jeudi 25 novembre 2010

Emily The Strange, tome 1 : Les jours perdus,
de Rob Reger

Reçu le jeudi 25 novembre 2010, 15 reviews
Lu dans le cadre d’un partenariat entre et
que je remercie tous les deux pour cette Étrange découverte.


Résumé :
Emily est frappée d’une vilaine amnésie et ne se rappelle même plus son prénom. Chassée par les policiers de la décharge de Blackrock, elle trouve refuge dans le café El Donjon tenu par Raven, une fille-du-zinc on ne peut plus bizarre...
Là-bas, elle fait la connaissance de joueurs de Calamity poker (qui peut comprendre les règles de ce jeu ?), de passage en ville, qui semblent lui cacher des choses. Le monde se serait-il détraqué à son réveil ?
Dans ce journal, elle rassemble tous les indices qui pourraient la mener à sa véritable identité. Pour l’instant, la seule chose qu’elle sait c’est qu’elle aime le noir et les chats.

Mon avis :
Emily The Strange, l'icône graphique des années 90 qui a décoré maints tee-shirts et stickers (ainsi qu'une guitare électrique !) avant de se transformer en albums, puis en comics, arrive enfin en livre ! La petite gothique silencieuse, un peu philosophe et toujours flanquée de ses chats, devient soudain bien bavarde entre les mains de Reger : mademoiselle a perdu la mémoire et est bien décidée à la retrouver à son étrange manière !

Dans ce livre-journal intime, Emily retrace son parcours depuis qu'elle s'est retrouvée à Blackrock, sans aucun souvenir de son identité, de son âge ou de quoi que ce soit la concernant. Ce qu'elle sait, c'est que toute la ville est peinte d'un beige atroce, que quatre chats noirs vivent avec elle dans un carton installé au fond d'une allée, et que le bar du coin, El Donjon, est tenue par une barmaid aussi peu bavarde qu'étrange et qu'elle adore y traîner. À part y réparer la machine à café, elle se sert de l'endroit comme point d'observation des habitants, essayant de retracer la piste de son identité tout en résolvant les mystères qui s'accumulent autour d'elle.

Si le format journal intime est surprenant au premier abord, on s'habitue rapidement au style de notes d'Emily, concis, et à sa passion pour les listes. Elle note ainsi chacun des petits événements significatifs (ou non) de son séjour à Blackrock, mêlant parfois la réalité avec ses cauchemars délirants, ses hypothèses un peu folles et ses coups de blues passagers où elle se demande pourquoi personne n'est parti à sa recherche. L'histoire en elle-même tourne presque uniquement autour des petits rebondissements qui égaient son quotidien et permet de s'arrêter et reprendre facilement entre deux "entrées", puisque de nouvelles surprises (et de fréquents points sur la situation) permettent de s'y retrouver sans problème.

Dans le style d'Emily, voilà pourquoi vous devriez lire ce livre :

1- La superbe couverture
2- L'histoire originale et pleine de surprises
3- Qui peut se lire à tout âge (même si la syntaxe notation n'est pas terrible pour encourager les jeunes à écrire correctement)
4- Emily marrante, dégourdie, pleine de rêves et de talents, et super Étrange
5- Les chats
6- Les illustrations d'enfer tout au long du livre : des griffonnages, photos et affiches en rouge et noir qui décorent chaque page
7- Les enquêtes à la Scooby-Doo
8- Le Calamity Poker
9- Les inventions loufoques et extraordinaires
10- El Donjon (le café le plus cool qui soit)
11- Raven, Ümlaut, Attikol et tous les personnages secondaires dérangés
12- L'ambiance décalée vue par une petite gothique
13- Ma liste n'a que 12 points parce que je suis aussi une REBELLE (ceux qui ont lu/liront le livre comprendront)

Bien sûr, malgré tout cela, pas la peine de vous attendre à une enquête d'Hercule Poirot ou à la correspondance de la marquise de Merteuil, mais si vous avez envie d'un livre qui ne se prend pas la tête, que vous étiez fan de la famille Addams petit, que regarder Vincent de Burton vous donne encore des frissons et que vous vous demandez à quoi ressemble la vie de celle qui décore votre sac à main (oui, j'ai un sac Emily Strange, et alors ?), ce livre EST FAIT POUR VOUS.



