vendredi 30 décembre 2011

Une année de Challenges

Reçu le vendredi 30 décembre 2011, 4 reviews
2011, 2011... pas facile de faire le tri parmi tout ce qu'il y a à retenir dans une année ! Je vous parlerai bien de mes lectures, mais il faut que j'en garde un peu pour les fameux Ftlops que vous attendez (ou pas) avec impatience, et qui arriveront sans doute la semaine prochaine. Alors, que reste-t-il ? Mon repas de Noël ? Les vacances au soleil ? La conjonctivite du chat ?

Mais non, parlons des challenges de l'année plutôt !

J'ai eu, comme souvent, les yeux un peu plus gros que le ventre (ou que l'esprit, pour l'occasion) en matière de challenges cette année. Tout est tellement tentant, et on se dit "oh, j'en ai dans ma PAL, pourquoi pas ?" et soudain, c'est le drame, on est déjà au 31 décembre et les challenges sont, pour ainsi dire... ratés. Mais faisons un bref point sur la situation, parce que tout de même, il n'y a pas que du négatif !

Challenge PZB, > 25/05/12
État : 3 livres lus sur 19
Aïe aïe. Je ne peux pas vraiment me permettre de rater ce challenge, vu que c'est un peu mon challenge, et que j'ai vraiment l'intention de relire tous les livres de mon auteur fétiche (et si possible vous en parler). Vais-je y arriver avant la date fatidique ? Rien n'est moins sûr. Je vais peut-être revoir mon objectif à la baisse et me contenter de ses romans pour l'instant...

Le challenge se poursuit en 2012 !

Haruki Murakami Reading Challenge 2011, > 31/12/11
État : 3 livres lus sur 3
Youpi, c'est fini ! (De justesse, d'ailleurs.) J'avais prévu de lire After Dark, Norwegian Wood et 1Q84. C'est bon pour les deux premiers, et bien que j'aie le 3ème (en deux tomes) dans ma PAL, je n'ai pas trouvé le temps de m'y mettre. C'est donc Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil qui vient clôturer le défi. Mais il y aura encore du Murakami en 2012, pas d'inquiétude !
Challenge réussi !

Challenge Manga, > indéfini
État : 4 livres lus sur 5
J'aurais probablement pu terminer ce challenge déjà, vu la quantité de manga que je m'enfile sans rien dire chaque mois, mais j'aime bien ne parler que des séries qui me tiennent vraiment à cœur, alors je garde le dernier pour plus tard ! Vous avez déjà eu le droit à Seven Days, Mad Love Chase, Border et Bride's Story, que je vous somme d'aller lire illico !

Le challenge se poursuit en 2012 !

Challenge In the mood for Japan,
> 06/06/11
État : 3 livres lus sur 3
En voilà un où j'ai visé un peu bas - j'ai fait ma chochotte, avouons-le, mais ce n'est pas plus mal parce qu'au moins, je l'ai réussi. J'avais prévu de lire I am a cat, After Dark et un troisième à déterminer plus tard. Finalement, je n'ai pas pu passer les 50 premières pages du premier, lu le second, ajouté un autre Murakami au lot et terminé par un petit livre félin. Pas que des excellents souvenirs, mais la littérature japonaise et moi, on ne va pas se quitter déjà !
Challenge réussi !

Challenge Alice au Pays des Merveilles,
> 01/04/11
État : 2,5 livres lus sur 3
Oupsy, en voilà un qui est passé à la trappe... j'avais prévu de lire Alice au pays des Merveilles, De l'autre côté du miroir, Alice de Xavier Colette, Aliss de Patrick Sénécal et Coraline de Gaiman. Comme vous le voyez, seulement deux ont été chroniqués, et je suis en train de lire Lewis Carroll mais très franchement, je sens que ça ne va pas être un coup de cœur. Aliss, je le garde pour le prochain Halloween...
Challenge échoué.

Challenge Ces lectures qu'on ne s'imaginerait pas lire, > indéfini
État : 1 livre lu sur 2
Premier challenge auquel je me suis inscrite, il sera peut-être bien le dernier que je finirai ! En effet, le principe de lire des livres qu'on n'a pas envie de lire... c'est qu'on n'a pas envie de les lire. Le premier fut un fiasco total, quant au second, Marie-Antoinette, il prend la poussière dans ma PAL. Qui sait quand il en sortira ?
Le challenge se poursuit en 2012 !

Challenge SFFF, > indéfini
État : 3 livres lus sur 10
Il n'avance pas si mal ce challenge SFFF ! Tous les livres pour y participer sont dans ma PAL mais je n'ai eu l'occasion de n'en lire que quelques uns : American Gods, Des fleurs pour Algernon, et 1984 qui n'était pas prévu mais était dans la liste, alors hop. Aucune idée de si je pourrais lire tous les autres en 2012, mais Perdido Street Station au moins est en haut de la PAL !
Le challenge se poursuit en 2012 !

Challenge Yes we Kant, > 31/12/11
État : 2 livres lus 2
Et pour finir ce bilan, un petit challenge de philosophie, que j'ai relevé pour le simple plaisir de vous parler de deux de mes livres préférés : le Tao de Pooh et le Te de Porcinet, incontournables petites sources de détente, bien-être et réflexion, que je relirai encore avec plaisir.
Challenge réussi !



Alors, épatés ? En tout cas, moi, je le suis ! Seulement un challenge échoué, trois réussis, et quatre qui se poursuivent l'an prochain. Et qui sait, peut-être y en aura-t-il de petits nouveaux d'ici là ?

Bonne année les blogolecteurs !!

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mercredi 28 décembre 2011

Blade Runner,
de Philip K. Dick

Reçu le mercredi 28 décembre 2011, 5 reviews
Résumé :
Sur terre, quelques temps après l'holocauste nucléaire : les espèces animales ont quasiment disparues et certains humains, dit "spéciaux", se sont mis à muter, voire à régresser. Rick Deckard est chasseur de prime. Il est chargé de démasquer et d'éliminer des Andys, des androïdes dont le séjour sur terre est illégal. Mais leur perfection est telle qu'il est quasiment impossible de les différencier des humains. Ils pourraient d'ailleurs être bien plus nombreux que prévu. Au point que Deckard finira par se demander s'il n'est pas lui-même une création artificielle dont les souvenirs auraient été implantés.Mais alors qu'est-ce qui différencie les humains des androïdes ? Peut-être cette capacité à utiliser la "boite à empathie", qui les plonge dans le corps perpétuellement meurtri de Wilbur Mercer. Mercer qui pourrait bien s'avérer être un usurpateur...

Mon avis :
Est-ce que les androïdes rêvent de moutons électriques ? C'est en tout cas le titre d'origine de ce livre, renommé après la sortie du film qui s'en est adapté. Je ne me souviens pas avoir vu ce dernier, d'ailleurs, mais c'est aussi bien pour ne pas se gâcher la surprise : classique de la science-fiction, cette histoire nous fait réfléchir et voyager dans un monde où l'empathie seule prouve encore la condition humaine.

Rick est un blade runner, un réformeur d'androïdes. À l'occasion d'un accident arrivé à son supérieur, il se retrouve à partir en chasse d'un groupe de Nexus-6, le dernier modèle d'androïdes, presque impossible à distinguer des humains. Sa motivation pour les éliminer : la prime de mille dollars par tête, qui lui permettra d'acheter un véritable animal de compagnie, car Rick ne possède qu'un mouton électrique. Ce dernier exploit de sa carrière ne va cependant être aussi évident qu'il le pensait.

L'empathie. Un thème qui ne revient pas si souvent dans les histoires futuristes, mais si l'on est capable de créer des robots qui pensent comme et ressemblent à des humains, que reste-t-il pour nous différencier d'eux ? Avec leurs boîtes d'empathie, sorte de secte légale où chacun prend part à une ascension commune censée apportée un sens d'accomplissement, les humains sont persuadés que l'on doit se débarrasser des androïdes venus illégalement de Mars, désormais colonie terrestre. Après tout, Mars est censée être un paradis après l'état dans lequel la guerre Terminus a laissé la Terre, où tous les animaux s'éteignent petit à petit...

Mais il ne semble y avoir de paradis nulle part. L'auteur met en opposition deux mondes, un ravagé par la destruction où l'on dépense des fortunes pour acquérir un animal venant "prouver" que l'on est encore humain. De l'autre, une colonie rongée par la solitude, où les androïdes sont prêts à risquer leur vie pour en partir. Rick va réaliser que l'empathie qu'il ressent est plus forte envers certains androïdes qu'envers Mercer, celui qui grimpe inlassablement cette colline d'où on lui jette des pierres. Est-ce que cela fait de lui moins qu'un humain ?

Impossible de pas se laisser entraîner dans cette histoire à l'univers passionnant par son étrangéité. Alors que les espèces commencent à s'éteindre sur notre planète, difficile de ne pas se demander si un jour, nous serons nous aussi profondément seuls, prêts à utiliser des orgues d'humeur pour trouver la motivation de continuer à vivre, séparant les normaux des spéciaux pour ne faire se reproduire que les meilleurs... et rêverons-nous un jour d'avoir pour compagnon un mouton électrique ?

Ma note : 8,5/10

Vous savez quoi ? C'était la dernière chronique littéraire de cette année ;)


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lundi 26 décembre 2011

Du sang sur Rome,
de Steven Saylor

Reçu le lundi 26 décembre 2011, 3 reviews
Résumé :
Gordien est enquêteur privé. Comme il est digne des grands archétypes du genre, il boit plus que de raison, ne sait pas résister au sexe faible et se fait souvent rosser, car il a une fâcheuse tendance à fouiller là où il ne faut pas... Aussi ira-t-il jusqu'au bout dans la sombre affaire de parricide qu'un jeune avocat lui demande de résoudre pour innocenter son client. Avec des pouvoirs de déduction à faire pâlir d'envie le futur Sherlock Holmes. Tout cela ferait peut-être un roman policier banal si Gordien ne vivait à Rome, en l'an 80 avant J.-C., sous la dictature de Sylla. Et si l'avocat ne s'appelait Cicéron... Personne ne connaît mieux les dessous de la ville impériale que notre héros, des riches villas du Palatin aux quartiers mai famés de Subure, où l'on peut recruter des hommes de main pour une poignée de sesterces. Il lui faudra toute sa débrouillardise et son courage pour résoudre l'énigme !

Mon avis :
On en parlait il n'y a pas si longtemps, de ma passion secrète (hum) pour la Rome Antique. La voilà qui sévit à nouveau avec les aventures de Gordien, cet étrange enquêteur de l'époque, qui nous emmène comme ses confrères dans les coupes-gorge, lupanars et villas outrageusement décorées de Rome, mêlant réalité historique (oui, il s'agit bien de ce Cicéron) et aventures romancées.

