lundi 30 août 2010

The Lost Thing,
de Shaun Tan

Reçu le lundi 30 août 2010, 6 reviews
Résumé :
The Lost Thing est une histoire amusante à propos d'un garçon qui découvre une créature étrange alors qu'il ramasse des capsules de bouteilles à la plage. Ayant deviné qu'elle est perdue, il essaye de trouver à qui elle appartient ou d'où elle vient, mais sa quête est entravée par l'indifférence de tout le monde, qui remarque à peine sa présence. Personne n'est d'aucun secours à sa façon ; les étranger, les amis, les parents refusent tous de s'occuper de cette interruption dans leur quotidien. En dépit de la logique, le garçon se sent désolé pour cette créature sans défense, et décide de trouver l'endroit auquel elle appartient.

Mon avis :
Après le coup de coeur de The Red Tree, je n'ai pas perdu de vue les magnifiques albums de Shaun Tan que je suis impatiente de tous terminer. Et puisque Lelf m'a fait l'immense plaisir de m'en offrir un, je n'ai pas pu résister à le mettre en tête de file et à le dévorer à la première occasion venue, comme un fondant au chocolat qu'on engloutit pour ne pas perdre une miette du cœur liquide. Et encore une fois, la magie a opéré, avec humour pour changer, lors de ces 15 pages de bonheur.

Le narrateur (Shaun ?) nous raconte qu'il connaît plein de formidables histoires, mais qu'à défaut de s'en souvenir, il va nous raconter celle de la chose perdue (the lost thing) qu'il a trouvé un jour sur une plage, alors qu'il cherchait des specimens pour compléter sa collection de capsules de bouteilles. Une énorme chose toute rouge, avec de grandes pattes et un petit couvercle piquant, que personne ne semble voir, et à qui il va chercher une place bien à elle.

Ce que j'aime le plus dans ces albums, c'est le nombre de sens possibles que l'on peut donner à l'histoire. A première vue, ce n'est qu'un petit conte sur cette chose perdue qu'un jeune homme trouve, et dont il va tenter de retrouver la maison. Ou alors, c'est un ami imaginaire, dont il essaye de se détacher pour atteindre l'âge adulte. Ou encore, c'est probablement une métaphore sur la société d'aujourd'hui, où plus personne ne fait attention à rien, et où même les choses les plus voyantes ne suffisent plus à sortir la population de son nombrilisme.

J'avoue pencher pour la dernière version, connaissant le penchant de Shaun Tan pour la critique (je suis même sûre qu'il explique tout ça sur son site web, si vous en voulez la preuve). On sent qu'il attache de l'importance à l'âme d'enfant qui permet encore de se soucier de ce genre de trucs, de dessiner des grosses marmites rouges qui se nourrissent de décorations de noël, et de se sentir touché par une chose perdue que tout le monde ignore.

Les dessins sont moins poétiques que ceux de The Red Tree mais beaucoup plus ludiques. On y suit les pérégrinations de la chose perdue, regarde les nuages de fumée amusant qu'elle produit, cherche les mystérieuses petites flèches, le tout sur un fond de pages de manuels de thermodynamique appliquée truffées de petits mots cachés. Un "où est Charlie" version acryliques et capsules de bouteilles ; une petite œuvre d'art.

Petite anecdote, j'adoooore les faux tampons des ministères cochons, avec leur petite phrase idiote en latin - c'est le genre de détail qui me fait craquer, pas vous ?

J'ai vraiment besoin de vous dire que c'est aussi un coup de cœur ?

