samedi 13 février 2010

Daybreakers,
des frères Spierig

Reçu le samedi 13 février 2010, 3 reviews
Synopsis :
En 2019, les vampires ont pris le contrôle de notre planète. Les humains ne sont plus qu'une petite minorité, entretenue uniquement pour nourrir la population dominante. Edward Dalton est un vampire qui travaille dans la recherche. Il refuse de se nourrir de sang humain et œuvre sans relâche à la mise au point d'un substitut qui pourrait à la fois nourrir ses semblables et sauver les derniers spécimens d'hommes. Lorsqu'il rencontre Audrey, une jeune survivante humaine, il va découvrir un secret biologique qui peut tout changer. Désormais, fort d'un savoir que vampires et humains veulent s'approprier à tout prix, Edward va se retrouver au centre d'un affrontement absolu dont l'enjeu décidera de l'avenir des deux espèces...

Mon avis :
Vampires, vous avez dit vampires ? Oubliez les amourettes et les champs de fleurs, Edward a pris un coup de vieux, arrêté le fond de teint blanc et largué sa copine pour essayer de sauver l'espèce en trouvant la recette du parfait sang synthétique. Ne vous affolez pas, je plaisante, ce film n'est pas du tout la suite de Twilight. Les humains sont devenus des animaux de ferme, exploités pour leur sang, et le monde est devenu nocturne, régi par la grandissante population de vampires. Une dose d'immortalité, une bonne autre d'hémoglobine, et l'ambiance sombre et dangereuse du film est en place. C'est le moment de s'accrocher à son siège, parce que ça ne va pas rigoler.

Dès le début, on est confronté aux fermes d'humains, au laboratoire d'Edward et à ses recherches de substitut de sang humain. La situation est critique dès le début : si le sang s'épuise, c'est la fin de l'humanité, et les vampires affamés vont perdre leur humanité pour se changer en d'immondes créatures sans foi ni loi, capables de dévorer jusqu'à leurs semblables pour calmer la faim qui les taraude. Mais le sang synthétique n'est pas au point, comme on le voit à l'explosion du premier vampire cobaye (yuk). Edward va alors rencontrer une bande d'humains, menée par la belle Audrey, qui va lui montrer que plutôt que de synthétiser du sang, il y a mieux pour préserver l'espèce humaine. Mais ça, je vous laisse le découvrir !

En allant voir ce film, je ne m'attendais pas vraiment à ça. J'ai sursauté à la première seconde (merci la chauve souris), frémis régulièrement, fais la grimace devant les litres de sang qui ont imbibés la pellicule et sursauté à la dernière seconde (re-merci la chauve souris). Son titre de film d'horreur est bien mérité, même si l'univers recherché et stylisé du film penche plus vers le côté science fiction. J'ai bien aimé le fait frôle ainsi plusieurs genre, même l'humour parfois lors du ralenti de la scène "d'orgie", qui apporte une finition agréable.

Niveau personnages, on est plutôt gâté : Ethan Hawke joue très bien son rôle, les "rebelles" humains aussi, et on apprécie de ne pas devoir subir l'habituelle mièvre histoire d'amour entre les héros. L'intrigue ne se perd pas dans des détails inutiles, on va droit dans l'action, et c'est tant mieux. Go for the blood!

Vous l'aurez compris, Daybreakers n'est pas une promenade, mais bien que je ne m'y attende pas, je l'ai trouvé plutôt sympa. Un film d'horreur qui ne fait pas trop peur, au design soigné et à l'intrigue qui tient la route, ça reste synonyme d'une bonne soirée. Je le conseille aux moins frileux d'entre vous !

Petit plus : la reprise de Running Up That Hill par Placebo dans la BO, qui colle très bien au thème.