Tout commence lorsque Tiron, esclave de Cicéron, rend visite à Gordien pour solliciter son aide dans une affaire que son maître doit plaider sous peu. Personne ne connaît Cicéron à cette époque, et l'affaire - un parricide, crime parmi les plus durement punis de l'époque - semble perdue d'avance, sans compter que Gordien n'a pas vraiment bonne réputation. Tel le "chien déterrant des os" dont le qualifiera Sylla, alors chef d'état, il fouille dans le passé de l'accusé pour essayer d'y trouver des preuves. Mais avant tout, ce sont des ennuis qu'il y trouvera !

Depuis Cristina Rodríguez, j'ai tendance à sauter sur tout ce qui se fait de romancé sur l'antiquité, j'avoue. Comment résister à celui-ci, début d'une longue série des enquêtes de Gordien ? Pourtant, on n'atteint pas tout à fait le niveau de ma romancière favorite. L'intrigue est intéressante et travaillée pour coller au discours de plaidoierie de Cicéron (probablement authentique), Rome y est dépeinte dans toute sa décadence et son envoûtante atmosphère sauvage et corrompue, mais il y manque un peu de passion authentique, de l'attachement pour ces personnages qui sont peut-être un peu trop crus à mon goût.

Il faut dire que la romance, ici, ne fait pas bonne figure. Gordien est entiché de son esclave égyptienne, Bestheda, mais leur ébats ont toute somme assez peu d'intérêt pour l'histoire. Bon enquêteur, le héros n'est cependant pas très émotif, ni très valeureux, ni... eh bien, pas attachant, en somme. Tiron est une sympathique peste qui traîne dans les pattes de son maître, Cicéron un tyran lunatique, et Rufus, qui aurait pu relever le niveau général, n'a eu le droit qu'à un second rôle.

C'est donc en se consacrant entièrement à l'atmosphère de l'histoire et à la résolution de l'énigme que ce livre se fait apprécier. Pas un chef d'oeuvre, et un peu pauvre au niveau de ses acteurs, il réjouira sûrement les férus de l'époque et ceux qui recherchent un court roman historique à lire rapidement. Je poursuivrai sans doute les aventures de Gordien dans le futur, par curiosité envers ce qu'il va bien pouvoir lui arriver.

Ma note : 7/10



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vendredi 23 décembre 2011

Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil,
de Haruki Murakami

Reçu le vendredi 23 décembre 2011, 4 reviews
Résumé :
Hajime a connu pour la première fois l'amour en compagnie de la douce Shimamoto-san. Séparés par la vie, il n'a pourtant jamais oublié. Aujourd'hui, à l'aube de la quarantaine, Hajime est devenu un homme ordinaire et s'est construit une vie agréable entre sa famille et un métier qui lui plaît. Ce fragile équilibre résistera-t-il à ses retrouvailles avec Shimamoto-San?

Mon avis :
À la faveur d'un weekend où je n'avais rien envie de lire, j'ai attrapé ce livre par la tranche et l'ai lu d'une traite en quelques heures. J'aurais préféré lire 1Q84, c'est vrai, mais il m'aurait été impossible de le lire rapidement, alors c'est Au sud de la frontière qui a eu mes faveurs : pour la seconde fois, je me plonge dans les écrits non-fantastiques de Murakami, et pour la seconde fois... j'en ressors un peu déçue.

L'histoire est donc celle d'Hajime, un mec banal qui raconte sa petite vie. On commence à l'enfance, où il nous parle de sa seule amie, Shimamoto, qui boite. Ils se perdent de vue à son entrée au collège, puis Hajime va rencontrer une autre fille, qu'il va quitter peu de temps après en de mauvais termes, avant de rencontrer sa femme avec qui il aura deux enfants. Puis Shimamoto réapparaît dans sa vie et lui fait douter de ses sentiments...

Je crois que la platitude de ce résumé résume parfaitement mon ressenti par rapport à cette histoire. On n'est pas tout à fait dans l'ennui morbide que m'avait causé Norwegian Wood, mais il y a quelque chose dans la littérature japonaise qui me dérange profondément lorsque l'on reste dans le terre à terre. Même s'il n'y a pas de prénom ou de lieu précis, on sait immédiatement où l'on est : ces relations froides, impersonnelles et dénuées de toute passion me semblent si caractéristiques des romances japonaises que j'en soupire rien que d'y penser.

Hajime est un homme japonais très ordinaire, "très humain" comme dirait certain. Pour moi, c'est plutôt un type banal et inintéressant. Je sais que certains aiment lire à propos de la vie de tous les jours, mais je n'arrive pas à m'intéresser à des choses qui sont d'une platitude consternante. Quel intérêt de connaître sa vie ? Ses copines ennuyeuses à mourir, son quotidien morne et sans saveur, et son attraction irraisonné pour une fille pseudo-mystérieuse avec qui il ne conclura de toute évidence jamais ?

Murakami met pourtant l'accent sur sa passion, sur la tourmente du héros, ses émois amoureux, mais tout est fait avec une retenue qui gomme tout l'effet attachant qu'on espérait. Si j'adore le style épuré et poétique de Murakami dans ses délires métaphysiques, lorsqu'il s'agit de romance ordinaire teintée de sexe aux allures de porno vieilli, ça ne passe plus. Je ne sais pas à quoi m'attendre pour 1Q84 mais quoi qu'il soit, je me prépare au meilleur comme au pire.

Ma note : 6/10

Ouf, c'est le dernier livre qu'il me fallait pour le Haruki Murakami Reading Challenge 2011 ! Sauvée !






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mercredi 21 décembre 2011

Le Fabuleux Maurice et ses rongeurs savants,
de Terry Pratchett

Reçu le mercredi 21 décembre 2011, 9 reviews
Résumé :
Pour avoir passé trop de temps à proximité de l'Université de l'Invisible d'Ankh-Morpork, le chat Maurice et une bande de rats ont été changés : ils parlent, pensent, élaborent des concepts complexes. Accompagnés de Keith, ils parcourent la campagne, arnaquant les petites villes en simulant une invasion de rats dont Keith vient à bout en jouant de la flûte. Dans le village de Bad Igoince, ils rencontrent Malicia avec qui ils tentent d'échapper à un être maléfique, le roi des rats.

Mon avis :
Pratchett, Pratchett... ce nom me dit quelque chose, pas vous ? Et pourtant, je n'avais encore jamais mis le nez dans les livres de cet auteur (sans compter De bons présages, qui est un peu à part). On m'avait dit du bon et du moins bon sur lui, sans compter que moi et les longues saga... je n'ai jamais trouvé le courage de me plonger dans le Disque-Monde. Et voilà qu'on me met Maurice sous le nez, juste au moment où j'ai besoin d'un truc détente et pas prise de tête. Pratchett, me voilà !


Rien que ce petit encart en début de chaque chapitre a suffit pour me charmer. Monsieur Lapinou, c'est le livre que les rats intelligents de Maurice trimbalent partout avec eux, leur Bible presque. En mangeant des détritus magique (et pour Maurice, en mangeant un des rongeurs...), la petite bande à poils est devenue assez maline pour organiser des arnaques avec leur joueur de flûte un peu idiot. Mais dans le village où ils arrivent, il n'y a pas de rats, juste des chasseurs de rats étrangement couronnés de succès... Maurice va mener l'enquête !

Enfin, presque. Maurice va surtout essayer de se remplir les poches sur le dos des pauvres villageois, mais tout ne va pas se passer comme prévu. Rondement menée, l'intrigue de ce livre va suivre différents chemins, s'arrêtant en route pour quelque nouvelle révélation ou fait notoire qui fera avancer l'histoire. On se faufile avec les rats dans les sous-sols de la ville et avec Maurice dans les greniers des petites filles curieuses à l'imagination débordante, explorant l'univers influencé par les contes (je pense à un certain gars de Hamelin) de ce livre qui regorge de surprises.

La bande de rats savants forme un groupe de personnages des plus surprenants : à l'image d'êtres humains, ils ont des caractères variés, des principes, des façons de penser et de s'organiser qui diffèrent les unes des autres. Véritable escadrille militaire au besoin, le groupe sait aussi montrer de l'ambition et de la répartie, et est bien décidé à ne pas se laisser marcher sur les pattes par ce fourbe de Maurice ! Obsédé par l'argent et sa gloire personnelle (un chat, quoi), ce dernier va cependant se montrer à la hauteur de nos attentes à mesure que l'intrigue progresse.

Et le joueur de flûte aux airs niais, quel potentiel se cache sous sa façade ! J'ai été bien surprise de me laisser entraîner aussi facilement par cet univers et d'en dévorer les pages à toute vitesse. Grâce à un humour léger et bien distillé dans le suspense et l'action, on s'attache aux personnages excentriques, on craint pour leur petites papates, et on se réjouit de la fin que nous sert l'auteur sur un plateau d'argent. C'est décidé, je suis conquise. Disque-Monde, j'arrive !

Ma note : 8,7/10



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lundi 19 décembre 2011

Le Casse de Central Park,
de Brett Ratner

Reçu le lundi 19 décembre 2011, 0 reviews
Synopsis :
Natif du Queens, Josh Kovaks gère depuis plus de 10 ans un des gratte-ciels les plus luxueux et sécurisés de New York, et rien n’échappe jamais à son œil de lynx. Au sommet de la copropriété, dans l’unité d’habitation la plus somptueuse, réside Arthur Shaw, un magnat de Wall Street qui se retrouve soudain assigné à résidence pour avoir usurpé 2 milliards de dollars à ses actionnaires. Parmi ceux qu’il a mis sur la paille : les employés de la résidence dont il était censé faire fructifier les fonds de retraite.
Avec quelques jours seulement pour réparer l’injustice, Josh et ses compères se tournent vers Slide, une fripouille à la petite semaine qui va les aider à réaliser l’impossible : dérober le butin précieusement gardé dans l’appartement hyper sécurisé de Shaw au nez et à la barbe de l’équipe du FBI.

Mon avis :
Hum, une comédie américaine avec Ben Stiller... toute personne normalement constituée se poserait sans doute des questions à l'idée de dépenser le prix d'une place de cinéma pour aller voir ça. Je me la suis posée, en tout cas. Mais qu'est-ce qu'on ne ferait pas quand on a des tickets qui expirent bientôt, hein ? Eh bien parfois, on y gagne de bonnes surprises. Voyez vous-même.

L'histoire est donc celle d'un hôtel de luxe, "la Tour", dont les employés doivent anticiper les besoins de leurs clients et être à leurs petits soins. Jusqu'au jour où le plus grand d'entre eux, Mr Shaw, est assigné à résidence pour avoir détourné des fonds, dont ceux de retraite du personnel de la Tour. Tout le monde fait la gueule, le manager de l'hôtel est viré... mais il est décidé à trouver un certain petit pactole en liquide que Shaw aurait caché dans sa suite, au nez et à la barbe de la sécurité "sans faille" du bâtiment.