Ma note : 9,5/10 (parce qu'un peu plus long ça aurait été parfait)


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jeudi 26 août 2010

Le Maître des Ombres, de Roger Zelazny

Reçu le jeudi 26 août 2010, 5 reviews
Résumé :
"Je suis Le Maître des Ombres ! Seigneur du Bastion de l'Ombre ! Je suis Jack le voleur qui marche en silence et dans l'ombre ! J'ai été décapité à Iglès et j'ai ressurgi des Fosses à Immondices de Glyve. J'ai bu le sang d'un vampire et dévoré une roche. Je suis celui qui a rompu le Traité. Celui qui a inscrit un faux nom sur le livre d'Ells. Je suis le prisonnier du joyau. J'ai dupé le Seigneur du Fort-Colère et je retournerai me venger de lui. Je suis l'ennemi de mes ennemis." Une Terre figée où existent une Face Diurne, celle de la technologie, une Frange Crépusculaire et une Face Nocturne, celle de l'Art Occulte. C'est dans ce décor de science-fantasy que le père des Neuf Pinces d'Ambre fait évoluer Jack, une créature prête à tout pour se venger de celui qui lui a volé la femme qu'il aimait, la belle Evène.

Mon avis :
Depuis le temps que j'ai envie de lire du Zelazny, c'était définitivement l'occasion de se lancer ! Le choix a été difficile parmi ses livres - je n'ai pas pris le cycle des Princes d'Ambre pour me donner le temps de voir si le style de l'auteur me convainc - et j'ai finalement craqué pour celui-ci, à cause de son résumé alléchant. Regrets : 0. Entre l'auteur et moi, c'est le début d'une grande histoire !

L'histoire est celle de Jack (comme le Jack de Nobody Owens ou la figure de jeu de cartes), maître des Ombres, de la population des Nocturnes. Affublé de différents charmants surnoms, comme Jack le menteur ou Jack le mauvais, il n'est pas exactement aimé de la face Nocturne, ce qu'il lui rend heureusement bien. Dès le début, Jack se fait décapiter pour présomption de culpabilité de vouloir voler la Flamme d'Enfer, le trophée d'un tournoi. Il se retrouve alors dans les Fosses à Immondices de Glyve, comme à chaque fois où il perd une de ses vies, et va entreprendre le chemin retour pour se venger de ses bourreaux et récupérer sa promise, Évène. Enfin, c'était sans compter sur le Seigneur des Chauve-Souris, qui profite de l'occasion pour lui voler sa liberté, mais pas seulement...

Ce que j'attends d'un livre de SF, généralement, c'est d'être assez fluide pour se lire sans voir passer les pages. Mission réussie pour ce roman, court et intense, où rien de superficiel ou de longuet ne vient gâcher l'expérience. Zelazny nous emmène dans ce monde bizarre, mi-ombre mi-lumière, mi-science mi-magie, peuplé de sorciers, d'hybrides et de gens comme vous et moi, qui ne se mélangent pas plus qu'ils ne s'apprécient. L'action est rapide, parfois un peu trop lors des grandes ellipses temporelles, mais on ne perd pas le fil et la fin apporte une conclusion logique (bien qu'un peu kitsch, un classique de la SF il semblerait) à ce périple plein de rebondissements.

Les personnages sont tous assez délirants, Jack le premier avec son côté à la fois très machiavélique et égoïste, et parfois aussi étrangement humain. Les méchants sont délectables, tout particulièrement le Seigneur des Chauves-Souris, et malgré ses airs de potiche, Évène ne vient tout de même pas trop gâcher l'ambiance.

L'auteur profite de cette aventure pour nous offrir une réflexion sur l'âme humaine et son "utilité", ainsi qu'une farfelue explication astronomique que je garde pour moi afin de préserver le suspense. Pas de vraies remarques de scientifique barbare, juste du simple, précis et abordable par tous, parfait pour les amateurs comme pour les autres qui souhaitent découvrir le genre. Et en plus, ça se lit tout seul ! Allez-y, je vous dit !

Ma note : 8,5/10

Prochain arrêt dans l’œuvre de Zelazny avec Le Troqueur d'Âmes, en collaboration avec Alfred Bester. Vivement !


