samedi 30 janvier 2010

La Route,
de John Hillcoat

Reçu le samedi 30 janvier 2010, 9 reviews
Synopsis:
Il y a maintenant plus de dix ans que le monde a explosé. Personne ne sait ce qui s'est passé. Ceux qui ont survécu se souviennent d'un gigantesque éclair aveuglant, et puis plus rien. Plus d'énergie, plus de végétation, plus de nourriture... Les derniers survivants rôdent dans un monde dévasté et couvert de cendre qui n'est plus que l'ombre de ce qu'il fut. C'est dans ce décor d'apocalypse qu'un père et son fils errent en poussant devant eux un caddie rempli d'objets hétéroclites - le peu qu'ils ont pu sauver et qu'ils doivent protéger. Ils sont sur leurs gardes, le danger guette. L'humanité est retournée à la barbarie. Alors qu'ils suivent une ancienne autoroute menant vers l'océan, le père se souvient de sa femme et le jeune garçon découvre les restes de ce qui fut la civilisation. Durant leur périple, ils vont faire des rencontres dangereuses et fascinantes. Même si le père n'a ni but ni espoir, il s'efforce de rester debout pour celui qui est désormais son seul univers.

Mon avis :
Je n'ai pas vraiment été très impressionnée par ce film. Beaucoup parlaient du livre, qu'ils trouvaient formidable, mais n'ayant pas le temps (ni trop l'envie) de le lire, je me suis dit que le film m'aiderait à me faire un avis. Eh bien, je ne regrette pas d'avoir passé mon tour.

Mais avant de vous parler de ce film, faisons un petit écart dans le temps. Comme vous vous en doutez sûrement, je suis allée voir Avatar, comme toute bonne cinéphile qui se respecte, curieuse de ce phénomène qui déchaîne les foules. J'aurais pu vous en faire une critique, mais avec toutes celles qui pullulent déjà sur le net, vous n'avez pas sûrement pas besoin de mon avis pour vous faire une idée. Oui, les images sont belles, et oui, le scénario laisse à désirer. Je l'ai vu en 3D, et je suis contente de l'avoir fait, mais je ne pense pas l'acheter en DVD. Déjà parce que le côté grandiose se perd sur une petite télé, et aussi parce que je n'ai pas plus envie que ça de le revoir. Félicitations pour la fortune que ce film vous a rapporté, Mr Cameron, mais comme je l'ai déjà dit, l'Avatar dont j'ai envie de vous parler ne sort que cet été. Stay tuned!

Bref, retournons donc à The Road. Dès le début, on est dans l'ambiance : tout est gris, morne, froid et sale, et ce sera de même pendant les 2h du film. La trame principale est celle du "voyage" de ce père et son fils, des personnages sans nom, qu'on suit sur les routes vides de ce monde désolé. Par moment, des flash-backs sur la femme du héros nous ramènent au moment de la fin du monde, à comment ils l'ont vécu, et là aussi, juste des moments amers, tristes et voués à la fin qu'on devine. Le désespoir est comme un parasite qui s'étend tout au long du film, et je l'ai trouvé assez dense pour en devenir presque oppressant.

Les personnages sont intéressants, bien qu'on soit uniquement focalisé sur ce père et son fils, ils pourraient être n'importe qui. Leur sort est celui de tous ceux qui ont choisi de ne pas rejoindre soit les cannibales, soit les gangs, et j'avoue que leur courage face au néant qu'est devenu le monde est assez impressionnant. Vivre constamment avec la fin, le froid, la saleté, en espérant que quelque chose de mieux les attende au sud (ce dont je doute, personnellement), c'est vraiment admirable. Ou peut-être complètement dingue, tout dépend du point de vue.

On m'avait prévenu que ce film n'était pas tout public, et si au début j'ai pu penser que c'était à cause de la violence et la traque des gangs envers les individus isolés, quelques moments bien sentis en compagnie des cannibales, occupés à s'entre-dévorer au fond d'une cave, m'ont laissé un très très mauvais goût sur la langue (et une nuit bien agité, merci beaucoup). En dehors de ça, il n'y a pas vraiment d'action dans le film, seulement ce mouvement migratoire incessant que j'ai trouvé à la fois long, peu intéressant et un peu fatiguant. La relation père-fils assez touchante, qui est sans doute l'aspect principal du film, ne m'a pas vraiment bouleversée. Les conversations sont rares, et j'ai eu l'impression qu'ils ne se comprenaient pas vraiment mais se contentaient d'être ensemble, par la force des choses.

Pas vraiment un chef d'œuvre à mes yeux, que je ne recommande pas aux âmes sensibles ni à ceux qui ont le moral dans les chaussettes.