L'humour gras et baveux d'Hollywood, ça m'ennuie généralement très vite. Les blagues, les situations loufoques... ça tombe bien, parce que l'humour de ce film-là est étonnamment éloigné de ces clichés. Centrée sur l'action, l'intrigue tourne d'abord autour des personnages et de l'organisation de leur "casse", plutôt que de n'être qu'une banale comédie. Sans être d'un suspense à couper le souffle, le film vaut les blockbusters habituels en matière de rebondissements, et on n'a pas vraiment de quoi s'ennuyer.

Car ce fameux humour un peu redouté, ce sont les personnages qui l'amènent avec eux, et pas à travers des jeux de mots vaseux : c'est du bon vieux comique de personnage, avec Stiller jouant les manager à bout de nerfs décidé à sauver l'avenir de ses pauvres employés, Affleck (Casey, pas Ben) les boulets un peu paumés, et surtout Eddie Murphy dans le rôle d'un gangsta de bas étage qui essaye d'apprendre aux autres à devenir un vrai bandit. Franchement, ce type a 50 ans, pas une ride, et est capable de changer de rôle en un claquement de doigt sans faire de fausse note. Ça existe encore des gens pareils ?!

Je ne sais pas si j'aurais spontanément choisi ce film si je n'avais pas été obligée d'aller voir quelque chose, mais je crois que pour une fois, je ne regrette vraiment pas de m'être laissée entraîner ; ça faisait longtemps que je n'avais pas autant ri. Et pas du tout, je ne ris pas pour un rien, c'est de la diffamation !!

Ma note : 8/10



Titre original : Tower Heist
Long-métrage américain
Genre : Comédie, Action
Durée : 01h45min
Année de production : 2011
Date de sortie en France : 23 novembre 2011


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vendredi 16 décembre 2011

Starfish,
de Peter Watts

Reçu le vendredi 16 décembre 2011, 4 reviews
Résumé :
Lenie Clarke est chef d'équipe dans une station des abysses, sur la côte pacifique, chargée d'exploiter et de contrôler l'énergie géothermique. Comme ses compagnons, elle a d'abord suivi des tests et un entraînement rigoureux puis subi des altérations génétiques qui lui permettent d'accoutumer sa vision à l'obscurité et de respirer dans l'eau lors des sorties obligatoires.
Ce qu'elle ignore, c'est que la société qui l'emploie ne choisit pas les candidats par hasard : seuls sont recrutés des hommes et des femmes aptes à subir de fortes doses de stress, des individus présentant tous une psychologie… déviante. Le noir et le silence des profondeurs deviennent le théâtre d'un huis clos inquiétant où les monstres ne rôdent pas seulement à l'extérieur.

Mon avis :
J'ai peu entendu parler de ce livre jusqu'à aujourd'hui mais dès que j'ai vu sa couverture, je n'ai pas pu m'empêcher de vouloir le lire. De la SF sous-marine aux accents de thriller, ce n'est pas quelque chose qu'on croise souvent, et je me suis laissée attirer dans les grands fonds comme Doris par un poisson-lanterne. Et la bande de "joyeux-lurons" qui vivent à bord de la station Beebe ne m'ont pas donné l'occasion de m'ennuyer !

Dans un futur où l'on sera capable de remplacer un poumon par des branchies artificielles, des scientifiques envoient un groupe de "cas sociaux" travailler près des rifts sous-marins. Si chacun était étudié pour supporter la solitude et la pression d'une vie à des centaines de mètres de profondeur, les chercheurs n'avaient pas prévu que les rifteurs créeraient d'étranges affinités entre eux, ainsi qu'avec l'extérieur où ils passent de plus en plus de temps. Mais les rifteurs vont découvrir que les scientifiques de l'ARE ne les ont pas envoyés là par hasard, et qu'ils ne comptent pas vraiment les faire revenir...

L'atmosphère particulière qui se dégage de ce roman joue pour beaucoup dans sa capacité à rester en mémoire. Si sur la forme on n'y trouve pas forcément de l'exceptionnel, sur le fond on est captivé par l'environnement des protagonistes. Leurs modifications physiques sont brièvement mentionnées mais c'est surtout sur les sensations que l'auteur s'attarde, le malaise de cesser de respirer, puis l'attraction progressive de l'océan qui gomme doucement leur humanité. L'intrigue, aussi bien menée qu'elle soit, fait la part belle à cette ambiance, nous emmenant avec les rifteurs combattre les monstres géants et gélatineux qui ne rêvent que de les croquer.

Lennie Clarke est le genre d'héroïne dont on n'a pas l'habitude : vaguement accro à la maltraitance suite à un passé d'abus divers et variés, elle n'est ni sociable, ni joviale, ni très intéressée par ce qui se passe. Elle veut juste sortir dans les profondeurs et reconstituer des étoiles de mer. Ses relations avec les autres membres de l'équipage, certains plus présents que d'autres, est à la fois surprenante et troublante, et on arrive presque à s'attacher à la bande de détraqués qui lui tient compagnie.

Cela dit, rien n'est rose sous les profondeurs, et seuls les amateurs d'histoires oppressantes y trouveront leur compte. Dès le début, on met les pieds dans le gore avec une attaque de poisson géant, pour ne plus en sortir. Malgré quelques éléments restés trop flous ou inexpliqués, l'intrigue en arrière plan reste présente, dévoilant son potentiel dans le dernier tiers du récit, et on termine ce premier opus avec un goût de trop peu.
Ça tombe bien, la suite est disponible gratuitement sur le site de l'auteur !

Ma note : 7,8/10

Cette lecture n'a pas été réalisée en commun avec Erato, mais par le plus pur des hasards (enfin, à part le fait que je lui ai passé le livre), nous l'avons terminé en même temps. Allez lire son avis !


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mercredi 14 décembre 2011

Deux ans déjà... et une semaine !
[résultats]

Reçu le mercredi 14 décembre 2011, 14 reviews
Je pense que personne n'a raté le petit évènement de la semaine dernière. Si c'est le cas, pas de chance les petits gars, parce que le concours d'anniversaire, c'est fini ! Le blog a toujours deux ans par contre, ouf, il a même vieilli d'une semaine depuis... mais tout va bien, on continue, on regarde vers l'avant, vers tous les livres fantastiques qui traînent encore dans la PAL, tous les futurs films à voir, et autres mystérieuses nouvelles qui peupleront ce blog !




Cela dit, soyons honnêtes, vous vous en foutez un peu de mes projets pour l'an prochain, non ? Eh bah tant pis, je vais quand même vous raconter. Dans un futur assez proche, vous allez voir : un billet sur un e-reader qui n'a pas changé ma vie, mais que j'adore ; un bilan de l'année avec les Ftlops de 2011 ; et peut-être, peut-être, un petit mot sur ce nouveau livre que je finis d'écrire. Et des chroniques litté/ciné, bien sûr !

C'est bon, vous avez mérité de tout savoir. Alors, ce fameux grand gagnant ?

C'est Bykiss du blog Charabistouilles !

La demoiselle repart avec un pack surprise (je vais bien m'amuser) où il y aura un peu de VO, puisque pas précisé et qu'une future traductrice doit forcément lire en anglais ;)

Mais n'oublions pas le petit gagnant ! Il est petit, rose, pénible et idiot...
C'est Guu !! Ne me regardez pas comme ca, je n'ai pas triché, vous pouvez aller voir sur le gadget : c'est Random.org qui a choisi.

Merci aux très nombreux participants, dont pas mal de petits nouveaux qui j'espère apprécieront de suivre ce blog ! Il est temps maintenant d'aller préparer vos cadeaux de Noël, et sans vouloir vous influencer, je pense que sous tous les sapins il devrait un avoir un peu de ça, de ça et de ça... mais surtout de ça !!



Parce que le kistch ne tue pas ^


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lundi 12 décembre 2011

Time Out,
de Andrew Niccol

Reçu le lundi 12 décembre 2011, 0 reviews
Synopsis :
Bienvenue dans un monde où le temps a remplacé l'argent. Génétiquement modifiés, les hommes ne vieillissent plus après 25 ans. Mais à partir de cet âge, il faut "gagner" du temps pour rester en vie. Alors que les riches, jeunes et beaux pour l’éternité, accumulent le temps par dizaines d'années, les autres mendient, volent et empruntent les quelques heures qui leur permettront d'échapper à la mort. Un homme, accusé à tort de meurtre, prend la fuite avec une otage qui deviendra son alliée. Plus que jamais, chaque minute compte.

Mon avis :
La première fois que cette bande-annonce est passée en salle, j'ai tout de suite pensé que ce film serait à voir. La deuxième fois, j'ai remarqué que c'était Justin Timberlake qui en était l'acteur principal, mais au diable les préjugés, j'allais le voir quand même. Et j'ai bien fait de me lancer : sans être un incontournable, ce film est l'une des rares non-adaptations qui tiennent la route, et qui ne font pas regretter d'avoir passé deux heures dans les salles obscures.

On suit l'histoire de Will Salas, un jeune homme du ghetto qui travaille tous les jours à l'usine pour gagner une journée de plus à vivre. À vingt cinq ans, le décompte lumineux inscrit sur l'avant bras des gens se déclenche, indiquant leur temps restant à vivre, utilisé comme monnaie d'échange. Will va alors rencontrer Henry Hamilton et son siècle au compteur, qui va lui léguer ce fardeau. Le pied que Will va enfin pouvoir mettre hors du ghetto ne va pas lui apporter le bonheur qu'il espérait...

Avouons-le, le coup du compte-à-rebours lumineux dans le bras, c'est plutôt une bonne idée. Les riches deviennent immortels, les pauvres triment pour une journée de plus à vivre, et les gardiens du temps surveillent que la balance s'équilibre. Un vrai concept de bouquin de SF, non ? Bien qu'il lui manque un peu de punch sur le long terme, et qu'il se la joue beaucoup trop film d'action hollywoodien, son histoire vaut largement le détour. En plus, tous les acteurs sont jeunes !

Bien qu'on commence normalement par parler du héros, c'est le gardien du temps Raymond Leon (alias Cillian Murphy, le faux vrai roux aux yeux bleus troublants) qui m'a le plus marquée, avec son jeu soigné et sa position de "réagulateur" de l'ordre. Timberlake joue bien, mieux que je l'aurais espéré, mais son personnage de Bad Boy est un peu trop conventionné, et sa copine la petite fille riche qui se découvre un goût pour l'aventure, eh bien... voilà, quoi.

Je crois que pour apprécier pleinement ce film, il faut en ignorer les cascades rocambolesques et courses-poursuites surfaites, il faut zapper la romance maladroite et un peu gonflante, et se concentrer sur ses idées, sa société, ses voitures K-2000 et le concept du time-out quand le chrono tombe à 0. Il n'a pas atteint le sensationnel, mais pour une histoire originale, il est tout de même rudement bien mené.

