mercredi 27 janvier 2010

Meurtres sur le Palatin,
de Cristina Rodríguez

Reçu le mercredi 27 janvier 2010, 7 reviews

Ce livre a été lu dans le cadre d’un partenariat entre et
que je remercie tous les deux pour cette merveilleuse découverte.


Résumé :
Dans la Rome impériale, sous le règne de Tibère, on fait de bien étranges découvertes. Comme celle d'un cadavre, affreusement mutilé, sous la langue duquel on a glissé un denier. Paiement pour son passage aux Enfers ? Kaeso le prétorien, ami de Caligula et fils d'une prêtresse venue de Germanie, est chargé de l'enquête alors qu'il a déjà fort à faire. Outre protéger la famille impériale, il doit lutter contre la corruption des bas-fonds de la ville, se garder de la vengeance de ses anciens compagnons d'armes, et... fuir les assiduités de la malicieuse Concordia, sa ravissante cousine. Quand le mystérieux Apollonius, qui se prétend l'oracle d'Apollon, entre en scène, Kaeso est subjugué par sa beauté. Que cache vraiment cet éphèbe, qui a ses entrées dans la plus haute société romaine avide de sanglants combats de gladiateurs et de paris truqués ? Kaeso, flanqué de Io, son inséparable léopard, n'aura d'autre choix que de le découvrir. Cristina Rodríguez évoque l'Antiquité romaine avec une rare précision et une formidable vitalité. Avec Kaeso le prétorien, elle nous emmène à la découverte de Subure, du monde sans pitié des gladiateurs et des intrigues du pouvoir...

Mon avis :
Soyons clairs tout de suite, ce livre est mon premier coup de cœur de l'année 2010, et je plaide joyeusement coupable pour le manque d'objectivité que va contenir cette critique. Si j'avais eu le temps de le lire d'une traite, je l'aurais probablement fait, mais j'ai dû me contenter de quelques nuits de sommeil plus courtes que les autres pour me plonger dans cette prenante histoire.

Lorsque j'ai vu ce livre, proposé en partenariat sur Livraddict, la première pensée qui m'est venue est qu'il avait l'air sulfureux. Eh bien, je n'ai pas eu tord une seconde ; l'action se déroule à Rome, dans ses ruelles les plus sombres, ses tavernes les plus glauques et ses atriums les plus chics. On y retrouve ses sénateurs, ses prétoriens, ses gardes, ses marchands et ses esclaves, jusqu'aux mystérieux oracles, qui gravitent chacun les uns autour des autres, se mêlant des affaires de chacun, fourrant leur nez où il ne faudrait pas et se retrouvant embarqués dans des aventures qui les dépassent, pour notre plus grand plaisir.

Par chance, cette lecture a coïncidé avec mon visionnage de la sixième saison de la série Kaamelott (que je recommande à tout le monde, au passage) qui se déroule elle aussi à Rome. Grâce à ça, j'ai pu visualiser les descriptions du livre avec beaucoup plus de clarté qu'en temps normal (merci à ma culture historique proche du néant) et ainsi me plonger complètement dans ce monde que je trouve fascinant, ses couleurs et son côté rustre, presque violent, qui font une partie du charme de ce roman.

Car soyons honnêtes, ce n'est pas exactement une promenade de santé. Les jeux de séductions sont aussi nombreux que les cadavres que l'on rencontre, et si les détails des parties de jambes en l'air sont assez poussés, ceux des exécutions ne sont pas en reste non plus. Cependant, j'ai trouvé que ce style à la fois direct et cru colle parfaitement à l'ambiance sulfureuse du roman. On y retrouve Rome grandiose, aussi bien dans sa gloire que sa déchéance, et impossible de rester impassible face à cette histoire.

Comme on pourrait l'avoir oublié depuis le début de ma critique, ce livre est un policier, et au delà de la belle ballade à Rome qu'il offre, il nous emmène également dans ses bas fonds pour y trouver de mystérieux assassinats, dont les cadavres sont retrouvés lacérés de coups de couteaux et portant un denier d'argent sous la langue, prix à payer à Charon pour traverser le fleuve des enfers dans les légendes. Le début de l'enquête se met en place doucement, puis vers le milieu du roman tout s'accélère, les suspects se multiplient et c'est dans ce joyeux désordre qu'on suit un Kaeso un peu perdu mais bien décidé à éradiquer le mal qui empoisonne le Palatin. Je le répète, je ne suis pas une habituée des policiers, et une fois de plus j'ai été surprise jusqu'à la dernière page, retournant ma veste à chaque nouveau suspect potentiel. Un véritable plaisir.