Ma note : 8,5/10 (dommage que la poésie philosophique de Emily's Secret Book of Strange - ainsi que les jeux de texture - ne soient pas un peu plus présents)

Et si vous en doutez encore, j'ai de bonnes nouvelles pour vous :

GAGNEZ UN EXEMPLAIRE DE EMILY THE STRANGE


Oui, mais comment ? Rien de plus simple, répondez aux questions ci-dessous et envoyez moi vos réponses par mail à l'adresse spooffin[at]gmail[dot]com avant le 30 novembre minuit pour participer au tirage au sort qui vous fera peut-être remporter ce premier tome. Concours réservé à l'Europe.

1/ Comment s'appellent les chats d'Emily?
2/ Quel est le nom du jeu de carte auquel joue la troupe d'Ümlaut ?
3/ Comment s'appelle la barmaid d'El Donjon ?

S'il vous faut un coup de pouce en plus, un extrait du livre est disponible sur le site des éditions Michel Lafon.

Bonne chance à tous !


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mardi 23 novembre 2010

RED,
de Robert Schwentke

Reçu le mardi 23 novembre 2010, 5 reviews
Synopsis :
L'heure de la retraite a sonné ! Mais dans certaines professions, la transition peut s'avérer difficile : Franck ne supporte pas l'inactivité, son collègue Joe végète en maison de retraite, Marvin use d'amphétamines et Victoria fait des petits boulots. Pas facile de décrocher quand on a été... agents de la CIA toute sa vie ! Pourtant, quand leur ancien employeur décide d'éliminer pour de bon ces agents un peu trop compromettants, il va découvrir qu'en dépit de leur âge, ce sont encore de redoutables adversaires.

Mon avis :
Après une longue semaine, rien de tel qu'un film bien déjanté pour se relaxer le weekend. Pour une fois, pas d'humour gras, de clichés à deux balles et de comédies hollywoodiennes - bon ok, c'est peut-être un peu une comédie, et ça vient peut-être d'Hollywood, mais à quand remonte la dernière fois où vous avez vu une maison se faire détruire à la mitraillette et Bruce Willis en sortir sans une égratignure ?

RED - Retraité Extrêmement Dangereux - est le tampon qu'on a affligé au dossier de Frank Moses, ex-agent de la CIA aujourd'hui retraité. Comme ses anciens collègues, il tente de meubler son quotidien morne de "papy" de son mieux, et choisit de harceler une assistante téléphonique, Sarah, pour passer le temps. Heureusement (ou pas), une équipe armée jusqu'aux dents vient lui apporter un peu de distraction : l'occasion de "kidnapper" sa chère Sarah et de l'emmener avec lui déjouer une conspiration visant à éliminer d'ex-agents aux informations compromettantes.

Une nouvelle sorte de dream team vient faire son show cette fois-ci, et elle a moins de cheveux que celle d'Inception ! Bruce Willis, la brute au grand cœur, Morgan Freeman, le vieux futé, et John Malkovich le vieux parano détraqué au LSD, vont joindre leurs forces pour mettre fin aux exterminations qui menacent leurs ex-collègues. Dans un mélange d'action et d'humour, ils nous entraînent à travers les USA, d'une cahute dans les marais aux archives secrètes de la CIA aussi bien que de surprise en surprise. Sur un fond d'intrigue classique (mais efficace) et de rebondissements avec deux-trois retournements de situation, l'humour omniprésent est irrésistible, que ce soit grâce aux répliques, aux situations ou aux personnages aussi loufoques qu'attachants.

