dimanche 30 mai 2010

La cité perdue de Z,
de David Grann

Reçu le dimanche 30 mai 2010, 12 reviews
Ce livre a été lu dans le cadre d’un partenariat entre et
que je remercie tous les deux pour cette fascinante découverte.


Résumé :
Considéré comme le dernier des grands explorateurs victoriens, Percy Fawcett était de ceux qui s’aventuraient dans des contrées du monde inconnues avec pour seul équipement une machette, une boussole et une ferveur quasi mystique. Passionné de découvertes, ce colonel âgé de cinquante-huit ans avait accompli de nombreuses missions à risque lorsqu'il engagea en 1925 une expédition au cœur de l'Amazonie sur les traces d'une cité perdue. Accompagné de son fils Jack et d’un ami, le colonel s’enfonce dans la forêt. Mais bientôt, l’expédition ne donne plus aucun signe de vie, laissant en suspens le mystère de la cité perdue.
Pendant les soixante-dix années qui ont suivi, des dizaines d’aventuriers sont partis à la recherche de Fawcett et du chemin qu’il avait emprunté. Sans succès. Fasciné par cette histoire, David Grann, journaliste au New Yorker, décide en 2004 de livrer un éclairage critique et définitif : il se lance dans son propre voyage, sa propre quête au fond de la forêt amazonienne, sur les traces de Percy Fawcett. S’agit-il de clore le mystère de la disparition de Fawcett ou de confirmer l’existence de Z, la civilisation mythique qui lui a coûté la vie ?

Mon avis :
Pour une fois, je ne me suis pas jetée sur ce partenariat. Le thème me faisait envie, l'idée du roman d'explorateur aussi, mais je le craignais long, plein de références historiques et peut-être, à la longue, pénible à terminer. Quelle erreur j'aurais commise de ne pas le choisir ! Les références historiques sont là, et certains passages sont un peu longs, mais l'auteur/journaliste raconte cette aventure avec assez de talent pour la rendre captivante. Un incontournable pour les curieux et les amoureux de l'Amérique du Sud !

L'histoire est découpée en deux parties, la première centrée autour de la vie d'explorateur Percy Harrison Fawcett (P.H.F ou Fawcett pour les intimes), ses débuts en Amérique du Sud, le succès de ses explorations, le passage de la guerre et jusqu'à sa dernière expédition en compagnie de son fils et d'un ami de celui-ci pour découvrir la cité perdue de Z. De l'autre côté, l'auteur nous parle de son propre périple, de ses recherches sur Fawcett puis de son envie de mettre les pieds sur le terrain et voir par lui même ce qu'il y avait de si fascinant à cet endroit qui obsédait Fawcett ; et qui sait, peut-être découvrir lui-même la fameuse cité perdue ?

Les parties sur Fawcett sont à la fois les plus passionnantes et parfois aussi les plus longues. L'explorateur était à la fois un homme grandiose, à la constitution extraordinaire qui lui permettrait de survivre dans l'enfer vert là où tous ses compagnons mourraient de maladie et de faim. Mais il était également un homme égoïste, égocentrique, complètement obnubilé par la jungle amazonienne et qui ne montrait aucun égard pour sa famille ou ses compagnons d'expéditions. Sans pitié, il ne pensait qu'à découvrir de nouvelles choses et à lancer de nouvelles expéditions, et il est parfois difficile de compatir pour lui alors qu'il se comporte ainsi. Point positif, son respect pour les indigènes est tout de même assez remarquable pour l'époque.


Du côté de l'auteur, on sent au fil de ses recherches que tous ceux partis sur les traces de Fawcett passent pour des fous obsessionnels (beaucoup d'expéditions parties à sa recherche ne reviendront jamais) et qu'il cherche à s'éloigner de cette image autant que possible. Après un début un peu long, il décide finalement de partir dans la jungle avec Paolo, son guide, pour suivre les traces de Fawcett et voir ce qui lui est arrivé, incapable en vérité de réfréner sa curiosité à son égard.

Les passages qui se déroulent dans la jungle sont fascinants : d'un côté, "l'enfer vert" comme ils l'appellent semble incroyable, regorgeant de créatures étranges dont on a de riches descriptions (des serpents mortels, des fourmis carnivores, des araignées grosses comme des moineaux...) et de végétation si dense qu'ils ne parcourent parfois qu'une centaine de mètres par jour pour se frayer un chemin. Les toutes aussi nombreuses descriptions des maladies qui les terrassent (comme les asticots qui vivent sous la peau et grouillent autour des articulations) sont franchement dérangeantes mais on finit par s'y habituer. Pas beaucoup de romance dans cette histoire mais la dure réalité de la vie dans la jungle où les bêtes comme les hommes meurent plus vite que l'éclair, où les tensions et conflits sont nombreux et qui pourtant, inexplicablement, donne envie.

Les références de bas de page sont un peu gênantes au début, bien qu'elles montrent que l'auteur s'est sérieusement documenté, et j'ai fini par les ignorer pour ne pas être interrompue dans ma lecture. Le passage où Fawcett dirige des troupes lors de la première guerre mondiale est un des seuls qui m'a un peu ennuyée, mais à part celui-ci le reste de l'aventure est incroyable. Passé la moitié, je n'ai pas pu lâcher le livre et ai lu la fin d'une traite, stupéfaite par la révélation finale !
Un livre qui change des romans habituels, rafraîchissant, un peu dégoûtant, qui fera sans doute écho au côté aventurier de chacun - à lire sans hésiter.

Ma note : 9/10

D'autres chroniques sont disponibles sur la page du livre dans Bibliomania. Et pour les fans, Brad Pitt a prévu d'en faire un film (dont il sera le héros), je serais curieuse de voir le résultat !


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dimanche 23 mai 2010

Tout est sous contrôle, de Hugh Laurie

Reçu le dimanche 23 mai 2010, 13 reviews
Résumé :
Thomas Lang est un ancien militaire d'élite qui, hormis sa Kawasaki ZZR1100, n'a pas grand chose à perdre. Aussi, lorsqu'on lui propose 100 000 dollars pour tuer Mr. Woolf, un riche homme d'affaire londonien, Thomas ne se contente pas de refuser poliment, mais pousse l'indécence jusqu'à essayer de prévenir la future victime du complot qui se trame contre lui. Une bonne intention ? L'enfer en est pavé.

Mon avis :
Je cherche un qualificatif qui correspond à ce livre, et après moult réflexion, je pense que je vais pencher pour désastre. Admettons-le, ce livre est un désastre. Je ne l'ai pas lu de gaieté de cœur, et fini avec un soupir de soulagement, même s'il n'est probablement pas le pire livre de la planète. C'est juste une sorte de policier, écrit avec un humour aussi lourd que celui que vous fait subir l'idiot du bureau d'à côté en vous rabâchant toujours les mêmes vannes. Il y en a qui aiment ; moi, pas tellement.

L'histoire commence alors que Thomas Lang, l'idiot à travers qui on suit cette histoire, se trouve chez Woolf, un type qu'on lui a demandé de tuer, pour le prévenir qu'on essaye de le tuer. A partir de là, difficile de vous dire quoi que ce soit. Il y aura une histoire de complot gouvernemental, de terroristes, de jolies filles, de types en imperméable et de Hollandais qui vont skier dans les Alpes. Bref, tout, et n'importe quoi. Surtout n'importe quoi, en fait.

Je pense que s'il fallait juger purement l'histoire, ce n'est pas si mauvais. On passe d'une affaire de tueur à gages à un complot gouvernemental, qui s'étend dans plusieurs pays et passe par une infiltration d'organisation pseudo-terroriste... bref, si on aime le genre, je dis pourquoi pas. Pas mal d'éléments sont un peu délirants, et le mec style MacGyver qui se sort de toutes les situations et survit à toutes les blessures est un peu gros, mais disons que ça passe encore.

Là où le bât blesse, c'est au niveau du style. J'ai toujours pensé qu'une histoire moyenne pouvait s'en sortir avec un bon style, eh bien ici c'est l'inverse. L'auteur est un petit marrant, fan de la contre-métaphore et de l'humour potache servi à tord et à travers au fil de l'histoire. La première fois c'est original, la deuxième ça passe, mais quand c'est la même chose toutes les deux pages, ça devient plus que lassant.

Je pense que si je l'avais lu pour le plaisir je n'aurais pas continué, mais je voulais finir dignement la première partie de mon défi. Eh bien, sans dire que les bouquins d'humour ne me plaisent pas, cet humour là ne me fait pas du tout rire ! J'admets tout de même que le ridicule de certaines situations m'a arraché un gloussement, mais pas suffisant pour sauver l'honneur du livre. Une bonne idée de l'emprunter à la bibliothèque celui-là !