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dimanche 22 août 2010

Les Chroniques de Nightshade, de Stan Nicholls
Posté par Mr Muffin

Reçu le dimanche 22 août 2010, 2 reviews
Résumé :
Quand on est roi, la démence est une faute impardonnable. Pour avoir gracié et condamné à l'exil Avoch Dar alors qu'il l'avait en son pouvoir, le roi Eldrick doit l'affronter de nouveau. Mais cette fois le sorcier s'est allié aux forces infernales... Seul le champion Nightshade, qui s'est retiré de la compagnie des hommes, peut s'opposer à lui. Justement, le guerrier téméraire est déjà lancé dans une quête personnelle : il est à la recherche d'un livre magique, Le. Grimoire des Ombres, qui renfermerait le pouvoir de vaincre le sorcier. Dès lors une lutte acharnée s'engage : face à face, un démon indestructible et le meilleur des combattants. Lequel réussira à faire pencher la balance en sa faveur ?

Mon avis :
Ah, l'heroic fantasy ! Un style dans lequel j'évite en général de me plonger car je trouve qu'il tombe trop facilement dans d'innombrables clichés : la carte au début du livre, les lieux aux noms imprononçables, les elfes qui courent dans les bois, les héros aux noms à sonorités nordiques. Étonnamment, les Chroniques de Nightshade ne présente aucuns de ceux que j'ai précédemment cités, même si l'histoire du vilain sorcier contre le valeureux chevalier est loin d'être le pitch le plus original au monde. Je suis néanmoins arrivé au bout de l'histoire sans trop de peine, même si je suis loin d'inscrire Nightshade dans ma liste de livres favoris.

Les Chroniques de Nightshade sont à l'origine une trilogie, regroupée ici en un seul tome par les éditions Bragelonne. On y suit l'histoire de Dalveen Leandor, champion du roi de Delgarvo et de Avoch-Dar, sorcier maléfique ayant été banni du royaume pour cause de magie noire. Le livre débute par un prélude expliquant comment Avoch-Dar se servit de ses pouvoirs pour tenter de lever une armée de zombies pour renverser Delgarvo. S'en suit une bataille féroce où Leandor (plus connu sous le pseudonyme de Nightshade) déploie ses talents pour repousser le sorcier. Ce dernier se replie pour sa forteresse de Vaynor, laissant notre héros manchot. Sans être particulièrement ennuyeux, ce prélude m'a fait craindre le pire sur le style de l'auteur. Pour être franc, c'est peut-être la traduction française qui laisse cette impression-là. Déjà, pourquoi ne pas avoir traduit le nom de Nightshade ? Avoir un mot anglais au milieu de phrase française dans un style assez soutenu est assez dérangeant et fait même tomber quelques passages à plat :

Tycho avisa quelque chose qui dépassait de l'un d'eux et fit signe aux autre de venir voir.
- L'un d'entre vous connaît-il cette plante ? interrogea-t-il.
La tige fine portait des fleurs pourpres en forme de clochettes, dont chacune abritait une grappe de minuscules baies noires.
- Moi, répondit Shani. Dans mon pays, on l'appelait "dwale".
- Ou belladone, ajouta Meath. Ses baies sont empoisonnées.
- Précisément, confirma Tycho. Je ne doute pas que Dalveen soit familier avec son nom courant : l'ombre de la nuit.
- C'est exact, acquiesça pensivement Leandor. Elle apparaît même sur le blason qu'Eldrick a fait faire pour moi.

Finalement, même s'il présente de sérieuses lacunes, le reste du livre est de meilleure qualité que le prélude. Il se laisse même lire assez facilement. Stan Nicholls nous offre de l'action quasiment non-stop, les héros passant d'une aventure à une autre sans aucun répit entre chaque périple. Un autre point positif est que les protagonistes ne sont pas trop nombreux et on ne se perd pas dans les noms (l'un des autres trucs qui me révulsent en général dans les histoires d'heroic fantasy) et l'histoire est très simple à suivre. L'idée d'employer un héros manchot est aussi assez inhabituelle.

