
et 
que je remercie tous les deux pour cette Étrange découverte.
Résumé :
Emily est frappée d’une vilaine amnésie et ne se rappelle même plus son prénom. Chassée par les policiers de la décharge de Blackrock, elle trouve refuge dans le café El Donjon tenu par Raven, une fille-du-zinc on ne peut plus bizarre...
Là-bas, elle fait la connaissance de joueurs de Calamity poker (qui peut comprendre les règles de ce jeu ?), de passage en ville, qui semblent lui cacher des choses. Le monde se serait-il détraqué à son réveil ?
Dans ce journal, elle rassemble tous les indices qui pourraient la mener à sa véritable identité. Pour l’instant, la seule chose qu’elle sait c’est qu’elle aime le noir et les chats.
Mon avis :
Emily The Strange, l'icône graphique des années 90 qui a décoré maints tee-shirts et stickers (ainsi qu'une guitare électrique !) avant de se transformer en albums, puis en comics, arrive enfin en livre ! La petite gothique silencieuse, un peu philosophe et toujours flanquée de ses chats, devient soudain bien bavarde entre les mains de Reger : mademoiselle a perdu la mémoire et est bien décidée à la retrouver à son étrange manière !
Dans ce livre-journal intime, Emily retrace son parcours depuis qu'elle s'est retrouvée à Blackrock, sans aucun souvenir de son identité, de son âge ou de quoi que ce soit la concernant. Ce qu'elle sait, c'est que toute la ville est peinte d'un beige atroce, que quatre chats noirs vivent avec elle dans un carton installé au fond d'une allée, et que le bar du coin, El Donjon, est tenue par une barmaid aussi peu bavarde qu'étrange et qu'elle adore y traîner. À part y réparer la machine à café, elle se sert de l'endroit comme point d'observation des habitants, essayant de retracer la piste de son identité tout en résolvant les mystères qui s'accumulent autour d'elle.
Si le format journal intime est surprenant au premier abord, on s'habitue rapidement au style de notes d'Emily, concis, et à sa passion pour les listes. Elle note ainsi chacun des petits événements significatifs (ou non) de son séjour à Blackrock, mêlant parfois la réalité avec ses cauchemars délirants, ses hypothèses un peu folles et ses coups de blues passagers où elle se demande pourquoi personne n'est parti à sa recherche. L'histoire en elle-même tourne presque uniquement autour des petits rebondissements qui égaient son quotidien et permet de s'arrêter et reprendre facilement entre deux "entrées", puisque de nouvelles surprises (et de fréquents points sur la situation) permettent de s'y retrouver sans problème.
Dans le style d'Emily, voilà pourquoi vous devriez lire ce livre :

1- La superbe couverture
2- L'histoire originale et pleine de surprises
3- Qui peut se lire à tout âge (même si la syntaxe notation n'est pas terrible pour encourager les jeunes à écrire correctement)
4- Emily marrante, dégourdie, pleine de rêves et de talents, et super Étrange
5- Les chats
6- Les illustrations d'enfer tout au long du livre : des griffonnages, photos et affiches en rouge et noir qui décorent chaque page
7- Les enquêtes à la Scooby-Doo
8- Le Calamity Poker
9- Les inventions loufoques et extraordinaires
10- El Donjon (le café le plus cool qui soit)
11- Raven, Ümlaut, Attikol et tous les personnages secondaires dérangés
12- L'ambiance décalée vue par une petite gothique
13- Ma liste n'a que 12 points parce que je suis aussi une REBELLE (ceux qui ont lu/liront le livre comprendront)
Bien sûr, malgré tout cela, pas la peine de vous attendre à une enquête d'Hercule Poirot ou à la correspondance de la marquise de Merteuil, mais si vous avez envie d'un livre qui ne se prend pas la tête, que vous étiez fan de la famille Addams petit, que regarder Vincent de Burton vous donne encore des frissons et que vous vous demandez à quoi ressemble la vie de celle qui décore votre sac à main (oui, j'ai un sac Emily Strange, et alors ?), ce livre EST FAIT POUR VOUS.

Ma note : 8,5/10 (dommage que la poésie philosophique de Emily's Secret Book of Strange - ainsi que les jeux de texture - ne soient pas un peu plus présents)
Et si vous en doutez encore, j'ai de bonnes nouvelles pour vous :
Oui, mais comment ? Rien de plus simple, répondez aux questions ci-dessous et envoyez moi vos réponses par mail à l'adresse spooffin[at]gmail[dot]com avant le 30 novembre minuit pour participer au tirage au sort qui vous fera peut-être remporter ce premier tome. Concours réservé à l'Europe.
1/ Comment s'appellent les chats d'Emily?
2/ Quel est le nom du jeu de carte auquel joue la troupe d'Ümlaut ?
3/ Comment s'appelle la barmaid d'El Donjon ?
S'il vous faut un coup de pouce en plus, un extrait du livre est disponible sur le site des éditions Michel Lafon.
Bonne chance à tous !













Impossible de rester insensible à cette histoire, que tout le monde connaît mais que peu reconnaissent vraiment : la colonisation vue par les colonisés, la quasi-destruction de leur peuple et de leur culture au nom de la "suprématie" européenne (l'Australie a été colonisée par les Anglais). Mieux qu'un long discours, les courtes phrases tarabiscotées de Marsden retranscrivent parfaitement la naïveté et l'incompréhension des locaux, tandis que les images de Tan, étrangement touchantes dans leur surréalisme et leurs couleurs poétiques, retranscrivent l'horreur de la colonisation avec une délicatesse inattendue.