Ma note : 7,5/10



Titre original : In Time
Long-métrage anglais
Genre : Science fiction, Thriller
Durée : 01h41min
Année de production :
2011
Date de sortie en France : 23 novembre 2011

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vendredi 9 décembre 2011

La rentrée, c'est fini !
[ne participez plus]

Reçu le vendredi 9 décembre 2011, 2 reviews
les matchs de la rentrée littéraire
Il y a un peu plus de trois mois, souvenez-vous, c'était la rentrée des rats de bibliothèque dans l'hexagone : tout le monde (enfin, presque) parlait de la rentrée littéraire, sa sélection, et PriceMinister en profitait pour vous proposer des livres à lire et à chroniquer pour l'occasion. Aujourd'hui, c'est l'heure du bilan !


J'avais sélectionné trois livres pour ce classement, le dernier Murakami, le dernier Sofi Oskanen et un ovni de Helen Oyeyemi qui n'a malheureusement pas été retenu. De mon côté, je n'ai toujours pu en lire aucun, bien que les deux premiers soient dans ma PAL. Trop de choses à lire et pas assez de temps pour tout faire, vous connaissez ça...

Les blogueurs, eux, ont été un peu plus sérieux que moi, et il y en a eu plus de 300 à participer à l'opération. Le découpage ressemblait à ça :



Murakami est en tête, yippie ! Et si vous voulez tout savoir sur les réactions des blogueurs, leurs livres préférés, leurs déceptions, et les meilleures chroniques de cette année, allez faire un tour sur le blog de :





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jeudi 8 décembre 2011

Barracuda : Cicatrices,
de Jean Dufaux & Jérémy

Reçu le jeudi 8 décembre 2011, 2 reviews
Résumé :
À Puerto Blanco, Maria, vendue comme esclave à un riche marchant, s'est désormais approprié le coeur de ce dernier, vivant comme une grande dame sur l'île. Raffy, lui, abandonné par son père et le Blackdog qui ont repris la mer sans lui, ne rêve que de se venger de la jeune femme qui l'a blessé, l'empêchant ainsi de partir avec l'équipage. Quant à Emilio, se faisant toujours passer pour une femme sauf aux yeux de son cher Flynn, va assister au retour de Morkam, décidé à se venger de son maître. Trois destins liés par la haine et la vengeance...

Mon avis :
Le premier tome de cette magnifique BD de pirates m'avait laissé un goût de trop peu, et c'est avec impatience que j'ai lu cette suite tant attendue. Toujours loin des récits d'abordage et de chasse au trésor, Barracuda se concentre sur la terre, sur la vie de ses protagonistes, et on se réjouit de les retrouver en si bonne forme après leurs déboires.

La dernière fois, j'hésitais entre Raffy et Emilio pour en faire mon favori. Trois ans plus tard, le fils de pirate est rongé par la haine et la colère envers Maria, envers le départ (sans lui) du Blackdog, et ses actes désespérés en disent long sur son état esprit. Force brute de l'histoire, il y apporte cet aspect plus traditionnel des histoires de pirates qui aurait sûrement manqué à l'appel sans cela.

Emilio, quant à lui, joue les beaux - ou les belles - auprès de Flynn, qui est aujourd'hui devenu son mentor et amant. C'est sans surprise que je vous avoue être totalement sous le charme de boucles d'or, ainsi que sous celui de Flynn, hanté par le passé. Emilio est sans doute le personnage dont j'attend le plus par la suite, celui dont le potentiel va immanquablement se révéler à la prochaine apparition du terrible Morkam le scarifié - ou du moins, je l'espère de toutes mes forces.

Maria, elle, s'affirme dans son rôle de dame, maintenant que le marchand qui fut son maître a succombé à ses charmes et ses caprices. Son attitude recoupe largement celle de Raffy, elle aussi emplie de haine à l'encontre de ses anciens bourreaux, et bien décidée à tous les faire payer de leurs actes passés. On anticipe déjà les mauvais coups dont elle va user par la suite, probablement aux dépends de Raffy une fois de plus...

Pas besoin de dissocier l'histoire de ses personnages puisqu'ils sont l'histoire. J'ai été presque aussi charmée par ce tome que par le premier, même si quelques points avancent un peu trop lentement à mon goût - qu'en est-il de la mission espagnole pour récupérer Maria et les autres ? Et le Blackdog ? Et le diamant maudit ?
Sur son blog, Jérémy nous parle de 5 ou 6 tomes au lieu des 3 initialement prévus, et d'un vrai petit film en papier à regarder une fois la série complétée. Je suivrai son actualité avec attention, impatiente d'en connaître la suite et surtout, de retrouver Emilio dans un duel que j'espère sanglant.

Ma note : 8,5/10



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mardi 6 décembre 2011

Deux ans déjà !
[concours inside]

Reçu le mardi 6 décembre 2011, 63 reviews
Lilyn-kirjahylly, il y a deux ans, c'était moi sur twitter qui demandait à mes amis finnophones comment se disait "la bibliothèque de". C'était le début de Livraddict et besoin d'un blog pour y mettre les chroniques de partenariat. C'était une trentaine de livres dans la biblio, presque tous lus, et l'impression qu'un blog, je ne m'en occuperai jamais sérieusement.

On peut dire qu'en deux ans, ça a bien changé.

Souvenez-vous, à la même date l'an dernier, je m'extasiais devant 100 posts et 550 commentaires. Aujourd'hui, on dépasse les 220 articles et 1500 petits mots ! Ma production n'a pas augmenté de façon impressionnante, mais vos visites, si, et je ne saurais vous remercier assez de passer régulièrement lire mes divagations sur ce blog.

Ce que je retiendrai de cette nouvelle année de blogueuse... d'abord, un nouveau design 100% Shaun Tan, parce que si vous avez lu l'article d'hier, vous savez déjà qu'entre ce petit Australien et moi, c'est le grand amour. Ensuite, quelques coups de cœur, des lectures communes qui m'ont marquée, des challenges réussis (et pas mal de ratés), des navets vus au cinéma, quelques concours sympa ; bref, une belle petite vie pour ce blog qui s'en sort toujours avec au moins une review par semaine.

Cette année, c'est aussi celle des nombreuses chroniques sur Twilight qui sont tombées, la plupart beaucoup trop élogieuses pour mon bien, que je suis toujours autant touchée et ravie de relire.

Mais surtout, cette année, c'est le passage de la blogueuse nonchalante que je fusse à la morue enthousiasmée que je suis, et tout ça grâce à une mini-morue, une morousse, une moraleuse, une morue-pas-là, une morue-flocon, une morue-frite et ma morue-grenouille, avec qui je partage désormais le blog anglais Beware of the Froggies.

Alors pour remercier tous ceux qui sont passés, passent ou passeront par ici un jour, je crois qu'il est grand temps de faire les choses dans les règles.

La surprise ! La surprise !


Un anniversaire où c'est le blog qui offre la surprise, c'est pas beau quand même ? Parce que vous êtes d'Enfer, je vous ai préparé un petit truc spécial cette fois-ci : pas de question à la con ou d'énigme tordue. Il suffit de suivre les petites consignes du gadget ci-dessous, en commençant par laisser un commentaire en me disant quel cadeau vous intéresse. Là, c'est bon, vous participez déjà. Ensuite, si vous voulez des chances en plus... vous pouvez me suivre sur blogger, sur twitter, relayer le concours, c'est comme ça vous tente ! Rien n'est obligatoire, et il suffit de cliquer sur "I did it!" et d'entrer votre pseudo/lien correspondant, et hop, une chance en plus.

Les cadeaux, les cadeaux !


On gagne quoi ? Eh bien, des packs. C'est quoi un pack ? C'est un ou plusieurs livres, des marques pages, des friandises dégueus, une carte qui sent l'humidité et tout plein de trésors du genre (je plaisante, ce sera bien).
Le gagnant pourra choisir entre 4 packs différents :
- un pack SF
- un pack Fantasy
- un pack BD/Manga
- un pack surprise


Il y aura un lot de consolation pour le petit deuxième aussi ! Pensez juste à me préciser si vous lisez en VO ou non dans votre commentaire. Si vous oubliez, ne vous plaignez pas de ce qui arrive !

Et maintenant... au boulot !




Vous avez jusqu'au 13 décembre minuit pour participer, ne traînez pas !


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lundi 5 décembre 2011

Conversation : Neil Gaiman & Shaun Tan

Reçu le lundi 5 décembre 2011, 3 reviews
Neil Gaiman, Shaun Tan... ces noms vous disent quelque chose ? Vous les avez sûrement vus sur ce blog en tout cas, étant donné que j'adore le premier et adule le second. Depuis son Oscar, Shaun Tan commence d'ailleurs à s'imposer sur la scène internationale, et cette discussion avec Neil Gaiman (des plus passionantes) risque de ne faire que du bien à sa carrière. En la lisant, j'ai tout de suite pensé à vous : priver les francophones d'une telle rencontre, c'est un crime ! Mes maigres talents de traductrice se sont alors mis en oeuvre pour vous laisser vous régaler avec cette interview pas comme les autres.

Que les anglophones qui noteront mes fautes me pardonnent, l'original est quelque part sur le blog de Neil Gaiman.

Conversation : Neil Gaiman parle avec Shaun Tan


Photo : Colin McPherson

J’ai rencontré Shaun Tan pour la première fois en 1996, à une convention de Science-fiction à Perth, et je ne me souvenais qu’à-demi l’avoir rencontré. Il est silencieux, timide, pas très sûr de lui. J’ai pu le connaître un peu mieux à chaque nouveau voyage en Australie, et il s’est habitué à me voir me présenter et à me répondre qu’en fait, on s’est déjà rencontré. C’est un artiste, un écrivain et maintenant un réalisateur possédant une vision singulière. En tant qu’artiste, il combine de réels talents d’illustrateur avec une imagination profondément décalée ; ses personnages, humains ou non, sont à la fois drôles et attirants. En tant qu’auteur et conteur, il créé des histoires, parfois silencieuses, toujours racontées avec le moins de mots possible, qui sont à la fois aliénantes et touchantes : un enfant sur une plage trouve un monstre étrange dans quelque chose (une boîte ? une maison ? un vaisseau spatial ?) et le ramène chez lui, se battant contre une bureaucratie Kafkaienne ; un immigrant part vivre dans un pays lointain où tout est différent et inexplicable ; un étudiant étranger est un petit botaniste à l’apparence feuillue ; des images surréelles de dépression et de désespoir manquent de submerger une petite fille, et à la fin, arrivent la magie et l’espoir.

La vision de Tan est intensément personnelle, mais n’exclue personne. Les gens adorent ce qu’il fait.

Des Australiens m’ont poussé à lire ses livres en Australie et m’en ont ramené en cadeau quand j’étais ailleurs. Son film The Lost Thing a gagné l’oscar du meilleur court métrage d’animation (son camarade de Perth Tim Minchin y fait la voix off). Il a reçu en 2010 le prix Astrid Lindgren Memorial , la seule récompense jeunesse actuellement payée, et les autres gens en compétition ne se sont pas plaints. Enfin, je ne me suis pas plaint, et j’étais nominé.

Il habite à Melbourne. Il n’est pas très grand, et il sourit facilement quand il est détendu. Il n’a pas l’air de s’en faire que j’écrive son nom correctement seulement la moitié du temps.