Ma note : 3/10

Défi Ces lectures qu'on ne s'imaginerait pas lire... : contrat rempli 1/2


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mercredi 19 mai 2010

Le Choc des Titans,
de Louis Leterrier

Reçu le mercredi 19 mai 2010, 5 reviews
Synopsis :
La dernière bataille pour le pouvoir met en scène des hommes contre des rois et des rois contre des dieux. Mais la guerre entre les dieux eux-mêmes peut détruire le monde. Né d'un dieu mais élevé comme un homme, Persée ne peut sauver sa famille des griffes de Hadès, dieu vengeur du monde des Enfers. N'ayant plus rien à perdre, Persée se porte volontaire pour conduire une mission dangereuse et porter un coup fatal à Hadès avant que celui-ci ne s'empare du pouvoir de Zeus et fasse régner l'enfer sur terre. A la tête d'une troupe de guerriers courageux, Persée entreprend un périlleux voyage dans les profondeurs des mondes interdits. Luttant contre des démons impies et des bêtes redoutables, il ne survivra que s'il accepte son pouvoir en tant que dieu, qu'il défie son destin et crée sa propre destinée.

Mon avis :
Il y a eu un grand moment d'hésitation autour de la question "on va le voir ou pas ?" pour ce film, et finalement, un soir de grande chaleur et d'envie de sushi, on y est allé. Je pensais assister à une autre catastrophe aux vues des critiques mais finalement, ce n'était pas le désastre attendu. Je ne doute pas un instant de l'hérésie mythologique que représente ce film, mais puisque c'est un remake d'un vieux film, je suppose qu'on ne peut pas totalement lui en vouloir.

Les acteurs ne se sont pas trop mal débrouillés, il faut l'avouer. Perseus, mr-la-star-d'Avatar, ne m'a pas vraiment impressionnée ; à vouloir se la jouer à porter les cheveux courts, j'ai trouvé qu'il jurait un peu avec l'ensemble, mais il a fait son boulot tout de même. Io (Gemma Arterton) était nettement plus intéressante à mon goût, son côté froid et calme sur un caractère d'aventurière m'a bien plu et ça fait du bien de voir des femmes jouer de bons rôles où il n'y a pas besoin d'une combinaison en latex pour se faire remarquer... Les deux chasseurs marrants n'ont pas eu assez d'antenne malheureusement, je pense qu'ils avaient du potentiel.
Petit coup de cœur perso pour Eusabios, le mignon petit mec avec les tresses et le flutiau, même si ses amis soldats n'étaient pas mal non plus - il n'y a pas à dire, c'est sympa les mecs en jupette quand même !

Niveau scénario, j'ai envie dire qu'ils ne se sont pas foulés, mais là encore, si c'est un remake... on fait avec ce qu'on a. Les dieux étaient un peu kitsch, le kraken moins cool que celui de Pirates des Caraïbes, mais sinon les décors étaient beaux et les effets spéciaux réussis. La 3D associée à de l'action aussi dense ne rend pas très bien, on a vite le tournis pendant les batailles, mais pour le reste la profondeur était agréable.

Derniers trucs à noter : l'épisode du Styx, visuellement très beau (surtout l'arrivée du bateau), et si vous le pouvez, partez un petit peu avant la fin - vraiment, bien qu'attendue, on s'en passerait plus que bien. En bref, un film sympa, à regarder si on s'ennuie et qu'on veut un peu d'action.

Ma note : 5/10



Titre original : Clash of the Titans
Long-métrage américain
Genre : Fantastique , Aventure , Historique , Action
Durée : 01h58min
Année de production : 2010
Distributeur : Warner Bros. France
Date de sortie en France : 7 avril 2010

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dimanche 16 mai 2010

Lombres, de China Miéville

Reçu le dimanche 16 mai 2010, 17 reviews
Résumé :
Par une entrée dérobée, Zanna et Deeba pénètrent dans la ville délirante de Lombres. Ici sont échoués les choses perdues ou cassées de Londres et même quelques-uns de ses habitants, comme Brokkenbroll, le patron des parapluies cassés, ou Hemi, le garçon à moitié fantôme.
Lombres, c'est Londres de l’autre côté du miroir, une ville merveilleuse aux charmes étranges qu’un sombre nuage nommé Smog rêve de détruire.
Une ville effrayée qui attend un héros…

Mon avis :
J'ai été tentée par ce livre en lisant quelques avis positifs sur Livraddict, et le résumé alléchant a fini de me convaincre. Une histoire qui se réclame d'Alice au Pays des Merveilles, un auteur qui remercie Barker et Gaiman et une très belle couverture, que demander de plus ? Surtout que le contenu est à la hauteur de ce qui est annoncé : un roman étonnant qui se passe dans un Londres "alternatif", où les ordures servent d'animaux de compagnie et les poubelles se battent comme des ninjas... et ce n'est qu'un aperçu des réjouissances !

L'histoire débute alors que les animaux adoptent un comportement plus qu'étrange autour de Zanna, qui commence à s'inquiéter - ainsi que sa meilleure amie Deeba -, mais ce n'est rien à côté d'un parapluie cassé qui tente d'espionner la fenêtre de la demoiselle. Par un étrange tour de passe-passe, les deux filles arrivent alors à Un-London (Un Lun Dun, Lombres en français) et découvrent qu'une ville alternative existe pour chaque endroit du monde, et que dans celle-ci, Zanna est attendue pour sauver la population du maléfique Smog, un nuage de pollution intelligent déterminé à conquérir le monde. Accompagnées d'un vieux carton de lait, d'un scaphandrier et d'un homme au crâne garni d'aiguilles, elles embarquent dans un bus volant en direction d'un pont magique où se trouvent ceux qui ont les réponses à leurs questions.

Je ne peux parler que du début de l'histoire sous peine de gâcher le suspense (j'espère ne pas avoir révélé trop d'informations déjà), mais à mesure que l'on progresse dans le livre, l'univers devient encore plus riche et fascinant qu'on ne le pense au début. L'auteur se base sur une intrigue assez basique : un endroit en danger, un super-méchant qui asservit des gens, et une héroïne et ses side-kicks qui entreprennent une quête pour les sauver. Ce qui fait tout l'intérêt de cette histoire est le monde déjanté qu'a créé Miéville, transformant chaque chose connue en une nouvelle entité, repensant Londres et ses habitant pour leur donner autant de modes de vie et de lubies qu'il est possible d'en trouver.
Et Londres n'est pas la seule à avoir son "antiville" - admirez les jeux de mots !

"Where's it going?" Zanna said.
"Crossing the Odd, to some of the other abcities," Jones said. "If you're brave enough to try, you might be able to catch a train from UnLondon to Parisn't, or No York, or Helsunki, or Lost Angeles, or Sans Francisco, or Hong Gone, or Romeless...It's a terminus."

Les personnages sont tous originaux et les descriptions - aussi bien des personnes que des lieux - sont nombreuses sans être lourdes, et permettent de se faire une image assez précise de l'ensemble. Les fréquentes références au pouvoir des livres et des mots devraient ravir les mordus de lecture, et convertir les plus jeunes auxquels ce livre s'adresse. C'est probablement le seul bémol que je peux émettre : l'orientation jeunesse est très visible, et à moins d'apprécier les histoires héroïques qui font rêver les enfants, j'ai peur qu'on puisse s'ennuyer un peu avec le ton (et une fin) assez prévisible de l'histoire.

Les chapitres sont courts, parfois ponctués de belles illustrations en noir et blanc (qui ne manquent pas de rappeler le style de Barker) et le découpage en parties offre une lecture rythmée et facile à arrêter puis reprendre. L'humour et les jeux de mots sont omniprésents et on s'attache aux protagonistes (même au carton de lait, si si), tous plus étranges les uns que les autres.

Au final, je ne peux que recommander cet excellent livre, peuplé de terrifiantes girafes (l'illustration a même réussi à me filer la frousse !), de fantômes et d'animaux parlants, qui vous emmènera dans "l'autre" Londres pour lutter contre une surprenante conspiration écologique !
De mon côté, je songe déjà à me procurer un autre livre de l'auteur, dont le style m'a conquise ; Perdido Street Station, peut-être, en attendant que l'alléchant Kraken sorte en poche ?

Ma note : 8,5/10

D'autres avis sur la fiche du livre dans Bibliomania.
Allez également faire un tour sur le site du livre où vous trouverez plus d'illustrations et une interview de l'auteur entre autres !


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vendredi 14 mai 2010

Iron Man 2,
de Jon Favreau

Reçu le vendredi 14 mai 2010, 6 reviews
Synopsis :
Le monde sait désormais que l'inventeur milliardaire Tony Stark et le super-héros Iron Man ne font qu'un. Malgré la pression du gouvernement, de la presse et du public pour qu'il partage sa technologie avec l'armée, Tony n'est pas disposé à divulguer les secrets de son armure, redoutant que l'information atterrisse dans de mauvaises mains. Avec Pepper Potts et James "Rhodey" Rhodes à ses côtés, Tony va forger de nouvelles alliances et affronter de nouvelles forces toutes-puissantes...

Mon avis :
Ça faisait longtemps que je n'avais pas vu un tel grand n'importe quoi au cinéma. Sans non plus m'attendre à un chef d'œuvre, j'aurais pensé que le film tiendrait la route, surtout que j'apprécie l'acteur principal et que le premier volet n'était pas si mal si je me souviens bien. Eh bien non, c'était simplement deux heures de grand n'importe quoi.