Ma note : 7,5/10



Genre : Epouvante-horreur, Science fiction
Long-métrage américain.
Durée : 1h38 min
Année de production : 2009
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Date de sortie en France : 3 mars 2010

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jeudi 11 février 2010

Burton on Burton, sous la direction de Mark Salisbury

Reçu le jeudi 11 février 2010, 12 reviews
Extrait de la préface :
« [Burton] est pour moi un véritable génie, et je n’utilise pas ce mot avec beaucoup de gens, vous pouvez me croire. On ne peut pas mettre d’étiquette sur ce qu’il fait. Ce n’est pas de la magie, parce que ça impliquerait une sorte de supercherie. Ce n’est pas juste une compétence, parce que ça voudrait dire qu’il l’a apprise. Ce qu’il a est un don très spécial qu’on ne voit pas tous les jours. Ce n’est pas assez de l’appeler un réalisateur. Le rare titre de « génie » lui convient mieux… pas seulement pour ses films mais aussi ses dessins, ses photographies, ses pensées, sa perspicacité, ses idées… Je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi décalé s’intégrer aussi bien. »
Johnny Depp

Résumé :
Bien que toujours dans la trentaine, Tim Burton s’est établi ces quinze dernières années comme l’un des grands visionnaires du cinéma. Avec des films comme Batman, Beetlejuice, Edward aux mains d’argent, L’Étrange Noël de Mr Jack, Ed Wood, et plus récemment, Sleepy Hollow, il a continuellement bravé de nouveaux territoires, à la fois visuellement et thématiquement, explorant la sombre angoisse – en même temps que l’humour noir – qui animent beaucoup de ses personnages, tout en créant une image densément texturée, parfois étrange, spécifique à chaque film.

Dans Burton on Burton, Burton parle de son étrange apprentissage comme animateur chez Disney, de l’importance du design dans ses films, et des thèmes récurrents que l’on retrouve dans son travail. Il discute également de l’influence des films de science fiction des années 50 et 70 sur Mars Attacks! ainsi que de la façon dont il a conçu cette approche très stylisée du décor de Sleepy Hollow, sa version acclamée de l’histoire de Washington Irving avec Johnny Depp dans le rôle principal, probablement l’acteur que l’on identifie le mieux au travail de Burton. Comprenant des photos de tournage, des extraits de scripts et des illustrations de ses films majeurs, Burton on Burton apporte des informations sur l’homme et son œuvre qui éclairent à la fois son unique vision artistique et les films extraordinaires qui en ont résulté.

Mon avis :
Difficile de donner son avis sur un livre comme celui-ci, mais pourtant je ne peux pas laisser passer l'occasion de vous le faire découvrir. Je ne suis pas la seule fan de Tim Burton en ce bas-monde, heureusement, et quiconque curieux de découvrir cet étonnant réalisateur peut être intéressé par ce livre. Car ce n'est pas juste une biographie, pas juste des faits relatés de façon ennuyeuse comme on le voit souvent... non, ce livre vous plonge dans les méandres de l'esprit de Burton, et c'est un vrai plaisir de connaître sa vision de ces films qui nous ont tous (ou presque) fait un jour rêver.

Burton a commencé sa vie comme animateur chez Disney, et s'il leur est reconnaissant de certaines choses, il ne leur est sûrement pas de d'autres. Comme devoir dessiner des scènes de Rox et Rouky, par exemple. Étonnant que les mignons petits renards larmoyants ne soient pas son truc, n'est-ce pas ? On apprend que Disney ne lui a jamais demandé de gros plans car il dessinait comme un pied, et pourtant ce sont bien ses dessins si particuliers que l'on retrouve au fil du livre, illustrations de chacun de ses films, chacun de ses projets qu'il ne peut mener à bien sans les coucher avant sur papier. Son niveau d'implication dans ses œuvres est assez impressionnant, et il explique qu'il doit s'identifier un minimum à un film pour pouvoir le réaliser. Je rejoins d'ailleurs son avis au sujet des livres : l'identification est la clé du succès.

Burton, à propos de Batman :
The film is like the duel of the freaks. It's a fight between two disfigured people. That's what I love about it. I was always aware of how weird it was, but I was never worried about it in any way. The Joker is such a great character because there is a complete freedom to him. Any character who operates on the outside of society and is deemed a freak and an outcast then has the freedom to do what they want. The Joker and Beetlejuice can do that in a much more liberating way than, say, Edward Scissorhands, or even Pee-Wee, because they're deemed disgusting. They are the darker side of freedom. Insanity is in some scary way the most freedom you can have, because you're not bound by the laws of society.

