jeudi 31 décembre 2009

Les Mille et Une Vies de Billy Milligan, de Daniel Keyes
Posté par Mr Muffin

Reçu le jeudi 31 décembre 2009, 1 reviews
Ce livre a été lu dans le cadre d’un partenariat entre et
que je remercie tous les deux pour cette découverte.


Résumé:

Quand la police de l'Ohio arrête l'auteur présumé de trois, voire quatre, viols de jeunes femmes, elle pense que l'affaire est entendue : les victimes reconnaissent formellement le coupable, et celui-ci possède chez lui la totalité de ce qui leur a été volé. Pourtant, ce dernier nie farouchement. Son étrange comportement amène ses avocats commis d'office à demander une expertise psychiatrique. Et c'est ainsi que tout commence... On découvre que William Stanley Milligan possède ce que l'on appelle une personnalité multiple, une affection psychologique très rare. Il est tour à tour Arthur, un Londonien raffiné, cultivé, plutôt méprisant, Ragen, un Yougoslave brutal d'une force prodigieuse, expert en armes à feu, et bien d'autres. En tout, vingt-quatre personnalités d'âge, de caractère, et même de sexe différents !

Mon avis:

L'histoire de Billy Milligan aurait pu être une fiction bien ficelée, mais c'est en fait le récit d'une vie incroyable qui se lit d'une traite. Difficile de refermer le livre une fois qu'on a commencé à s'immerger dans l'univers si particulier de cet homme, ou plutôt de ces hommes et femmes qui occupent un même corps.

La préface du livre est très utile et bien faite (ce qui n'est pas toujours le cas). Daniel Keyes y décrit le contexte dans lequel il convient de placer l'histoire qui va suivre : comment il en est venu à écrire un livre sur Milligan et ce que Milligan représente au niveau des Etats-Unis.

Dans la première partie récit, on fait connaissance avec Billy Milligan et les personnalités qui l'habitent au travers du regard des différents avocats, psychiatres et infirmiers qui croisent son chemin. On arrive d'ailleurs très bien à s'identifier à ces différents protagonistes qui passent pour la plupart du scepticisme à la certitude que Billy souffre de personnalité multiple, grâce à une figure de style de Daniel Keyes qui ne dévoile les preuves de l'existence de Tommi, Allen, Arthur et les autres «colocataires » que progressivement. L'avantage de ce point de vue extérieur est aussi de permettre de réussir à visualiser et identifier sans trop de difficultés les nombreuses personnalités, sans les mettre toutes en même temps sur le devant de la scène, ce qui provoquerait certainement des confusions quant au rôle et aux traits de chacun.

La deuxième partie raconte la vie complète de Milligan. Et quelle vie! C'est à ce moment que l'on comprend à quel point le rythme moins poussé de la première partie à bien aidé à se familiariser avec tout ce petit monde, qui représente tout de même deux dizaines d’identités.
Il est possible de consulter le glossaire à la fin du livre si l'on est perdu, mais je déconseille tout de même de le lire dès le début : cela gâche un peu le sentiment de curiosité qui naît à l'apparition d'un nouvel occupant dans la tête de Billy. Au fur et à mesure, il devient impossible de continuer à visualiser Milligan tel qu'il est et on l'imagine sous des traits différents à chaque fois qu’une de ses personnalités prends le contrôle. Keyes utilise un vocabulaire simple, qui ne se perd jamais dans une quelconque prose psychiatrique, et on peut ainsi se plonger plus facilement dans les étranges dialogues qui peuplent le récit.

La dernière partie, plus courte, reprend là où la première s'est arrêtée, et a clairement été écrite pour tenter d'apitoyer le lecteur sur le sort de Milligan. Et à vrai dire, on se laisse facilement prendre au « piège ». On finit le livre dans un mélange de colère et de tristesse devant l'attitude du monde extérieur, en ayant néanmoins conscience que l'on n'aurait peut-être réagi de la même façon.
On met également le doigt sur un des seuls points que l'on peut reprocher à Keyes : un parti-pris du coté de Milligan. Mais reconnaissons tout de même que l'objectivité ne fait vraiment défaut que dans cette dernière partie.

Pour conclure, je dirais que les 1001 Vies de Billy Milligan est un très bon livre. Une histoire passionnante, presque incroyable et qui aurait pu facilement sombrer dans le sensationnalisme à la Pierre Bellemare. Heureusement, Daniel Keyes évite cet écueil et livre dans un style simple sans être niais l'une des biographies les plus captivantes que j’aie pu lire.