Néanmoins, il y a beaucoup trop de choses qui m'ont gêné. Le manque d'originalité notamment : la structure de l'histoire n'est que du déjà-vu. C'est d'autant plus flagrant lorsqu'on examine le premier livre ; en gros, Nightshade part accomplir sa quête, rencontre un allié, arrive dans un endroit qui semble sûr, doit finalement affronter une épreuve, combat, gagne un nouvel allié, arrive dans un endroit qui semble sûr (répétez la boucle 3 ou 4 fois). Il faut bien sûr ajouter sur la fin quelques combats un peu plus difficiles quand il s'agit d'obtenir des objets-clés ou de combattre Avoch-Dar et ses troupes, mais vraiment, l'histoire contient peu de rebondissements inattendus. Les combats sont quand à eux assez répétitifs, une fois qu'on en a quelques uns, on a compris comment tous ceux qui vont suivre vont se dérouler. Lorsque plusieurs personnes livrent des duels en même temps, la victoire de l'un d'eux est toujours suivie par la victoire des autres.

Mais le plus frustrant de tout ça reste les raccourcis pris par l'auteur et les nombreuses questions auxquelles il ne répond pas. La fin de la trilogie, particulièrement le combat final, est tout simplement ridicule. Pire qu'un Disney, et de loin. Ensuite, il y a de nombreux points d'ombre : d'où vient le surnom Nightshade ? Quelle est cette brume rouge qui recouvre le regard de Nightshade lors de certains combats ? Lorsqu'on ajoute à ça quelques personnages qui semblent prometteurs et qui finalement ne servent strictement à rien (oui, Bethan, princesse éplorée et potiche, je parle de toi), on a vraiment l'impression à partir du milieu du 2e livre de la trilogie que Nicholls en avait juste marre d'écrire cette histoire et qu'il voulait s'en débarrasser au plus vite. Sans vouloir trop spoiler, l'auteur a même tenté d'y insérer un peu de SF... pour finalement laisser tomber l'idée.

En résumé, un livre qui se laisse lire, mais qui souffre de trop d'imperfections pour être bon.

Ma note : 5/10


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jeudi 19 août 2010

L'apprenti sorcier,
de Jon Turteltaub

Reçu le jeudi 19 août 2010, 5 reviews
Synopsis :
Balthazar Blake est un grand sorcier vivant de nos jours à Manhattan. Il tente de défendre la ville contre son ennemi juré, Maxim Horvath. Balthazar ne pouvant y arriver seul, il engage alors - un peu malgré lui - Dave Stutler, un garçon apparemment ordinaire qui a pourtant un vrai potentiel, pour devenir son apprenti. Le sorcier donne à son apprenti réticent un cours express sur l’art et la science de la magie, et ensemble, ces deux associés improbables vont tenter de stopper les forces des ténèbres. Il faudra à Dave tout son courage, et même davantage, pour survivre à sa formation, sauver la ville et embrasser la fille qu’il aime…

Mon avis :
Le synopsis vous paraît kitsch ? Vous n'avez encore rien vu ! Je ne m'attendais sûrement pas à un chef d'œuvre en allant voir ce film, mais là, je dois dire que je m'en serais bien passée. En général, les films de ce genre ont forcément une romance sous-jacente qu'il faut supporter, eh bien ici il y en a même deux, et au bout d'un moment... trop de niaiserie tue l'action, j'en ai bien peur.

Le scénario, aussi bête et méchant qu'il soit, aurait potentiellement pu tenir la route : une affaire de jalousie, des sorciers emprisonnés dans des poupées russes, un jeune élu que Balthazar rencontre par hasard après des siècles de recherches et qui devient un nerd de physique, prêt à sortir de son quotidien relativement minable pour sauver le monde. Pourquoi pas ? Eh bien, parce que plutôt que de réviser ses boules de feu, le petit nerd préfère tout faire pour séduire la belle blonde qu'il aime depuis toujours, et plutôt que de l'engueuler, Balthazar joue les attendris car il cherche lui aussi à retrouver la femme qu'il aime... génial !