Ma note : 4,5/10



Titre original : The Road
Long-métrage américain.
Genre : Science fiction, Drame
Durée : 1h59 min
Année de production : 2007
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Sortie en France :2 décembre 2009

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mercredi 27 janvier 2010

Meurtres sur le Palatin,
de Cristina Rodríguez

Reçu le mercredi 27 janvier 2010, 7 reviews
Ce livre a été lu dans le cadre d’un partenariat entre et
que je remercie tous les deux pour cette merveilleuse découverte.


Résumé :
Dans la Rome impériale, sous le règne de Tibère, on fait de bien étranges découvertes. Comme celle d'un cadavre, affreusement mutilé, sous la langue duquel on a glissé un denier. Paiement pour son passage aux Enfers ? Kaeso le prétorien, ami de Caligula et fils d'une prêtresse venue de Germanie, est chargé de l'enquête alors qu'il a déjà fort à faire. Outre protéger la famille impériale, il doit lutter contre la corruption des bas-fonds de la ville, se garder de la vengeance de ses anciens compagnons d'armes, et... fuir les assiduités de la malicieuse Concordia, sa ravissante cousine. Quand le mystérieux Apollonius, qui se prétend l'oracle d'Apollon, entre en scène, Kaeso est subjugué par sa beauté. Que cache vraiment cet éphèbe, qui a ses entrées dans la plus haute société romaine avide de sanglants combats de gladiateurs et de paris truqués ? Kaeso, flanqué de Io, son inséparable léopard, n'aura d'autre choix que de le découvrir. Cristina Rodríguez évoque l'Antiquité romaine avec une rare précision et une formidable vitalité. Avec Kaeso le prétorien, elle nous emmène à la découverte de Subure, du monde sans pitié des gladiateurs et des intrigues du pouvoir...

Mon avis :
Soyons clairs tout de suite, ce livre est mon premier coup de cœur de l'année 2010, et je plaide joyeusement coupable pour le manque d'objectivité que va contenir cette critique. Si j'avais eu le temps de le lire d'une traite, je l'aurais probablement fait, mais j'ai dû me contenter de quelques nuits de sommeil plus courtes que les autres pour me plonger dans cette prenante histoire.

Lorsque j'ai vu ce livre, proposé en partenariat sur Livraddict, la première pensée qui m'est venue est qu'il avait l'air sulfureux. Eh bien, je n'ai pas eu tord une seconde ; l'action se déroule à Rome, dans ses ruelles les plus sombres, ses tavernes les plus glauques et ses atriums les plus chics. On y retrouve ses sénateurs, ses prétoriens, ses gardes, ses marchands et ses esclaves, jusqu'aux mystérieux oracles, qui gravitent chacun les uns autour des autres, se mêlant des affaires de chacun, fourrant leur nez où il ne faudrait pas et se retrouvant embarqués dans des aventures qui les dépassent, pour notre plus grand plaisir.

Par chance, cette lecture a coïncidé avec mon visionnage de la sixième saison de la série Kaamelott (que je recommande à tout le monde, au passage) qui se déroule elle aussi à Rome. Grâce à ça, j'ai pu visualiser les descriptions du livre avec beaucoup plus de clarté qu'en temps normal (merci à ma culture historique proche du néant) et ainsi me plonger complètement dans ce monde que je trouve fascinant, ses couleurs et son côté rustre, presque violent, qui font une partie du charme de ce roman.

Car soyons honnêtes, ce n'est pas exactement une promenade de santé. Les jeux de séductions sont aussi nombreux que les cadavres que l'on rencontre, et si les détails des parties de jambes en l'air sont assez poussés, ceux des exécutions ne sont pas en reste non plus. Cependant, j'ai trouvé que ce style à la fois direct et cru colle parfaitement à l'ambiance sulfureuse du roman. On y retrouve Rome grandiose, aussi bien dans sa gloire que sa déchéance, et impossible de rester impassible face à cette histoire.

Comme on pourrait l'avoir oublié depuis le début de ma critique, ce livre est un policier, et au delà de la belle ballade à Rome qu'il offre, il nous emmène également dans ses bas fonds pour y trouver de mystérieux assassinats, dont les cadavres sont retrouvés lacérés de coups de couteaux et portant un denier d'argent sous la langue, prix à payer à Charon pour traverser le fleuve des enfers dans les légendes. Le début de l'enquête se met en place doucement, puis vers le milieu du roman tout s'accélère, les suspects se multiplient et c'est dans ce joyeux désordre qu'on suit un Kaeso un peu perdu mais bien décidé à éradiquer le mal qui empoisonne le Palatin. Je le répète, je ne suis pas une habituée des policiers, et une fois de plus j'ai été surprise jusqu'à la dernière page, retournant ma veste à chaque nouveau suspect potentiel. Un véritable plaisir.