Ma note : 8,5/10


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mercredi 30 décembre 2009

Noël et les Machines

Reçu le mercredi 30 décembre 2009, 2 reviews
Et voilà, Noël est passé, retour à Helsinki - sous la neige - et retour sur le net ! Une semaine de sevrage n'a pas vraiment fait de mal, surtout quand on pense que c'est la seule semaine passée en famille de l'année. Mais quelle semaine... plein de monde à voir, des coins à visiter, des achats à faire, et au milieu de tout ça, Noël !

Sans faire le détail complet de ma vie, voici les quelques choses marquantes qui méritent d'être citées :

The art of Tim Burton (en vente ici)
En tant que fan inconditionnelle de Tim Burton, je n'ai pas manqué la sortie de ce livre qui regroupe toutes les illustrations du Maître (eh oui, rien que ça !) et vendu uniquement par Steel Publishing, en quantité limitée bien sûr. Je n'ai pas non plus manqué de voir le prix, et au delà, les exorbitants frais de port pour se faire livrer en France. Moult débats avec ma bonne conscience plus tard, j'ai fini par demander à ma cousine (qui vit en Californie) de le ramener avec elle à Noël, m'allégeant ainsi d'une bonne centaine de dollars pour avoir cette merveille entre les mains. Et là, miracle, elle m'allège aussi du reste, ravie d'avoir trouvé une idée de cadeau. J'en bave encore.
Je recommande à quiconque de se laisser tenter par ce magnifique pavé s'il en a l'occasion; une galerie de certaines de ses illustrations est visible ici en attendant.

L'atelier de Yacinthe (par ici)
Lors d'une visite de la Gacilly, petite ville de Bretagne, nous sommes tombés sur une petite boutique, dans une petite rue, qui vendait de jolies toiles. Tellement jolies, d'ailleurs, que Mr Muffin n'a pas pu résister à en acheter une (on en aurait même pris une plus grande si ça n'avait pas été aussi difficile à ramener en avion). J'en profite alors pour lui faire un peu de publicité, en espérant que d'autres auront envie de refaire leur décoration !


Au bonheur des thés (par là)
Une petite boutique sans prétention qui vient de quitter les rues de Nantes pour s'installer à Clisson, près des Halles, où elle vend toujours sa panoplie de thés plus délicieux les uns que les autres. Coups de cœur du moment parmi leurs mélanges exclusifs : Aube de Shangaï (fruits rouges et caramel), Caramel salé, Kyoto (fleurs de cerisier), Nuits de Chine (fruits exotiques) et Rouge Baiser (fruits rouges, agrumes et fleurs). Amateurs de thé, le magasin vaut le détour !

Les machines de l'île (un tour sur le site)
Retour à Nantes (ma ville natale) pour une petite visite du hangar, autrefois La Trocante, devenue aujourd'hui le quartier général des machines de l'île ! L'éléphant mécanique partait pour sa promenade au moment de notre arrivée, et après un petit tour auprès des sculpteurs de glace et de la petite boutique des grandes affiches (dont deux immenses spécimens rejoindront bientôt les murs), nous avons décidé de visiter la galerie des machines. De merveilles en merveilles que je vous invite à découvrir, nous avons fini sur la branche prototype de l'arbre aux hérons, un incroyable projet d'arbre mi métal, mi bois, mi végétal qui sera installé dans quelques années et où l'on pourra parcourir depuis des nefs des jardins suspendus. Un vrai rêve d'enfant qui se réalise...
En attendant la prochaine visite, les photos de la galerie sont là, régalez-vous !

Le retour à la maison s'est fait sans trop d'encombres, avec une bonne dose de patience d'un aéroport à l'autre, et c'est une fin d'année sous une sacrée quantité de neige qui nous attend ! À l'an prochain !

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lundi 28 décembre 2009

Le lièvre de Vatanen, d'Arto Paasilinna

Reçu le lundi 28 décembre 2009, 4 reviews
Résumé :
Vatanen est journaliste à Helsinki. Alors qu'il revient de la campagne, un dimanche soir de juin, avec un ami, ce dernier heurte un lièvre sur la route. Vatanen descend de voiture et s'enfonce dans les fourrés. Il récupère le lièvre blessé, lui fabrique une grossière attelle et s'enfonce délibérément dans la nature. Ce roman-culte dans les pays nordiques conte les multiples et extravagantes aventures de Vatanen remontant au fil des saisons vers le cercle polaire avec son lièvre fétiche en guise de sésame. Il invente un genre : le roman d'humour écologique.