Pour être honnête, tout n'est pas foncièrement mauvais dans ce film. D'abord, les acteurs ont bien fait leur boulot, Downey Jr joue toujours bien, Cheadles (Rodhey dans le film) a apporté une bonne touche d'humour grâce à sa complicité avec Tony, et même si j'ai trouvé que Johansson avait l'air bien trop vulgaire pour son bien (vive les films pour mecs), elle n'a pas non plus fait honte à son personnage. C'est plutôt les personnages qui leur ont fait honte, d'ailleurs - à part Rourke, que je n'apprécie pas spécialement comme personne mais qui a joué un très bon Russe, chieur et cynique comme il se doit.

Certaines personnes disent qu'il n'y a pas de scénario. Si, il y en a un, il est juste complètement idiot : tout est tellement gros qu'on ne peut que se marrer, et je ne pense pas que c'était le but escompté. Une berline qui prend une piste de formule 1 en sens inverse sans percuter une seule voiture, des explosions spectaculaires, des policiers français au jeu d'acteur digne de Shakespeare (trouvez l'ironie), puis les drones maléfiques attaquent le monde... enfin, tout ça tout ça quoi. Le "boss de fin" a son compte réglé en deux minutes montre en main, suivi par la petite scène kitsch de fin de rigueur. Alleluia.

Bref, je n'ai pas été subjuguée par ce film, et ça me ferait un peu mal de dire qu'il est bon, même si je ne dirais pas non plus qu'il est mauvais. Il est marrant, gros comme une montagne, plein de voitures qui brillent, de gadgets futuristes et de filles en combi moulante, et je suis sûre qu'il va plaire à plein de monde. Si vous cherchez une séance sans prise de tête, allez-y, sinon passez votre chemin !

Ma note : 3,5/10



Long-métrage américain
Genre : Action, Aventure, Science fiction
Durée : 01h57min
Année de production : 2010
Distributeur : Paramount Pictures France
Date de sortie en France : 28 avril 2010

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mercredi 12 mai 2010

Le Livre de la Jungle, de Rudyard Kipling

Reçu le mercredi 12 mai 2010, 6 reviews
Résumé :
" Kala Nag ! Kala Nag ! Prends-moi avec toi, ô Kala Nag ! L'éléphant se retourna, sans bruit, revint de trois pas en arrière, abaissa sa trompe, enleva l'enfant sur son cou, et avant que Petit Toomai eût seulement assujetti ses genoux, il se glissa dans la forêt. Il vint des lignes une fanfare de furieux barrissements ; puis le silence se referma sur toutes choses, et Kala Nag se mit en marche. Parfois, une touffe de hautes herbes balayait ses flancs tout du long, telle une vague les flancs d'un navire, et parfois un bouquet pendant de poivriers sauvages lui grattait le dos d'un bout à l'autre, ou bien un bambou craquait au frôlement de son épaule ; mais entre-temps, il se mouvait sans aucun bruit, dérivant à travers l'épaisse forêt de Caro comme à travers une fumée. Il suivait une route montante ; mais, bien que Petit Toomai guettât les étoiles par les éclaircies des arbres, il n'eût pu dire dans quelle direction. Enfin Kala Nag atteignit la crête et s'arrêta une minute, et Petit Toomai put voir les cimes des arbres, comme une fourrure tachetée s'éployant au clair de lune sur des milles de pays, et le brouillard d'un blanc bleuâtre, sur la rivière, dans le fond. Toomai se pencha en avant, regarda, et il sentit la forêt éveillée au-dessous de lui, éveillée, vivante et pleine d'êtres. "

Mon avis :
Tout le monde connaît Le Livre de la Jungle pour avoir vu le dessin animé un jour ou l'autre dans son enfance : le petit Mowgli élevé par des loups dans la jungle, Baloo l'ours qui chante, Shere Khan le tigre qui joue aux méchants... Eh bien vous pouvez tout oublier, car cette histoire n'a rien à voir. Et plutôt que de vous mettre un bref résumé, j'ai pensé qu'un extrait vous donnerait un bon aperçu du style de Kipling, poétique et riche. Même moi qui n'aime pas les classiques, je me suis laissée charmer !

Les première histoires concernent Mowgli, son arrivée bébé dans la caverne des loups alors que ses parents sont chassés par Shere Khan le tigre du Bengale, où il est recueilli par la famille canine. On suit ensuite son adoption par le Peuple Libre des loups grâce à l'intervention du sage ours Baloo et de la redoutable panthère Bagheera, qui prennent en charge son éducation. Les deux autres histoires se passent à des moments différents de sa vie, la première lorsqu'il était enfant et rencontre la tribu des singes, Bandar-Log, qui ne va pas le ménager, puis sa brève vie au milieu des hommes et l'accomplissement de sa quête.

Les histoires qui suivent traitent toutes d'animaux parlants. La première est celle d'un phoque blanc, destiné à trouver une plage où les siens ne seront plus menacés par le braconnage des hommes, la seconde celle d'une mangouste déterminée à protéger les humains chez qui elle vit d'une famille de cobras, la troisième celle d'un jeune cornac (ou mahout, le mot employé dans l'histoire) qui va découvrir la danse secrète des éléphants, et enfin la quatrième, une discussion entre des animaux travaillant pour l'armée indienne qui défendent chacun leur position.


Illustration de John Lockwood Kipling,
fils de Rudyard Kipling
Le style de Kipling est difficile à aborder au départ, l'anglais est très classique et les "thou" et "thy" m'ont quelques fois laissée perplexe. Une fois habitué cependant, on peut pleinement apprécier son style très riche et détaillé, plein de descriptions de la jungle et de ses habitants. L'auteur semble familier avec l'Inde de l'époque car il en dépeint les peuples et les coutumes avec beaucoup de détails, mélangeant à la fois l'imaginaire des animaux parlants et la réalité des mœurs de l'époque.

L'histoire de Mowgli a été la plus intéressante à mon goût : on s'attache à "Mowgli la grenouille" comme ils aiment l'appeler, et la fierté et le dépit de Baloo d'éduquer un petit aussi turbulent sont plutôt amusants. Les deux histoires annexes complètent très bien le récit de base et bien qu'on soit tenté de décrocher par moment, à force d'interminables descriptions, l'auteur parvient à nous raccrocher sans peine grâce à cet étonnant apprentissage des lois et langues de la jungle par un petit d'Homme.

Les quatre autres histoire m'ont parues dans l'ensemble un peu plus anecdotiques.
L'histoire du phoque voulant sauver son espèce est pétrie d'une belle morale, mais le vocabulaire spécifique des mammifères marins m'a parfois perdue, et hormis le début assez triste, je n'ai pas ressenti grand chose en la lisant.
L'histoire de la mangouste était plus amusante, elle m'a rappelé un livre que j'adorais étant petite, et le suspense était assez bien géré.
L'histoire de Petit Toomai le mahout, dont le "résumé" est extrait, est pleine de poésie mais aussi un aperçu de la vie des mahout en Inde à cette époque. Je l'ai trouvé poétique et enrichissante culturellement, mais un peu courte à mon goût.
Quant à la discussion de la mule, du cheval, des buffles et de l'éléphant, elle m'a fait pensé aux animaux têtus de la Fontaine, mais là aussi j'ai trouvé qu'elle manquait d'émotions.

Je ne suis pas une grande amatrice de classiques, et si Neil Gaiman dans les remerciements de L'Étrange Vie de Nobody Owens n'avait pas dit qu'il s'était inspiré du Livre de la Jungle, je ne l'aurais sans doute jamais lu. Cela dit, je ne regrette pas du tout de l'avoir fait, apprendre la vraie histoire de Mowgli (et non la version édulcorée de Disney) était une bonne expérience et je l'avoue, je me sens un peu plus cultivée qu'hier d'avoir lu ce livre du légendaire Kipling. Seul regret, ne pas en savoir plus sur la future vie de Mowgli, mais comme le dit l'auteur, "that is a story for grown ups".

Ma note : 8/10


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lundi 10 mai 2010

Cut, de Toko Kawai

Reçu le lundi 10 mai 2010, 0 reviews
Résumé :
Chiaki Sakaguchi semble être un lycéen sociable et populaire, mais il cache un lourd secret dont il ne peut parler à personne - même pas à ses plus proches amis. Quand Chiaki rencontre pour la première fois un autre élève de son lycée, Eiji Yukimura - un marginal qui va à l'encontre de l'avis des professeurs -, il pense avoir trouvé quelqu'un qui peut comprendre sa douleur intérieure. Alors qu'ils deviennent de plus en plus proches, Chiaki découvre qu'Eiji possède aussi un secret - un secret si sombre qu'il menace d'éclipser le sien.

Mon avis :
Si j'ai eu du mal à sélectionner dix manga de ma bibliothèque, je n'ai jamais eu aucun doute au sujet de celui qui serait numéro 1. Cut est et restera pratiquement le meilleur manga que je n'ai jamais lu, car je pense qu'il évoque tellement d'émotions fortes et réalistes que c'est impossible de rester indifférent à son égard. L'histoire est triste sans devenir dramatique, la douleur profonde et omniprésente dans le comportement de chacun des deux héros, et on continue à se demander ce qu'il va leur arriver jusqu'au dernier moment sans jamais être déçu de la tournure des événements.
Un exploit, c'est peu de le dire.