Les personnages ne sont pas en reste, ils sont même au cœur de cette histoire, ayant chacun leur importance et leur caractère propre. Kaeso est le stéréotype du Prétorien beau, fort et musclé, à la droiture d'esprit inégalable et qu'on peut admirer de tout son saoul. Heureusement, l'auteur l'a préservé de l'arrogance qui va avec l'ensemble, et c'est un homme drôle et facétieux que l'on suit tout au long de l'histoire, accompagné de son attachante et tout aussi malicieuse compagne Io, le léopard au vilain penchant pour les mollets. La belle Concordia et ses vaines tentatives de séduction envers son cousin Kaeso, le mystérieux oracle Apollonius et son géant noir, l'adorable couple Ludius - Mnester, jusqu'aux soldats amis de Kaeso, tous ont une place bien définie dans l'histoire et on s'attache facilement a eux.

Pour enrober tout ça, l'auteur utilise un style simple, qui se repose assez sur les dialogues pour ne pas devenir traînant mais avec juste ce qu'il faut de descriptions pour s'imaginer clairement le décor et les scènes importantes. L'humour est très présent aussi bien dans le caractère des personnages que dans leurs répliques, et malgré qu'on assiste à des bains de sang la légèreté du style évite la grimace de dégoût qui les accompagne habituellement.
Bien que ce soit un élément commun pour le lieu et l'époque, j'ai apprécié que les relations homosexuelles soient mises au même plan que les autres, sans se contenter de les effleurer comme c'est souvent le cas. Ludius se montre aussi touchant que son amant, et c'est toujours avec plaisir qu'on les retrouve au détour d'un passage en se demandant si tout va finalement s'arranger pour eux.

Difficile de dire quoi que ce soit d'autre, la seule critique qui me vient à l'esprit est que le livre aurait pu être un peu plus long... j'aurais avec plaisir dévoré cent pages de plus. Beaucoup lui reprochent son manque de fond historique, son langage cru et ses détails osés, mais personnellement, c'est comme ça que je le préfère. Une histoire que j'aurais voulu écrire moi-même, tout simplement.

Ma note : 9,5/10

Pour les curieux, le site des deux romans consacrés à Kaeso : www.kaesolepretorien.com et mon avis sur sur le premier tome, Les Mystères de Pompéi, ainsi que le troisième, L'Aphrodite Profanée.



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mardi 26 janvier 2010

Max et les maximonstres,
de Spike Jonze

Reçu le mardi 26 janvier 2010, 2 reviews
Synopsis :
Max, un garçon sensible et exubérant qui se sent incompris, s'évade de chez lui. Il atterrit sur une île où il rencontre de mystérieuses et étranges créatures, aux émotions sauvages et aux actions imprévisibles. Les maximonstres attendent désespérément un leader pour les guider, et Max rêve d'un royaume sur lequel régner. Lorsque Max est couronné roi, il promet de créer un monde où chacun trouvera le bonheur. Max découvre vite toutefois que régner sur un royaume n'est pas chose aisée et que ses relations avec les autres sont plus compliquées qu'il ne l'imaginait au départ...

Mon avis :
Je suis sûre que vous n'auriez pas deviné que Hassut hurjat hirviöt était le titre de Where The Wild Things Are, et je vous rassure, moi non plus. Heureusement, je fais confiance au personnel du Finnkino (le Pathé finnois) pour me donner la bonne place pour le film que je veux voir !
D'ailleurs, je n'avais pas vraiment prévu d'aller le voir la première fois que j'ai aperçu sa bande annonce, mais quelque chose m'a décidé : le livre de Dave Eggers ! Même couverture que l'affiche, et puis, après ma lecture, la curiosité de voir à quoi ressemble le film dont elle est adaptée. Me voilà donc partie au cinéma !

Comme le dit Eggers à la fin du livre, il n'a pas conservé 100% de la trame du film, et l'a librement agrémentée de nouveaux éléments pour le roman. En effet, on ne retrouve pas tout, mais bien assez pour que l'histoire tienne la route. J'avais trouvé le livre très porté sur la psychologie de Max, sur ses remises en question et ses doutes, et dans ce film cette impression se ressent beaucoup moins. Max est toujours un petit garçon incompris mais sa mère semble mieux le gérer ; c'est plutôt lui qui se gère mal.
De son côté, l'île des Maximonstres est aussi délirante qu'on s'y attend, à la fois immense et minuscule, et les décors ont été soigneusement travaillés.
J'ai trouvé que ce film se reposait beaucoup sur des moments contemplatifs, sans dialogues, où seule une musique bien choisie accompagnait Max dans ses péripéties. Le côté visuel est largement exploité, que ce soit pour la maquette de Carol ou pour la construction de leur forteresse, que Max dirige plus qu'il n'explique. Même les relations entre lui et les Maximonstres est plus implicite, et sans être désagréable, j'ai trouvé que cela ralentissait assez considérablement le rythme.
En somme, un film agréable à regarder, très poétique et contemplatif, qui repose l'esprit le temps d'une séance. Pour les grand et les un peu moins grands, mais pas trop petits quand même.