Sur deux heures de film, en condensant les parties intéressantes, on tient à peine une heure avec de l'action. Et encore, quand il y a de l'action, elle est tellement prévisible que ça en devient lassant. Le "boss de fin", qu'on attend avec pas mal d'impatience après tout ce désastre, est battu en trois minutes montre en main, sans une égratignure, et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes - est-ce vraiment vous spoiler que de dire que le geek finit avec la fille ? Si vous n'aviez pas encore deviné (c'est Disney tout de même), alors ce film risque probablement de vous plaire.

Les effets spéciaux sont sympas mais probablement sous-exploités. Côté acteurs, Nicolas Cage remplit son contrat : sans trop se fouler, il offre une performance digne du film, pas exceptionnelle sans non plus être déplorable. Jay Baruchel (le geek) joue bien son rôle, mais malheureusement il ne sait rien fait d'autre, et devient vite lassant sur le long terme. Les méchants sont des têtes à claques, la blonde fait figuration et Monica Bellucci a pris de sérieuses rides...

Eh bien, je crois que tout est dit. Un dimanche après-midi pluvieux où les enfants sont intenables et où rien d'autre ne passe au cinéma que ce film, allez le voir, mais personnellement, je choisirais plutôt un livre et des bouchons à oreilles si c'était à refaire !

Ma note : 3/10



Titre original : The Sorcerer's Apprentice
Long-métrage américain
Genre : fantastique , drame
Durée : 01h45min
Année de production : 2010
Distributeur : Walt Disney Studios Motion Pictures France
Date de sortie en France : 11 août 2010

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lundi 16 août 2010

Le rêve de la forêt profonde, de Malcolm Bosse

Reçu le lundi 16 août 2010, 2 reviews
Résumé :
Lorsque Bayang fait ce rêve étrange d'un Grand Poisson qui l'avale et lui permet de voir le monde par ses yeux, " un monde si grand qu'on n'en distingue pas les limites ", il comprend qu'il est promis à une haute destinée et qu'il lui faut accomplir son rêve. Bayang est un Iban de Bornéo et les Ibans croient aux songes plus qu'en toute autre chose : ce sont eux qui guident leur vie. Celui qu'a fait Bayang lui a dit de suivre le canard qui vole et ce canard ne peut être que Tambong, une jeune fille de son âge, que tout le monde surnomme Pied-de-Canard à cause de la fine peau qui s'est formée entre ses orteils et qui leur donne un aspect palmé. Bayang et Pied-de-Canard s'enfoncent dans la jungle - qu'habitent de redoutables et sanguinaires coupeurs de têtes, les Kayans -, à l'affût de tous les signes, de tous les présages magiques et de tous les rêves, qui pourraient les mettre sur la piste du Grand Poisson…

Mon avis :
Lorsque j'étais enfant, la lecture des 79 carrés et de Ganesh (du même auteur) m'avaient fait une grande impression, et après avoir trouvé cet autre livre sur priceminister j'étais impatiente de voir si je retrouvais la même atmosphère dans cette histoire. Bosse fait partie de ces auteurs jeunesse qui ne se contentent pas de raconter une histoire et prennent le temps de faire découvrir le monde, sa poésie et ses subtilités, que l'on retrouvent ici encore dans ce roman hors du temps.

L'histoire commence de chaque côté de Bornéo : le premier, dans la jungle, est le territoire des Ibans, où le fils du chef a fait un rêve qui le pousse à partir à l'aventure - car les rêves sont sacrés pour cette tribu, véritables menaces de morts si on ne suit pas leur volonté. De l'autre, Harry, un jeune orphelin anglais qui vient d'arriver à Bornéo pour passer l'été sous la coupe de son oncle, qui va l'emmener explorer les curiosités de l'île.