Il m’a dit une fois qu’il a commencé à écrire après The Rabbits, son livre récompensé, commencé comme un fax de 16 lignes à l’auteur australien John Marsden, qu’il a fallu un an à Shaun Tan pour illustrer. « Et il a reçu la moitié des droits d’auteur », a-t-il dit. Mais ses histoires et ses images sont les morceaux d’une même pièce.

J’ai eu une peinture de Shaun Tan faite sur une capsule de bouteille accrochée à mon mur pendant un an.

Nous nous sommes rencontrés cette année au festival du livre d’Edinburgh. Shaun y donnait un cours.


Neil Gaiman : Il y a quelques mois je faisais une tournée pour American Gods et je me suis arrêté à Seattle pour la journée. J’ai reçu un email de Tim Minchin, que je n’ai encore jamais rencontré, mais on se suit sur Twitter et il a rencontré ma femme quelques semaines plus tôt à Boston, alors je lui ai proposé de venir déjeuner – c’était un déjeuner du Locus Award [un prix de SF].

Shaun Tan : Ouais, quelques emails à propos du Locus sont arrivés [Tan a gagné la récompense du meilleur artiste] et quelqu’un a dit que Tim Minchin pouvait le prendre pour moi. Je me suis dit : pourquoi est-ce que Tim Minchin est à la cérémonie du Locus ? Quel rapport ? Je n’arrivais pas à comprendre… en fait c’était toi ?

NG : C’était moi le rapport ! On est entré et quelqu’un s’est approché et lui a dit « Shaun a gagné cette récompense pour The Lost Thing – tu peux le prendre pour lui ? » alors il s’est levé et à fait un discours hilarant. C’était l’une de ces étranges, merveilleuses choses. Ma première question sera donc, pourquoi est-ce que tu as engagé Tim Minchin pour la voix de The Lost Thing ?

ST : On a hésité longtemps. Tout était prêt sauf la voix off et son nom est juste arrivé comme ça. Je suis allé à l’université avec lui, même si je ne le connais pas très bien, et je n’ai réalisé qu’après que j’avais illustré quelques uns de ses poèmes. Mais un animateur l’a mentionné ainsi que quelques autres personnes au Royaume Uni – il est apparemment plus connu là-bas qu’en Australie – alors j’ai fait des recherches sur lui et sur tout ce qu’il a fait. J’ai trouvé des enregistrements de sa voix normale et je me suis dit oui, ça sonne comme il faut, il y a un peu de chaleur mais ce n’est pas forcé. Il y a quelque chose en lui qui est un peu brut. Il connaissait déjà le livre et se souvenait vaguement de moi de l’époque de l’université, et il a dit oui tout de suite. Il y a aussi le fait qu’il venait de Perth – il y a quelque chose de très laconique dans le ton de l’histoire que les gens de Perth reconnaissent tout de suite.

NG : Tes histoires sont toujours laconiques. Une des choses que j’adore dans ton travail c’est qu’une image vaut mille mots et que tu fais en sorte que tes images aient un énorme impact.

ST : Je crois que ça vient du fait que je ne me fais pas confiance en tant qu’auteur. Je manque encore d’assurance, probablement parce que les premières vingt et quelques histoires que j’ai écrite on été aussitôt rejetées. En réalité, j’ai commencé comme auteur et je me suis redirigé vers l’illustration parce que j’ai réalisé qu’il y avait un manque de bons illustrateurs de fiction, au moins en Australie à l’époque. J’ai converti toutes mes ressources à l’imagerie visuelle, et en résultat j’ai remarqué que mon écriture devenait plus épurée, jusqu’à ce qu’elle se rapproche de ma façon normale de parler. Quand j’écris une histoire, j’imagine que je la raconte à quelqu’un comme mon frère. Et on ne se parle pas beaucoup (rires) – ça condense l’ensemble et c’est quelque chose de très australien, aussi.

NG : C’est ce que j’ai adoré à propos de l’histoire d’Eric – l’étudiant étranger – où l’on a presque l’impression que les mots sont l’illustration et les images sont l’histoire. On peut avoir cette étrange, silencieuse expérience avec Eric. Ce serait possible de le faire sans dialogue ni mot, mais ils ajoutent un genre de vernis qui offre un petit plus.

ST : Le texte illustre les images – il apporte une connexion pour moi. Je révise généralement le texte en dernier, d’abord parce que les images sont plus difficiles à modifier que les mots, et parce que j’utilise le texte comme ciment entre les dalles des dessins. J’écris toujours trop, vraiment terrible, de longues parties de scénario et ensuite je les réduis au minimum vital, puis j’y ajoute un peu de couleur. À la fin de toutes mes histoires je teste la compréhension silencieuse. J’enlève donc le texte et je regarde si ça marche sans. Et si ça marche, j’ai l’impression que ce sera une bonne histoire. Je ne sais pas si c’est un principe important mais ça m’aide à structurer les choses.

NG : Autre chose que j’ai adoré dans Eric, c’est le sentiment que, encore une fois, tu en savais bien plus que tu ne voulais bien le dire dans l’histoire – on aurait dit une exploration botanique de l’univers, comme s’il était un extraterrestre botaniste…

ST : Ouais, comme E.T., je suppose. Tout a commencé en regardant des noix et en les dessinant, et j’ai pensé que ce serait génial d’avoir une culture, toute une civilisation basée entièrement autour des noix et autres variétés de fruits à coque. Dans mon carnet à dessin j’avais, au milieu de milliers de croquis insignifiants, un qui aurait aussi pu être insignifiant. Il représentait un petit démon, avec une tête à trois pointes. Sur le dessin d’origine il y avait une valise à côté de lui et le mot « Eric » dessous, et c’était suffisant pour lancer l’histoire. J’ai combiné ça avec une expérience que l’on a eu avec un invité, un type de Finlande, ami de ma femme qui est Finlandaise. Je ne sais pas si tu connais beaucoup de Finlandais mais ils sont réputés pour être difficiles…

NG : La dernière fois que je suis allé en Finlande, j’ai entendu cette blague finlandaise (et je dois dire qu’après quatre visites en Finlande, c’est la seule blague que je n’ai jamais entendu) : un Finlandais s’approche de moi de côté, regarde par terre, et dit « Est-ce que tu sais comment on reconnaît un Finlandais extraverti ? » et j’ai répondu « Non, comment on le reconnaît ? » et il a répondu « Quand il te parle, il regarde tes chaussures plutôt que les siennes. »

ST : [rires] Ça résume très bien. J’aime l’idée des émotions contenues parce que j’ai longtemps grandi de cette façon. Adolescent, les gens disaient que je n’étais pas très expressif et ils faisaient toujours l’erreur de croire que je ne ressentais rien, parce que je ne réagissais pas beaucoup. Mon esprit réagit mais généralement un long moment après que l’événement se produise – si quelque chose d’excitant arrive, ça me provoque un genre de « okaaaay, laissez-moi y réfléchir », et trois jours plus tard je suis super excité à propos de ça, une fois que tout le monde est déjà parti. Donc je m’identifie aux Finlandais de cette manière. C’est aussi un truc australien et plus particulièrement des Australiens de banlieue. Les gens ont toutes ces émotions, ils n’en parlent juste pas. Eric était en partie à propos de ça.

Quand notre ami est parti après deux semaines, nous avions passé beaucoup de temps à lui montrer des trucs parce qu’il ne voyage pas beaucoup et c’était un long voyage depuis la Scandinavie jusqu’à l’ouest de l’Australie – l’autre bout du monde. Tu sais, quand tu as un visiteur, tu n’es jamais sûr de ce qui est intéressant à voir parce que tu y es trop habitué. Une fois qu’il est parti, nous avons eu la sensation que c’était un échec total parce qu’il n’a pas paru être intéressé par quoi que ce soit en particulier, et nous avons eu l’impression d’avoir été de mauvais hôtes. Ce n’est que bien plus tard, lorsque nous sommes venus le voir à Helsinki, et je pense qu’il était plus relaxé chez lui, qu’il nous a dit que c’était le meilleur voyage qu’il n’avait jamais fait.

C’était impossible à deviner sur le coup. Alors Eric est une combinaison de ce petit croquis à propos de la noix et cette expérience de vie. Le croquis a traîné pendant des années. En soi, une idée n’est pas une histoire, mais si on trouve deux idées qui ne sont pas liées – un petit personnage feuillu et un visiteur finlandais – et qu’on les connecte, soudain ça se met en place.

NG : C’est souvent la réponse à « où trouves-tu tes idées » - deux choses sans rapport qui se mettent ensemble et soudain, ça produit quelque chose de nouveau. Deux choses ou plus…

ST : Oui, un minimum de deux. Il semblerait qu’elles ne doivent avoir aucun point commun, sinon le cerveau forme une connexion existante dont il est très difficile de s’éloigner. C’est comme si tu devais te débarrasser de tes émotions pour l’examiner. Si c’est dans une belle petite boîte à cadeau, si c’est emballé de la même façon que les émotions de tous les jours, on peut vite l’oublier. Mais quand l’émotion se rattache à quelque chose qui est hors des expériences habituelles, on a envie de l’examiner, comme s’il n’y avait pas d’emballage autour.

NG : Pour changer complètement de sujet, bien qu’inspiré par ce que tu viens de dire, qu’est-ce que tu penses des tatouages Shaun Tan ? J’en ai vu pas mal maintenant. La dernière fois que je suis allé en Australie, j’ai vu plusieurs personnes avec The Lost Thing, Eric…

ST : La première fois ça m’a fait flipper – je me suis dit « Vous êtes sûr que vous voulez faire ça ? » Les gens me demandent la permission parce qu’ils croient qu’il y a des soucis de copyright. Ma réponse est « à moins que vous vendiez votre bras pour en faire des bénéfices, je ne pense pas, alors allez-y. » Lors des séances de dédicace, les gens me les montrent.

Quand j’étais en Allemagne récemment, un mec est venu me voir avec un carré rasé sur sa jambe et un crayon et m’a dit « dessine-moi quelque chose ». Je me suis dit « Oh man, ce mec va vivre avec pour le restant de ses jours », alors je tenais sa jambe super fermement, pour être sûr que c’était bien fait, et j’ai dessiné la petite créature à tête d’ampoule.

Je ressens la même chose à propos de ça que lorsque quelqu’un commente un livre – le livre leur appartient, de toute façon. Ça n’a plus grand-chose à voir avec moi une fois que c’est sorti. C’est comme un puzzle que j’aurais fini et remis dans la boîte. Je ne sais pas si tu ressens la même chose ?

NG : Je crois que j’ai l’impression que les pièces de puzzle ne reviennent jamais vraiment dans la boîte. Il y a peut être quelques choses sur lesquelles je n’ai jamais eu envie de revenir, mais la plupart ne semblent pas tout à fait correctes, alors je continue de les bidouiller longtemps après qu’elles soient finies.