Ma note : 7/10 (mention spéciale à la BO)


Titre original : Where The Wild Things Are
Long-métrage américain.
Genre : Fantastique, Aventure
Durée : 1h42 min
Année de production : 2009
Distributeur : Warner Bros. France
Date de sortie en France : 16 décembre 2009

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dimanche 24 janvier 2010

Ces lectures qu'on ne s'imaginerait pas lire... [défi]

Reçu le dimanche 24 janvier 2010, 5 reviews
Étant une nouvelle blogueuse de la sphère littéraire, les défis, challenges et compagnie ne font pas du tout partie de mes habitudes, et je ne pensais pas franchement m'y mettre ! Pourtant, je me suis laissée tenter par cet étrange défi organisé par Lexounet sur Livraddict, un peu mazo sur les bords, qui consiste à lire un livre d'un genre que l'on n'aime pas.

Le principe :
Puisqu'il ne faut jamais critiquer ce qu'on ne connaît pas, chacun choisit deux genres littéraire qu'il ne lit ou n'aime pas, et offre à celui qui le souhaite de lui suggérer deux titres à lire dans ces catégories. Celui qui le défie doit alors à son tour révéler ses deux genres redoutés, et accepter d'être défié de lire un livre dans chacune de ces catégories par le prochain participant !

Le résultat :
Voyant Evertkhorus impatiente d'être défiée, je me suis dévouée pour lui suggérer des livres dans les deux catégories qu'elle n'aime pas : les policiers et la bit-lit. Pour le premier, impossible de résister à choisir parmi la littérature japonaise (ma favorite) deux policiers intéressants. Je lui ai donc proposé de choisir entre Le village aux huit tombes de Yokomiso Seichi (qu'elle a retenu) et Fantômes et Samouraïs : Hanshichi mène l'enquête à Edo de Kidô Okamoto, sachant qu'elle préfère les histoires historiques à celles contemporaines. Pour la bit-lit, je n'y connais malheureusement rien, mais je voulais éviter les Twilight, Mercy Thompson et autres sagas ; cependant, impossible de mettre la main sur de la bit-lit en un tome. J'ai donc opté pour Chasseuse de la nuit, Tome 1 : Au bord de la tombe de Jeaniene Frost en espérant que ce sera une lecture agréable !

De mon côté, dur de choisir deux genres que je n'aime pas, mais tout de même assez supportables pour ne pas que je me défile... j'ai fini par pencher pour les biographies, que je trouve généralement ennuyeuses, et les romans humoristiques qui me font très rarement rire. C'est Véro qui a alors sauté sur l'occasion pour me proposer de lire The gun seller de Hugh Laurie et Marie Antoinette de Stefan Zweig. Pour le premier, ça devrait bien se passer, mais pour le second je crains déjà le pire ! Non seulement je n'aime pas les biographies, mais je ne porte pas non plus les romans historiques dans mon cœur... soit, le défi est tout de même relevé !

Je ne me mets pas de date limite pour les lire, il faudra de toute façon que je récupère le livre de Stefan Zweig en France car il n'existe pas en poche en anglais (et mon budget refuse le broché !). Des nouvelles bientôt pour l'avancée de ce premier défi !




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samedi 23 janvier 2010

Thérapie, de Sebastian Fitzek

Reçu le samedi 23 janvier 2010, 3 reviews
Ce livre a été lu dans le cadre d’un partenariat entre et
que je remercie tous les deux pour cette découverte.


Résumé :
Josy, la fille du psychanalyste Viktor Larenz, souffre d'une maladie inconnue et disparaît mystérieusement. Quatre ans ont passé, Larenz s'est retiré sur une île au nord de l'Allemagne et reçoit la visite d'une romancière qui souffre d'une forme rare de schizophrénie : les personnages qu'elle invente prennent vie et son dernier roman ressemble étrangement à l'histoire de Josy...

Mon avis :
Contre toute attente, j’ai dévoré ce livre d’un bout à l’autre ! Honnêtement, ça ne m’arrive pas très souvent, encore moins ces temps-ci où j’ai de moins en moins le temps de lire. Cependant, en quelques heures, le livre était terminé et je ne regrette pas de m’y être mise. Une agréable découverte que voilà !