L'histoire a tout d'un livre de géographie, traitant de la faune et de la flore aussi bien que d'anthropologie et de sociologie, tout en suivant le fil d'une aventure qui permet de rester attentif d'un bout à l'autre. La quête initiatique des personnages - celle de Harry qui découvre un autre monde et une autre culture, et celle des Ibans qui découvrent en échange le monde européen - est classique mais efficace, parfaite pour faire rêver les plus jeunes et les faire s'identifier aux protagonistes adolescents.

Le style est soutenu, sans être compliqué ou barbant, mais il utilise un vocabulaire riche qui permet de faire découvrir de nouveaux mots - et pas qu'aux plus jeunes, j'ai aussi appris quelques trucs ! Quelques longueurs lors du périple des jeunes Ibans et Harry sont à noter, et le suspense est vite déjoué sur la fin, mais tout est là pour en faire un bon roman d'aventure et de découverte.

Bien que l'émerveillement que j'ai ressenti en lisant les deux autres livres de l'auteur dans ma jeunesse soit un peu passé, je ne doute pas qu'il m'aurait procuré le même sentiment à l'époque, et je ne peux que le recommander à tous les lecteurs en herbe qui veulent se changer les idées et prendre des vacances sous le soleil du Pacifique !

Ma note : 7,5/10


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mercredi 4 août 2010

Le Trône de Fer, de George R.R. Martin

Reçu le mercredi 4 août 2010, 11 reviews
Résumé :
Après avoir tué le monarque dément Aerys II Targaryen, Robert Baratheon est devenu le nouveau souverain du royaume des Sept Couronnes. Tandis qu'en son domaine de Winterfell, son fidèle ami le Duc Eddard Stark rend paisiblement la justice. Mais un jour, le roi Robert lui rend visite, porteur de sombres nouvelles : le trône est en péril. Stark, qui s'est toujours tenu éloigné des affaires du pouvoir, doit alors abandonner les terres du Nord pour rejoindre la cour et ses intrigues. L'heure est grave, d'autant qu'au-delà du mur qui protège le royaume depuis des siècles, d'étranges créatures rôdent...

Mon avis :
J'ai rarement mis aussi longtemps à terminer un livre, et rarement avec si peu de gaieté de cœur. Pourtant, contrairement à d'habitude, je ne peux pas me contenter de dire qu'il était mauvais. Car l'auteur a un indéniable talent, et tous les ingrédients sont là pour faire un excellent ouvrage de fantasy, mais la patience qu'il requiert est sans doute au-delà de mes piètres limites. Si vous avez envie d'une bonne saga de fantasy classique et que vous avez beaucoup d'heures devant vous, ce livre est sûrement fait pour vous.

L'histoire se construit autour du point de vue de plusieurs personnages, la plupart membres de la famille Stark, ainsi que Tyrion Lannister, un gars du camp d'en face pour faire simple, et Daenerys, membre en exil de l'ancienne famille royale. Après la mort de son principal conseiller (the Hand), le roi Robert Baratheon demande à son ancien ami Eddard Stark de devenir son second, ce que le duc du Nord accepte à contrecœur. Pendant qu'il découvre que son ancien ami n'est plus celui qu'il était et que le royaume est en péril, sa femme Cathelyn part à la recherche de celui ayant tenté d'assassiner un de leurs fils, précédemment poussé du haut d'une tour (ce qui l'a laissé paralysé), alors que le bâtard d'Eddard part rejoindre la Night Watch, les gardiens du mur du Nord, où d'étrange morts-vivants sont entrain d'essayer de pénétrer dans le royaume.