Les personnages ne sont pas en reste, ils sont même au cœur de cette histoire, ayant chacun leur importance et leur caractère propre. Kaeso est le stéréotype du Prétorien beau, fort et musclé, à la droiture d'esprit inégalable et qu'on peut admirer de tout son saoul. Heureusement, l'auteur l'a préservé de l'arrogance qui va avec l'ensemble, et c'est un homme drôle et facétieux que l'on suit tout au long de l'histoire, accompagné de son attachante et tout aussi malicieuse compagne Io, le léopard au vilain penchant pour les mollets. La belle Concordia et ses vaines tentatives de séduction envers son cousin Kaeso, le mystérieux oracle Apollonius et son géant noir, l'adorable couple Ludius - Mnester, jusqu'aux soldats amis de Kaeso, tous ont une place bien définie dans l'histoire et on s'attache facilement a eux.

Pour enrober tout ça, l'auteur utilise un style simple, qui se repose assez sur les dialogues pour ne pas devenir traînant mais avec juste ce qu'il faut de descriptions pour s'imaginer clairement le décor et les scènes importantes. L'humour est très présent aussi bien dans le caractère des personnages que dans leurs répliques, et malgré qu'on assiste à des bains de sang la légèreté du style évite la grimace de dégoût qui les accompagne habituellement.
Bien que ce soit un élément commun pour le lieu et l'époque, j'ai apprécié que les relations homosexuelles soient mises au même plan que les autres, sans se contenter de les effleurer comme c'est souvent le cas. Ludius se montre aussi touchant que son amant, et c'est toujours avec plaisir qu'on les retrouve au détour d'un passage en se demandant si tout va finalement s'arranger pour eux.

Difficile de dire quoi que ce soit d'autre, la seule critique qui me vient à l'esprit est que le livre aurait pu être un peu plus long... j'aurais avec plaisir dévoré cent pages de plus. Beaucoup lui reprochent son manque de fond historique, son langage cru et ses détails osés, mais personnellement, c'est comme ça que je le préfère. Une histoire que j'aurais voulu écrire moi-même, tout simplement.

Ma note : 9,5/10

Pour les curieux, le site des deux romans consacrés à Kaeso : www.kaesolepretorien.com et mon avis sur sur le premier tome, Les Mystères de Pompéi, ainsi que le troisième, L'Aphrodite Profanée.


Reviews (7)

Le 27 janvier 2010 à 11:46 , Jess a dit…

Mon avis est plus mitigé que le tien. Pour moi côté "polar", il manquait vraiment quelque chose. Mais ça reste une belle lecture et je compte bien me replonger dans les aventures de Kaseo le prétorien !

Le 27 janvier 2010 à 11:50 , Miss Spooky Muffin a dit…

Disons que le côté Polar, c'est celui "je fais avec", alors un polar qui n'en est pas vraiment un, c'est parfait pour moi ;)

Le 27 janvier 2010 à 14:46 , Nathalie a dit…

Cool, encore un livre que tu vas me prêter :D

Le 27 janvier 2010 à 14:49 , Miss Spooky Muffin a dit…

Je crois que tu peux commencer à me faire une liste, je ne sais déjà plus ce que tu voulais d'autre !

Le 27 janvier 2010 à 19:42 , Anne Sophie a dit…

j'avais déjà prévu de le lire... donc je confirme !

Le 6 mars 2010 à 02:13 , Cristina Rodriguez a dit…

Merci d'avoir pris la peine de lire et de commenter de roman. Vous m'en voyez très touchée. Bien amicalement. Cristina Rodriguez

Le 6 mars 2010 à 11:23 , Miss Spooky Muffin a dit…

Merci à vous d'avoir écrit un si bon livre, j'ai vraiment passé un excellent moment à le lire et j'ai hâte de pouvoir me procurer les autres. Une suite bientôt j'espère ?
Bonne continuation et merci pour le commentaire !

 

Lilyn Kirjahylly Copyright © 2011, by The Scary Cupcake & Mr Pink Eyes
All images © the incredible Shaun Tan