Commençons d’abord par l’histoire, celle qu’on croit être d’une romancière schizophrène et qui est en fait celle du docteur Larenz. Une histoire tordue, qui commence dans la salle d’attente d’une clinique où le docteur fait sa première crise de folie. L’instant d’après, on le retrouve sanglé à un lit d’un hôpital psychiatrique, en compagnie d’un médecin à qui il souhaite raconter son histoire. Et quelle histoire…

Le style est fluide, sans prétention et efficace. Il ne s’embarrasse de descriptions inutiles ou de fioritures gênantes ; on va tout de suite droit au but, droit dans l’action, et j’ai trouvé ça très appréciable. Dès le début la situation est tendue, inquiétante, et plus les apparitions de la mystérieuse Anna se répètent, plus on a l’impression que quelque chose se trame derrière notre dos.
Et c’est bien le cas ! Petit à petit, le mystère, le suspense et l’angoisse s’épaississent, et on se demande qui tire les ficelles dans cette histoire, quels sont les personnages clefs, et même, lesquels sont réel. Entre la schizophrénie et les vrais symptômes, dur de démêler le vrai du faux, et jusqu’à la fin on reste en haleine pour avoir le dernier mot de l’histoire.

Le seul point agaçant, qu’on ne retrouve que dans les premiers chapitres de l’histoire, est la manie de l’auteur de terminer ses chapitres avec un cliffhanger cheap :
« Quatre jours devaient encore s’écouler avant qu’il apprît la vérité. À un moment où, malheureusement, il serait déjà trop tard pour lui. »
Heureusement, il se débarrasse assez vite de ce défaut qui, je trouve, coupe un peu le rythme de l’histoire.

Pour moi, ce livre mérite allègrement son titre de thriller, et bien que ses petites 300 pages m’ait au départ fait craindre quelque chose de bâclé, on dispose de toutes les informations nécessaires pour apprécier pleinement l’action. Une agréable découverte pour la non-amatrice du genre que je suis et qui sait, peut-être une bonne raison d’acheter le second livre de l’auteur, Ne les crois pas.

Ma note : 8,5/10

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jeudi 21 janvier 2010

L'imaginarium du Docteur Parnassus,
de Terry Gilliam

Reçu le jeudi 21 janvier 2010, 5 reviews
Synopsis :
Avec sa troupe de théâtre ambulant, " l'Imaginarium ", le Docteur Parnassus offre au public l'opportunité unique d'entrer dans leur univers d'imaginations et de merveilles en passant à travers un miroir magique. Mais le Dr Parnassus cache un terrible secret. Mille ans plus tôt, ne résistant pas à son penchant pour le jeu, il parie avec le diable, Mr Nick, et gagne l'immortalité. Plus tard, rencontrant enfin l'amour, le Docteur Parnassus traite de nouveau avec le diable et échange son immortalité contre la jeunesse. A une condition : le jour où sa fille aura seize ans, elle deviendra la propriété de Mr Nick. Maintenant, il est l'heure de payer le prix... Pour sauver sa fille, il se lance dans une course contre le temps, entraînant avec lui une ribambelle de personnages extraordinaires, avec la ferme intention de réparer ses erreurs du passé une bonne fois pour toutes...

Mon avis :
Si je vous dis que c'était super, vous me croyez ? Il faut dire que je ne m'attendais pas à m'ennuyer non plus. Terry Gilliam c'est pour moi L'armée des 12 singes, Tideland... des films bizarres, tordus, plus ou moins incompréhensibles mais qui laissent un sacré impact dans l'esprit. Et L'imaginarium n'est pas en reste, car une fois de plus, on se sent transporté ailleurs, secoué dans tous les sens et ramené à la réalité sans ménagement.
Le jeu des acteurs est excellent, Heath Ledger dans son dernier rôle a prouvé qu'il aurait été capable de prodiges s'il avait eu le temps de les accomplir. Il m'a même fait penser au Joker par moment, du splendide The Dark Knight, dont il a conservé quelques mimiques. Ses "remplaçants" n'ont pas non plus écorché son rôle ; même si leurs styles étaient assez différents, ils sont parvenus à se mettre assez dans la peau du personnage pour le rendre crédible. Mention spéciale à Johnny Depp, comme toujours, qui a réussi à voler la vedette lors de ses courtes minutes d'antenne, ainsi qu'à Tom Waits pour le délicieux diable qu'il a su jouer.
Un bon film donc, un peu long au début, un peu fou au milieu et complètement délirant à la fin, qu'on regarde avec plaisir.

Ma note : 8,5/10



Titre original : The Imaginarium of Doctor Parnassus
Long-métrage français, britannique, canadien.
Genre : Fantastique, Aventure
Durée : 2h02 min
Année de production : 2007
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Date de sortie en France : 11 novembre 2009

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mercredi 13 janvier 2010

Movies addict

Reçu le mercredi 13 janvier 2010, 4 reviews
Eh non, il n'y a pas que les livres dans la vie, et malgré ma passion des mots je suis aussi une grande fan de cinéma ! Comme pour le reste, je suis assez difficile, et si je ne dis pas non à aller voir des petits films bizarres, n'est pas encore né celui qui me trainera à la séance de Twilight...