Mon avis :
Quelle étrange découverte de la littérature finlandaise que voilà ; depuis que je fréquente la communauté francophone d'Helsinki, j'ai plus d'une fois entendu parler de ce fameux Paasilinna, et lorsque j'ai vu ce roman à la librairie de Stockmann, je me suis dit : c'est l'occasion de le lire !

Comme l'indique le titre, ce livre parle de Vatanen, un "journaliste" d'Helsinki, et du lièvre qu'il a recueilli après l'avoir heurté avec sa voiture. Je mets "journaliste" entre guillemets car dès les premières pages, Vatanen décide de quitter Helsinki, son travail, sa femme et la civilisation pour aller parcourir les contrées sauvages de Finlande. Pas grand chose d'un journaliste, donc.

Au fil des pages, on suit Vatanen au milieu des lacs de l'est, de la Laponie et même de la Carélie du Nord, accompagné de son fidèle lièvre. Le côté zen et nature de la promenade est agréable, laissant l'impression de faire le tour du pays et de (re)découvrir les joies d'une vie simple et sans prétention. Cependant, en parallèle de cet aspect, la cruauté de certains individus reste en travers de la gorge, cassant l'image idyllique des Finlandais que l'on imaginait tranquilles pour en dresser un portait cru, rustique et vaguement désagréable.

Le style est simpliste au possible, épuré, et la traduction depuis le finnois (une langue bien loin du modèle latin) doit sûrement y jouer pour quelque chose. Heureusement, ça ne vient pas trop gâcher le récit ; on reste impatient de savoir ce qui va advenir de ce curieux Vatanen, décidé à nous surprendre jusqu'à la dernière ligne.

Un livre à lire pour les curieux de la Finlande, une balade à faire pour les amoureux de la nature, et un agréable interlude pour les mordus de lecture, qui ne laisse toutefois pas d'exaltation particulière. À lire puis à offrir !

Ma note : 6,5/10


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jeudi 17 décembre 2009

Le Vide, de Patrick Senécal
[à venir]

Reçu le jeudi 17 décembre 2009, 2 reviews
Résumé :
Pierre Sauvé : À l'orée de la quarantaine, veuf, père d'une fille de vingt ans. Sergent-détective à la police municipale de Drummondville, il enquête sur un quadruple meurtre qui a toutes les apparences d'un crime passionnel.

Frédéric Ferland : Début de la cinquantaine, divorcé, père de deux adultes qu'il ne voit guère, il cherche depuis des années l'excitation ultime, celle qui donnera un sens à son existence et à la vie en général, qu'il a toujours trouvée terne. Psychologue, il exerce sa profession dans la ville de Saint-Bruno.

Maxime Lavoie : Trente-sept ans, célibataire, idéaliste et milliardaire. Il y a deux ans, il a quitté ses fonctions de président de Lavoie inc. pour devenir le producteur et l'animateur de Vivre au Max, l'émission de téléréalité la plus controversée de l'heure... mais aussi la plus populaire.

Trois hommes différents, trois existences que tout sépare. Or, contre toute attente, leurs chemins se croiseront bientôt et leur vie en sera bouleversée à jamais. Tout comme celle de milliers de gens... tout comme la vôtre!

Pourquoi ce livre ?
Les deux premiers tomes m'ont été offerts par Ariane, une amie canadienne que j'ai connue grâce à l'écriture, qui est venue passer quelques vacances à Helsinki.

Bien décidée à faire connaitre les talents de la littérature québécoise, elle m'a dit que je devais absolument le lire ; comment dire non à ça ? Elle m'a aussi dit "ne le lis que quand tu es de bonne humeur, que tout va bien et que rien ne presse, parce qu'il risque de te faire un drôle d'effet". A ce que j'ai pu en lire sur le net, ça semble être l'avis de tout le monde... eh bien, si je survis au traumatisme, je ne manquerais en tout cas pas de venir vous en parler !



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vendredi 11 décembre 2009

La fin des temps,
de Haruki Murakami

Reçu le vendredi 11 décembre 2009, 4 reviews
Résumé :
Pour se rendre chez le vieux savant qui l’a engagé, un informaticien prend un ascenseur tellement lent qu’on ne sait pas s’il monte ou s’il descend. À l’arrivée, une jeune fille rondouillette et charmante l’accueille par un « c’est rat » pour le moins étrange. Mais son cou sent le matin d’été dans un champ de melon… Bienvenue au Pays des merveilles sans merci !