Edward, by Burton

On apprend aussi quelles sont les choses qui ont marqué Burton dans sa vie. Il avoue lui même qu'il n'a jamais beaucoup lu - pourquoi lire quand on peut regarder un film ? Et des films, il en a vu beaucoup. Des vieux films, des films d'horreur, des films kitsch... autant de pellicules qui l'ont marqué et influencé plus tard dans ses œuvres. Il parle de son admiration pour Vincent Price, que l'on retrouve en narrateur dans son tout premier court métrage et dans Edward aux Mains d'Argent ensuite, de sa passion pour le réel qu'offre l'animation face à la modélisation numérique, des films de Fellini qui n'ont aucun sens mais qu'il adore... de tout et de rien, quelque part, mais de tout ce qui compte vraiment. Il revient plusieurs fois sur le pouvoir des masques et du maquillage, et sur la libération qu'une tonne de maquillage peut apporter à une personne. On réfléchit au monde autrement après ça.

Burton, à propos des personnages de Batman Returns :
There is something about being hidden that in some weird way helps you to be more open because you feel freer. People would open up much more. They were always a little bit wilder, because something about wearing a mask protected them. It's something I have noticed in our culture and have felt myself. When people are covered, a certain weird freedom comes to the surface. It seems that the opposite should be true, but I've found that it isn't.

Cette passion pour l'animation, on la retrouve régulièrement chez Burton. Elle a commencé avec Vincent, Frankenweenie, L'Étrange Noël de Mr Jack, Mars Attacks!... la liste est longue. À chaque fois qu'il a fallu choisir entre l'ordinateur et la création manuelle, il s'est toujours tourné vers cette dernière. Jusque dans Big Fish, où il a préféré faire planter un champs de fleurs plutôt que de faire jouer l'acteur devant un fond bleu. Eh oui, c'est ça aussi les génies ; il faut accepter leur petites manies. Mais une manie qui est là pour servir le film - son irréductible priorité - ce serait difficile de la lui reprocher.



Burton parle aussi des gens qui l'ont accompagné depuis le début. Du côté de Hollywood, ce sont les regards méfiants et grimaces ennuyées qui l'ont souvent accueilli, mais il a heureusement su s'entourer d'artistes qui partagent sa vision des choses. Des animateurs d'abord, Selick et ses confrères, des musiciens, dont le célèbre Danny Elfman qu'il a lui même lancé au début de sa carrière, puis d'autres producteurs, à qui il a confié certains de ses films, et surtout des acteurs : Johnny Depp, l'homme qui le comprend sans avoir besoin de parler, celui capable de se mettre dans la peau de ses personnages mieux que personne ; Michael Keaton, celui qui l'a aidé dans ses débuts difficiles ; Jack Nicholson, le Joker aux milles visages ; et Helena Bonham Carter, sa douce et tendre qu'il est toujours gêné de présenter comme actrice pour ses films, mais toujours ravi de voir jouer avec talent ses personnages. Et je ne cite ceux-là que pour faire court, c'est vous dire.

S'il y a une chose à laquelle Burton tient, en dehors des squelettes et des rayures blanches et noires, c'est bien la connexion qui doit se faire entre un réalisateur et les gens avec qui il travaille. Tout au long du livre, on découvre qu'il n'y a jamais de "je connaissais cet acteur et il jouait bien" ou de "ce scénariste est très côté alors je l'ai engagé". Non, ce qu'on retrouve toujours, c'est "on a discuté et j'ai senti qu'il y avait une connexion". Pour quelqu'un d'aussi mauvais en relations humaines, Burton a besoin de ce déclic avec les gens, celui qui lui permet de leur donner ses dessins ou bafouiller ses idées pour qu'ils en fassent le film parfait, et petit à petit, on se sent nous aussi connecté à cet esprit étrange, parfois incompris, souvent étiqueté à tort, et qui défend ses convictions avec ardeur.