That's how our blue, bitter, miserable days together began.
Le ton est donné. Chiaki est un jeune lycéen désinvolte, ennuyé par la vie, son quotidien et ses amis qui n'en sont pas vraiment. Pour noyer une vieille douleur et se venger de l'indifférence de sa mère, il couche avec son beau père, un sadique dérangé, et se nourrit de la douleur qu'il lui procure pour oublier un instant sa peine. Lorsque Eiji le surprend, les deux garçons deviennent étrangement amis, séchant les cours ensemble pour aller se prélasser sur le toit du lycée. Mais Eiji n'est pas non plus un garçon comme tous les autres ; sous les éternelles manches longues de ses tee-shirts se cache une longue et profonde cicatrice, souvenir d'un traumatisme qui lui provoque encore des crises de violence incontrôlables. Ensemble, ils vont essayer de panser les plaies de l'autre et faire face au mystérieux avenir qui les attend.

J'ai déjà parlé des dessins de Toko Kawai dans le billet sur Loveholic, alors je ne reviendrai pas en détail dessus. On y trouve toujours la même passion, le soin accordé aux visages et aux expressions, encore plus dans la douleur que dans la joie, et la délicatesse des traits rend l'histoire encore plus poétique qu'elle ne l'est déjà.

Chiaki est un adolescent à la fois normal et étrange, coincé dans cette désagréable phase de questionnements sur son existence et sans personne à qui se confier pour apaiser son malaise. Le sexe et la douleur ne sont que des exutoires à sa douleur, qu'il remplace par une autre (allant jusqu'à se taillader les veines) pour ne pas penser à la culpabilité qui le ronge. A l'inverse, Eiji se montre froid et distant envers le monde qui l'entoure, refusant de consoler Chiaki lorsqu'il lui demande et ne comprenant pas son besoin de se faire mal, alors que lui cherche justement à s'éloigner de la douleur et à devenir indépendant pour ne plus être un fardeau pour les autres. Leur côté encore un peu enfant les rend touchants dans leur détresse et leur attachement progressif l'un à l'autre est tout simplement adorable.

L'auteur traite cette histoire de passage à l'âge adulte avec beaucoup de réalisme et de justesse, utilisant assez d'images choquantes pour faire serrer les dents au lecteur, tout en concluant sur des scènes plus douces mais toujours teintées de ces sombres réminiscences du passé. Ce manga touche plus ou moins à une corde sensible qu'on porte tous en nous, et je ne peux que le recommander à quiconque ayant envie d'un (trop) bref retour à l'époque de l'adolescence.

Pour information, bien que je présente encore une fois la version anglaise, le manga est sorti en français chez les éditions Taifu Comics ; j'espère sincèrement qu'il est loin au-dessus de la qualité décevante de Café Latte et qu'il rend justice à ce petit chef d'œuvre du manga, que je vous conseille d'acheter sans attendre.


~ Et voilà, les 10 jours de manga sont finis, et ça n'a pas été de tout repos ! Je ne pense pas que je recommencerai de si tôt, mais je suis fière d'avoir tenu bon chaque jour pour vous présenter une petite parcelle de ma grandissante collection - en espérant vous avoir donné au moins un peu envie de vous y mettre :)


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dimanche 9 mai 2010

U Don't Know Me, de Rakun

Reçu le dimanche 9 mai 2010, 0 reviews
Résumé :
Seyun et Yoojin sont les meilleurs amis depuis qu'ils sont petits. Un jour, la famille de Seyun déménage et les garçons se promettent de rester amis malgré tout. Aujourd'hui, des années plus tard, ils fréquentent des lycées différents.
Seyun est devenu un garçon étrange et mystérieux tandis que Yoojin est devenu l'athlète vedette de l'équipe de Judo. Leur amitié a connu des hauts et des bas, mais une nouvelle chose menace désormais leur lien. Seyun a développé des sentiments pour Yoojin, sentiments qui vont au-delà de la simple amitié. Et leurs vies et personnalités ne pourraient pas être plus opposées.
Cependant, ils ne réalisent pas que bien qu'ils se connaissent depuis toujours, ils possèdent chacun leurs sombres secrets, des secrets qui font le même effet qu'un couteau planté dans le cœur.

Mon avis :
Je vous ai menti en promettant 10 jours de manga, je suis désolée ! Car celui-ci est un manhwa (une bande dessinée coréenne), mais je pense qu'il mérite tout de même amplement sa place avec les autres. A défaut d'un scénario très original, les personnages, les dessins et l'ambiance aux airs exotiques apportent un charme indéniable à l'histoire, et je n'hésite pas à le placer en haut du classement. Voilà une fois de plus un bon exemple du fait que les japonais n'ont pas le monopole du yaoi de qualité !

Seyun Han et Yoojin Jung sont deux adolescents qui se connaissent depuis toujours et pourtant, ne se ressemblent pas pour un sou. Seyun est un vrai chat sauvage, toujours à se battre (y compris à frapper plus ou moins intentionnellement Yoojin sans ménagement), trainer et se prélasser quand il ne faut pas, alors que Yoojin est l'archétype du mec sérieux, refusant de se battre hors du dojo et étudiant pour obtenir une bourse d'étude. Cela dit, il a bien quelques petits défauts, dont son attachement inconditionnel pour Seyun et son côté tête brulée qui fonce sans réfléchir.

L'histoire n'est pas centrée sur la façon dont ils vont se mettre ensemble, on le voit pratiquement dès le début. En revanche, ce sont les épreuves que leur fragile couple va subir qui vont la nourrir. L'histoire est découpée en plusieurs phases assez distinctes, qui s'expliquent par le fait que le livre est un rassemblement de donginji (doujinshi) publiés dans des revues périodiques. Sans casser le rythme, ces "étapes" enrichissent l'histoire et apportent de la variété, évitant aux personnages de rester confinés dans leur petit quotidien.

Une fois de plus, ce n'est pas l'action qui prime mais la relation entre les personnages et leur psychologie. L'histoire tourne plus autour de Seyun que Yoojin, qu'on sent rapidement fidèle à sa relation et prêt à tout pour son petit-ami. Au contraire, Seyun se rend compte que son "caprice" de vouloir Yoojin représente un engagement important, et il ne cesse de se poser des questions sur la justesse de leur relation, l'entrave qu'il représente pour Yoojin et son comportement à adopter envers leurs parents, alternant entre l'envie de fuir et de le garder pour lui seul. On s'attache rapidement aux deux héros et la fin moins mièvre que la moyenne est très appréciable. On en redemanderait presque !

Côté illustrations, elles sont assez différentes des habituels mangas japonais. Point positif, les protagonistes sont aisément différentiables (et pas juste à leur couleur de cheveux comme souvent) et expressifs, affichant des expressions réalistes et adaptées à la situation. Seyun possède un physique (et surtout un visage) très féminin, un peu troublant au premier abord, mais on s'y habitue assez rapidement. Quelques maladresses et traits hésitants se retrouvent par-ci par-là, sans trop gêner pour autant.

L'avertissement est ici bien justifié, les scènes "hot" sont nombreuses - sans être vulgaires - et se mélangent très bien à l'histoire. Yoojin et Seyun sont deux adolescents assez impulsifs et fougueux qui ont du mal à garder leurs mains dans leurs poches, et si certaines scènes (au début particulièrement) sont assez violentes, d'autres sont très touchantes et on ne peut s'empêcher d'être content pour eux.

En résumé, un très bon livre, plein de sentiments, de questionnements, de secrets et de sacrifices, dans lequel on se plonge sans retenue. Malgré quelques petits défauts d'illustrations, des noms impossibles à retenir et un léger manque d'humour, U Don't Know Me n'en reste pas moins une lecture incontournable pour les aficionados du genre. Pour les autres, c'est l'occasion de vous y mettre !



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samedi 8 mai 2010

Loveholic, de Toko Kawai

Reçu le samedi 8 mai 2010, 0 reviews
Résumé :
Nishioka est un photographe montant irréfléchi qui trouve sa fierté dans son indépendance. Matsukawa est un riche et talentueux directeur d'une grande entreprise de publicité, et l'objet de tous les fantasmes féminins. En fait, Matsukawa semble s'entendre avec tout le monde à part Nishioka - pourtant, dès que ces deux-là font équipe sur un contrat, leur projet atteint les sommets. A première vue, Matsukawa et Nishioka ne font que s'affronter à chaque instant. Alors pourquoi Nishioka prend-il des photos de Matsukawa dès que personne ne regarde ?

Mon avis :
Pfiou, je ne sais pas par où commencer. Que dire ? Ce manga est un de mes préférés, toutes catégories confondues, et j'ai l'impression que me contenter de dire "il est génial" ne lui rend pas vraiment justice. Il est loin d'être parfait, les dessins ne sont pas des gravures d'art et l'action loin d'être débordante, et pourtant, je le trouve magique. Parfois, il suffit de pas grand chose pour faire qu'un livre est bon ou mauvais... je ne vous fais pas un dessin, vous devinez de quel côté penche celui-ci.