ST : Je ne sais pas pour toi, mais quand quelqu’un commence à parler d’une adaptation, j’ai, probablement sans vraie bonne raison, un sentiment de méfiance face à l’idée de revisiter ce travail sur lequel j’ai lutté pendant tellement de mois ou d’années. Mais la seconde pensée est toujours « Wow, c’est une super opportunité de réparer tous ces morceaux un peu bancals. »

NG : C’est tellement agréable de t’entendre dire ça. Quelqu’un m’a demandé récemment si je planifiais en avance. J’ai dit oui, en effet, mais il y a tellement de place pour la surprise et toujours des points où je ne sais pas ce qui va arriver. Cette personne a cité quelqu’un : « Tous les écrivains qui disent qu’ils ne savent pas ce qui va arriver sont des menteurs, est-ce qu’on croirait quelqu’un qui commencerait une anecdote sans savoir comment elle finit ? » Je me suis dit, mais je ne commence pas une anecdote pour savoir ce que je pense de quelque chose, je commence une anecdote pour raconter quelque chose d’intéressant qui m’est arrivé. Alors que je commence une œuvre d’art pour découvrir ce que je pense de quelque chose.

ST : Exactement.

NG : Je vais apprendre quelque chose que je ne savais pas quand je l’ai commencée. Je vais découvrir ce que je ressens et ce que j’en pense en travaillant. Je vais casser des petits morceaux de mon esprit et ils vont devenir des personnages et des choses qui arriveront et ils interagiront.

ST : Exactement, créer un personnage c’est comme prendre possession d’une autre personne, afin de découvrir ce que tu penses à propos de quelque chose. Tu découvres vraiment ton style une fois que tu te diversifies – mettre en place une histoire dans un décor imaginaire, le futur lointain ou un passé distant. Beaucoup de gens pensent au style ou à la personnalité comme une chose que tu reproduis souvent, mais ce n’est pas vraiment ça. C’est plutôt ce que l’on fait sous la contrainte, ou hors de soi-même. Je n’ai pas le sentiment de me connaître très bien – encore ce truc émotionnel – parce que parfois, je me sens un peu embarrassé par la quantité d’émotions qui transparaissent dans une histoire. Je ne me rends pas compte qu’il y en a tellement d’enfermée ou que j’ignore délibérément, et soudain elles surgissent quand je me lance dans cet exercice de rêve conscient.

NG : J’adore ce que tu fais parce que tu ne dis jamais ce qu’est l’émotion. On a la chance d’en faire soi-même l’expérience et on découvre les émotions en chemin.

ST : Avec un peu de chance, c’est différent pour tout le monde.


source : The Guardian



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jeudi 1 décembre 2011

Des fleurs pour Algernon,
de Daniel Keyes

Reçu le jeudi 1 décembre 2011, 9 reviews
Résumé :
Algernon est une souris de laboratoire dont le traitement du Pr Nemur et du Dr Strauss vient de décupler l'intelligence. Enhardis par cette réussite, les deux savants tentent alors, avec l'assistance de la psychologue Alice Kinnian, d'appliquer leur découverte à Charlie Gordon, un simple d'esprit employé dans une boulangerie. C'est bientôt l'extraordinaire éveil de l'intelligence pour le jeune homme. Il découvre un monde dont il avait toujours été exclu, et l'amour qui naît entre Alice et lui achève de le métamorphoser. Mais un jours les facultés supérieures d'Algernon déclinent. Commence alors pour Charlie le drame atroce d'un homme qui, en pleine conscience, se sent retourner à l'état de bête...

Mon avis :
Ce livre fait partie de ceux dont on entend toujours que du bien et qu'on se sent un peu obligé de lire. D'ailleurs, on en entend tellement qu'on sait déjà de quoi ça parle, comment ça va finir, et plus ou moins à quoi s'attendre en le lisant. Mais comme pour beaucoup de classiques, le jeu n'est pas celui du suspense, mais plutôt de la découverte de ce qui en fait un tel prétendu chef-d'oeuvre. Il vous reste 250 pages pour le savoir.

Le résumé dit déjà tout, et même un peu trop : après le succès de tests sur une souris, Algernon, deux chercheurs vont expérimenter leur opération du cerveau sur Charlie Gordon, un handicapé mental qui montre l'envie de devenir intelligent. Et il va le devenir, un peu trop vite et trop bien même, mais lorsque la pauvre Algernon commence à régresser, il va devoir mettre son intelligence à profit pour essayer de se sortir du tragique destin qui l'attend.

Ce livre se présente sous forme d'un journal que tient Charlie, à la demande des scientifiques qui se sont occupés de l'opération (et de son suivi, bien sûr). Il commence par les pensées simples et mal rédigées d'un handicapé, puis évolue rapidement vers le discours plus fouillé d'un génie qui réalise tout ce qu'il a manqué dans sa vie. Ce côté "plongée dans l'esprit du narrateur" évite à l'histoire de trop partir dans des dérives scientifiques, et on sent qu'il s'agit avant tout d'une aventure humaine, avec ses romances, ses actes manqués et ses déceptions.

La SF, il faut avouer, je ne l'ai pas beaucoup sentie. Je comprends bien que ce type d'opération n'existe pas encore (à notre connaissance, en tout cas) mais cette concentration totale sur les réactions et les pensées de Charlie occulte un peu le reste. Bien que je sache à quoi m'attendre, je regrette un peu qu'on n'ait pas eu d'autres moments que ceux de la vie de Charlie. Sans susciter la pitié, l'histoire reste très dramatique et joue beaucoup sur les émotions ; un peu d'action aurait sans doute apporté de la distraction au milieu de tout ça.

À travers ce qu'a subi Charlie, l'auteur en profite pour nous offrir une réflexion sur la relation entre l'ignorance et le bonheur, sur la façon dont se comporter avec les autres et surtout, sur celle dont sont vus les handicapés aujourd'hui. Impossible de ne pas se sentir mal lorsque Charlie réalise que ce qu'il prenait pour des rires amicaux étaient des rires moqueurs, et impossible aussi de ne pas se demander si nous aussi, on n'aurait pas des choses à revoir dans notre comportement parfois. Je comprends ce qui fait de ce livre un classique, et je ne regrette pas de l'avoir lu, même si l'insistance sur le drame me passe un peu l'envie de le relire un jour.

Ma note : 7,5/10

Et hop, un billet pour le challenge SFFF de ma ptite morue, qui remplit en plus le mini-challenge que je m'étais promis d'accomplir !




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vendredi 25 novembre 2011

The Alloy of Law,
de Brandon Sanderson

Reçu le vendredi 25 novembre 2011, 6 reviews
Résumé :
Trois cents ans ont passé depuis les évènements de la trilogie Mistborn et Scadrial a bien changé. Des lampadaires électriques illuminent désormais ses rues, les immeubles sont de plus en plus hauts et la planète est un havre de commerce. Waxillium Ladrian a passé vingt ans dans la dangereuse et sauvage zone frontalière appelée Roughs. Lorsqu'une tragédie familiale le ramène à Elendel, il imagine qu'il laisse le danger derrière lui pour la sécurité de la ville. Les périls qui le guettent ne vont pas tarder à lui donner tort...


Mon avis :
Ma passion pour les livres de Brandon Sanderson n'est sûrement plus une surprise pour personne, et c'est pourquoi je me suis jetée (j'aurais pu être encore plus rapide, j'avoue) sur cette en-quelque-sorte suite de Mistborn, dont Tor offrait les 6 premiers chapitres en lecture cet automne sur son blog. Six chapitres pour me rendre dingue de ses personnages, impatiente de connaître leur sort, de retrouver la magie des fins à cent à l'heure de l'auteur. Alors ?

"It's a pretty good book," Wayne said, flipping a page. "You should try it. It's about bunnies. They talk. Damnedest thing ever."
C'est donc l'histoire d'une bande de lapins qui discutent... ha, mais non voyons ! C'est l'histoire de Wax, ce justicier des temps modernes, shérif de l'Ouest qui doit quitter sa banlieue sordide où il fait la loi pour reprendre le flambeau de la demeure familiale, se plier à ses codes, oublier ses passions au profit de dîners arrangés. Jusqu'à ce qu'un groupe de bandits se mette à voler des cargaisons et à prendre des otages et que, poussé par Wayne, il se mette à enquêter sur cette mystérieuse affaire.

Quoi ? Pas d'allomancie ? Pas de tyran prêt à conquérir le monde ?! L'allomancie est bien là, pas d'inquiétude, ainsi que la féruchémie héritée des Terris. Pas de Mistborn en vue dans ce monde semi moderne, mais les plus chanceux naissent avec une combinaison allomantique et féruchémique qui peut se révéler des plus intéressantes. Pour Wax, c'est repousser les métaux et emmagasiner du poids ; pour Wayne, créer des bulles temporelles et emmagasiner de la santé. Les combinaisons sont nombreuses et préparez-vous au mal de tête pour tenter d'en retenir la liste !

Cela dit, l'allomancie ne joue pas le rôle essentiel qu'elle a pu avoir dans les précédents volumes. Ici, il s'agit plutôt de Western que de Fantasy pure. Wax est un vrai justicier dans l'âme et il ne s'interroge pas sur ses pouvoirs : seulement sur comment protéger les innocents, se débarrasser du crime et s'en sortir en un seul morceau. Ce changement d'ambiance est appréciable, surtout entre deux trilogies potentiellement très axées Fantasy ; l'occasion ou jamais de prendre un peu la poussière, même si la brume n'est jamais loin !

Avant que je commence à parler de ses quelques défauts, je voudrais m'étendre sur ses nombreuses qualités, et Sanderson ne nous déçois pas ici non plus avec ses personnages. Wax est un peu l'archétype du héros solitaire, droit, juste et passionné par son devoir, avec juste ce qu'il faut de malice et de mysticisme pour le sortir du lot. Marasi m'a passablement ennuyée, avouons-le (on aurait carrément pu se passer d'elle) mais ceci n'a pas d'importance, car il y a... Wayne.
"Aw, biscuits," Wayne said. "Did you have to hit him in the head? That was my lucky hat he was wearin'."
Wayne qui s’incruste sans prévenir, qui "échange" tout ce qui l'intéresse contre ce qui traîne dans ses poches, qui fait sans cesse des remarques idiotes, qui exaspère tout le monde, qui est obnubilé par les chapeaux. Wayne, c'est un peu le Jayne de Serenity, si vous voyez ce que je veux dire. Sauf qu'au lieu d'être bête comme ses pieds, il est rusé, malin et plein de bonnes idées. Arrêtez-moi, je crois que je suis amoureuse.

Mais comme je l'ai annoncé, tout n'est pourtant pas rose à Elendel. Bien plus courte que ses prédecesseurs, j'ai trouvé que l'histoire passait trop vite au-dessus de détails potentiellement intéressants pour se focaliser sur une action pas toujours sensationnelle. Le déroulement reste assez prévisible, la magie un peu trop absente, les révélations trop peu nombreuses. Il n'y a même pas eu la folie du dernier tiers habituelle. Quant à l'épilogue, il contient tout ce que ce livre aurait du contenir, et on n'y passe que trois pages : le mot frustration peine à décrire ce qu'il évoque.