Cette section sera donc consacrée aux places de cinéma qui traînent dans ma bibliothèque, pour rester dans le thème, et je vais l'inaugurer en vous faisait un aperçu des films qui m'intéressent cette année.

Alice aux Pays des Merveilles, de Tim Burton.
Commencons tout de suite par le meilleur : le prochain Burton. Pas la peine de vous faire un topo, je suis une fan irréductible, et c'est sans crainte que je me dis dès maintenant que ce film va être merveilleusement bien. Notez, je ne suis pas très objective.
Sortie en Finlande : 12 mars 2010

Daybreakers, de Michael et Peter Spierig
Oubliez la bit-lit cinq minutes et venez voir à quoi ressemble de vrais vampires, ceux qui exterminent la race humaine et s'en servent comme réservoir de sang... c'est sûr, c'est nettement moins glamour, mais il n'y a pas à dire : j'adore.
Sortie en Finlande : 22 janvier 2010

Lovely Bones, de Peter Jackson
Ce film est un vrai petit coup de cœur, le côté merveilleux et magique a l'air très bien traité et l'action ne semble pas être en reste sur les parties où l'on recherche le meurtrier de Suzie. Il me rappelle un peu Souvenez-vous de moi, de Christopher Pike, un de mes livres préférés étant gamine. Je lui trouve aussi un petit quelque chose de Dead Like Me, mais j'extrapole peut-être un peu là...
Sortie en Finlande : 5 mars 2010

Dragons, de Dean DeBlois et Chris Sanders
Le nouveau Dreamworks arrive ! Et il a tout ce que j'aime : des dragons, des dragons mignons, des moutons, des super images, de la 3D... enfin tout, vraiment. La bande annonce est déjà géniale alors je suis convaincue que le film, lui, va être d'enfer !
Sortie en Finlande : 26 mars 2010

Sherlock Holmes, de Guy Ritchie
Je n'ai pas lu le livre, ne connaît que vaguement l'histoire, et si j'en crois la bande annonce le film semble marrant et dynamique, alors pourquoi pas ? Le jeu de Mr Downey et Law a aussi l'air de valoir le détour, et je me réjouis déjà des petites allusions homosexuelles à leur relation !
Sortie en Finlande : 22 janvier 2010

Avatar : le dernier maître de l'air, de M. Night Shyamalan
Qui n'a jamais regardé la série animée qui passait à la télévision il y a quelques années ? J'ai toujours trouvé ce dessin animé absolument excellent, les personnages attachants et adorables pour certains (comme Appa, le bison volant), et j'ai hâte de voir l'adaptation cinématographique de M. Shyamalan. Pas n'importe qui, en plus... on a beau parler de Avatar de James Cameron comme le film de l'année, mais moi c'est cet Avatar là que j'attends le plus.
Sortie en Finlande : 23 juillet 2010

Toy Story 3, de Lee Unkrich
Je ne crois pas avoir besoin de vous faire un topo : Toy Story 3 arrive, et forcément, on va aller le voir ! Quoi, comment ça on est de vrais gosses ? Je ne vois pas du tout pourquoi...
Sortie en Finlande : 28 juillet 2010

Inception, de Christopher Nolan
Un petit air de Matrix pour ce film encore mystérieux qui vient s'inviter dans l'esprit (de Mr DiCaprio ?), mais pour lequel j'ai de très bons espoirs. Après tout, le réalisateur n'a pas l'habitude de nous décevoir, donc je lui fais confiance pour continuer sur sa lancée.
Sortie en Finlande : 23 juillet 2010 (comme Avatar !)

Harry Potter et les Reliques de la Mort, de David Yates

Eh bien, pour une fois qu'ils ont la jugeotte de découper un Harry Potter en deux parties, il ne faudrait pas manquer ca... pas que j'aie manqué les autres non plus pour autant, mais cette fois-ci, on restera peut-être un peu moins sur sa faim. Enfin, espérons. À voir, juste par curiosité.
Sortie en Finlande : hiver 2010-2011

Tron l'héritage, de Joseph Kosinski
Vous connaissez Tron ? Mais si, les courses de moto virtuelles ultra-kitsch avec un petit air de Snake (ben oui, tu perds si tu touches la queue...). Eh bien le revoilà, le super ordinateur, avec des graphismes qui ont un peu de gueule cette fois-ci. Le moment geek de l'année, et en 3D s'il vous plaît.
Sortie en Finlande : hiver 2010-2011

Et bonne année de cinéma à tous !