L'histoire est bête et méchante, comme on dit. Kentaro Nishioka est une tête de mule au sale caractère, complètement passionné par son métier de photographe et irascible envers quiconque interrompt son travail. Même ceux qui ne l'interrompent pas d'ailleurs, et surtout Daisuke Matsukawa, qu'il se permet d'appeler Dai-chan devant tout le monde sans la moindre gêne. Matsukawa, amoureux de ses photos, ne cesse de lui demander des faveurs pour sauver ses campagnes de pub, que ses collègues jaloux passent leur temps à saboter, et c'est plus qu'à contrecœur que Nishioka va l'aider. Sauf qui l'aide quand même, et systématiquement. Parce qu'au bout d'un moment, il va bien falloir qu'il réalise que son comportement avec Dai-chan n'est qu'une façon maladroite d'exprimer ses sentiments...

Je ne sais pas ce qui rend ces personnages aussi adorables, mais impossible de s'en détacher. Nishioka est un vrai casse-pieds 90% du temps, à râler sur les modèles, sur son assistante, sur Dai-chan, sur le monde entier... mais les dix pour-cent restants, il sait se montrer incroyablement dévoué, serviable, gentil et tout simplement irrésistible. Jusque dans ses moments de déprime, de nostalgie, d'abandon, le blondinet aux grands yeux hypnotiques arrive à voler la vedette à n'importe qui.
Presque n'importe qui, parce que Matsukawa défend bien sa place ! Avec son look de top model, les cheveux noirs légèrement indisciplinés et ses costumes toujours très soignés (un classique du bishonen, n'est-ce pas), il attire tous les regards, surtout ceux des mannequins (au grand dam de Nishioka), et même celui de son assistante. Sauf que le seul qui intéresse vraiment Matsukawa, c'est cette teigne de photographe, et que malgré le fil à retorde qu'il lui donne, il ne lâche pas le morceau un seul moment.
Leur petit jeu du chat et de la souris est adorable lui aussi... je n'y peux rien !

Je ne pense pas que les dessins de Toko Kawai fassent l'unanimité : elle fait partie des fanatiques de géants aux jambes et doigts démesurément longs, et pourtant, elle arrive tout de même à mettre plein d'humour et de passion dans ses dessins. Son talent pour les expressions du visage, et particulièrement des yeux, compensent largement ses défauts, et je pense qu'une fois de plus la qualité de l'histoire prime sur la perfection des illustrations - c'est le plus important, non ?

Vous ne trouverez pas de guerre, pas de sexe, pas de suspense insoutenable dans ce manga, juste le quotidien difficile d'un photographe borné et d'un publicitaire patient, de gens jaloux, d'autres cruels, et plein de mélancolie distillée dans une romance complexe et réaliste. L'avant-dernier extra, sur le passé de Dai-chan, est d'une affreuse tristesse, tandis que le dernier donne juste envie de lire la suite (le second volume est déjà sorti et continue l'histoire des deux tourtereaux, mis à mal par le plan de Nishioka de retourner à Osaka) - et la suite donne juste envie d'acheter tous ses autres livres.
Ce que j'ai fait. Oups.

Je vous en reparlerai, et j'espère que vous vous laisserez aussi charmer !



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vendredi 7 mai 2010

ZE, de Yuki Shimizu

Reçu le vendredi 7 mai 2010, 2 reviews
Résumé :
Laissé seul et sans argent après la mort de sa grand-mère bien aimée, Raizou Shichikawa accepte d'aller vivre dans la demeure familiale des Mitou en échange de ses services comme homme de ménage. Mais il y a quelque chose d'étrange à propos de la famille Mitou. De mystérieux liens existent entre ses murs, et le comportement des occupants semble au delà de la compréhension de Raizou.
Raizou s'attache à son compagnon de chambre aux mauvaises manières, Kon, et son intérêt l'amène à découvrir la vérité : les gens pour qui il travaille ne sont pas vraiment humains ! Kon est un "kami" (ndlt: papier en japonais) - un soigneur destiné à servir son maître "kotodama". Sans maître, Kon cherche un but à son existence et ses capacités. Raizou parviendra-t-il à apporter ce qu'il manque à Kon ?

Mon avis :
Encore un manga qui sort des sentiers battus - il faut croire que j'adore les exceptions ! Et celle-ci fait honneur à sa condition : pas de banale rencontre improbable qui se finit sous la couette après à peine deux mots échangés, pas de businessman rongé par le doute de son homosexualité... Non, ce livre est une étrange dérive paranormale, mélangeant histoire familiale, pouvoirs mystiques et créatures de papier. Rien que pour ça, il mérite qu'on y jette un œil, mais vous allez voir qu'il y a bien d'autres raisons qui font de ce livre un incontournable.

La série ZE est composée pour l'instant de 4 volumes traduits en anglais, et au moins 8 sortis au Japon (elle est toujours en cours).

Le premier volume est centré sur l'arrivée de Raizou dans la famille Mitou, sans domicile depuis la mort de sa grand mère et recommandé comme employé de maison par le mystérieux Genma, à qui la famille Mitou ne semble rien pouvoir refuser. L'innocent et naïf Raizou va vite se rendre compte que ses hôtes ne sont pas normaux, et après un hilarant affreusement traumatisant événement, va découvrir que la moitié des occupants de la demeure sont des kami-sama, des créatures de papier protégeant les membres de la famille Mitou (pourquoi, vous le saurez en lisant). À l'exception de Kon, qui n'a pas de kotodama (maître), et qui cherche un sens à son existence - sens que Raizou va essayer tant bien que mal de lui apporter. La seconde partie concerne Asari et Shoui Mitou, un couple kami-sama - kotodama aux relations plus que difficiles qui vont essayer de résoudre leurs problèmes.

En passant, un petit mot sur les prochains volumes : le second est de nouveau centré autour de Kon et Raizou, qui apprennent lentement à se connaître, puis le troisième sur Genma et Himi (qui se termine en terriblement frustrant cliffhanger), et enfin le quatrième sur de nouveaux membres de la famille, dont les jumeaux terribles. Chaque volume a une atmosphère assez différente, parfois légère, parfois lourde et dramatique, et on ne s'ennuie pas d'un volume à l'autre.

Revenons-en à nos début. Yuki Shimizu est connue pour sa série Love Mode, que j'ai longtemps hésité à lire à cause d'un style de dessin assez rebutant (et je ne suis pas la seule à le penser). Lorsque je me suis finalement décidée, j'ai découvert qu'à défaut d'avoir un style visuellement agréable, l'histoire tenait bien la route, riche en émotions, et sur les derniers volumes les dessins s'étaient nettement améliorés. Avec Ze, on retrouve l'équilibre parfait de tout ça : des graphismes soignés et une histoire prenante, plus originale que celle de Love Mode (grâce au côté traditionnel/paranormal je pense).
L'intrigue n'est pas très complexe mais on se pose des questions sur les liens familiaux, et l'auteur a décidé de mettre en avant un côté très "japon ancien" mélangé à la réalité moderne, un vrai plaisir pour les amoureux de la culture asiatique.

Les personnages sont ici encore la source de l'histoire. Raizou, le petit nouveau, naïf et prêt à tout pour faire plaisir, est assez touchant. Kon s'affiche dès le départ avec un sale caractère, mais on se rend vite compte que c'est son angoisse sur la raison de son existence qui cause ce malaise.
L'étrange couple Ouka - Benio risque d'en faire grimacer certains ; Benio est moitié nue lors de la plupart de ses apparitions et clashe un peu avec l'habituel univers exclusivement masculin des yaois (en passant, je fais partie de ceux qui affectionnent les personnages féminins à la personnalité intéressante, donc un bon point). Kotoha, surnommé the beast pour une raison assez incompréhensible au début (il apparaît comme un gamin amorphe et accro à la glace) est tout le temps entouré de Konoe, le râleur du groupe, incapable de résister aux caprices de son petit protégé.
Waki, le faiseur de poupées, est le plus désinvolte de tous mais sûrement le plus mystérieux, toujours appuyé contre son grand coffre noir sur lequel quelques allusions bien placées ne manquent pas de piquer notre curiosité. Vivement la suite pour savoir de quoi il en retourne...

Côté ambiance, rien de très choquant pour les esprits sensibles, le livre est classé pour adultes à cause de quelques scènes de nudité mais elles ne sont pas très nombreuses et arrivent à point nommé, j'ai envie de dire. La plupart des couples sont maladroits et touchants et apportent autant d'humour que d'émotion à l'histoire (seules nos amies lesbiennes étant un peu vulgaires à mon goût par moments).

Je ne peux trop en dire de plus, à part que j'ai déjà relu plusieurs fois cette série (à chaque arrivée d'un nouveau volume) et que je prends toujours autant de plaisir à le faire, les situations sont toujours aussi drôles ou tristes et je ne peux que vous encourager à la lire si vous en avez l'occasion !