Citation de 4ème de couverture :
« À mon avis, généralement parlant, la dignité humaine d’une personne transparaît dans sa façon de choisir un canapé »

Mon avis :
La seule chose que je pourrais reprocher aux livres de Murakami à cet instant, c’est qu’une fois qu’on les a lus, ils disparaissent de l’esprit plus vite que de la brume qui s’évapore et il devient impossible d’expliquer à quelqu’un pourquoi il faut à tout prix le lire. Alors cette fois, je vais en parler tant qu’il est encore bien présent dans ma mémoire, et ne pas regretter plus tard de ne pas en avoir gardé une trace.

Ce roman est probablement tout sauf ce à quoi on s’attendait en le commençant ; il faut dire qu’une couverture avec des licornes et un résumé à propos d’ascenseur, ça n’aide pas à se faire une idée précise du contenu. Et pourtant, cela résume parfaitement l’esprit du livre : le magique et l’incongru réunis ensemble dans une aventure improbable, et pourtant bien ancrée dans la réalité.

Pour commencer, parlons des personnages. D’abord, le narrateur, un informaticien qui ne programme pas avec son ordinateur mais avec son cerveau, faisant passer les informations d’un hémisphère à l’autre pour les crypter. Ni lui ni les autres ne portent de nom, que ce soit la jeune fille grassouillette qui l’accueille au début du récit, le vieux scientifique qui l’a engagé pour protéger ses données où la bibliothécaire aussi mince qu’un fil et mangeant comme quatre dont il s’entiche à un moment de l’histoire. Chacun est défini selon les étranges critères du narrateur, par le confort de leur canapé ou la propreté de leur cuisine, mais paraissent aussi réels que s’ils étaient là, penchés par-dessus votre épaule à lire cette histoire.

À chaque chapitre, on alterne entre deux univers différent : le Pays des merveilles sans merci et la Fin du monde. Impossible de savoir au début quelle est la relation entre ces deux univers, puis petit à petit, on comprend que chacun est étroitement imbriqué dans l’autre et la notion de passé, présent et futur devient de plus en plus difficile à concevoir. Que penser de la caverne que doit traverser l’informaticien pour rejoindre le laboratoire du vieux scientifique, infestée de ténébrides qu’il repousse à l’aide d’ondes sonores, ou de la ville entourée de murailles impossibles à franchir où se promènent en liberté les licornes ?

L’histoire se déroule à Tokyo, comme nous le rappelle parfois l’auteur en parlant de la station de Ginza ou du parc de Hibiya, mais tout semble tellement extraordinaire que ça pourrait se passer n’importe où. Et derrière le côté imaginaire, l’auteur en profite pour nous expliquer des mécanismes si compliqués qu’on est reconnaissant des quelques petits schémas parsemés dans l’histoire. Comment la résonance d’un crâne peut contenir les souvenirs du propriétaire des os, comment le son ambiant peut-être éteint et allumé à volonté, comment le subconscient peut être enfermé dans une boîte noire à l’intérieur de son propre esprit… le fantastique se mêle au scientifique, rendant l’histoire encore plus captivante, et même les petits passages grotesques en deviennent tout à fait jouissifs :

« Parle-moi des escargots.
— J’en ai vu un devant une laverie. Je ne savais pas qu’il y avait des escargots en automne.
— Des escargots, il y en a toute l’année !
— Ah, oui, peut-être.
— Tu sais, en Occident, les escargots ont une signification mythique. La coquille représente le monde des ténèbres, et l’escargot qui sort de sa coquille représente l’arrivée de la lumière. C’est pour ça que, quand les gens voient un escargot, d’instinct ils tapent sur la coquille pour le faire sortir. Ça t’est déjà arrivé ?
— Non. Tu en sais des choses, toi !
— On apprend plein de choses en travaillant dans une bibliothèque. »

Au final, l’expérience est à faire : on est pris dans le tourment du narrateur, plongé dans les méandres de son mystérieux crâne de licorne, et on en ressort aussi troublé qu’en arrivant. Un Murakami comme on les aime, à ne pas en douter.

Ma note : 9,5/10


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dimanche 6 décembre 2009

7 jours à River Falls, d'Alexis Aubenque

Reçu le dimanche 6 décembre 2009, 1 reviews
Ce livre a été lu dans le cadre d'un partenariat entre et
que je remercie tous les deux.