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samedi 9 janvier 2010

La Princesse des glaces, de Camilla Läckberg

Reçu le samedi 9 janvier 2010, 7 reviews
Résumé :
Erica Falck, trente-cinq ans, auteur de biographies installée dans une petite ville paisible de la côte ouest suédoise, découvre le cadavre aux poignets tailladés d'une amie d'enfance, Alexandra Wijkner, nue dans une baignoire d'eau gelée. Impliquée malgré elle dans l'enquête (à moins qu'une certaine tendance naturelle à fouiller la vie des autres ne soit ici à l'œuvre), Erica se convainc très vite qu'il ne s'agit pas d'un suicide. Sur ce point - et sur beaucoup d'autres -, l'inspecteur Patrik Hedström, amoureux transi, la rejoint. A la conquête de la vérité, stimulée par un amour naissant, Erica, enquêtrice au foyer façon Desperate Housewives, plonge clans les strates d'une petite société provinciale qu'elle croyait bien connaître et découvre ses secrets, d'autant plus sombres que sera bientôt trouvé le corps d'un peintre clochard - autre mise en scène de suicide.

Mon avis
J'étais un peu sceptique en commençant cette histoire, que tout le monde me présentait comme "bien mais sans plus". On ne peut pas dire que les 100 premières pages m'aient fait beaucoup d'effet : on y suit l'histoire et les problèmes de l'héroïne, Erica Falk, qui sous prétexte d'écrire un livre cherche à rassembler les informations sur le meurtre de son ancienne amie d'enfance, retrouvée congelée dans sa baignoire. Le côté visite de la Suède me plaisait assez, mais pour le reste, dur à dire.

Et puis, malgré le fait que l'intrigue traîne un peu en longueur et que la multiplicité des points de vue ne facilite pas son suivi, on en vient finalement à s'attacher à cette jeune femme curieuse et à son nouveau petit ami adorablement maladroit. Pour une fois, le policier en charge de l'enquête n'est pas un pauvre type aveugle et borné, mais quelqu'un qui réfléchit et ne se laisse pas aller aux conclusions hâtives. On retrouve tout de même les quelques clichés du commissariat, le boss odieux et stupide qui ne bouge pas de sa chaise, le lèche-botte, le fainéant... mais le fait qu'ils ne soient pas trop mis en avant ne gâche heureusement pas l'histoire.

Côté intrigue, une fois le milieu du livre passé, on commence à comprendre les rouages et même moi qui ne devine jamais rien, j'ai été toute fière d'avoir compris une partie du mystère à la page 299 ! Les événements sont racontés de façon convaincante, avec émotion, et après la déception du dernier polar que j'ai lu celui-ci a vraiment remonté mon opinion du genre.

La vie des personnages secondaires qui gravitent autour d'Erica est bien mis en scène, on partage avec plaisir ces incursions dans le quotidien de ses amis, voisins ou famille, et les liens qui se dévoilent entre chacun créent cette ambiance des endroits où tout le monde se connaît et que j'ai trouvé très crédible. La relation entre Erica et Patrick est elle aussi intéressante, on replonge agréablement dans la passion et l'impatience des débuts, dont les petits gestes un peu idiots font toujours autant sourire.

Finalement, bien qu'il m'ait fallu un bon mois pour finir ce livre, je ne regrette pas d'avoir pris le temps de le faire et d'avoir tenu le coup après un début pas trop passionnant. Quant à lire la suite, je ne pense pas que j'irai jusqu'à l'acheter, mais si j'ai l'occasion de l'emprunter je n'hésiterai pas à me replonger dans cette aventure suédoise !

Ma note : 7/10

Merci à Nathalie pour cette découverte !



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mardi 5 janvier 2010

La Belle Rouge, de Poppy Z Brite
[à venir]

Reçu le mardi 5 janvier 2010, 0 reviews
Résumé :
Deux ans après son lancement, le restaurant Alcool bat son plein. Tout va pour le mieux jusqu'à ce qu'une mauvaise critique laisse entendre que le célèbre chef Lenny Duveteaux, leur 'discret' bienfaiteur, a des projets bien à lui ; il se fait accuser d'activités criminelles graves et Rickey et G-man décident de mettre fin à leur collaboration financière avec ce dernier. Quand un restaurant de Dallas offre à Rickey un job de consultant en or, c'est l'occasion rêvée pour les deux associés de renflouer leurs comptes. Mais si Rickey accepte la proposition, il devra faire face à de nouvelles difficultés...