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jeudi 6 mai 2010

The Crimson Spell, de Yamane Ayano

Reçu le jeudi 6 mai 2010, 2 reviews
Résumé :
La malédiction de l'épée pourpre magique a transformé le prince Vald en un monstre... Pour briser la malédiction, il part à l'aventure avec le séduisant magicien, Havi. Vald n'a aucune idée que lorsqu'il se transforme en bête la nuit, Havi utilise de ses talents uniques pour calmer ses appétits bestiaux... Le long voyage de Vald et Havi commence.

Mon avis :
Impossible de parler manga sans parler de l'illustre Yamane Ayano, auteur de Finder Series et The Crimson Spell (pour ne citer que les plus connus). Ses dessins magnifiques, ses scénarios riches et son penchant pour les scènes kinky ont fait d'elle un grand nom du yaoi, à juste titre je pense, et en attendant que la série Finder soit republiée en anglais, je vais vous parler de celle-ci, une œuvre de fantasy comme une aucune autre.

Le royaume d'Alsvieth est attaqué par une horde de démons, et le seul moyen pour le prince Valdrigr de la combattre et d'utiliser l'épée maudite du royaume. Grâce à elle, il pourfend ses ennemis, mais en contrepartie il se retrouve changé la nuit en bête sauvage et incontrôlable. Il part alors à la recherche d'Halvir Hroptr, un puissant magicien réputé spécialiste en rupture de malédictions. En échange de ses services, Havi lui demande de partir en voyage avec lui pour combattre les monstres tandis qu'il récupère des trésors magiques, et de nombreux obstacles vont se dresser sur leur route avant qu'ils parviennent à briser la malédiction qui pèse sur Vald.

La trame est assez classique pour de la fantasy - un prince et un magicien, une quête, des monstres et des dragons - et pourtant, c'est bien rare de trouver un manga yaoi qui la traite aussi bien. L'auteur a su respecter les codes du genre, dosant l'aventure et le suspense avec la romance de rigueur pour le public visé. Pas de coup de foudre inexplicable non plus à l'horizon, juste ce pervers d'Havi qui "profite" de Val sous sa forme bestiale pour renouveler son énergie vitale (on y croit que ce n'est rien que pour ça !), et qui peu à peu s'attache à son caractériel petit prince.

Comme je l'ai déjà dit, les dessins sont magnifiques, particulièrement ceux des personnages - amateurs de cheveux longs, vous êtes servis - mais le soin apporté au décor, plus présent que d'habitude, n'est pas non plus négligeable. Rulca, le "lapin volant", est une adorable petite bête et les chibis des personnages sont eux aussi très mignons, rajoutant à l'humour qu'on retrouve assez souvent dans l'histoire.

We're having rabbit for dinner tonight. (dixit Havi en tenant Rulca par les oreilles)
He he.

J'aurais pu mettre ce livre au top de mon classement mais depuis le début, les marches du podium sont si proches les unes des autres que la différence de qualité est vraiment minime. Ce manga est un régal pour les yeux et pour l'esprit, à la fois parfait pour un moment de détente et assez riche pour satisfaire les mordus d'action. Rendez-vous dans quelques mois pour la sortie de Target in the Viewfinder chez Digital Manga (déjà disponible en français chez Asuka, mais je ne me porte pas garante de la qualité), et d'ici-là, plongez vous dans Le Sortilège Écarlate (c'est moins classe en français, hein ?) dont le troisième volume devrait sortir, espérons-le, prochainement.



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mercredi 5 mai 2010

Lovers and Souls, de Miyamoto Kano

Reçu le mercredi 5 mai 2010, 0 reviews
Résumé :
Shinomiya est un bel étudiant d'art à qui il manque la morale commune à la plupart des gens. Après avoir accepté de poser comme modèle nu pour Matsuoka, un étudiant en photographie, il accepte également de coucher avec lui pour de l'argent bien qu'il soit hétérosexuel. Cependant, ce qui a commencé comme un petit goût de l'interdit devient rapidement hors de contrôle lorsque Shinomiya commence à se prostituer pour d'autres hommes dans une maison de passe. Matsuoka peut-il sauver Shinomiya de lui-même ?

Mon avis :
Miyamoto Kano est une auteur culte, connue pour son interminable sa longue série Rules, dont Lovers and Souls est le prélude. Son trait assez particulier et parfois dérangeant est aisément compensé par des histoires complexes, variées et touchantes, et je ne pouvais pas décemment pas parler manga sans la mentionner. Et bien que je me sois souvent perdue au cours de sa série, elle est - et restera, je pense - l'une de mes auteurs favorites.

Ce livre se découpe en deux parties, la première centrée sur Toru Shinomiya et Satoshi Matsuoka, et la seconde sur Kai et Nozaki. Je vais en parler séparément car les deux n'ont pas grand chose à voir.

L'histoire de Toru et Matsuoka occupe la plus grande partie du livre ; c'est elle qui fait partie de l'univers Rules dont elle est le prélude. Toru est un jeune étudiant en art que rien n'intéresse, et qui pose comme modèle nu pour Matsuoka, un étudiant en photographie déjà reconnu pour ses travaux. Celui-ci le paye occasionnellement pour coucher avec, conscient que même si Toru n'est pas gay il n'a aucun intérêt pour son propre corps et n'hésite pas à s'en servir pour un peu d'argent. Cela va l'entraîner à se prostituer pour une maison de passe pour hommes, mais si le sexe ne semble être qu'un moyen comme un autre de gagner de l'argent, il va réaliser peu à peu que Matsuoka est spécial et qu'il n'a pas besoin de compensation financière pour avoir envie d'être avec lui.

Dans la seconde partie, on suit les aventures de Kai et Nozaki, deux lycéens amis de longue date. Lorsque Nozaki annonce à Kai qu'il est gay, celui-ci passe rapidement de l'incrédulité à la curiosité, et finit par coucher avec son ami. Mais Nozaki est en pleine rupture difficile avec son actuel partenaire, et son impression de profiter de la pitié de son ami va le pousser à s'éloigner de Kai, qui va alors se rendre compte que le genre importe peu et que les liens qui le relient à Nozaki sont plus importants que tout.
Je ne vais pas trop m'étendre sur cette histoire, qui bien qu'intéressante n'est pas spécialement originale et m'a laissé un goût un peu fade après les intenses sensations de la première partie. Le couple est touchant et leur réactions assez naturelles envers la situation, la crédibilité de l'ensemble aidant à s'attacher aux personnages. Une bonne histoire qui se lit facilement, en somme.

Revenons-en à Toru et Matsuoka. Toru est un personnage assez étrange, qui ne porte pas grand intérêt à son corps ou à sa dignité, et on a envie de le secouer pour lui faire comprendre qu'il doit arrêter de faire tout et n'importe quoi. Matsuoka est quant à lui un garçon calme et posé, étrangement obsédé par Toru et prêt à tout pour faire de lui son modèle - et son amant. L'histoire d'argent entre eux coupe court à toute romance mielleuse pour se développer lentement en une vraie relation, qu'on suit patiemment - comme toute bonne histoire qui se respecte. En un court nombre de pages, on s'attache rapidement à eux pour les quitter avec regrets, surtout que la fin de l'histoire présage une suite (existante mais non traduite à ce jour). Personnes émotives, attention, ce livre risque de vous retourner !

Un mot sur les dessins, qui changent assez radicalement des mangas habituels. Oubliez les grands yeux et les formes rondes, le style de Miyamoto est assez haché, aux airs d'esquisse sur les bords, parfois brouillon, mais chaque personnage possède une identité qui correspond bien avec son physique. Une fois habitué, on ne peut qu'apprécier son style, riche en émotion lui aussi, et dont l'évolution est assez remarquable - ce livre est son premier, mais la fin de Rules est dessiné de façon beaucoup plus mature et expressive (c'est pour dire).
Les dialogues sont eux aussi je les aime - nombreux, riches et tout en nuance, un vrai plaisir.

Au sujet de la série, elle commence chronologiquement par différents extras (Kiss, Hydra, Skies, etc.), centrés sur le quotidien de Ryu, Hitomi et Hikaru - Hikaru que Toru rencontre dans un bar dans Lovers and Souls et avec qui il se lie d'amitié. Rules (en 3 volumes + extra) reprend d'une part l'histoire de Toru et de l'autre celle d'Hikaru, ainsi que de Yuki et Atori, les petits nouveaux. La série est suivie d'autres extras, et vous pouvez retrouver l'ensemble de tout ça sur le site de Liquid Passion, la team de scanlation en charge de la quasi-totalité des œuvres de Miyamoto Kano (n'hésitez pas à en télécharger quelques unes pour vous si ça vous plaît !).

Je ne peux pas en dire beaucoup plus, à part que cette série par laquelle débute ce livre est mythique à mon avis, et que je la recommande à quiconque - amateur de yaoi ou pas. Je ne cache pas qu'il y a pas mal de scènes justifiant le classement "plus de 18 ans" mais là encore, pas de vulgarité ni de détails gratuits, juste des scènes de vie souvent touchantes - parfois perturbantes, aussi. Laissez-vous embarquez dans l'univers de Miyamoto Neko (clin d'œil à son avatar félin), vous ne le regretterez pas.