Burton, au sujet de Sleepy Hollow :
Lately I haven't paid any attention to what's going on in the movie business or the States. It's best not to look at it, and to just keep trying to do what you want to do. It's also temporary, this whole business - one second they want you, the next they don't, then they do again. It somehow seemed easier at the beginning when people really didn't know you. You just kind of did it and were flying below the radar, so to speak. Now you get marked for certain things: 'Oh, he likes weird things' or 'He spends too much money' - whatever rap they want to pin on you. That's the thing in Hollywood - they like to label everybody. The labels can change, but they stick with you until you're re-labelled.

Alors si votre curiosité, votre esprit cinéphile ou votre âme d'enfant se demande qui est Tim Burton, ce livre est pour vous. Il est en anglais, c'est vrai, il est assez long, c'est vrai aussi, et il ne parle pas de tous ses films (bien qu'il existe une nouvelle édition révisée depuis celle-ci), mais malgré tout ça, ce livre est un petit morceau de la vie d'un génie, raconté par ce même génie. Franchement, ça vous arrive souvent de voir ça ?

Ma note : 10/10

Allez jeter un œil à l'article de Constance93 si vous hésitez encore !


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mercredi 3 février 2010

Sherlock Holmes,
de Guy Ritchie

Reçu le mercredi 3 février 2010, 4 reviews
Synopsis :
Aucune énigme ne résiste longtemps à Sherlock Holmes... Flanqué de son fidèle ami le Docteur John Watson, l'intrépide et légendaire détective traque sans relâche les criminels de tous poils.
Après qu'une série de meurtres rituels a ensanglanté Londres, Holmes et Watson réussissent à intercepter le coupable : Lord Blackwood. A l'approche de son exécution, ce sinistre adepte de la magie noire annonce qu'il reviendra du royaume des morts pour exercer la plus terrible des vengeances.
La panique s'empare de la ville après l'apparente résurrection de Blackwood. Scotland Yard donne sa langue au chat, et Sherlock Holmes se lance aussitôt avec fougue dans la plus étrange et la plus périlleuse de ses enquêtes...

Mon avis :
J'entends déjà les puristes s'indigner de cette "adaptation" cinématographique de Sherlock Holmes. Eh bien, pour tout vous dire, je n'ai jamais lu ce classique, donc je ne risque pas de faire la comparaison entre les deux ! Voici donc l'avis enthousiaste d'une ignorante de l'univers d'origine.

La première chose qui m'ait donné envie de voir ce film, c'est l'humour qui transparaissait dans la bande annonce. Robert Downey Jr. est un acteur que j'apprécie et qui franchement, fait tout le succès du film. Pour moi, il collait merveilleusement à la peau de son personnage, charismatique, drôle, désordonné et surprenant. La surprise a été un des agréables facteurs du film, et sans avoir une intrigue très originale, j'ai trouvé que les éléments de l'enquête étaient bien amenés.

Jude Law rattrape le coup d'une performance un peu moyenne dans L'imaginarium du Docteur Parnassus en jouant un Watson sérieux, faisant de son mieux pour sortir Holmes de sa tanière et incapable de résister à ses caprices. J'ai adoré le petit côté "couple qui se chamaille" que Holmes et Watson ont interprété avec humour.

Seul élément un peu étrange du film : les séquences de réflexion de Holmes, où il se met alors à imaginer au ralenti les prochaines étapes de son action avant de l'effectuer en vitesse réelle. Le côté ralenti m'a un peu dérangé, le fait que ses talents de combattants soient aussi poussés aussi, mais heureusement il n'y a eu que quelques uns de ces "interludes" dans le film.

Au final, pas forcément un chef d'œuvre mais un film marrant, divertissant, qui ne se prend pas au sérieux et qui permet de passer un bon moment pop-corn (ou canapé pour le DVD), que je recommande aux moins sérieux d'entre vous.

Ma note : 8/10


Long-métrage américain, britannique, australien.
Genre : Action, Aventure
Durée : 2h08 min
Année de production : 2008
Distributeur : Warner Bros. France
Sortie en France : 3 février 2010

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Lilyn Kirjahylly Copyright © 2011, by The Scary Cupcake & Mr Pink Eyes
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