement, notre façon de le considérer et sa façon de nous remercier.


Eric, sous sa couverture mouchetée, moelleuse et en relief, nous montre que les illustrations de Tan n'ont pas perdu de leur sublime. Le trait de crayon est changeant, gris mais peuplé de couleurs invisibles, couleurs d'autant plus marquantes lorsqu'on les retrouve (chut, je ne vous dit pas où). Avec sa forme amusante et sa taille mini, Eric semble perpétuellement étonné, toujours un peu perdu, émerveillé par de petites choses. En somme, on retrouve ici le style très expressif de l'auteur, même si les dessins sont plus petits et moins nombreux qu'habituellement.

Eric, c'est quelques minutes de douceur dans un monde de brutes, une façon sans équivoque d'apprendre la tolérance aux plus petits, de remettre en question celle des plus grands, et de se dire que parfois, il suffit de pas grand-chose pour laisser une trace derrière soi. Juste un peu de couleur.

Ma note : 10/10, évidemment




Vous pouvez retrouver Eric dans Tales From Outer Suburbia aux côtés d'autres histoires de Shaun Tan. Si vous hésitez par lequel de ses livres commencer, jetez un œil à The Red Tree, The Lost Thing et The Rabbits.




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lundi 7 février 2011

Le chat qui venait du ciel,
de Takashi Hiraide

Reçu le lundi 7 février 2011, 15 reviews
Résumé :
Quand le narrateur et sa femme emménagent un jour dans le pavillon indépendant d'une ancienne demeure japonaise, ils ne savent pas encore que leur vie va s'en trouver transformée. Car cette demeure est entourée d'un immense et splendide jardin, et au coeur de ce jardin, il y a un chat. Sa beauté et son mystère semblent l'incarnation même de l'âme du jardin, gagné peu à peu l'abandon, foisonnant d'oiseaux et d'insectes. Tout le charme infini de ce livre tient dans la relation que le couple va tisser avec ce chat qui se fond dans la végétation exubérante pour surgir inopinément, grimpe avec une rapidité fulgurante au sommet des pins gigantesques, frappe à la vitre pour se réconcilier après une brouille.

Mon avis :
Le temps d'une pause, d'un interlude entre des lectures un peu plus sérieuses et urgentes, j'ai mis la main sur ce petit livre à la belle couverture offert par ma chère Aceituna, en espérant me repaître rapidement de ses brèves cent-trente pages. Amoureuse des chats et du Japon, je n'ai pourtant pas été très séduite... le livre en lui-même n'est qu'une longue pause, peuplée de réflexions contemplatives sur les relations avec les animaux, les autres, l'environnement. Si vous cherchez un peu de zen, ce livre est fait pour vous, sinon il sera sans doute un très bon somnifère...

Le narrateur, probablement l'auteur lui même compte tenu du caractère majoritairement autobiographique de l'oeuvre, nous raconte sa vie dans les années 80 dans un pavillon d'un quartier tranquille de Tokyo. La petite rue passant entre les maisons environnantes est surnommée la rue de l'éclair, et il y passe souvent le chat des voisins, Chibi, dont l'auteur et sa femme sont tombés amoureux mais qu'ils respectent avec une déférence presque surnaturelle. Se tisse alors la lente histoire de leur quotidien autour de ce microcosme hors du temps.

Dans la lignée des histoires japonaises traditionnelles, on retrouve ici une ambiance calme et sereine, un peu poétique aussi, pleine de réflexion et de contemplation. Le monde de l'auteur se limite à sa petite maison et son jardin, le pavillon des propriétaires âgés, la maison des propriétaires de Chibi, la rue de l'éclair. Il y observe le monde, joue avec les libellules, et surtout, surveille les déplacements de ce chat qui le fascine. Chat qu'il ne touche jamais, ne dérange jamais, mais nourrit et attend consciencieusement chaque jour comme si sa présence lui était vitale.

Il y a un petit quelque chose qui réveille l'amoureux des animaux qu'on a en soi dans ce livre, mais c'est un peu trop léger pour suffire à combler le manque de contenu. L'intérêt de ce couple pour ce chat appartenant à leurs voisins est déraisonné, parfois excessif, tellement étranger dans la distance qu'il crée avec l'objet de leur affection que ça en devient presque impensable. Les propriétaires d'animaux ne se reconnaîtront probablement pas dans cette histoire, et on se pose des questions sur les réactions de leur entourage auxquelles seul un japonais pourrait sans doute répondre.

En bref, ce livre offre quelques heures de détente dans un jardin japonais, avec un chat mystérieux et un artiste qui aime penser. À essayer par curiosité, pour se changer les idées, se reposer l'esprit, puis à ranger pour passer à autre chose. Autre chose avec de l'action, sûrement.

Ma note : 6,5/10

Et hop, un article pour le défi In the mood for Japan !




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jeudi 3 février 2011

Buddies bunnies

Reçu le jeudi 3 février 2011, 6 reviews


Mon karma doit vraiment être exceptionnel ces temps-ci car j'ai reçu deux paquets le même jour... des livres, bien évidemment ! Il paraît que l'année du lapin sera une bonne année, pleine de réussites et de satisfaction : eh bah, on peut dire qu'elle commence bien. Je suis même prête à porter de grandes oreilles et manger des carottes pour que ça continue !




Alors, qui donc m'a fait le plaisir de peupler ma boîte aux lettres, je suis sure que vous vous le demandez... ce sont les demoiselles Lalou et Aceituna !


(et maintenant, si on clique, c'est plus grand... quelle technologie !)


Alors, ce qu'il y avait de beau dans ces paquets ? Le livre d'Aceituna, Ailes de Sang, que j'avais lu en ligne il y a quelque temps et que je vais me faire un plaisir de relire et chroniquer cette année, ainsi que celui de Raphaëlle Adam, Chasse au trésor, dont je vous reparlerai sans doute bientôt. N'oublions pas l'horriblement délicieux Turrón, qui a malheureusement déjà cessé d'exister, impitoyablement ravagé par des cuillères voraces.

Du côté belge, on commence par l'enveloppe pour Mademoiselle Lily et ses muffins Là-bas-au-Nord-près-de-chez-le-Père-Noël (that's me) contenant une petite carte de Liège (comme dans mes souvenirs mais en mieux) et un mignon puppy qui me waf le bonjour. Mais le must ça reste This is not a love song de Jean-Philippe Blondel, un petit livre qui m'avait fait craquer sur le blog de... Lalou !

Allez, il va falloir réorganiser l'emploi du temps de ministre pour caser toutes ces lectures maintenant !

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Lilyn Kirjahylly Copyright © 2011, by The Scary Cupcake & Mr Pink Eyes
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