Si vous doutiez encore que la "vieille génération" vaut encore quelque chose, je pense que ce film vous démontrera sans mal le contraire. Willis est un as au charme fou, qui joue les agents comme s'il était né dans le rôle, et ses acolytes ne sont pas en reste pour ce qui est de faire péter des trucs. Je ne dis pas que le petit Karl Urban, dans le rôle du jeune agent "ennemi", ne se défend pas, mais il faut comparer ce qui est comparable...
Après ces deux heures qu'on voit à peine passer, la seule mise en garde que je pourrais vous donner, c'est de faire attention à ne pas vous laisser contaminer par la folie douce de Malkovich !

Ma note : 9/10



Long-métrage américain .
Genre : Comédie , Action
Durée : 01h51min
Année de production : 2010
Distributeur : SND
Date de sortie en France : 17 novembre 2010

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samedi 20 novembre 2010

Ou pourquoi faut-il tenter sa chance aux concours

Reçu le samedi 20 novembre 2010, 11 reviews
Après m'être dit que je n'aurait jamais le temps de le faire, dans un moment de folie, j'ai craqué pour le concours qu'a organisé Aily pour le premier anniversaire de son blog, que je vous conseille d'aller visiter si ce n'est pas encore fait. Et devinez quoi ? J'ai gagné !






Deux jours plus tôt, en rentrant chez moi, je trouve un petit papier dans l'entrée. Hop, direction la poste, et voici avec quoi je suis revenue :
(Quel beau carton)

Je me suis jetée sur l'appareil photo pour immortaliser le moment, arraché les pans du carton (scotché comme jamais je n'ai vu ça auparavant) pour en sortir une multitude de petites choses plus belles les unes que les autres :


Mes talents en origami ont du souci à se faire face à la maîtrise de la demoiselle ! Trois paires de grues, un marque page (en tout cas ça en a l'air), une ribambelle de roses et des pliages en 3D très jolis. Si tu veux me donner des cours, c'est quand tu veux !

Mais intéressons-nous aux paquets tout de même, dans lesquels se cachaient :


Des liiivres (non ? si !) ! Le premier, 101 bonnes raisons de se réjouir de lire, est une collection de petites raisons illustrées pour lesquelles c'est super de savoir lire. Ça se lit tellement bien que je l'ai terminé avant même de finir les photos, oups ! Le second, 90 livres cultes à l'usage des personnes pressées (dont moi, avouons-le), résume en une planche pour chaque le contenu de 90 classiques pour pouvoir frimer lors des discussions. J'ai failli le lire aussi mais pour éviter le spoil, je vais choisir ceux que je n'ai pas l'intention de lire plus tard tant qu'à faire... Et pour accompagner le tout, une petite carte fait main, deux marque-pages maison avec des citations et un troisième avec une façade de bibliothèque trop bien rangée pour être la mienne ^^
Mais Aily, tu n'aurais pas oublié que... :


... deux certaines petites bêtes allaient prendre tes origamis pour leurs nouveaux jouets?! Heureusement que j'ai pu rassembler tout ça hors de portée dans la bibliothèque, sinon ils seraient devenus des confettis !

Merci encore pour ce très beau colis, et surtout, merci pour les discussions qui ont suivi !

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jeudi 18 novembre 2010

Myrihandes, le secret des âmes-soeurs, de Guilhem Méric

Reçu le jeudi 18 novembre 2010, 6 reviews
Ce livre a été lu dans le cadre d’un partenariat entre et
que je remercie tous les deux pour cette découverte.


Résumé :
Sur la montagne Pan-Kaïa, Sisam et Helya vivent dans les Trois Cités jumelles. Séparés par un destin malheureux, ils se retrouvent quinze ans plus tard pour apprendre qu’ils sont des Âmes-Soeurs capables de faire revivre les Myrihandes, des êtres aux pouvoirs de légende, traqués par le mystérieux seigneur Kryom. Pour libérer les autres Âmes-Soeurs prisonnières, ils vont devoir tout apprendre de ce lien qui les unit et qui pourrait faire d’eux le plus sage et plus puissant des Myrihandes...