En bref, ce livre est excellent, mais pour un Sanderson, il aurait pu être mieux. Comme tous les Sanderson aussi, il laisse présager une suite, que je n'arrive pas à savoir si j'espère ou non (retrouver l'univers un peu plus fouillé de Mistborn semble tout de même bien plus tentant). Je crois que tout est dit, non ?

"Oh yeah? Look up, muffin-brains."
Wayne, ne t'en fais pas, je leur ai déjà parlé de toi.

Ma note : 9/10

Sortie en français (début) 2012, gardez vos étrennes de Noël pour la bonne cause !


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mercredi 23 novembre 2011

Bride's Story (vol.2),
de Kaoru Mori

Reçu le mercredi 23 novembre 2011, 4 reviews
Résumé :
Amir, qui ignore encore que son père a pour projet de la marier à un autre homme, s’habitue peu à peu à sa nouvelle vie aux côtés de Karluk et de sa famille.
Hélas, après avoir vu ses émissaires renvoyés sans ménagement, le clan de la jeune femme n’a pas l’intention d’en rester là : cette fois-ci, c’est toute une troupe de cavaliers qui font irruption dans le village, et ils comptent bien ramener Amir avec eux… quitte à employer la force !


Mon avis :

Après ma lecture de l'excellent premier tome, j'avais hâte de retrouver Amir, Karluk et surtout le style incroyable de Kaoru Mori, qui a redoublé ici encore d'efforts pour nous offrir des détails époustouflants. Il est temps de faire un tour au hammam, de sortir les tapis orientaux et de se laisser embarquer par cette histoire merveilleusement exotique !

C'est avec plaisir qu'on se replonge ici dans l'histoire d'Amir et Karluk. La jeune femme est maintenant intégrée à sa belle famille et on la voit s'adapter à leurs coutumes, en commençant par aller préparer le pain, puis en suivant l'initiation d'une des nièces de Karluk à l'art de la broderie. On y retrouve également sa famille, décidée à la récupérer, qui va devoir se frotter à l'entêtement de tout un village si elle veut accomplir sa quête.

Je l'ai déjà dit, mais je le répète : ce manga est un must have pour la seule et bonne raison qu'il est magnifique. Pas de renouveau significatif face au tome précédent mais la maîtrise des décors et des détails est toujours aussi époustouflante, et je me réjouis personnellement de m'éloigner un peu de ces mangas "typiques" très centrés sur les gros plans de personnages et les sfx. Ici, c'est un véritable paysage qui se déroule sous nos yeux, une aventure dans le temps et l'espace pleine de curiosités et de merveilles.

Le seul petit défaut qu'on pourra noter, c'est qu'à trop se consacrer aux coutumes et cultures des populations locales, la mangaka a tendance à partir dans tous les sens par moment. L'épisode de la récupération d'Amir par sa famille, en lien direct avec le volume précédent, apporte ce qu'il faut d'action et de continuité, mais les divers chapitres sur telle broderie ou tel cours d'arc paraissent parfois un peu décousus. Le côté livre d'histoire l'emporte presque sur le divertissement dans ces moments.

J'avoue que la fin m'a laissée perplexe - l'histoire semble se recentrer sur le voyageur anglais qu'on aperçoit régulièrement aux côtés de la famille de Karluk, un personnage qui ne m'intéresse pas tellement à priori, et je regrette déjà qu'on lui sacrifie autant de place. J'ai aussi cru comprendre dans l'épilogue que la suite ne sera pas forcément à propos d'Amir et Karluk... mais ça ne va pas du tout ça, rendez-moi cette petite boule d'énergie et de sauvagerie (je parle d'Amir, hein), je l'adore !

Ma note : 8/10

Et dire que la suite en anglais ne sort que dans des mois, tandis que la version française arrive le mois prochain ! Bouhouhou....



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lundi 21 novembre 2011

Will & Will,
de John Green et David Levithan

Reçu le lundi 21 novembre 2011, 6 reviews
Résumé :
Will Grayson se méfie des sentiments. Les histoires de coeur portent la poisse, tout le temps. Alors quand son meilleur ami, l'exubérant, très corpulent et très, très homo Tiny Cooper, fait tout pour le fourrer dans les bras de Jane, il se dit que cette fille est jolie, marrante et sympa mais... pas du tout son type.
De l'autre côté de Chicago, un certain Will Grayson (rien à voir avec le premier !), se sent plus mort que vivant : il vient d'apprendre que celui qui le faisait fantasmer sur sa messagerie n'est pas celui qu'il croyait...

Mon avis :
Comme toute sérieuse lectrice que je suis, lorsqu'on m'offre un nouveau livre, je me jette dessus sans un regard pour les pauvres volumes abandonnés depuis des mois dans ma bibliothèque. Celui-ci me faisait de l'œil depuis longtemps, entre celles qui en vantaient les mérites et celles qui vantaient ceux de John Green, je n'ai pas eu le courage de résister. Ni à sacrifier ma douche pour le finir d'une traite dans le canapé. Outch.

Qui me connait un peu saura que ce genre de livre est un peu ma petite passion cachée. Je ne suis pas vraiment portée sur les romances mais celle-ci avait un petit quelque chose en plus, et l'idée des homonymes était vraiment parfaite pour créer des situations originales. Deux Will Grayson, un hétéro qui se la joue détaché pour éviter tout ce qui pourrait lui arriver de malencontreux et un homo dépressif et asocial qui ne jure que par son petit ami virtuel. Deux Will qui se rencontrent et qui vont changer de trajectoire pour découvrir ce qu'ils ont manqué dans leur vie jusqu'à maintenant.

Par où commencer ? Déjà, par cette idée de livre à quatre mains. Il y a le Will de John Green (celui qui économise sa salive) et le Will de David Levithan (celui qui est dépressif). Il y a les chapitres de l'un qui sont plein de personnages, de folie, d’exubérance, et ceux de l'autre qui sont plein de colère, de malaise et de minuscules. Oui, un chapitre en minuscule, parce que (comme l'auteur l'explique dans la très intéressante discussion de fin) Will se sent en minuscule et c'est comme ça qu'il s'exprime. On se fait au changement, on se fait aux alternances, et quand tout se recoupe on se réjouit d'avoir cette double vision des choses.
Par contre, l'absence de majuscule, soyons honnête, je ne m'en suis jamais remise.

L'histoire n'est pas si originale qu'elle en a l'air, Will & Will ne se rencontrent qu'au milieu du livre et en attendant, ils ont tous les deux des vies d'adolescents typiques, bien qu'assez opposés. On les voit se chercher, gérer cette période difficile de leur vie, concilier une famille qu'on ne veut pas toujours très présente à ce moment et des relations qui ne se passent pas toujours comme on voudrait. Mais je crois que c'est l'impact des personnages secondaires - je pense particulièrement à Tiny et Maura, les meilleurs amis respectifs - qui crée toute la dynamique et les rebondissements, qu'ils soient positifs ou négatifs.

C'est difficile de dire que ce livre est génial alors que je lui reproche plein de choses, mais je n'ai tout de même pas pu m'empêcher de le lire à toute vitesse. L'humour a joué une grande part dans cette addiction, l'énergie des personnages aussi, et quelques dialogues bien sentis qui ont fait marcher mon inspiration à toute allure. Pour le reste, je reste tout de même un peu dubitative, et l'attention portée à la comédie musicale de Tiny m'a carrément laissée de marbre.

Nerdfighters, je vous adore, mais je ne suis pas sûre d'être prête à rejoindre vos rangs.

Ma note : 8/10



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vendredi 18 novembre 2011

Tintin et le secret de la Licorne,
de Steven Spielberg

Reçu le vendredi 18 novembre 2011, 1 reviews
Symopsis :
Parce qu’il achète la maquette d’un bateau appelé la Licorne, Tintin, un jeune reporter, se retrouve entraîné dans une fantastique aventure à la recherche d’un fabuleux secret. Avec l’aide de Milou, son fidèle petit chien blanc, du capitaine Haddock, un vieux loup de mer au mauvais caractère, et de deux policiers maladroits, Dupond et Dupont, Tintin va parcourir la moitié de la planète, et essayer de se montrer plus malin et plus rapide que ses ennemis, tous lancés dans cette course au trésor à la recherche d’une épave engloutie qui semble receler la clé d’une immense fortune… et une redoutable malédiction.

Mon avis :
Qui n'a pas un jour lu ou croisé Tintin dans son enfance ? Cette figure culte de la bande-dessinée franco-belge se paye cette année un film, en 3D s'il vous plaît, que tout le monde semble assez impatient d'aller voir. On peut dire que j'ai pris mon temps pour me décider. C'est en retard sur tout le monde que me voilà revenue (en un seul morceau) de cette nouvelle adaptation des aventures du journaliste et son chien les plus célèbres du monde.

Le secret de la Licorne fait partie des albums que j'ai dû souvent relire étant enfant, car il m'en reste des souvenirs très vifs. L'histoire des maquettes et de leur mât, la légende de Rackham le Rouge, le Capitaine Haddock... mais ici, on s'éloigne tout de même un peu de l'histoire d'origine. Sans lui reprocher d'être infidèle, on sent bien que des scènes d'actions ont été rajoutées pour tenir les spectateurs en haleine, alors que l'histoire s'en sortait très bien sans. Si je dis "combat de grues", je crois que vous voyez ce que je veux dire.

Le style visuel est assez original et fait partie de ces débats j'aime/je déteste. Si le rendu mi-réaliste mi-cartoon est particulièrement soigné et détaillé, la rabat-joie que je suis regrette le style basique en 2D de la série animée. Trop réalistes pour moi peut-être, malgré leur nez gros comme un melon pour certains, j'étais presque un peu mal à l'aise face à ces visages que je ne reconnaissais pas. Mais beaucoup ont aimé, et je pense qu'il faut le voir pour se faire son propre avis.

Je ne crierai pas au miracle, ni au scandale d'ailleurs, mais s'il a été tout à fait plaisant et divertissant j'ai tout de même trouvé que ce film se la jouait trop action à l'américaine, trop gags, trop trop. Ça ne m'empêche pas d'attendre les prochains, que j'irai sûrement voir avec plaisir, mais à choisir, je me repasserai plutôt cent fois la série animée que ce film un peu surfait.