Pourquoi ce livre ?
Quelle question ! Parce que c'est Poppy, bien sûr... après avoir lu l'ensemble de ses oeuvres - romans, nouvelles, biographies, extras sur internet, etc -, je ne pouvais pas manquer celle-ci, surtout qu'il s'agit de la suite d'Alcool. Ce livre a été une grande surprise, un virage à 90° depuis ses œuvres sombres et trash (je résume très grossièrement), et pourtant en le fermant, on se sent aussi comblé que d'habitude. Le style reste inégalable, naturel et sans chichi, et les personnages drôles et attachants. Je meurs d'envie de connaître la suite des aventures de mon couple de cuisiniers préféré, et si j'attends encore avant de le commencer, ce n'est que pour faire durer le plaisir un peu plus longtemps !

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Les Maximonstres - L'île aux monstres, de Dave Eggers

Reçu le , 2 reviews
Résumé :

Qui est Max ? Et qu'est-ce qu'un maximonstre ? A-t-on le droit de manger la tête de quelqu'un ? Non ? Même quand elle tombe par terre ? Alors quand ?

Dans son costume de loup, Max le turbulent sème le désordre dans la maison. Irrités, ses parents l'envoient dans sa chambre sans dîner. Là, Max imagine une jungle peuplée de monstres terrifiants qu'il soumet grâce à son regard. Il devient roi des Maximonstres et règne sur son petit monde imaginaire.

Mon avis :

Difficile de rater le buzz autour de la sortie de Where The Wild Things Are, le film adapté du roman de Sendak et dont la bande annonce tourne en boucle sur les écrans de cinéma. Un peu perplexe quant à l’intérêt du film, j’avais pensé le regarder à la maison quand j’en aurais l’occasion, plutôt séduite par ces gros monstres poilus à la bonne bouille. Et lorsque j’ai vu ce livre, à la même couverture que l'affiche du film, je n’ai pas pu résister à me jeter dessus, convaincue que le lire règlera définitivement la question d’aller le voir ou non.
Et soyons honnête, cette couverture est magnifique.

Ce n’est qu’un peu plus tard, au hasard de recherches sur le net, que j’ai vu la version originale de Max et les Maximonstres de Sendak, et je me suis rendue compte que je l’avais lu petite ! Autant dire que j’étais impatiente de lire ce roman.
Dès le début, on est plongé dans le quotidien de Max, celui d’un petit garçon partagé entre des parents divorcés, incompris par sa grande sœur et incapable de réfréner ses pulsions. Du point de vue d’un lecteur jeune, je pense qu’on s’identifie facilement à Max, qu’on compatit à sa situation en se disant qu’on est soi-même incompris comme lui. Cependant, d’un point de vue adulte, Max apparaît plutôt comme un petit garçon turbulent que sa mère ne parvient pas à canaliser, et dont les crises de colère lui bouleversent l’esprit. On a un peu de peine pour ce petit homme qui voudrait à la fois rester enfant pour entrainer tout le monde dans ses jeux et pouvoir s’occuper de sa mère et lui faire oublier ses soucis. Loin du simple livre illustré de Sendak, Eggers apporte une nouvelle dimension psychologique au début du livre qui rend l’histoire plus réaliste.

Comme il l’explique à la fin, l’auteur a choisit de faire voyager Max vers une véritable île, laissant de côté l’imaginaire pur et dur que l’on trouve dans la version illustrée. Après un périple que l’on sent tout de même bien inventé (il parle de mois passés à naviguer sans boire ni manger), Max se retrouve alors sur l’île des Maximonstres, où il va faire de ces énormes créatures ses nouveaux compagnons de jeu. Là encore, fini l’entité « Maximonstres », chacun a sa propre personnalité et ses propres angoisses : le Taureau silencieux, Ira et sa peur du vide, Judith et son manque de tact, Douglas et sa fierté, Alexander et sa mauvaise humeur, Katherine la solitaire et enfin, Carol, le monstre fort et sensible auquel Max s’attachera le plus.

Cependant, tout ce petit monde ne se contente pas de faire la fête comme Max le voudrait : l’histoire déborde de questionnements existentiels, de remises en question, et à chaque initiative manquée du roi Max, on le sent douter de lui, de la justesse de ce qu’il croit être bien. Plutôt que de se laisser porter dans un monde fou, on reste auprès de lui, écoutant ses reproches envers lui-même pour ses échecs, et on se sent presque déprimé par l’attitude toujours insatisfaite des Maximonstres.

Les descriptions de l’île sont intéressantes, trop peu nombreuses à mon goût, et le style agréable. On suit les aventures de Max avec plaisir, ses coups de cœur et ses coups de blues, et même si la fin est bien abrupte après un si long voyage, on se réjouit quand même de voir Max évoluer au fil des pages.
Un livre pour les moins jeunes qui se sentent encore enfant quelque part, et une bonne initiative pour se donner envie de voir le film.

Ma note : 8/10


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Lilyn Kirjahylly Copyright © 2011, by The Scary Cupcake & Mr Pink Eyes
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