Mon avis :
Ce n'est pas souvent que je craque pour un livre parce que je craque pour son éditeur, mais Au Diable Vauvert m'a toujours un peu fait cet effet, et après mon enthousiaste retour à la fantasy grâce à Mistborn je me sentais d'attaque pour replonger dans la magie et le mystère. Sauf que... j'ai eu peine à les trouver dans ce livre, qui s'est avant tout révélé être une romance aux accents fantasy ; pas forcément mauvais, mais quand on s'attendait à autre chose, dur de ne pas être déçu.

L'histoire se déroule dans les Trois Cités de la montagne Pan-Kaïa, juchées au sommet d'immenses piliers qui trouvent leurs racines au cœur d'un volcan éteint. Persuadés que la vie est impossible sous la couche de nuages, qui leur masque le monde d'en bas, les habitants des cités se terrent chez eux, régis par des lois que personne ne comprend, comme celle qui empêche les voyages entre les cités. Mais lorsque la meilleure amie de Sisam, arrachée à lui sous de faux prétextes dans son enfance, revient semer le trouble dans sa vie, il découvre qu'on leur cache des choses bien plus importantes qu'il n'y paraît, dont la vraie nature de leur existence.

Pour ceux qui suivent ce blog, vous vous souviendrez que je n'avais pas aimé le premier tome du Trône de Fer car tout y était noir, couvert de trahisons et d'angoisse insurmontable. Eh bien, voici son antagoniste parfait : Myrihandes est une histoire d'âmes-soeurs, pleine de lyrisme, de sentiments et de touchantes réunions. Un peu trop à mon goût, je l'avoue. Une désagréable impression un peu mièvre m'a collée à la peau pendant la lecture et malgré les efforts de l'auteur, je n'ai pas réussi à m'attacher à l'histoire et ses personnages.

Sisam, l'ouvrier à la moralité infaillible, droit et juste, joue le rôle du sauveur borné, obsédé par son amie d'enfance, qui ne va cesser de la perdre et la retrouver au cours de ce premier tome. Helya, l'intéressée, va quand à elle s'enfuir de sa vie de princesse pour retrouver sa vraie famille, et hormis son attachement à Sisam, elle apporte assez peu à l'intrigue. Les personnages secondaires s'activent sûrement plus qu'eux à renverser la dictature qui les oppresse, que ce soit Hemerod le chevalier, Ecleïes le (pas tellement) mystérieux gardien du temple ou Oros le brave ami dévoué.

Mais même si chacun est un peu cliché à sa façon, c'est plutôt du côté de l'histoire qu'on a le plus de mal à s'accrocher. La quête est classique : entre un tyran invisible et tout puissant, son dangereux sous-fifre, la population ignorante et les dirigeants qui complotent, rien de surprenant. Et la magie qui aurait pu redresser le niveau n'est que très peu présente, sous-développée, tout comme le décor qui apparaît assez minimaliste. Les rebondissements sont prévisibles, les révélations pas très révélatrices, et bien que la lecture soit agréable on ne vibre pas au rythme des mots. Même l'humour m'est passé au-dessus, c'est pour dire.

Ajoutons tout de même que la conclusion bien marquée de ce premier tome est appréciable, évitant au lecteur de rester sur sa faim, et que les amateurs de vocabulaire recherché et de longues et tendres descriptions sur l'union de deux cœurs seront comblés. Pour les autres, il mérite le coup d’œil, même si je ne pense pas continuer l'aventure avec les Myrihandes. Une autre fois, peut-être !

Ma note : 6/10

Retrouvez les chroniques de blogueurs un peu plus charmés sur la fiche du livre dans Bibliomania !