Ça vous paraît compliqué ? Et pourtant, vous n'avez rien vu. D'un bout à l'autre, tout n'est que complots, trahisons, supercheries, alliances, batailles, mystères, meurtres, trafics et autres réjouissances en tout genre que je vous laisse imaginer. Si d'un côté, tout est là pour apporter de la richesse à cette histoire de fantasy, de l'autre, j'ai l'impression que tout cela est de trop. Trop de personnages, trop de batailles, trop d'informations... et ce n'est que le premier tome d'une longue série ! Autant dire qu'une irréprochable concentration va être nécessaire pour en venir à bout.

Concernant le style, l'histoire est très bien écrite, mais la profusion de descriptions rend régulièrement la progression pénible. Les quatre cents premières pages (seulement la moitié) sont d'une interminable lenteur, relatant tous les détails de chaque personnage, chaque lieu et chaque rencontre, à n'en plus pouvoir. Si je peux tout à fait comprendre qu'il est nécessaire de mettre en place cette longue saga, je ne pense pas que détailler sur trois pages le repas du midi ou la tenue de madame le soit ; quant aux listes de noms dont l'auteur nous gratifie à chaque arrivée d'un groupe important, j'ai fini par ne plus les lire sans même m'en rendre compte.

Mais malgré tout ce que je viens de dire (qui sonne très négatif, je le conçois), je pense que s'il n'y avait que ça, ça aurait été. Non, ce qui m'a réellement posé problème, ce sont les personnages. Dans son souci d'exhaustivité, l'auteur a choisi d'alterner très fréquemment les points de vue de chacun, passant régulièrement d'une partie à l'autre du monde en s'arrêtant juste où il faut pour maintenir le suspense. Sauf qu'au final, aucun personnage n'est attachant, certains sont même carrément pénibles, et je n'ai pas pu retenir un soupir de déception et un "encore lui/elle ?" en arrivant à certains chapitres.
Jon Snow, le bâtard de Stark qui lutte contre les forces surnaturelles, est celui que je préfère et qu'on voit évidemment le moins. Tyrion Lannister m'a plusieurs fois fait rire avec son humour piquant, habitué à ce qu'on se moque de lui car il est nain et pas en reste quand il s'agit de donner un avis qui ne fera pas plaisir. Quant aux autres, bien qu'intéressants, ils m'ont paru un peu fades sur la longueur.
J'avais adoré dans la saga de Robin Hobb suivre le héros d'un bout un l'autre et partager ses sentiments, sa vision du monde, ses erreurs ; ici, tout est froid et distant, et c'est bien dommage.

Et parce que je suis bien partie, dans la série des choses qui me gênent, voir les personnages agir comme des adultes alors qu'ils ont dix ans et des broutilles ne m'emballe vraiment pas. Je sais que "l'époque" veut ça, que beaucoup de rois le sont devenus dans leur enfance, mais de là à nous relater la fécondation d'une enfant de 13 ans par un vieux barbare, il n'y a pas une limite ? Bref, mon esprit trop contemporain n'a pas pu ignorer ce détail, malheureusement. D'autant plus que l'ambiance générale est glauque, sombre, pessimiste, et que si on a envie de deviner la suite, il suffit d'imaginer le pire scénario et voila, c'est gagné. Un hymne à la bonne humeur !

Si vous vous demandez, non, je n'ai pas jeté le livre au feu, je considère même l'éventualité de lire la suite. Parce que malgré tout, il y a de bonnes choses, que le suspense est bien mis en place et qu'on a envie de savoir ce qui s'est passé, même si je ne suis pas sûre de me souvenir de tout. J'espère juste que l'auteur ne nous infligera pas encore une fois un début à rallonge, et si j'en entends un me dire patience : désolé, j'ai écoulé les stocks !

Ma note : 6/10

J'ai lu ce livre grâce à une lecture commune (que j'ai faillie abandonner, honte sur moi) avec Poulp, Evertkhorus, Erell, Lexounet, Iani, Séverine et Louisemiches. J'espère que leurs avis vous donneront plus envie que le mien !