Résumé :
Sarah Kent, issue d’une famille modeste, est une étudiante modèle qui mène une vie paisible, parmi l’élite de l’université de River Falls, une petite ville des Rocheuses. Pourtant tout va changer, un matin de printemps, quand Amy Paich et Lucy Barton, ses deux meilleures amies des années de lycée, sont retrouvées atrocement mutilées dans la forêt toute proche. Or, deux jours auparavant, Sarah avait reçu une lettre, plutôt étrange, de Lucy et Amy… Le monde de Sarah bascule dans l’horreur. Sera-t-elle la prochaine victime du tueur ? Le shérif Mike Logan, aidé de Jessica Hurley, son ex-petite amie, une profileuse réputée, est chargé de l’enquête. Tous deux croient très vite être sur la bonne piste. Mais ils ignorent que leur adversaire les manipule avec une redoutable perversité…

Mon avis :
Dans la grande lignée des polars construits sur le modèle meurtre – enquête – arrestation du meurtrier, celui-ci ne vient pas déroger à la règle. Deux filles assassinées, parfait pour émouvoir les foules, et un shérif prêt à tout pour élucider leur meurtre, qui pourtant ne manque pas de choisir la facilité à chaque étape de l’enquête. Le suspense n’est pas vraiment au rendez vous, on connaît rapidement l’identité du tueur et les rapprochements entre les personnages ne sont pas difficiles à faire. On aurait presque de la peine pour ce pauvre shérif qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez.

Niveau personnages, on tombe immédiatement dans les clichés habituels : le shérif borné et impulsif, la profileuse qui devine tout avant tout le monde, les étudiantes américaines superficielles et pleines de préjugés, et même, le meurtrier psychopathe avec antécédents. On ne s’attache pas à eux, si ce n’est pour les plaindre de leur bêtise sans fond, et leur comportement parfois puéril en est presque décevant. Chacun est obnubilé par sa petite personne, comme si l’histoire cherchait à faire ressortir les vices de chacun, et si la fin vient rattraper un peu l’ensemble,  on regrette là encore de ne pas en apprendre plus sur leur vie et leur passé.

L’intrigue est légère, facile même, et chacun des acteurs joue parfaitement son rôle comme s’il l’avait répété pour l’occasion. Le flic véreux, le voisin qui fourre son nez partout, la journaliste fouineuse, les personnes importantes que l’on fait chanter… en 476 pages, on fait un peu le tour du B.a.-ba du roman policier, quels personnages y coller et comment les faire interagir. L’originalité n’est pas la partie, et malheureusement, ça n’aide pas à se motiver pour continuer à lire.

Le style est pauvre, dépourvu de subordonnées et construit sur une succession de phrases les plus courtes possible. On ne reproche pas à l’histoire ses descriptions, pratiquement inexistantes, et c’est tant mieux car la simplicité des tournures en devient presque énervante. Pourtant, on ne manque pas de retrouver des tics de langages au milieu de cette simplicité, comme l’abus de « péremptoire » ou l’utilisation de « pleutre » dans la bouche d’un quarterback qui, admettons-le, n’est sûrement pas entré à l’université grâce à ses talents linguistiques.

Au final, « le plus américain des auteurs français » (comme le clame la couverture) semble avoir compressé toute la matière des romans policiers pour en ressortir ce condensé de raccourcis, n’utilisant de la culture américaine que les clichés que diffusent les séries dans l’hexagone, et si l’ensemble se laisse lire, on ne peut qu’espérer qu’il mettra son imagination à l’œuvre dans ses prochains romans.

Ma note : 4/10



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Présentation

Reçu le , 5 reviews
Un blog de plus sur la toile... moi qui ne suis pas blogueuse, pas assidue et trop mal organisée pour mon bien, me voilà à ouvrir un blog de plus, sur les livres cette fois-ci. Pour ma défense, tout cela ne serait jamais arrivé si Nathalie ne m'avait pas incitée à m'inscrire sur le forum de Livraddict et de là, à participer à leurs partenariats. Me voici donc propulsée au rang de chroniqueuse, et puisque posséder un blog littéraire (quel grand mot) rend les choses plus facile, voilà où nous en sommes.

Pour la petite présentation de rigueur, je vis en Finlande, avec M. Muffin, deux chats aussi adorables qu'impossibles, et pleins d'amis qui me facilitent la vie loin de ma petite ville natale, Nantes. Mon occupation principale est l'écriture, d'ailleurs vous pouvez aller lire mes écrits en suivant le lien à droite (eh oui, Miss Spooky Muffin, c'est moi !); un livre devrait bientôt paraître, je ne manquerai pas de vous en parler. Sinon, je travaille dans les jeux vidéos, je passe un temps fou sur mon ordinateur (geek ? comment ça, geek ?) et je m'extasie à chaque flocon, ce qui veut dire assez souvent dans ce pays, comme vous le devinez. Enfin, de la neige, il n'y en a jamais trop, hein ?

Pour ceux qui passeront par ici, bonne lecture et amusez-vous bien !
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