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mercredi 10 novembre 2010

The Rabbits,
de Shaun Tan et John Marsden

Reçu le mercredi 10 novembre 2010, 4 reviews
Résumé :
The Rabbits, écrit par John Marsden et illustré par Shaun Tan, est une fable allégorique sur la colonisation racontée du point de vue des colonisés. Le narrateur parle de la rencontre au premier abord curieuse et amicale, puis de cette visite qui se transforme en réalité en invasion. Dans un style à la fois minimaliste et étrange, le texte et les illustrations véhiculent un sentiment de stupéfaction et d'inquiétude tandis que des créatures indigènes voient leur environnement dévasté par une nouvelle culture.

Mon avis :
À chaque nouvel album de Shaun Tan que je lis, le mot album prend une toute nouvelle signification. Il y en a avec de belles images, avec de belles histoires, avec les deux parfois, mais rarement ils parviennent à atteindre un tel niveau émotionnel que ceux de Tan. Sur un air de fable, il nous montre la colonisation de son pays, les ravages de l'industrialisation, et l'incompréhension des populations locales, en une quarantaine de planches magiques.

L'histoire est celle de petites créatures indigènes, au look de rongeur austral, qui voient débarquer chez eux d'étonnants lapins. Au début, ils étaient curieux, amicaux, puis de plus en plus de lapins sont arrivés, se sont installés, ont modernisé les villes, détruit la nature, combattu les indigènes... qui se demandent ce qu'il va advenir d'eux, à présent.

Impossible de rester insensible à cette histoire, que tout le monde connaît mais que peu reconnaissent vraiment : la colonisation vue par les colonisés, la quasi-destruction de leur peuple et de leur culture au nom de la "suprématie" européenne (l'Australie a été colonisée par les Anglais). Mieux qu'un long discours, les courtes phrases tarabiscotées de Marsden retranscrivent parfaitement la naïveté et l'incompréhension des locaux, tandis que les images de Tan, étrangement touchantes dans leur surréalisme et leurs couleurs poétiques, retranscrivent l'horreur de la colonisation avec une délicatesse inattendue.

Tan est Marsden signent ici un magnifique album, aussi fascinant pour les adultes que pour les enfants, qui traite une fois de plus d'un sujet grave à travers une histoire métaphorique regorgeant de petits détails, sombre et brillante à la fois. Il nous fait réfléchir sur les erreurs du passé, celles du présent aussi, et reconsidérer nos relations avec les autres. Avec un brin de magie et une touche de tristesse, l'illustrateur de génie a encore une fois mis dans le mille.

Ma note : 9/10 (la dernière image est trop triste)

Comme toujours, un petit tour sur le site de Shaun Tan vous en apprendra plus sur ses œuvres ! Et retrouvez mes chroniques de The Red Tree et The Lost Thing si vous hésitez sur lequel commencer.


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lundi 8 novembre 2010

Warbreaker,
de Brandon Sanderson

Reçu le lundi 8 novembre 2010, 9 reviews
Résumé :
T'Telir, capitale d'hallandren, est une cité haute en couleur où les foules habillées de façon joviale traversent les rues ensoleillés et adorent des héros ressuscités en dieux. Dirigés par le silencieux et mystérieux Dieu Roi, le panthéon est nourri par des offrandes de Souffles, la force vitale qui les garde jeunes et en vie.

Exilée à Idris, l'ancienne famille royale a contre sa volonté marié une princesse au Dieu Roi. En arrivant à T'Telir, celle-ci découvre que la ville et le mariage ne sont pas du tout ce qu'elle croyait. Son seul allié est un certain Lightsong, un Dieu sceptique de sa propre divinité, qui craint que la guerre avec Idrid soit inévitable.

Ailleurs, un autre arrivé à T'Telir, portant une épée animée appelée Nightblood, fomente des plans astucieux basés sur la magie d'Hallandren, qui utilise les couleurs pour diriger le pouvoir du Souffle - des plans qui pourraient changer le monde.

Mon avis :
Ah, Mr Sanderson, qui aurait cru que ça marcherait à tous les coups ? Jouer la carte de la fantasy classique, avec juste un peu de couleur, faire traîner tout ça une centaine de pages, y glisser quelques intrigues politiques et finalement, sur à peine cent pages de fin, tout faire exploser pour laisser derrière soi une excitation exaltante. Impossible de ne pas être conquise, j'en ai peur.