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mardi 4 mai 2010

Innocent Bird, de Hirotaka Kisaragi

Reçu le mardi 4 mai 2010, 0 reviews
Résumé :
Membre de la bureaucratie des anges, Karasu est envoyé sur terre pour retrouver un démon vivant parmi les humains. Cependant, il a la surprise de découvrir que le démon Shirasagi veut se débarrasser de son héritage et de ses pouvoirs pour vivre comme un humain - et un humain pieux en plus. Alors qu'il travaille dans un bar reconverti en église dans la ville, Shirasagi enseigne à des enfants et se révèle être une merveilleuse personne. Mais le Paradis et l'Enfer veulent tous les deux son retour et ce ne sera pas une bataille aisée !

Mon avis :
Ce n'est pas si souvent qu'on a le plaisir de retrouver une petite touche fantastique dans ce genre de manga, et je n'ai pas pu résister à choisir celui-ci pour ce trait particulier. Ça, et le fait que les dessins sont particulièrement jolis et soignés, au moins autant que ceux de Blood+ (Kowloon Nights) du même auteur. Entre une conspiration angélique, des démons qui se repentissent et un ange un peu décalé qui se demande ce que fait Dieu dans l'histoire, c'est pour une fois avec une bonne dose d'action qu'on peut profiter de ce manga pas comme les autres.

Karasu, un ange haut placé, est envoyé sur terre pour ramener Shirasagi avec lui, mais il ne s'attendait sûrement pas à trouver l'intéressé reconverti en prêtre et donnant des cours à de jeunes enfants démunis dans un vieux bar reconverti en église. Intrigué par sa générosité, inhabituelle de la part d'un démon, il apprend que Shirasagi souhaite renoncer à son rang de Marquis pour devenir un simple humain. Lorsque Belzebub (ne riez pas, aussi tentant que ça puisse être) souhaite récupéré son "animal de compagnie", Karasu décide alors de risquer se faire déchoir pour ramener son ami de l'Enfer.

Cette histoire est suivie par une courte autre, au sujet d'un jeune homme revenant après la mort de ses parents auprès de ses demi-frères, qui n'avaient pas connaissance de son existence, au risque de créer des tensions. Je ne vais pas m'étendre dessus, pas spécialement charmée par ce scénario assez commun, pour me concentrer sur l'essentiel.

Innocent bird est une trilogie (terminée), tournant autour de la relation entre cet ange et ce démon, leur volonté d'aller à l'encontre de leurs lois et leur quête de la véritable identité de Dieu. Le côté machination, assez pragmatique, s'équilibre parfaitement avec le spirituel du questionnement sur Dieu, sa portée et son jugement sur les bonnes et les mauvaises actions de chacun. L'histoire d'amour, bien que raison principale des actions, est souvent reléguée au second plan pour faire place à l'action, et on profite encore mieux des petits moments volés qui s'en échappent.

Contrairement à d'habitude, les graphismes sont ici chargés, plein de petits détails et de décors, un vrai plus pour ceux qui aiment les mangas plus traditionnels : ils retrouveront ici une configuration habituelle de dessins riches et toujours en mouvement. Karasu n'a pas du tout le look typique du beau gosse, avec son air un peu geek, ses cheveux indisciplinés et ses petites lunettes à la Harry Potter - bien qu'un peu de rage suffit à donner à cet ange un véritable air démoniaque !

L'avertissement de couverture porte selon moi pour une fois plus sur la violence que sur les scènes graphiques, pratiquement inexistantes ; c'est l'occasion de se remuer les neurones et d'embarquer pour un voyage imaginaire entre ciel et enfer, où nos deux héros vont chercher la vérité et la paix afin de vivre comme ils le souhaitent. Bien que j'aurais préféré présenter la série Brothers du même auteur, un vrai chef d'œuvre (malheureusement pas édité en anglais pour l'instant), cette trilogie vaut le détour et je ne peux que la recommander chaudement.



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lundi 3 mai 2010

Man's Best Friend, de Takashima Kazusa

Reçu le lundi 3 mai 2010, 5 reviews
Résumé :
Lorsqu'Ukyo récupère un chien errant et le nome Kuro, il découvre rapidement qu'il vient de trouver une espèce rare - son chien peut parler et se transformer en un homme sexy ! Avec son chien qui prend maintenant la forme d'un humain et qui n'arrête pas de le lécher à divers endroits, que va faire Ukyo ?!

Mon avis :
Ce résumé est tellement kitsch et pervers que j'en ai presque honte de le traduire. Mais soit, l'histoire (la première en tout cas) traite bien des "misères" d'Ukyo, harcelé par un homme-chien bien trop affectueux à son goût. Pour une fois qu'un yaoi ne se prend pas trop au sérieux et fait bien rire, c'est l'occasion d'en parler ! Surtout que cette auteur est l'une des meilleures du genre, connue pour son manga Wild Rock, dont j'ai choisi de ne pas vous parler cette fois-ci - mais que je vous conseille tout de même. Le chien est donc le meilleur ami de l'homme... et pas qu'ami cette fois-ci.

Non, je ne vais pas vous parler d'une bande dessinée zoophile, n'ayez crainte. Kuro est bien un chien, mais c'est lorsqu'il devient humain qu'il se montre plutôt... envahissant. Ukyo commence par penser qu'il a des hallucinations, mais lorsqu'il découvre que Kuro se transforme bien en homme, il décide de le garder et d'adapter son quotidien à cette étrange créature.
La seconde histoire tourne autour de Kentaro et Kasumi, amis d'enfance séparés par le divorce des parents de Kasumi, qui se retrouvent une fois lycéens. Sauf que Ken pensait que son ami était une fille (c'est bien un truc de japonais, ça) et n'est pas très ravi de découvrir Mr Kasumi. Enfin, pas au début en tout cas...
Pour finir, une brève histoire sur un jeune homme et son poisson rouge, qui se transforme en beau garçon la nuit pour venir se glisser entre ses draps, précède une interview de l'auteur et différents sketches de ses oeuvres.

La raison pour laquelle j'ai choisi ce livre, c'est d'abord et surtout parce que l'auteur a écrit une magnifique série, Last Client (image ci-contre), qui parle d'un ex-tueur à gages protégeant un jeune prostitué dont il va tomber amoureux. Cette série est une des meilleures au niveau scénario, action et cohérence que j'ai pu lire, et le fait que l'auteur ne l'ait jamais finie à cause d'un bouleversement causé par une affaire de plagiat (dont elle a été disculpée) est l'une des plus tristes choses qui soient. Ses autres livres, Wild Rock tout d'abord, une histoire d'amour préhistorique, puis Mad Love Chase, les aventures hilarantes d'un prince démon déguisé en lycéen et poursuivi par les siens, sont également très bons mais je n'ai pas retrouvé la petite étincelle de Last Client en eux.

Pourtant, je vous parle de Man's Best Friend car il reste parmi les manga que j'adore. Les dessins ne sont pas aussi beaux que ceux de Wild Rock mais tout de même soignés, avec les habituels grands yeux mystiques que l'auteur affectionne, et l'humour transparaît jusque dans les traits. Un humour omniprésent dans l'histoire d'Ukyo et Kuro, qui n'est qu'un chien surexcité et adorable comme on les aime, et plus finement distillée dans celle de Ken et Kasumi.
L'histoire d'amour est également présente, plus légère au début, un peu plus difficile entre Ken et Kasumi qui n'assument pas vraiment leur affection, puis testent leurs limites comme les adolescents le font si bien. Ils sont touchants dans leur maladresse et leur temps d'antenne est presque trop court pour qu'on puisse en profiter pleinement.

Pour une fois que la part belle est faite aux chiens et non aux chats, c'est l'occasion d'en profiter ! Un manga à ne pas mettre dans toutes les mains pour les quelques scènes "graphiques" qu'il contient, mais un bon moment de rigolade en perspective - rien de tel pour se détendre après une longue journée. N'hésitez plus !



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dimanche 2 mai 2010

Alley of first love, de Ellie Mamahara

Reçu le dimanche 2 mai 2010, 0 reviews
Résumé :
Shusuke, un jeune homme qui travaille dans un magasin d'alcool, est stupéfait lorsque son coup de foudre du lycée Atsushi revient chez lui après plusieurs années d'études à l'étranger. Pourquoi est-il revenu, alors qu'il avait juré de rester là-bas pour toujours ? Et après tout ce temps, ces deux-là ont-ils encore des sentiments l'un pour l'autre ? Il faudra plus que des opportunités ratées et une fête farfelue pour les empêcher de trouver le chemin de leur véritable amour !

Mon avis :
Je pensais que je n'aurais que l'embarras du choix pour sélectionner 10 mangas et en fait, j'ai eu beaucoup de difficulté à en sélectionner autant (en variant les auteur, bien sûr). Mes préférés n'ont malheureusement été publiés qu'en japonais à ce jour... alors j'ai choisi un classique pour aujourd'hui, une histoire de meilleurs amis amoureux l'un de l'autre, séparés par les circonstances et qui se retrouvent 6 ans après. Non, ne fuyez pas ! Ce n'est pas aussi mauvais que ça en à l'air, c'est promis.