Ma note : 7/10



Titre original : The Adventures of Tintin: Secret of the Unicorn
Long-métrage Néo-Zélandais, Américain
Genre : Aventure, Animation, Action
Durée : 01h46min
Année de production : 2011
Distributeur : Sony Pictures Releasing France
Date de sortie en France : 26 octobre 2011


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mardi 15 novembre 2011

Le Mage du prince,
de Karen Miller

Reçu le mardi 15 novembre 2011, 6 reviews
Résumé :
Au Royaume de Lur, une immense barrière magique protège les habitants des ravages du sorcier Morg depuis six cents ans. Les Doranens gouvernent le royaume grâce à la magie tandis que les Olkens ont interdiction absolue de l'utiliser... sous peine de mort. Le jeune Asher a quitté sa famille de pêcheurs pour faire fortune à Dorana, la capitale. Très vite, il devient l'assistant du Prince Gar et apprend la vie de château. Ses origines modestes et sa gouaille lui valent l'inimitié de bon nombre de nobles à la cour. Mais dans l'ombre, on veille sur lui : une confrérie secrète attend l'avènement d'un mage innocent qui sauvera Lur des Derniers Jours. En attendant, Asher a bien du mal à éviter les pièges que lui tend, jour après jour, l'entourage de la famille royale...

Mon avis :
Je n'aurais sans doute jamais eu l'opportunité de lire ce livre aussi tôt si Lyra n'avait pas, quelques semaines à peine après me l'avoir sournoisement offert en cadeau, proposé que l'on fasse une lecture commune dessus. "Encore de la fantasy," soupirai-je. Les première pages sont affreusement clichées en plus. Et puis soudain, le déclic, et 600 pages plus tard, j'abdique : c'était bien une bonne idée !

L'histoire est celle d'Asher, un pêcheur qui décide d'aller travailler à la capitale pendant un an dans l'espoir d'y gagner assez d'argent pour acheter un bateau à son père et lui à son retour. Dès ses premières minutes en ville, il se retrouve dans les pattes du Prince, qui pour le récompenser de son aide lui offre un poste à ses écuries. Puis comme assistant dans la tâche d'arbitrer les affaires des habitants. Asher et son franc parler, ses sautes d'humeur et sa sympathie va déstabiliser le Prince et le faire enfin sortir de son retranchement. Mais certains ne voient pas d'un bon oeil sa présence, et d'autres son persuadés que la fin des temps approche, et que c'est lui qui devra les sauver du chaos.

Je ne sais pas trop à quoi je m'attendais en le commençant mais pour avoir lu pas mal d'avis positifs dessus, je me doutais qu'il avait quelque chose de spécial. Ce quelque chose, ce sont ses personnages, et ça tombe bien car rien n'est plus facile que de me conquérir avec de bons personnages. Asher est tout de suite attachant, un peu anti-héros sur les bords mais quand même courageux et avec un sens aigu du devoir. Ou alors une passion pour les salaires élevés, à voir. Le prince Gar, surnommé l'estropié car incapable de pratiquer la magie que possèdent les membres de la famille royale, s'avère être un compagnon agréable avec du potentiel, bien que l'on regrette qu'il soit souvent bien trop passif et soumis avec son entourage.

Hormis nos deux héros, il y a la belle et froide Dathne, obsédée par sa prophétie et le destin de Lur, qui j'espère se montrera un peu moins passive dans le second tome. Matt, l'écuyer qu'elle harcèle sans merci, est le profil typique du meilleur ami au bon coeur qu'on aime avoir avec soi. Quant aux méchants, ce sont tous des gros méchants comme dans les contes, de vils magiciens, des fouineurs machiavélique... nécessaires sans être agréables, selon moi.

Du côté de l'histoire, par contre, c'est là que le bât blesse. On pourrait en quelque sorte dire qu'il ne se passe rien dans ce premier tome - il s'agit juste de l'arrivée et de la mise en place du quotidien d'Asher, ni plus ni moins - mais ce ne serait pas tout à fait exact. À chaque fois qu'un évènement important ou un retournement de situation se produit... on le voit arriver à des kilomètres. Pour l'effet de surprise, on repassera.

Cela dit, si vous n'êtes pas des accros au suspense, je vous suggère très fortement de vous laisser tenter. Les pages, bien que nombreuses, filent à toute vitesse, et Asher est vraiment un excellent personnage apportant avec lui plein d'humour et de bonne humeur. J'ai rarement autant ri avec de la fantasy, et je ne compte pas me priver de lire la suite !

Ma note : 8/10

Je peux déjà vous dire que ma petite Lyra est emballée elle aussi mais si vous voulez savoir pourquoi, ne traînez pas à faire un tour sur son article !



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vendredi 11 novembre 2011

Firefly/Serenity,
de Joss Whedon

Reçu le vendredi 11 novembre 2011, 7 reviews
Synopsis :
Le capitaine Malcolm Reynolds est un vétéran endurci, qui eut le tort de choisir le mauvais camp dans la guerre galactique. Les armes se sont tues, l'ordre règne sous l'autorité de l'Alliance, et Malcolm le rebelle s'est lancé dans de nouvelles aventures aux commandes du vaisseau Serenity.
A l'école des futures élites, la jeune River manifeste également une farouche indépendance d'esprit. Ses facultés télépathiques et ses dons de lutteuse inquiètent les dirigeants. Ceux-ci ont choisi de mettre l'adolescente au secret. Une équipe médicale s'efforce de modeler son esprit et de juguler ses "mauvaises tendances" par l'administration de drogues.
Lorsque son frère, Simon, l'extrait de force du Centre de Conditionnement et se réfugie avec elle à bord du Serenity, l'Alliance est bien déterminée à les retrouver et les neutraliser...

Mon avis :
Comment ça, la série est sortie il y a presque dix ans ?! Mieux vaut tard que jamais, non ? Et puis je suis sûre que parmi vous, il y en a au moins quelques-uns qui n'en n'ont jamais entendu parler, et au moins quelques autres qui vont subitement avoir une furieuse envie de la revoir. Alors, vous avez vu cette bonne action que je suis en train d'accomplir ?

Je vous ai mis le synopsis du film qui clôt la série mais ne vous en faites pas, il n'y a pas de spoilers. C'est aussi la première fois que je viens vous parler d'une série et pourtant, j'en regarde un paquet. Celle-ci m'a laissé l'impression qu'elle voulait qu'on parle d'elle, qu'on s'indigne qu'elle se soit terminée après une seule toute petite saison, et qu'on fasse cinq minutes l'apologie de ses qualités que le synopsis ne laisse pas présager.

Si comme moi, vous y voyez un Battlestar Galactica like (je n'ai rien contre cette série, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit), vous vous trompez ! Il faut au moins regarder les deux premiers épisodes pour se faire une bonne idée du potentiel de ce vieux vaisseau un peu crasseux et de son équipage vaguement improbable. Mal est un cow-boy du futur, accompagné de sa fidèle Zoé et de Jayne, ce bon vieux Jayne, vénal comme pas deux, idiot comme ses pieds et pervers - bref, mon type de personnage préféré, avouons-le.



Les autres occupants ont aussi leur charme, chacun différent, équilibrant de leur mieux cet étrange mode de vie qu'ils partagent à bord de Serenity. Les épisodes alternent entre des aventures à bord du vaisseaux et d'autres à la surface de diverses planètes, atteignant un juste milieu entre la familiarité et la nouveauté. Si certains scénarios restent des classiques, c'est l'attachement aux personnages qui les font passer comme une lettre à la poste.

Je n'ai pas besoin de vous raconter la frustration que l'on ressent après seulement 15 petits épisodes et un film (plutôt centré sur River, d'ailleurs) qui laissent derrière eux trop de mystère, trop de zones d'ombres et un affreux goût de trop peu. Parfois, on se demande ce qui leur passe par la tête à mettre fin aux rares séries intéressantes qui sont produites...

Ma note : à voir absolument



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mardi 8 novembre 2011

Contagion,
de Steven Soderbergh

Reçu le mardi 8 novembre 2011, 5 reviews
Synopsis :
Une pandémie dévastatrice explose à l’échelle du globe… Au Centre de Prévention et de Contrôle des Maladies, des équipes se mobilisent pour tenter de décrypter le génome du mystérieux virus, qui ne cesse de muter. Le Sous-Directeur Cheever, confronté à un vent de panique collective, est obligé d’exposer la vie d’une jeune et courageuse doctoresse. Tandis que les grands groupes pharmaceutiques se livrent une bataille acharnée pour la mise au point d’un vaccin, le Dr. Leonora Orantes, de l’OMS, s’efforce de remonter aux sources du fléau. Les cas mortels se multiplient, jusqu’à mettre en péril les fondements de la société, et un blogueur militant suscite une panique aussi dangereuse que le virus en déclarant qu’on "cache la vérité" à la population…

Mon avis :
Ce film est du genre de ceux qu'on ne peut pas manquer, grâce aux multiples minois connus collés sur l'affiche pour crier "venez voir mon film plein de stars !". Pourtant, sous ses couverts de blockbuster sensationnel - enfin, j'espère qu'il a fait sensation chez vous, ce qui n'est pas le cas dans ma contrée gelée -, ce film n'est qu'un autre scénario catastrophe de plus, avec son épidémie mystérieuse et sa population qui panique. Du déjà vu, mais plein de minois connus, est-ce que ça excuse tout ?

Personnellement, je n'ai pas envie de lui excuser grand chose. L'idée de départ était bonne, le développement n'était pas mal non plus, les acteurs plutôt convaincants et même certaines situations bien trouvées. Mais alors qu'est-ce qui cloche ? Eh bien, j'ai trouvé qu'il ne s'y passait rien. Sans vouloir vous spoiler, on pourrait résumer le scénario en trois mots : épidémie - panique - vaccin. Je sens déjà que vous tremblez d'excitation face à ce programme de folie, n'est-ce pas ? Chacun de ces aspects est cela dit traité de façon relativement réaliste et fouillée, mais c'est d'un pragmatisme et d'une banalité tellement flagrante que je ne vois pas vraiment l'intérêt de se déplacer pour ça.

En fait, en enlevant les rôles de Marion Cotillard et de Matt Damon (ainsi que celui de Jude Law, si on aime les fouineurs), qui apportaient une petite diversion appréciable au scénario de base, on se croirait dans un documentaire informatif du ministère de la Défense : "ce qu'il faut et ne faut pas faire en cas d'épidémie". Pour un documentaire, je l'aurais trouvé particulièrement réussi. Pour un film de 68 millions de dollars ? Ils auraient pu trouver mieux. Il aurait pu trouver une idée originale, une fin sensationnelle, un déroulement plein de suspense.

L'original, le suspense et le sensationnel, je crois qu'on peut s'asseoir dessus. Les acteurs sont bons, parce que ce sont de bons acteurs, et leurs fans seront contents de voir leur tête. L'histoire tient la route, parce que tout de même, monsieur Soderbergh s'est un peu cassé le beignet sur les recherches et compagnie. Certains y trouveront sûrement de l'émotion si les morts innocentes vous émeuvent. Je ne sais pas ce que j'y ai trouvé, d'une part pas grand chose à redire, et de l'autre pas grand chose à en dire.

C'était tellement palpitant que j'ai failli m'étouffer avec un pop-corn, rendez-vous compte.

Ma note : 5/10



Long-métrage émirati, américain
Genre drame, thriller
Durée : 01h46min Année de production : 2011
Distributeur : Warner Bros. France
Date de sortie en France : 9 novembre 2011


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