L'histoire commence à Idris, où la princesse doit être envoyée à T'Telir pour épouser le Roi Dieu (Dieu Roi ?) comme convenu dans le traité passé entre leurs deux nations. Mais Idris sait que la guerre va éclater entre eux bientôt, et au lieu d'envoyer la princesse désignée, elle sacrifie sa plus jeune fille à la place, une petite turbulente et mal élevée qui va se retrouver propulsée à la cour des Dieux d'Hallandren. Et y mettre le bazar, inconsciente que sa sœur, décidée à la délivrer, va y mettre le sien également. Sans compter sur Lightsong, Dieu de la bravoure (on se demande longtemps pourquoi), qui se met soudain en tête d'enquêter sur les mystères de la cour...

L'auteur semble avoir trouvé la recette magique quelque part car après ce troisième livre que je lis de lui, je n'ai pas de mal à y trouver des similitudes : d'abord le héros, ou plutôt, l’héroïne, une jeune fille toujours ignorante qui va finalement participer activement à l'action principale, puis le second héros, rarement celui qu'il prétend être et qui agit dans l'ombre, ainsi qu'un personnage bavard, excentrique et attachant qui va s'en mêler pour dénouer le mystère. Plus de la magie (un peu mais pas trop), des complots, des retournements de situation, et enfin la Grande Bataille Finale.
Et pourtant, ce ne doit pas être si simple, parce que ça faisait longtemps que je ne m'étais pas autant éclatée !

Comme à son habitude, Sanderson a le chic pour rendre ses personnages vivants et c'est impossible de leur rester insensible, même ceux qui se révèlent au final être de vils traîtres. Siri est une explosion de fraîcheur à côté de la vaillante et taciturne Vivenna, Vasher un mystère sur pattes avec son adorable épée, mais mon préféré (sans surprise ?) reste Ligthsong the Bold. Pas commun de voir un Dieu qui refuse d'en être un, et qui décide qu'ennuyer et exaspérer aussi bien ses prêtres et ses servants que les autres divinités de la cour est la meilleure distraction au monde. Ça et tourmenter Llarimar (Scoot pour les intimes), son pauvre haut-prêtre, qui subit ses incessants questionnements sur la foi sans broncher.

Je n'ai pas envie de dévoiler trop de l'intrigue mais elle est étrangement bien construite, tournant systématiquement autour de fausses pistes finalement réfutées, jusqu'à ce qu'au final presque tout le soit. Cette façon de garder l'action assez faible tout au long de l'histoire avant de finalement éclater d'un coup de tonnerre, à la manière d'un orage qui gronde, est à la fois frustrante et parfaite pour ceux qui aiment collectionner les bouts d'hypothèses et les assembler en tentant de deviner la fin avant l'heure. Ou ceux qui comme moi, se contentent de lire et de s'exciter au moindre indice - et prévoient au moins deux heures de libre pour se lire la fin d'une traite, incapables de s'arracher du tourbillon de l'histoire.

Si j'avais adoré les deux premiers tomes de la trilogie Mistborn, je crois que cette histoire est encore meilleure parce qu'il a su la condenser en un seul livre sans pour autant lui donner une impression bâclée. S'il n'y avait qu'un seul livre à choisir aujourd'hui, je pense que je prendrais celui-là ; avoir envie de le relire cinq minutes après l'avoir fini, c'est pratiquement un miracle !

Ma note : 10/10 (quelle surprise)

Ce livre est disponible en version e-book gratuite sur le site de l'auteur, profitez-en !

Allez lire les avis de mes co-lecteurs, Nathalie, Belgarion et Louppatient, qui vont avoir du boulot pour se montrer plus enthousiaste que moi...


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Lilyn Kirjahylly Copyright © 2011, by The Scary Cupcake & Mr Pink Eyes
All images © the incredible Shaun Tan