Shusuke et Atsushi sont amis depuis l'enfance, et après avoir passé tout leur temps ensemble, Atsushi annonce subitement à son ami qu'il part faire ses études en Angleterre, et disparaît. Shusuke, future star du football, est forcé d'arrêter le sport après une blessure et devient vendeur au magasin d'alcool familial. Lorsque Atsushi revient six ans plus tard, les rumeurs vont bon train sur les raisons de son retour : détournement de fond, scandale... Shusuke hésite à lui parler, et après s'être rendu compte qu'il était toujours amoureux de son ami, les choses deviennent encore plus difficiles.

Vous l'aurez compris, une histoire d'amour assez classique, deux jeunes garçons maladroits avec leurs sentiments... c'est mignon, parfois amusant, et parfait si on veut se détendre un moment en lisant un manga. Les situations ne sont pas trop cliché, les personnages variés (l'entourage des protagonistes intervient régulièrement dans l'histoire pour apporter de la diversité) et les secrets qui planent autour d'Atsushi permettent à l'histoire de rester intéressante jusqu'au bout.

Niveau dessins, la mangaka est assez connue pour ses nombreux travaux dans ce style assez particulier, très épuré, avec des personnages incroyablement grands. La disproportion de la longueur du corps (et surtout des jambes) est un peu gênante au début mais on s'habitue assez rapidement, d'autant plus que les plans larges ne sont pas trop fréquents. Les traits du visage sont doux et un peu poétiques, et les jumelles-poupées qu'on voit régulièrement sont mignonnes, pleines de fraîcheur.
J'aime particulièrement la couverture sobre, dans des couleurs chaudes et douces, collant parfaitement avec l'ambiance de l'histoire.

L'auteur a écrit d'autres histoires, dont une très bonne sur un maître de maison et son dresseur canin, que j'espère voir sortir en version papier et en anglais un de ces jours (image ci-contre).

Une courte chronique donc, pour vous dire que si vous avez envie de vous détendre, au soleil sur une chaise longue avec un bouquin pas prise de tête, celui-ci est fait pour vous. Aucun contenu ne méritant avertissement n'est présent, alors vous pouvez même le laisser traîner chez vous sans crainte !



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samedi 1 mai 2010

Voice or Noise, de Yamimaru Enjin

Reçu le samedi 1 mai 2010, 0 reviews
Résumé :
Un jour d'été, le jeune Shinichiro a eu une conversation avec un chat du coin à propos d'univers parallèles. Des années plus tard, il découvre un autre chat qui peut parler le langage des humains, et une porte ouverte sur un tout nouveau monde. Malheureusement, son guide pour devenir un Docteur Dolittle des temps modernes est l'imperturbable et parfois hostile Narusawa, qui met Shinichiro en garde sur le fait que sa décision de parler aux animaux peut avoir des conséquences qu'il n'imagine pas. Cela semble amusant au début, surtout grâce à Acht, le charmant chat noir qui égaye leur quotidien, mais alors que Shinichiro et Narusawa se rapprochent, la complexité de la communication et du cœur humain commence à apparaître...

Mon avis :
Il y a des exceptions dans chaque genre qui existe, et j'avais envie de commencer par l'une d'entre elles. Ce manga a souvent été critiqué pour son manque d'action - entendez par là, d'action sous la couette - mais je pense qu'il n'est pas qu'une triste façade sans profondeur sinon un livre réfléchi, avec un peu plus de profondeur que d'habitude et qui mérite d'être connu.
Choisir dix manga dans ma bibliothèque a été difficile, mais je pense que celui-ci mérite sa dixième position. Acht serait sans doute très fier qu'on parle de lui de l'autre côté du monde !

"The summer I turned thirteen, I sat on the roof of my school and discussed parallel universes with a cat." Une intro comme je les aime !

Les histoires yaoi, pour ceux qui connaissent, regorgent de relations élève-professeur, patron-employé (ou employé-employé) ou encore senpai-kouhai (deux élèves avec une année ou plus de différence). Ici, on oublie les clichés, et on suit Shinchiro dans le cabinet du vétérinaire, où il espère faire soigner son chien d'un mal étrange qui le rend lunatique et agressif. Ce curieux vétérinaire va alors lui dire de trouver un de ses amis, Narusawa, professeur de physique quantique à l'université, car il sait parler aux animaux. Après un début plutôt houleux, Narusawa va finalement accepter d'enseigner à Shunichiro la maîtrise de son don de communication avec les animaux, qu'il pratique déjà avec Acht, le chat cynique et facétieux qui vit chez Narusawa.

S'il y a bien une chose qui me laisse perplexe dans ce livre, c'est la raison du classement "16 ans et plus" qu'affiche la couverture. Peut-être que les adolescents sont facilement effrayés par les animaux qui parlent, qui sait. En tout cas, pas d'inquiétude, il n'y a rien de choquant dans cette histoire. Shinichiro est un lycéen studieux qui aime les animaux, et décide d'apprendre à leur "parler" comme le fait Narusawa. Mais celui-ci n'est pas très enclin à lui enseigner quoi que ce soit, apparemment conscient du poids que ce "don" représente, et les seules manifestations d'affection que l'on voit se limitent à un ébouriffage de tête et un piquage de far occasionnel. Pas de quoi fouetter un chat, comme dirait Acht.

Arrêt sur image sur les personnages. Shinichiro est jeune et un peu naïf au début de l'histoire, mais le sérieux avec lequel il accomplit sa tâche de prendre soin de son chien est assez touchant. Au fil de l'histoire, on le voit se remettre en question, réfléchir aux mises en gardes de Narusawa et aux conséquences de ses actes ; un vrai petit voyage initiatique. Narusawa est quant à lui le "geek" typique, passionné de physique et de math, obtus, asocial et irascible - quelqu'un de pénible, donc. Mais la vitalité de Shinchiro va le sortir un peu de sa morosité et l'idée d'avoir quelqu'un qui le comprend est trop intéressante pour la laisser passer, même si c'est au prix de deux-trois prises de tête.
Leur relation conflictuelle est intéressante et Narusawa a un petit côté philosophe qui apporte une ambiance un peu mystique à l'histoire.

"If you talk with animals you may become like an animal. Take on an animalistic perspective. Whether it's dogs, cats or even rats."
"Do you have any idea what that means?"
"Someday, you'll have to draw that line inside yourself."
"Which will you recognize as a voice? Which will you discard as noise?"

Acht - le chat parlant - mérite son paragraphe à lui tout seul. Véritable révélation pour Shinichiro, qui découvre que son rêve d'enfant était peut-être bien un souvenir et qu'il peut parler aux animaux, il colle aux pattes de nos deux héros en leur lançant des petites remarques très félines, appuyant là où ça fait mal, mais capable aussi des plus puériles facéties dont les chats raffolent. Derrière son rôle de bouffon se cache aussi une histoire plus profonde, qui est pleinement mise en valeur dans la dernière partie du livre et crée ce petit suspense qui donne envie de lire la suite sans tarder.

Pour une fois que je peux parler des dessins, j'en profite. Je ne dirai pas que cette mangaka est la meilleure que j'aie jamais vue, mais le style est cohérent (il n'y a pas de grosses différences entre le tome 1 et 2 par exemple) et expressif. Narusawa est le typique beau gosse mystérieux, Shinchiro le jeune garçon souriant plein d'énergie mais facilement blessé, et les quelques chibis (version miniatures et mignonnes des personnages) dont assez réussis. Les animaux ne sont pas en reste non plus, même on regrette un certain manque de réalisme dans leur trait, qui varie assez d'un dessin à l'autre.

Du côté des points négatifs, les amateurs d'action (et pas juste sous la couette) seront sans doute déçus, car l'histoire est plutôt centrée sur la psychologie des personnages qu'autre chose. Quelques traductions d'onomatopées manquent elles aussi à l'appel. L'humour est bien dosé bien qu'un peu absent parfois, et quelques incohérences au début de l'histoire rendent l'immersion un peu difficile - les ellipses temporelles non-expliquées y sont pour quelque chose, je pense.

Un petit mot sur le tome 2 pour les intéressés : quelques dérives métaphysiques, un Shin-chan impatient de parler aux animaux et Naru-Naru qui se rapproche petit à petit de son jeune ami, acceptant difficilement cette inexplicable attraction. Doc Ikegami (le vétérinaire) gagne lui aussi du temps d'antenne et le grand mystère d'Acht se résout... bref, une suite dans le même esprit que le premier volume.


J'espère vous avoir donné envie d'y jeter au moins un coup d'œil si vous le voyez un jour - je sais, il est en anglais et ça ne se trouve pas à tous les coins de rue, mais qui sait ! À demain pour le prochain manga.


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Lilyn Kirjahylly Copyright © 2011, by The Scary Cupcake & Mr Pink Eyes
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