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lundi 2 août 2010

Inception,
de Christopher Nolan

Reçu le lundi 2 août 2010, 8 reviews
Synopsis :
Dom Cobb est un voleur expérimenté – le meilleur qui soit dans l’art périlleux de l’extraction : sa spécialité consiste à s’approprier les secrets les plus précieux d’un individu, enfouis au plus profond de son subconscient, pendant qu’il rêve et que son esprit est particulièrement vulnérable. Très recherché pour ses talents dans l’univers trouble de l’espionnage industriel, Cobb est aussi devenu un fugitif traqué dans le monde entier qui a perdu tout ce qui lui est cher. Mais une ultime mission pourrait lui permettre de retrouver sa vie d’avant – à condition qu’il puisse accomplir l’impossible : l’inception.

Mon avis :
J'ai volontairement coupé une partie du résumé pour ne pas trop en dire sur l'histoire. Je suis allée voir ce film sans chercher la moindre information dessus ni trop réfléchir aux bandes annonces, et la surprise ne l'a rendu qu'encore meilleur. Difficile d'exprimer tout ce que j'ai ressenti à la sortie de cette séance mais je pense que ce n'est pas exagéré d'utiliser le mot chef d’œuvre pour le qualifier. Vous allez en prendre plein les yeux !

Dire que je meurs d'envie de vous raconter l'histoire est faible, mais ce serait vraiment dommage. Sachez simplement que ce film est classé en science-fiction mais qu'on y croit jusqu'au bout, que tout semble incroyablement réel et qu'on ne peut détacher ses yeux de l'écran pendant une seconde. Je suis passée de cramponnée à l'accoudoir, à surexcitée, à impatiente, pour finalement me retenir de crier de frustration (ce qu'à fait une partie de la salle, prise par l'ambiance) à la dernière image.

Les acteurs sont définitivement les joyaux de ce long métrage, tous meilleurs les uns que les autres, et bien que DiCaprio ait la vedette (qu'il mérite amplement) personne n'est en reste. Je commence par mon petit coup de cœur, Arthur (Joseph Gordon-Levitt, le gamin de Troisième planète après le soleil), qui joue son rôle (que je suis dans l'impossibilité de vous décrire) à la perfection, puis Eames (Tom Hardy, qui joue Bronson - impossible à reconnaître), le beau gosse qui se la joue cool et malin, la petite Ariane (Ellen Page, miss Juno) qui a bien la tête sur les épaules malgré son air de jeunette et enfin Dom/DiCaprio, docteur ès Inception, à qui les rôles complexes et torturés vont merveilleusement bien. Surtout qu'en plus de la "fine équipe", les autres personnages (Fisher, Saito...) sont de la même qualité, et même notre petite française Marion Cotillard ne nous fait pas honte !

Nolan aime les films compliqués, et Inception ne fait exception à la règle ; pourtant, pas d'impression d'avoir loupé un truc avec celui-ci, pas de cerveau embrouillé ni d'incohérences inexplicables. Tout est logique, ordonné, précis, et on se laisse porter par les images sans douter une seconde de ce qu'il veut nous faire croire. Le suspense est omniprésent et dans le dernier tiers du film, on a l'impression d'être crispé non-stop, se retenant tout juste de crier "allez !!" lors des moments les plus palpitants.

Et on en ressort avec un immense sourire, la bougeotte et l'envie d'en parler à tout le monde, surtout de la fin, sur laquelle des théories plus farfelues les unes que les autres sont développées sur la toile. Un moment exceptionnel à ne pas rater, en somme.
Comment ça, vous ne l'avez pas encore vu ?!

Ma note : 10/10 (c'est pas souvent mais ça le vaut bien !)



Long-métrage américain, britannique
Genre : Science fiction , Thriller
Durée : 02h28min
Année de production : 2010
Distributeur : Warner Bros. France
Date de sortie en France : 21 juillet 2010

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Lilyn Kirjahylly Copyright © 2011, by The Scary Cupcake & Mr Pink Eyes
All images © the incredible Shaun Tan